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Miller toqué du pape et de Julia Kristeva
Miller toqué du pape et de Julia Kristeva
On s’amuse beaucoup ces temps-ci dans la tribu Miller sans trop se préoccuper de l’état de catastrophe dans laquelle se trouve l’Europe.
Chez les Miller, on joue à habemus papam. Comme la tribu n’a jamais supporté les relations de papa Lacan avec le pape – il voulait le rencontrer et il avait demandé à son frère de servir d’intermédiaire – les Miller, épouse, fils, fille, gendre, adeptes ont envoyé au cimetière où est enterré le vieux à Guitrancourt toute leur secte. Et les toqués de Miller ont défilé des heures devant la tombe, très contents comme ils le disent de vérifier que celle-ci n’était pas surmontée d’un crucifix. Oh bonheur! Pas de sépulture pour Lacan-papam antéchrist.
Et puis patatrac! Voilà que la tribu se met à adorer le pape. Ils aiment papam, ils adorent papam, ils sont toqués de papam au point qu’ils font de la publicité pour leur grande, chère et belle Julia Kristeva qui pourtant n’est pas très lacanienne : elle l’a dit des dizaines de fois. Elle n’aime pas les séances toquées à la va vite. Mais, oh grand honneur, elle a rencontré le Pape. Et oui! Elle était à Assise chez Saint François, le 27 octobre dernier, avec une écharpe sur l’épaule digne d’un évèque : Sollers devait se cacher dessous, on le voit avec son whisky gigoter tel un démon. Sur la photo, très sulpicienne (Da Vinci code est passé par là), on la voit entourée de moines encapuchonnés façon Zurbaran pour prononcer son grand discours en dix points sur l’humanisme au XXIe siècle.
Et du coup les Miller ont changé d’église : plus de haine des crucifix plus d’Antéchrist ni de Lacan sans dieu ni religion : vive la puissance papale! Et je ne résiste pas au plaisir de citer un extrait du discours papal de Julia Kristeva, rendant hommage à Benoît XVI. Point de Lacan (prudente la Julia) mais du Rousseau, du Freud, du Voltaire, du Sade (diantre! Sollers gigote sous l’écharpe) et du Coran et de la Bible en pagaille avec en plus Bouddha et le Tao. Elle aime toutes les églises la belle Julia. Elle en appelle aux “codes moraux immémoriaux”. Tout le monde est beau et gentil dans l’univers kristevien.
Voilà :
"Mais le Babel des langages génère aussi chaos et désordres, que l’humanisme ne régulera jamais par la seule écoute attentive prêtée aux langages des autres. Le moment est venu de reprendre les codes moraux immémoriaux : sans les affaiblir, pour les problématiser, en les à rénovant au regard des nouvelles singularités. Loin d’être de purs archaïsmes, les interdits et les limites sont des garde-fous qu’on ne saurait ignorer sans supprimer la mémoire qui constitue le pacte des humains entre eux et avec la planète, les planètes. L’histoire n’est pas du passé : la Bible, les Evangiles, le Coran, le Rigveda, le Tao nous habitent au présent. Il est utopique de créer de nouveaux mythes collectifs, il ne suffit pas non plus d’interpréter les anciens. Il nous revient de les réécrire, repenser, revivre : dans les langages de la modernité "
Habemus Kristevam, habemus Millérium, papam, papam.
Je crois qu’en ces jours des morts, je vais aller fleurir la tombe du divin Lacan à Guitrancourt et j’ajouterai un beau crucifix acheté place Saint Sulpice en souvenir de Da Vinci Code : Lacan les adorait comme les mystiques et les Jésuites. Le pauvre, lui il n’a jamais pu rencontrer le pape, il faudrait intervenir auprès de papam pour qu’il ait enfin sa vraie demeure chrétienne : en latin s’il vous plaît.


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Pauvre Henri, il n'y est pour rien !