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Prier, le dos tourné à Rome ?
L'épisode Williamson est le scandale de trop. Si l'on restitue ce mot dans son origine sémantique grecque d'obstacle -skandalon- il pourrait bien se révéler que ce fut l'obstacle mis en travers de la route de la restauration préconciliaire que, benoitement, le Pape faisait parcourir au peuple catholique. Le tabou a été brisé. Le retour sur l'existence de la Shoah par un cadre intégriste, jamais désavoué par la Fraternité, en dit long sur le processus qu'à doses homéopathiques on nous faisait avaler. Si des explications sont demandées et obtenues c'est de toute La Fraternité Saint Pie X qu'elle doit venir, puisque sa solidarité avec les propos abjects de Williamson est présumée du seul fait de son silence.
Il faut rappeler que la novation de la relation avec le peuple juif est un tournant majeur de l'Eglise et du Concile. Les intégristes ont dès l'origine refusé l'abandon de la conversion des juifs comme objectif de l'expansion catholique. Dès 1959 Jean XXIII supprimait par anticipation le passage relatif à la prière du vendredi saint sur les juifs perfides « Orémus pro perfidis judeis ». Pour Pie XII ce mot signifiait qu'ils n'avaient pas la foi( !)Mais leur conversion demeura l'objectif jusqu'à ce que le Concile en décidât autrement et que Paul VI en 1969 y mit définitivement un terme dans la traduction vernaculaire. Le texte latin perdura, seulement adouci par l'amendement de Jean XXIII.
La Déclaration conciliaire Nostra Aetate de 1965 bousculait littéralement le dogme ancien puisque le peuple juif était reconnu premier dans l'Alliance, peuple père en quelque sorte, toujours aimé de Dieu, et sur lequel la mort de Christ ne pouvait peser ni pour toutes ses générations ni indistinctement. Il était reconnu premier porteur de la promesse, celui à qui Dieu parla en premier, Il devait simplement lui être fidèle. Sa conversion n'était plus recherchée. Enfin, soupirèrent les juifs du monde entier, libérés de l'arrogance eschatologique catholique.
Dans un motu proprio « Summorum pontificum » de 2007 Benoit XVI a explicitement autorisé la prière du Missel latin de 1962, pas expurgé, qui plaide toujours pour la conversion des juifs. Certes il ne concernait qu'un rite extraordinaire et
Le réveil, qui vient d'avoir lieu, s'imposait. La réintégration d'un culte schismatique dans l'Eglise peut se comprendre à la condition que le tribut payé à l'unité ne se fasse au détriment de l'acquis conciliaire et au seul bénéfice du dogme schismatique. C'est bien ce qui se profilait par une série de touches impressionnistes, certes, mais envahissantes. Ce débat reste d'ailleurs entier avec le procès en béatification de Pie XII dont le silence durant la 2e guerre mondiale et la Shoah continue de frapper de stupeur.
La loi de l'Eglise c'est Vatican II, c'est-à-dire le dernier Concile. L'Encyclique Pacem in Terris donnée le 11 avril 1963 l'illustre mieux que n'importe quel autre texte. Elle y énonce 27 séries de droits répartis en 7 catégories. C'est le grand point de rencontre avec les droits de l'homme et la Déclaration universelle à laquelle elle fait explicitement référence. Y sont proclamés le droit à la vie, à une existence décente, au logement, à la sécurité sociale, à l'indemnisation du chômage, avec le droit à la libre expression et à la libre création, à celui de fonder une famille. Le droit au travail et celui de la propriété, de se réunir, de s'associer ou de se syndiquer-déjà affirmé par Mater et Magista le 15 mai 1961- se conjuguent au droit d'émigrer et d'immigrer. La promotion civique est au service de l'homme « sujet, fondement et fin » de toute vie sociale.
On le voit, le chemin conciliaire c'est d'abord une dynamique. Le Père Yves Congar, si présent dans les travaux du Concile écrivait « Le monde avec son histoire est engagé dans un processus de libération. L'Eglise s'accomplit grâce au Souffle qui la pousse et la conduit Veni creator spiritus.».On ne saurait mieux traduire que c'est un mouvement inspiré qui la soulève et la dépasse... Fermer subrepticement une à une les portes et les fenêtres du Concile, au crépuscule ou à potron minet, c'est assécher et la parole et le souffle.
Il faut se remettre en marche. L'épisode Williamson montre là ou sournoisement nous en étions rendus. La question n'est pas l'unité statique voire régressive de l'Eglise, c'est d'abord celle de sa remise en mouvement. La crise des vocations, la place des femmes et des laïcs dans l'Eglise sont des questions liées. Il faut poser la question du magistère. Un terme doit être mis aux délires sur la sexualité et à l'homophobie qui s'échappe du nouveau catéchisme romain alors que dans de nombreuses sociétés les homosexuels sont persécutés, ce qui constitue une véritable complicité morale. Les divorcés doivent pouvoir communier. Que l'on s'inspire de l'Eglise orthodoxe à ce propos. Rappelons l'inquiétante myopie sur les nécessités sanitaires de l'épidémie de Sida qui doit être dite pour ce qu'elle est, une irresponsabilité majeure. Mettons tout cela en chantier et sans tarder.
Beaucoup y sont prêts jusque dans les prélatures les plus hautes. Hier l'ancien cardinal archevêque de Milan, Paolo Maria Martini demandait une fois pour toutes que le préservatif ne soit plus rejeté par l'Eglise. Sur l'affaire Williamson le cardinal primat de Lyon, Philippe Barbarin a exprimé en des mots justes d'une sainte colère la tristesse et l'indignation et celle de millions de catholiques français. Mais Lyon, c'est vrai, a des devoirs, c'est la ville de Chaillet, des jésuites de Fourvière et des cahiers clandestins du Témoignage chrétien.
Alors que la crise mondiale du capitalisme bouleverse les sociétés et sépare économiquement les hommes, au point de douter de leur appartenance à une même espèce, véritable secousse anthropologique, que la crise écologique fait chaque jour sentir sa pression, et que les grands flux migratoires se préparent, il n'est pas négligeable que cette grande Eglise d'un milliard de fidèles, membre à part entière de « la famille humaine universelle » fasse définitivement le choix de l'être humain, personne unique, sujet de droits et de devoirs selon les mots du Préambule de Pacem in terris. Elle doit le faire avec tous les membres de la famille chrétienne, ses Eglises sœurs orthodoxes et protestantes. Elle doit le faire en harmonie avec toutes les religions et spiritualités, et d'abord celles du Livre, le Judaïsme et l'Islam. Elle doit le faire avec tous les humains, agnostiques ou athées. Puisque nous, catholiques, prétendons porter témoignage, leur opinion sur la valeur de ce dont nous témoignons est irremplaçable. La laïcité c'est aussi le fait pour les croyants de solliciter l'avis de ceux qui ne croient pas ou qui croient différemment. Et d'admettre que raison peut leur être donnée.
A l'aube de la seconde guerre mondiale le pape Pie XI prenant conscience de l'immensité des dangers avait commandé une Encyclique. Les jésuites y travaillèrent. Il mourut. Elle ne vit jamais le jour. Son titre provisoire, tragique et prémonitoire, en 1938, était « L'unité du genre humain ». Il faut s'y remettre. Ce n'est pas de Rome, de la Rome actuelle, dont viendra le signe. C'est du peuple catholique, de ses réseaux associatifs et de ses ordres, de ses prêtres de paroisse, évêques et théologiens, de ses monastères, et au-delà du concours de tous, croyants ou incroyants, en partage commun de la même espérance. Un vieux cantique l'exprime, il le dit en latin, qui peut être progressiste quand il exprime la force de la volonté et de l'Esprit : Veni creator spiritus.
Jean Pierre MIGNARD
Avocat.


Tous les commentaires
. Le texte ci-dessus est signé d'un avocat (par ailleurs connu dans le microcosme politique). . De fait, il s'agit d'un plaidoyer. Un plaidoyer pour la défense d'une thèse fort sympathique : Vatican II . Dans son long texte, Jean-Pierre Mignard nous dit, entre autres choses : La réintégration d'un culte schismatique dans l'Eglise peut se comprendre à la condition que le tribut payé à l'unité ne se fasse au détriment de l'acquis conciliaire ... et La loi de l'Eglise c'est Vatican II, c'est-à-dire le dernier Concile . Une précaution élémentaire si l'on veut se faire une opinion s'inspirant, autant que faire se peut, d'un quelconque souci de vérité et de justice, est d'écouter la thèse adverse. . C'est-à-dire celle des intégristes. Je ne vais pas faire le plaidoyer des intégristes à leur place, encore que je pense que leur position est solide doctrinalement. . L'argument que Me Mignard invoque à l'appui de sa thèse, c'est-à-dire ce qu'il appelle "l'acquis conciliaire" n'est pas un argument, mais l'objet même du conflit. Il le brandit comme un nouveau dogme. On ne revient pas sur Vatican II. C'est d'ailleurs la position définie récemment par la conférence des évêques de France. Mais, c'est précisément ce qui est contesté par les intégristes. J'ai fait état, précédemment, des revendications très explicites et très claires de Mgr Fellay, successeur de Mgr Lefebvre : on va revenir sur Vatican II. C'est cela que la prétendue levée d'excommunication annonce. Et les intégristes énoncent toute une série de signes donnant à penser que le Vatican s'y apprête. Il est vrai que l'affaire du négationnisme de Mgr Williamson vient de mettre du sable dans les rouages. . Mais, pour revenir au fond, la loi de l'Eglise n'est pas Vatican II, n'est pas le dernier Concile, pour les intégristes. Vatican II, c'est l'erreur historique et dogmatique majeure sur laquelle il faut revenir. La loi de l'Eglise, c'est le Concile de Trente (1545-1563) . jean-paul yves le goff http://www.lelivrelibre.net
Jean paul Yves le Goff a raison. Pour tous les hommes un peu sensés Vatican II représente une avancée certaine vers l'intelligence et est donc une véritable catastrophe pour les obscurantistes et pour l'Eglise catholique qui n'aurait aucune chance de survie dans un monde gouverné par la raison. La loi de l'Eglise est effectivement le concile de Trente , là où Benoit XVI veut nous reconduire. Brave berger ! S'il réussit, la déconfiture est certaine et l'agonie de son église accélérée . Qui s'en plaindra ?
@ bourbaky Pas de souci, Pascal a déjà tout prévu. Il a exactement écrit : "Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde : il ne faut pas dormir pendant ce temps-là. Alors, veillons sans nous plaindre.
Veni Creator Spiritus ! A propos de la levée d'excommunication, quelques info complémentaires qui changent l'éclairage - La Fraternité Saint-Pie X ne jouit d'aucune reconnaissance canonique dans l'Eglise catholique ainsi que l'a confirmé la Secrétairerie d'Etat du Vatican, le mercredi 4 février :, « les quatre évêques, bien que libérés de l'excommunication, n'ont pas, non plus, de fonction canonique dans l'Eglise et n'exercent pas de ministère licite en son sein » (ZENIT.org) . La levée de l'excommunication est une réponse de Benoît XVI aux « demandes répétées de la part du Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X », de façon à ouvrir une « porte » au « dialogue ». Mais il attend une « disponibilité semblable » de la part des quatre évêques et leur « adhésion totale à la doctrine et à la discipline de l'Eglise ». La « Note » souligne que l'excommunication latae sententiae, était « une conséquence de leur ordination illégitime par Mgr Marcel Lefebvre ». Or, s'ils sont maintenant libérés de cette « peine canonique gravissime », les quatre évêques et la Fraternité Saint-Pie X n'ont pas pour autant changé de situation juridique : ils n'ont aucun mandat canonique dans l'Eglise catholique. - Déclaration du cardinal Vingt-Trois archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques ROME, dimanche 1er février 2009 (ZENIT.org) - « Ces mots suscitent l'horreur !... Ce qui blesse les juifs blesse aujourd'hui aussi les chrétiens -» , c'est la réaction du cardinal André Vingt-Trois, aux propos négationnistes de Mgr Williamson. Dans une interview publiée le 1er février par le quotidien français Le Parisien, l'archevêque de Paris a aussi expliqué les raisons de la « main tendue » de Benoît XVI aux intégristes. Il a enfin invité la communauté juive à ne pas cesser le dialogue. Interrogé sur les « regrets sincères » exprimés le 30 janvier par Mgr Williamson, le cardinal Vingt-Trois a affirmé ne pas être « juge des consciences pour savoir si ses regrets sont sincères ou non ». « La question n'est d'ailleurs pas celle de sa sincérité mais de la vérité historique. On attend de lui et de ses semblables qu'ils reconnaissent la réalité historique des camps d'extermination et qu'ils le disent », a-t-il poursuivi. L'archevêque de Paris a également expliqué les raisons de la « main tendue » de Benoît XVI aux intégristes. « Le schisme n'est pas un choix politique. C'est une attitude religieuse », a-t-il souligné. « La décision du pape n'est pas une main tendue vers des choix politiques, et encore moins leur approbation. Sa mission est de travailler à l'unité de l'Eglise ». Ainsi, « en levant les excommunications, il supprime un barrage et rend possible un travail sur le fond. C'est maintenant aux intéressés de dire s'ils sont décidés à retrouver leur place dans l'Eglise ». Il a aussi rappelé l'attachement de Benoît XVI au Concile Vatican II : « Je n'ai pas besoin de dire au pape que le concile Vatican II n'est pas négociable. Il en est assez convaincu lui-même et il l'a dit à nouveau mercredi ». Le cardinal Vingt-Trois a enfin adressé un message à la communauté juive. « Ce qui blesse les juifs blesse aujourd'hui aussi les chrétiens », a-t-il affirmé. « Je voudrais demander à la communauté juive de ne pas condamner l'Eglise catholique sur des propos extrêmement minoritaires de quelqu'un qui n'a aucun statut et aucune mission dans notre Eglise. Le chemin que nous avons parcouru ensemble et qui s'ouvre devant nous est trop important pour que nous nous laissions manipuler par des ultras », a-t-il conclu. - Les affirmations de Mgr Williamson ne reflètent en aucun cas la position de notre société », déclare Mgr Bernard Fellay, Supérieur de la Fraternité Saint Pie X, le 27 janvier 2009, en réponse au scandale suscité par les propos négationnistes de Mgr Williamson (ZENIT.org). Mgr Fellay désavoue son confrère en disant : « Nous avons eu connaissance d'une interview accordée par Monseigneur Richard Williamson, membre de notre Fraternité Saint Pie X, à la télévision suédoise. Dans cette interview, celui-ci s'exprime sur des questions historiques, en particulier sur la question du génocide juif par les national-socialistes. Les affirmations de Mgr Williamson ne reflètent en aucun cas la position de notre société ». « Nous demandons pardon au Souverain Pontife, et à tous les hommes de bonne volonté, pour les conséquences dramatiques d'un tel acte », déclare Mgr Fellay dans ce même communiqué. - Demande de pardon de Mgr Williamson : traduction de la lettre de Mgr Williamson à Son Éminence le Cardinal Castrillón Hoyos le 30 janvier 2009. Votre Éminence,.au milieu de la terrible tempête médiatique provoquée par mes imprudentes remarques à la télévision suédoise, je vous prie respectueusement de bien vouloir accepter mes sincères regrets pour avoir causé à vous-même et au Saint-Père tant de trouble et de problèmes inutiles. Pour moi, tout ce qui importe est la Vérité Incarnée et les intérêts de son unique et vraie Église, les seuls par lesquels nous pouvons sauver nos âmes et, selon nos faibles moyens, rendre gloire éternellement au Dieu Tout-Puissant. Aussi je ne ferai qu'un seul commentaire, tiré du prophète Jonas, I, 12 :« Prenez-moi et jetez-moi à la mer, et la mer s'apaisera pour vous. Car, je le sais, c'est à cause de moi que cette violente tempête vous assaille. » S’il vous plaît, acceptez et transmettez également au Saint Père mes personnels et sincères remerciements pour le document signé mercredi dernier et rendu public samedi. Très humblement, j'offrirai une messe pour vous deux. Bien à vous dans le Christ. + Richard Williamson » -L’épiscopat allemand aux lefebvristes : « Reconnaissez Vatican II » ROME, Vendredi 30 janvier 2009 (ZENIT.org) - Les évêques allemands invitent les quatre évêques ordonnés sans mandat pontifical par Mgr Lefebvre en 1988, dont le pape vient de lever l'excommunication, à reconnaître officiellement le Concile Vatican II, en particulier la déclaration 'Nostra Aetate' sur les relations avec le judaïsme et les religions non chrétiennes… Dans une déclaration, le président de la sous-commission épiscopale pour les relations religieuses avec le judaïsme, Mgr Heinrich Mussinghoff, précise que les évêques allemands soutiennent les efforts accomplis par le pape pour « obtenir l'unité de l'Eglise », mais que certaines questions « restent ouvertes ». La mesure prise par le pape, souligne le texte, « a soulevé une série de questions critiques », en raison surtout des thèses négationnistes de l'holocauste exprimées par Mgr Richard Williamson. « Nous nous opposons fermement à cette négation de l'holocauste qui, en Allemagne, fait déjà l'objet d'enquêtes judiciaires », écrit Mgr Mussinghoff. En Allemagne, la négation de l'holocauste est en effet depuis 1994 considérée comme un délit passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 5 ans d'emprisonnement. « Nous tenons à exprimer haut et fort, lit-on encore dans le communiqué, l'ampleur de nos attentes et demandons avec urgence que les quatre évêques et la Fraternité Saint Pie X, manifestent sans équivoque et de manière crédible leur fidélité au Concile Vatican II et en particulier à la déclaration ‘Nostra Aetate' ». Pour sa part, la Conférence épiscopale suisse, le pays où Mgr Lefebvre avait installé, à Ecône, la maison de formation de la Fraternité sacerdotale de saint Pie X, a déclaré dans un communiqué que le décret signé par le cardinal Re « est l'expression de la volonté du pape de résorber le schisme avec une communauté qui compte dans le monde quelques centaines de milliers de fidèles et 493 prêtres. On a cependant accordé peu d'attention au fait que ces quatre évêques demeurent suspendus (suspens a divinis). Il ne leur est donc pas permis légalement d'exercer leur ministère épiscopal ». « Il faut éviter les malentendus », écrivent les évêques suisses en expliquant que « d'après le droit de l'Eglise, la levée de l'excommunication n'est pas la réconciliation ou la réhabilitation, mais l'ouverture de la voie vers la réconciliation. Cet acte n'est donc pas un aboutissement, mais bien le point de départ pour un dialogue nécessaire sur les questions disputées ». L'évêque de Regensburg (Ratisbonne), en Allemagne, Mgr Gerhard Ludwig Mueller, a quant à lui décidé d'interdire à Mgr Richard Williamson (qui réside habituellement en Argentine) tout accès aux églises et institutions du diocèse, accusant le prélat de blasphème. L'interview controversée accordée en effet par Mgr Williamson à la télévision suédoise SVT, en novembre 2008, a été réalisée non loin de Regensburg, à Zaitzkofen, où a son siège un séminaire de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X.
. De la longue communication ci-dessus, j'extrais ces lignes : . -L’épiscopat allemand aux lefebvristes : « Reconnaissez Vatican II » ROME, Vendredi 30 janvier 2009 (ZENIT.org) - Les évêques allemands invitent les quatre évêques ordonnés sans mandat pontifical par Mgr Lefebvre en 1988, dont le pape vient de lever l'excommunication, à reconnaître officiellement le Concile Vatican II, ... . Que les intégristes reconnaissent Vatican II, c'est cela, le problème ! Le reste est diversion. . Or, ils ne le feront jamais, car ce serait donner tort à leur passé et se dissoudre. . Benoit XVI le sait parfaitement. La question est donc de savoir pourquoi, depuis le début de son pontificat, il s'est lancé dans une stratégie de réintégration des intégristes. . Celle-ci ne peut aboutir qu'au prix de remaniements, au minimum rhétoriques, portant sur des "acquis conciliaires", comme disait plus haut Jean-Pierre Mignard. . Le Vatican peut-il les faire, même avec toutes les précautions et les ruses imaginables ? Cela paraît de moins en moins possible, maintenant que le public catholique a pris connaissance de ces tentatives de rapprochement. . C'est en cela qu'il y a risque d'éclatement de l'Eglise catholique. . jean-paul yves le goff
. Complément à mon message précédent : . Chacun sait que Benoit XVI est contre ce qu'il appelle le "relativisme". . Or, le relativisme, c'est Vatican II. . Au fond de lui, Benoit XVI est d'accord avec les intégristes. Et ce n'est pas sans raison. Contrairement à la masse des croyants qu'il dirige, Benoit XVI connaît sa religion. . jpylg
@ Jean Paul Yves Si le relativisme c'est Vatican II, moi je suis le pape. Sans Vatican II, l'Eglise Catholique finissait comme la plus grande pyramide d'Égypte. Un immense monument pétrifié. Certes, avec ses fresques, ses coupoles et ses clochers, mais rien d'autre qu'un quasi-tombeau. Le bon paysan Jean XXIII, inspiré par allez donc savoir qui, a bien vu qu'il était temps de donner un bon coup de volant pour éviter que le tracteur n'aille droit dans le mur, lui qui vivait aux quatre vents des différents postes d'observation qu'il a occupés en dehors des murs du Vatican. Le problème de Benoît XVI, ce n'est pas son immense science, mais la connaissance du monde à qui adapter cette immense science. Il s'occupe de queues de cerises qui ressemblent à des arêtes de poisson, alors qu'on aimerait plutôt l'entendre sur ce que l'Eglise qu'il dirige pense de l'état du monde non pas d'hier ou de demain, mais d'aujourd'hui.
. @ miradou. . Cela demanderait de nombreux échanges pour commencer à s'entendre. Je vois bien ce que tu penses à propos de Vatican II, comme tous ceux qui l'approuvent et qui sont nombreux. . Le problème, à mon avis, est que Vatican II était une opération de sauvetage qui ne pouvait pas marcher. C'est ce que les intégristes d'Ecône vont finir par démontrer et c'est là-dessus que l'Eglise va se casser. . L'Eglise catholique n'est pas réformable et moins que jamais depuis Vatican I et la déclaration d'infaillibilité (ce que, soit dit en passant, Emile Combes avait bien annoncé). Pie IX a piégé l'Eglise en 1871. . Bien sûr que Vatican II, c'est le relativisme; le relativisme qui, du temps de Léon XIII s'appelait le modernisme, encore avant (du temps de Lamennais), l"'indifférentisme" et le "naturisme" à la fin du XVIIIème siècle. . Le problème de l'Eglise catholique est que sa théologie n'est pas compatible avec la philosophie des Lumières, et qu'elle ne peut pas se passer de sa théologie, ni la réformer. . Sans parler de son histoire, qui est fausse. . jpylg
@ Jean Paul Yves Mes échanges avec toi ne peuvent être que limités car, si je me débrouille en droit public qui a été mon fonds de commerce pendant toute ma carrière professionnelle, je n'ai qu'une connaissance d' "honnête homme" en matière d'histoire, de philosophie et de théologie. Sans plus. Je comprends ce que disent la plupart des spécialistes de ces trois domaines mais ne maîtrise pas leurs outils. S'agissant de l'Eglise Catholique dont je fais partie, le Boss l'a fondée pour répandre sa Bonne Nouvelle jusqu'aux extrémités de la terre. Pour faire simple, avant Vatican II, la méthode était d'imposer un enseignement comme on l'impose à des enfants à qui on demande d'avoir la foi du charbonnier. Depuis Vatican II, la méthode, ce n'est plus d'imposer, mais de proposer, comme on propose une opinion à des adultes. S'agissant des philosophes du siècle des Lumières, je hasarde l'idée suivante : les philosophes ont piqué un certain nombre d'idées à l'Eglise (liberté, égalité, fraternité), [ces idées-là n'étaient pas celles de Rome ou d'Athènes], en disant : c'est du domaine de la raison, rien à voir avec la transcendance qui n'existe pas. S'en sont suivis "les droits de l'homme". Et ce qui justifie les droits de l'homme, c'est que leur énoncé s'oppose aux différents abus que les humains commettent les uns contre les autres. Je crois que c'est Bergson qui a souligné cela. A ce jour, l'Eglise rappelle à tout le monde, croyants et incroyants, la valeur sacrée de la personne humaine et des droits qui vont avec. Elle insiste lourdement là-dessus et demande à ses aficionados de se bagarrer pour cette cause. De là à ce qu'ils le fassent... Pour ce qui est de la transcendance, elle propose et n'impose plus. Plus rien à voir avec la thèse des intégristes qui se croient encore à l'époque de la chrétienté, c'est-à-dire l'époque de l'union du sabre et du goupillon.
. Cette "connaissance d'honnête homme", notamment en matière d'histoire n'est pas, à mon avis, une connaissance insuffisante, mais une connaissance déformée, ce qui est un tout autre problème.. . déformée par, précisément, ce que j'appelle une histoire théologisée; c'est-à-dire une histoire faussée par la théologie pour permettre à la théologie de paraître vraie. . Mais tout ceci demanderait, simplement pour se comprendre, - je ne te parle pas de tomber d'accord - une très longue confrontation des présupposés respectifs. . C'est pour cela que la communication, au delà des blagues superficielles, est presque impossible. . jpylg
C'est vrai que quand on regarde le Barreau de Paris qui n'arrive pas à couper le cordon avec le Bâtonnier de l'Occupation Jacques Charpentier, et dont le conseil de l'Ordre s'est étripé en 1997 lorsqu'il a fallu regretter du bout des lèvres la déportation des avocats juifs, l'Eglise fait bien meilleure figure. En Europe de l'Est elle est engagée dans un véritable combat contre l'antisémitisme. Dans ce domaine je n'ai pas d'informations sur un moindre engagement depuis le changement de Pape.
. Chacun a le droit de penser et d'écrire ce qu'il veut sur cette affaire. . Mais on ne m'empêchera pas non plus d'exercer le mien qui est de dire et de répéter, autant de fois qu'il me semblera bon, que ne voir dans cette affaire que le problème de l'Eglise avec le judaïsme, c'est passer à côté de sa réalité et que cette diversion est ce qui peut arranger le mieux les deux camps adverses, les pro-Vatican II et les anti-Vatican II. . Le problème, c'est Vatican II et l'avenir de l'Eglise catholique. . J'ajoute que ce problème ne se résoudra pas sous le pontificat de Benoit XVI. Benoit XVI, avec l'aide de tous, va employer tout son talent, qui est grand, à éteindre l'incendie qu'il a allumé. . Il va réussir. . Mais l'incendie se rallumera après lui. . jpylg
Il n'y a qu'un seul Dieu et Dieu n'a qu'une seule religion: la religion catholique. Et toc !
. Je ne sais pas si, dans cette formulation, Eric Bart est ironique ou sérieux; en tous cas, c'est tout simplement le fond du problème. . Depuis ses débuts (qui ne sont pas, à mon avis, au 1er siècle, mais au IVème, siècle,) la religion chrétienne catholique se voit comme celle dans laquelle le seul et vrai Dieu s'est manifesté. . C'est ce que disent les intégristes; c'est ce que dit Benoit XVI, et c'est à ce sujet que, pour Ecône, Vatican II, a semé la confusion. . jpylg
Un vrai débat , riche et courageux. Bravo.
Je ne vois pas très bien comment les propos de Jean Paul Yves Le Goff - du moins s'il les prenait à son compte - peuvent tenir. Sinon par une critique interne de pas mal de documents de Vatican II qui bricolent autour de thèses antagonistes pour ne pas fâcher les "minoritaires " du concile... Mais plus fondamentalement il faut, me semble-t-il revenir au document sur la révélation dont l'élaboration a beaucoup hésité autour de la thèse des "deux sources" de la révélation : l'Ecriture et le magistère (ou la tradition) : c'est là que le bricolage atteint son point culminant. Dans la situation présente on voit à quel point de débat inextricable on est arrivé : on prétend se référer à Vatican II comme à un texte clair, mais c'est une illusion dans laquelle nos gamins d'évêques ne se voient pas tomber. S'ils y croyaient vraiment et prenaient au sérieux ces documents, il y a belle lurette qu'ils auraient dit leur fait pas seulement à ce pape-ci, mais à ses prédécesseurs : ce qu'ils ont presque fait à propos de la contraception en ramenant à la conscience. J'ai personnellement tendance à revenir au "sola scriptura" de la Réforme qui aurait au moins l'immense avantage de refouler la question des rites, de l'orthodoxie et autres "rituels obsédants" à la conscience et aux situation. Pas forcément plus simple, mais quand même!!! d'une autre tenue anthropologique.
La vérité historique n'est pas...ce qui se passe; c'est ce que nous pensons qui s'est passé. Jorge Luis Borges . Fictions 1957.
. @ André Rousseau, qui dit, " J'ai personnellement tendance à revenir au "sola scriptura" de la Réforme . Quels sont mes propos qui ne "peuvent pas tenir" ? Si je les prends à mon compte ? Qu'est-ce à dire ? . Je prends à mon compte mes propos et quand j'évoque ceux des intégristes, je ne les prend pas à mon compte, même si j'ai tendance à penser qu'ils sont solidement ancrés, en théologie. Je ne les connais d'ailleurs pas en détail. . Mais pour l'essentiel, je crois que l'intégrisme se résume à vouloir revenir au Concile de Trente; ce qui, par conséquent, permettrait apparemment, un accord moins difficile à négocier entre eux et Armand Rousseau (qui, semble-t-il, préconise la même chose) qu'entre eux et moi, qui préconise, pour ma part, le retour aux Conciles de Nicée, de Constantinople, d'Ephèse et de Chalcédoine. . jpylg
mille excuses ! une relecture moins cursive ne laisse pas de place au doute. Mes propres arguments renforcent les vôtres et montrent comment la thèse des intégristes ne peut tenir qu'à condition d'être très sélectif dans le choix des textes, ou de refuser obstinément qu'il puisse y avoir une évolution doctrinale; les positions réputées "conciliaires" font un peu l'inverse et alimentent la pensée régressive du pape... Mais il reste que privilégier le concile de Trente me semble totalement arbitraire, tout en reconnaissant que c'est le seul terrain sur lequel le pape et les intégristes peuvent s'accorder. Et l'on revient au collège des évêques, traité comme un paillasson dans cette affaire et structurellement incapable de partager le gouvernement de l'église. Je ne plaide ni pour le concile de Trente ni pour les Conciles antérieurs ; de Vatican II les interprétations difficiles concernent l'organisation interne de l'église catholique, son rapport à la société et aux autres religions. Je ne vois pas bien comment les "ancêtres" que vous citez viendraient offrir des solutions aux questions telles qu'elles se posent aujourd'hui. Enfin, mille fois d'accord, la question de monsieur Wiliamson est un (très gros) arbre qui cache la forêt...
. En effet, nos longueurs d'onde se rapprochent. . Non seulement le retour au Concile de Trente est, si l'on veut, arbitraire; mais il est surtout extrêmement dangereux, puisqu'il risque, précisément, d'attirer l'attention sur les quatre premiers grands conciles, dont je crois pouvoir affirmer que l'effet sera désastreux. . Les lointains ancêtres du IVème et Vème siècles que, soit dit en passant, je connais mieux que les cousins d'Ecône, n'ont certes pas la solution aux questions d'aujourd'hui; mais découvrir la façon dont ils résolutent les problèmes d'hier montrera comment le catholicisme s'est construit. . Voilà pourquoi l'effet sera désastreux et, à mon avis, fatal à l'Eglise catholique. Et ce sera le résultat du travail des intégristes. . Pour mieux faire comprendre ma position personnelle, au cas où elle vous intéresse, je dirai, pour faire court, que je crois qu'une nouvelle religion se prépare, ce que redoute Benoit XVI, comme il le dit dans l'introduction de son Jésus. . cordialement. . jpylg . PS Le bonjour aux citoyens de Brest.
C'est sans doute parce que je suis Brestois (en fait pur ch'ti naturalisé il y a 26 ans) que vous m'appelez Armand, ce qui est pour moi une confusion tout à fait sympathique ! Sur l'hypothèse d' une nouvelle religion, je distinguerai trois choses : A. d'un côté ce qui peut advenir comme départ d'une aile du catholicisme lassé du vrai faux réformisme qui sert de gouvernance : le "troisième homme" comme le nommait François Roustang quelques années après la clôture du concile. B. la possibilité pas marginale du tout de la réduction du catholicisme à une dimension résiduelle : quand le pratiquant le plus fréquent est une veuve de 70 ans, et quand on connaît la démographie du clergé, on n'écarte pas cette hypothèse de la fin de ce monde-là, au moins en France C. enfin, ce qui s'ensuivrait comme transformation du marché du religieux? Tout est possible, car disparaîtrait ce qui contenait le sentiment religieux aux deux sens du mot contenir...L'évolution des Etats Unis, de l'Afrique et de l'Amérique latine, la prise des évangéliques en Asie, me semblent mériter que l'on regarde par là. Je ne sais si c'est à cela que pense Benoît XVI ? Pour la Bretagne, la folklorisation du catholicisme et sa transformation en catholicisme mod coz sont bien avancées : le président du Conseil de Bretagne milite pour un équivalent de la Saint Patrick et déclare que "la Saint Yves est une fête laïque"...Il n'est contredit que par le président de la libre pensée...! A suivre
. A propos d'Armand Rousseau, je suis morlaisien : il y a eu, au XIXème siècle un maire de Morlaix qui s'appelait Armand Rousseau. . Pour le reste, ce que je retiens, dans le § C, ce sont les deux notions de "sentiment religieux" et de "marché du religieux". Ce dont je suis persuadé c'est de l'existence dans l'homme du "sentiment religieux", d'une part; d'autre part, que ce "sentiment religieux" est détourné par l'appareil religieux institutionnel. . C'est pour cela que j'ai dit qu'en cas de l'effondrement de l'Eglise catholique, le bon Dieu ne se portera pas plus mal, au contraire; mais une ou deux générations pourraient en être profondément traumatisées. . Je n'en sais pas plus; Contrairement à ce que pensent certains qui sont persuadés que j'aimerais bien être prophète, ce n'est pas le cas. . jpylg
En évoquant un catholicisme qui contient le sentiment religieux : i.e. le canalise et lui donne une forme, je pensais que le catholicisme romain s'est largement substitué à la religion romaine dans ce qu'elle avait de "scrupuleux" et de ritualiste, donnant plus d'importance à la norme qu'au sens. Bref la religion telle que la faisait détester le théologien réformé Karl Barth, comme une entreprise d'impiété et d'orgueil de l'homme. On parvient difficilement à exclure toute pointe d'admiration quand on analyse ce dispositif et sa pérennité aujourd'hui bien compromise. On ne peut oublier non plus les "petites entreprises" de non conformisme qu'il a laminées, mais pas non plus celles qui ont réussi paradoxalement, hier et aujourd'hui. Le propre de ce que Ernst Troeltsch, le compère historien et théologien du sociologue Max Weber, appelait le type "spiritualismus", ni secte ni église est de prospérer sur les marges, en réseau, goutte d'eau dans la mer, mais poussant la radicalité chrétienne soit dans sa ligne sociale soit dans sa ligne spirituelle, vers des horizons inexplorés. Quelque chose de cela a des chances d'émerger du chaos qui s'annonce. Le mouvement pentecôtiste catholique le laissait entrevoir, mais il est totalement instrumentalisé par l'appareil clérical. P.S. l'Armand Rousseau dont je parle est l'utopiste socialisant qui projetait de construire quelque chose de proche de l'utopie de Godin, sur des dunes nord-finistériennes
Quand le Boss prie en disant : "qu'ils soient un comme moi en toi et toi en moi", il n'est pas interdit de penser qu'il pense d'avantage à l'ensemble de la communauté humaine qu'à un certain nombre d'Eglises institutionnelles. Par-dessus ces Eglises institutionnelles, il me semble que l'Eglise véritable c'est celle formée par la communauté de ceux qui mettent en pratique l'amour du prochain, avec de la compassion (véritablement mise en pratique) pour les plus faibles. Tout cela est du domaine de l'intimité de la conscience de chacun. S'agissant de l'affaire scandaleuse qui nous occupe, les évêques français se sont clairement exprimés. Celui de Paris, avec une arête dans la gorge, a-t-il dit. Mais il faut bien reconnaître que, trop de prélats de la cité du Vatican, ont gardé dans leur boîte crânienne, comme dirait je ne sais plus qui, le formatage en vigueur dans la chrétienté du bon vieux temps, qui n'est plus.
. Ca y est ! voici ce que je redoutais par dessus tout ! Vla miradou qui rapplique avec son irrésistible bonne volonté ! Je ne donne pas dix minutes pour qu'il nous parle de l'abbé Pierre et de soeur Emmanuelle ! . Là, j'abandonne : c'est lui qui a raison. . jpylg
@ Jean Paul Yves Pour l'abbé et la soeur, je l'ai déjà fait. Je ne vais quand même pas en remettre une couche. Ca rendrait jaloux le père Pedro de Madagascar et aussi, etc... etc...
. @ miradou . c'est à tort qu'on me prend pour un pessimiste. . Je rejoins, au contraire, ton optimisme en la matière. . Le bon dieu se sortira sans aucune difficulté de cette affaire. A mon avis même, il s'en portera mieux. . jpylg
Je ne me fais pas trop de souci pour le bon dieu; je m'en fais davantage pour li bons homs, comme on disait au Moyen-Age.
Tourner le dos à Rome, certes, et comment !!!! Quant à prier, je ne sais toujours pas faire.... et n'y crois toujours pas. Mais être révulsée par la conduite de ce Benoît XVI, ça je sais !!!!
@ grain de sel Si on entre dans la cité du Vatican, par le fait, on tourne le dos à Rome. Cela m'est arrivé une fois. J'ai le souvenir d'un musée bien achalandé. Et pour cause, parmi tous ses défauts, l'Eglise Catholique a celui de perdurer depuis des lunes. Ce qui lui a permis de collectionner nombre d'oeuvres d'artistes tout aussi pieux pour la plupart que talentueux. Immense collection restée dans l'indivision de générations en générations. Quant à prier, c'est déjà un bon début que de s'adresser à sa propre conscience. Et bizarrement, il n'est pas rare d'entendre un petit écho en retour. Tout petit, petit écho.
Mais être révulsée par la conduite de Benoit XVI, ça je sais!!! Un révulsionnaire de Saint Bernard. Ce fut une belle hérésie.
allons grain de sel, tous ensemble: Esprit Saint nous Te prions/ De nous donner en ce jour /L'abondance de Tes dons / Et dans nos coeurs pleins d'amour/ Répands la grâââce ! . N'empêche, j'ai toujours un brin de nostalgie en pensant à Jean-Paul Premier, le Pape Luciani, qui n'a ri qu'un seul été, avant d'être enlevé à notre affection.
@ Melchior (et à Moël Jartin s'il s'aventure dans ce billet) Il n'en reste pas moins que les jésuites rient. J'en sais quelque chose, je les fréquente.
Et surtout, Saint Esprit, accorde-moi, à moi, à moi... à moiiiiiii!
En écrivant ce que vous venez d'écrire, je pense que vous ne savez pas ce que vous faites.
"Alors que la crise mondiale du capitalisme bouleverse les sociétés et sépare les hommes, au point de douter de leur appartenance à une même espèce, véritable secousse anthropologique..." Même chose dès que l'on parle théologie ou religion, Me. Mignard. Le seul courant qui ait trouvé grâce à mes yeux d'apostate assumée, et encore sans vouloir lui reconnaitre l'origine "catho" - comme l"l'église catholique d'ailleurs durant un bon moment - mais provenant d'un esprit de révolte et de justice de la part de ses pratiquants, c'est le courant que fut appelé "Théologie de la libération" des années 1970. Sinon, cela ne fait jamais du mal d'approfondir les textes, les vécus et les approches du besoin de transcendance que chacun de nous porte en soi et qui est peut-être un chemin détourné pour nous conduire aux problèmes réels des "crises" qui parcourent l'humanité. Mais pour le reste, sans moi.
Difficile de ne pas considérer que nous sommes face à une tentation réactionnaire du Vatican. Faut-il aussi la rapprocher de la forte diminution du nombre de croyants/pratiquants - au moins pour ce qui concerne l’Eglise européenne ces dernières décennies- et donc du pourcentage croissant d’intégristes, au sens large du terme, au sein des pratiquants que cela entraîne? Désinvolture à l’égard des musulmans et des juifs, interdiction de tous moyens de contraception y compris naturels hors “circonstances graves” obligeant les couples fertiles aux naissances plus que multiples ou à la chasteté peut conduire les derniers porteurs sains de la foi à repenser sérieusement leur rapport à Rome. Et de laisser peu à peu toute la place aux gardiens austères d’une ligne radicale,communautariste et puritaine. Permettez-moi de vous interrogez sur votre évocation de la laïcité: Y faites-vous référence dans une vision large de la capacité de dialogue et de respect entre tous - croyants, dubitatifs ou mécréants - donc dans le cadre des débats d’idées hors le champ d’application des principes de la séparation des Eglises et de l’Etat ou abordez-vous une certaine vision de la Laïcité Républicaine?
Je ne comprends pas la dernière question. Merci de m'éclairer (avec des exemples si possible).
Dans son billet JP Mignard écrit: "Puisque nous, catholiques, prétendons porter témoignage, leur opinion sur la valeur de ce dont nous témoignons est irremplaçable. La laïcité c'est aussi le fait pour les croyants de solliciter l'avis de ceux qui ne croient pas ou qui croient différemment. Et d'admettre que raison peut leur être donnée." Doit-on regarder le fait d'ouvrir, au nom de la laïcité, l'Eglise à l'écoute des non-croyants comme une belle ouverture vers tout le monde - croyants divers ou pas - ou la référence à la laïcité peut elle évoquer la volonté d'entendre les non-catholiques en contrepartie de l'écoute des témoignages religieux dans le cadre de la République au détriment de la séparation des Eglises et de l'Etat?
Ah, je comprends un peu mieux. . Que les Eglises s'ouvrent à l'écoute des non-croyants me semble une bonne chose pour tout le monde, en effet. . Je ne vois toujours pas très bien en quoi l'écoute des témoignages religieux (dans leur diversité, naturellement, et philosophiques non-religieux mêmement) porterait ombrage à la séparation des Eglises et de l'Etat. S'il fallait expurger Pascal, et Hugo, et le jésuite Teilhard de Chardin... Et, tiens, soeur Emmanuelle dont on parlait tout à l'heure...
Loin de moi l'idée d'effacer la moindre ligne de qui que ce soit! "Que les Eglises s'ouvrent à l'écoute des non-croyants me semble une bonne chose pour tout le monde, en effet." dites-vous. A moi aussi bien sûr. Et la réciproque également. A tout cela je dis mille fois oui. Mais je dis avec le même empressement mille fois non à la remise en cause de notre laïcité, de de la séparation des Eglises et de l'Etat dans la sphère publique. Au fond, et les lézardes sont là, et dans la forme - et nous y avons échappé en suite du refus de la commission ad hoc présidée par S.Weil.
. Qui a dit quoi de la laïcité, quand, où, pourquoi, comment ? . jpylg
La liberté de penser et de croire ou de ne pas croire ce que l'on veut, pourvu que cela ne nuise pas à autrui. En France, en Iran, en Arabie Saoudite et partout ailleurs.
Bonjour, Qui?: Jean-Pierre Mignard dans le billet; Quoi?: "Puisque nous, catholiques, prétendons porter témoignage, leur opinion sur la valeur de ce dont nous témoignons est irremplaçable. La laïcité c'est aussi le fait pour les croyants de solliciter l'avis de ceux qui ne croient pas ou qui croient différemment. Et d'admettre que raison peut leur être donnée." Où? Fin de l'avant dernier paragraphe Pourquoi, comment? Telle est ma question.
Merci à Jean-Pierre Mignard pour cet article très intéressant qui a suscité une série de commentaires tout à fait stimulante à laquelle je n'ai pas grand-chose à ajouter sauf dire que j'ai été heureuse de voir cités les cahiers du Témoignage chrétien et le père Chaillet. On oublie souvent leur rôle dans la Résistance et il était important de s'y référer dans ce texte. Je crois en effet que la dernière chance de l'église catholique c'est de poursuivre dans la voie du soutien aux plus démunis, dans la lutte contre les injustices ou les idéologies déshumanisantes. A ce propos je regrette que l'église catholique ne soit pas aussi engagée que l'est le protestantisme dans la lutte pour les sans-papiers ou dans la dénonciation du capitalisme sauvage.
@ Marie Lavin Il m'arrive de prendre des notes à partir de ce que je lis sur le web ou ailleurs. Mais pas systématiquement. S'agissant des sans-papiers, j'ai lu quelque part que les évêques de France s'étaient adressés au ministre en charge des sans-papiers. Il leur a à peu près répondu qu'il n'y avait aucune raison qu'il change de politique et leur a souhaité un bon Avent (ce devait être courant décembre). Sans commentaire. S'agissant des questions de l'ultra-libéralisme et autres questions collatérales, j'ai également lu quelque part qu'une encyclique devait être signée par le pape pour être publiée début janvier. Nous sommes en février, et toujours rien. Les services du Vatican n'échappent pas aux problèmes de la bureaucratie. Les remontées d'information depuis les conférences des évêques ne se font pas en claquant les doigts. Puis les documents naviguent d'un dicastère (département administratif de la Curie) à l'autre. Il faut admettre en plus que la réactivité des services centraux de l'Eglise n'est pas celle des marchés financiers.
En complément, et pour ceux qui n'auraient qu'une vague idée de ce que recouvre le "catholicisme intégral", je conseille la visite du site : http://www.sodalitium.eu/
Ce nom, et pour cause, n'est pas sans rappeler le "Sodalitium Pianum" (la ligue de Pie), plus connue en France au début du 20ème siècle sous le vocable de "Sapinière". Ce site ne fait pas que reprendre en partie cette dénomination, les rédacteurs ne font pas mystère de leur grand attachement aux thèses de Mgr Benigni...
Si vous cliquez sur le lien "Revue Sodalitium", vous aurez accès en téléchargement libre (vous pouvez aussi verser votre obole...;-) aux 61 numéros de l'édition papier de "Sodalitium". Je conseille le numéro 60, qui donne un aperçu assez complet de l'histoire de cette ligue de Pie et des thèses radicales qu'elle défend.
Dans ce document, j'ai extrait le passage suivant :
" [...] les catholiques qui veulent être fidèles et cohérents avec leurs principes ne doivent pas demander ni se contenter de demander que l’état respecte la liberté de l’Église, acceptant du moins implicitement le principe de la neutralité de l’état ainsi que celui de la séparation de l’Église et de l’État ; ils doivent prétendre et s’efforcer de faire en sorte que l’état reconnaisse l’Église non comme une quelconque institution, mais comme une institution divine, qui lui est supérieure, comme l’unique vraie religion, devant laquelle il doit encore s’incliner et à laquelle il doit obéir. "
Qui parlait (je cite de mémoire) de la supériorité du prêtre sur l'instituteur ? Que dit le chanoinillon du Latran de toute cette affaire ? L'a-t-on entendu prendre position ?
Pour ceux qui se font encore de douces illusions sur "l'effet Vatican II", je crains que le coeur de la doctrine catholique n'ait jamais été "perdu". Il est toujours bien présent et actif dans l'Eglise, et ce Sodalitium, résurgence noire d'une ligue dissoute dans les années 20 qui se voit brusquement rassérénée, encouragée par Benoît XVI, nous ramène à une réalité qui n'a rien d'angélique.
@ Algor Si l'on doit parler du coeur de la doctrine catholique, vraiment du coeur, c'est sur la montagne qu'il faut aller le chercher, le fameux discours de Jésus : "j'avais faim et vous m'avez donné à manger, j'étais étranger et vous m'avez accueilli, j'étais en prison et vous m'avez visité.. etc... etc..." Ne confondons pas le principal et tous les accessoires qui tournent autour, les vrais qui ont toute leur raison d'être et les frelatés tel que ce Sodalitium qui doit être aussi influant qu'une roupie de sansonnet en train de sécher au soleil.
Je vous rejoins sur cette montagne, Miradou. Mais, ce sont des paroles que j'y entends, et pas une doctrine, pas une vaine construction théologique, fut-elle celle, soi-disant plus acceptable, de Vatican II. Rendons sa liberté au message. S'il vous plait.
@ algor citation : "Rendons sa liberté au message". Que je sache, le message est accessible à tout le monde. Pour ce qui me concerne, je suis bien incapable d'en extraire seul tout le développement de la pensée sociale telle que l'Eglise la propose dans l'un ou l'autre lien ci-après.
@ Miradou,
Extrait du "Dominus Iesus", septembre 2000, Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Cardinal Ratzinger :
" [...] le Concile Vatican II a voulu proclamer [...] que malgré les divisions entre chrétiens, l'Église du Christ continue à exister en plénitude dans la seule Église catholique [...] Il existe donc une unique Église du Christ, qui subsiste dans l'Église catholique. "
On peut considérer que tout cela est anodin, que cela n'empêche nullement de faire sien "Aimez-vous les uns les autres", mais puisqu'il est, dans ce billet de Jean-Pierre Mignard question des propos iniques d'un évêque en passe d'être réintégré dans l'Eglise catholique, un évêque qui est sans doute loin d'être le seul à penser ce qu'il a publiquement exprimé, je ne trouve pas hors sujet de mettre le projecteur sur la raideur doctrinale de cette Eglise catholique rêvée de Mgr Benigni, laquelle, à moins de nier l'évidence, s'exprime toujours, près d'un siècle plus tard, par la voix du futur Benoît XVI (année 2000) et aujourd'hui sa décision contrariée de pape de réintégrer l'évêque.
Deux sites consacrés à la pensée sociale de l'Eglise qui peut être utilisée comme un boîte à idées où chacun peut faire son marché. site français : http://www.penseesociale.catholique.fr/-La-pensee-sociale-de-l-Eglise-.html site du Vatican : http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html
@ algor. J'ai visité (pas longtemps ça m'a suffi) le dit site et j'ai vu. Par atavisme professionnel, je suis allée sur la page "activités jeunes" et j'ai été édifiée. Le texte et les photos du camp de garçons (mixité interdite bien sûr) sont révélateurs de l'idéologie de ces individus: coeur vendéen en bandoulière et "esprit de sacrifice "(ah la nostalgie pétainiste) en exergue...Et j'ai repensé à l'abbé Cottard, vous en souvenez-vous? Lui aussi il appartenait à cette fraternité Pie X et il a conduit à la mort par entêtement, par non respect des consignes élémentaires de sécurité et des réglements, quatre jeunes garçons qui lui étaient confiés et un jeune homme qui est décédé en leur portant secours. Il voulait leur apprendre le courage.... Oui c'est la face noire du catholicisme et tenir ces gens éloignés par l'excommunication était bien une bonne décision, on est très loin du Père Chaillet ou, plus près de nous dans le temps, du Père Wrezinski, fondateur d'ATD quart monde. Pour moi la vraie, la seule Eglise catholique ce sont ces derniers (entre autres évidemment).
Bon, ce sont de vrais Talibans, quoi. Ni plus ni moins.
@miradou. D'accord avec vous et merci pour ces liens.
A Caroline Pinet Il va de soi que les croyants doivent accepter la confrontation avec l'opinion des non croyants ou des autres croyants. Le fait religieux doit être admis -il l'est- et connu- il l'est insuffisament-. Il me semble évident que l'avenir de nos sociétés dépend pour une partie de l'évolution des débats internes à chaque grand courant confessionnel. Une laicité à courte vue semble confondre neutralité vis à vis du fait religieux et ignorance du fait religieux. Je dirai que neutralité et connaissance sont plus appropriées. Mais pour être tout à fait clair je ne vois pas d'autre système que celui de la laicité, ce qui signifie dialogue constant. Discuter sans cesse avec L'Eglise catholique pour la convaincre de la position irresponsable sur le plan sanitaire qu'elle prend avec le rejet du préservatif me semble appartenir à ce type de dialogue, rugueux mais néxessaire. Prendre acte de son engagement en faveur des pauvres ou des étrangers me semble devoir appartenir à un dialogue fructeux et reconnassant. Tout dépend des sujets. Prendre acte du fait religieux, parler voire se confronter, cela me semble une laicité lucide. Et efficace surtout.
Tout à fait d'accord. Et pas seulement avec l'Eglise romaine. Avec les musulmans aussi (par exemple).
Votre dernière phrase rejoint, selon moi, cher Jean-Pierre Mignard, ce qu'écrit Philippe Sollers : "Le Christ est le premier et le seul athée sérieux, qui résout par l'abandon, par la douceur, par le contraire absolu de la violence, la violence qui se dit dans toute écriture." Bien à vous,
. J'ai dû me déconnecter de Médiapart, hier en fin d'après-midi et j'ai manqué plusieurs contributions. . Je voudrais tenter de synthétiser certaines interventions : il manque dans ce fil extrêmement intéressant, en regard du texte avec lequel il débute, le "plaidoyer" de jean-pierre mignard, le texte qui résumerait la position des intégristes. Je suis mal placé pour le faire à leur place. . Pour le peu que j'en sais, ce n'est pas la totalité de Vatican II qu'ils rejettent; ils ne contestent pas que l'Eglise avait besoin de faire une mise à jour, ils ne disent pas qu'il n'y a jamais eu rien de bon dans cet "aggiornamento"; ils disent que dans l'ensemble des déclarations qui ont été faites, se sont glissées des erreurs majeures qui frisent l'hérésie ou qui sont même des hérésies. C'est sur ces points qu'ils veulent revenir. . Or, s'ils pensent cela et s'expriment en ces termes radicaux, ils ne sont toutefois pas les seuls à le penser et de nombreux courants dans l'Eglise catholique, ont rejoint ce type d'analyse et il y a lieu de se demander si ce n'est pas le cas de Benoit XVI lui-même. Personnellement, je pense que oui. C'est cela le cadre général de l'affaire - ce que cache complètement l'affaire du négationnisme de Mgr Williamson. . L'intervention qui me semble avoir un grand rapport avec le fond de la question est celle de Caroline Pinet sur la laïcité. La laïcité, celle définie par la loi française de 1905 est-elle un modèle acceptable ? (et susceptible d'être étendu, par exemple à l'Europe ?) Non pour les intégristes. Oui pour Vatican II. . Or, l'on voit bien que sur la laïcité, Benoit XVI et avant lui, Jean-Paul II, ont une stratégie de recul. Qui a inventé la notion de "laïcité positive" ?Qu'est-ce que la laïcité positive sinon une laïcité conditionnelle, avec des conditions qui seraient définies par l'Eglise ? . Il faudrait qu'un homologue intégriste de jean-pierre mignard nous résume ce qui semble aux intégristes les erreurs fondamentales de Vatican II. . Je pense qu'elles se trouvent essentiellement dans le décret sur la relation du catholicisme avec les autres religions : Nostra Aetate (28/10/65) et, par dessus, celui sur la liberté religieuse : Dignitatis humanae (7/12/65). . jpylg
. J'ai dit, précédemment, que je ne connaissais pas bien les positions de la Fraternité Saint Pie X. . (Je connais, en revanche, passablement Pie X) (Pie X, pour revenir à la question de Caroline Pinet sur la laïcité, c'est celui qui refuse la loi de séparation de 1905, dans son encyclique "Vehementer Nos" (11 février 1906) - qu'il faut absolument lire :ainsi que Gravissimo Officii (10/08/1906)et Pacem domini gregis ((8-9-1907). - on trouve tout cela très facilement sur Internet.) . Je ne me suis guère intéressé au sort du groupe de Mgr Lefebvre, parce que je sais que de tous temps, le catholicisme a produit des courants dissidents qui ont été laminés par l'Eglise: par exemple, le jansénisme, au XVIIème siècle; (cela se passait déjà au IVème siècle, avec l'arianisme, le donatisme, le pélagianisme, ensuite l'apollinarisme, le nestorianisme, le monophysisme, etc). . Le protestantisme est l'exception historique. Ce que l'histoire théologisée nous cache, c'est que le protestantisme est en train de gagner et de menacer l'avenir du catholicisme. L'une des victoires du protestantisme, en France, est la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Une autre des très grandes victoires du protestantisme a, justement, été Vatican II. . Tout cela, on l'ignore, en raison du formatage de l'opinion. . Je ne croyais pas à l'avenir de la fraternité Saint Pie X :Notamment après Vatican I, il y avait eu une importante scission qui prit le nom d'Eglise Vielle Catholique et qui existe toujours; mais comme elle s'est constituée en fédération et que chaque Eglise a une grande autonomie, on ne sait pas exactement aujourd'hui ce que l'Eglise Vieille Catholique représente. (On peut trouver aussi à son sujet des infos sur Internet). . Bref. Je voyais la Fraternité Saint Pie X évoluer dans ce sens. Si, au contraire, elle est réintégrée dans l'Eglise, cela change tout: car elle ne reviendra pas sur ses positions. Et ses positions, c'est que Rome doit revenir sur Vatican II.Je souhaite, désormais, en savoir plus sur la Fraternité Saint Pie X. . jpylg
Sauf erreur ou berlue de ma part, l'un de mes commentaires à ce billet a disparu. Mediapart peut-il me donner une explication à cette disparition ?
Edité : apparemment, c'est un problème technique, plusieurs commentaires s'affichent ou pas au rechargement du billet.
A Jen-Pierre Mignard. Merci de votre réponse. Même si je ne suis pas certaine d’y lire jusqu’où (dans les institutions ou hors d’elles) peut s’inscrire dans votre esprit la laïcité lucide que vous évoquez. --- La connaissance de l’Autre et les discussions au sein de la société des différents courants qui la compose sont utiles et civilisatrices. Elle ne saurait être, à mes yeux, facteur d’affaiblissement ou de remise en cause de la neutralité qui s’impose à l’Etat et du maintien des mouvements religieux à l’écart des décisions publiques. Ma vigilance particulière à l’égard de notre Laïcité républicaine est récente. Les attaques insidieuses ou frontales dont elle est l’objet de toutes parts depuis quelques années ne peut qu’alerter. Et cela m’a par ailleurs conduit à porter une attention nouvelle au respect de la dignité des femmes. Comment faire autrement. Le risque de nos sociétés est de laisser l’Etat - et certaines élites politiques ou intellectuelles - se faire le porte-voix ou l’obligé des grands courants confessionnels. Le peuple ne mérite sûrement pas cela. Prendre connaissance de Dignitas humanae avant l’ouverture des Etats Généraux sur la bioéthique est une chose, donner voix consultative ou délibérative aux représentants des mouvements religieux au sein des instances républicaines en est une autre. Etre attachée à notre laïcité n’empêche pas d’être lucide quant à “la part des anges” dans les débats républicains qui conduit depuis longtemps certains à la qualifier d’hypocrisie. Lorsqu’elle est respectée cette “hypocrisie” partielle nous protège des excès d’influence des différents mouvements religieux, nous évite de les hiérarchiser entre eux ou par rapport à ceux qui ne se réfèrent à aucun ; En attachant nos droits et devoirs au même socle plus permissif que celui des religions, elle n’oblige pas le croyant à se soumettre aux diktats d’une hiérarchie religieuse qu’il doit avoir lui aussi le droit de déplorer et les moyens d’y échapper. Prendre acte de l’engagement de l’Eglise en faveur des pauvres est une chose mais aller jusqu’à entendre par exemple un Président français en exercice dire “ si l’Eglise ne s’occupent pas des pauvres, qui le fera?” c’est valider au XXI° siècle une conception particulièrement archaïque de la société. On doit s’inquiéter. Lorsqu’en janvier 2009 le rédacteur d’un rapport pour la réforme du Conseil Economique, Social et Environnemental plaide pour l’intégration des représentants des mouvements religieux en son sein en abaissant les droits des femmes à la simple prise en compte de certains courants philosophiques pour le justifier, on doit s’inquiéter. Lorsque l’Etat détricote le planning familial en baissant de façon radicale une ligne budgétaire pourtant insignifiante pour complaire à la hiérarchie religieuse en donnant suite à ses pétitions, on doit s’inquiéter. Lorsque la Ministre de la Justice trouve normal un jugement de répudiation et qu’on peine à voir le débat sortir du religieux pour ne se poser que sur le principe fondamental de l’égalité en droit des Femmes et des hommes, on doit s’inquiéter. etc.... puisqu’il serait trop long de reprendre la longue liste des discours, postures, accords et autres dispositions qui laissent plus que dubitatifs et que d'autres ont traités par ailleurs. Alors que les catholiques peuvent se poser sérieusement la question de savoir s'il faut "prier le dos tourné à Rome", il paraît particulièrement légitime d'être interpellé par la volonté de voir la République oeuvrer main dans la main avec Rome.
. Une personne m'a dit, tout à l'heure : Je suis avec beaucoup d'intérêt vos contributions. . C'était en messagerie privée. Je l'ai remerciée naturellement. Mais cela me ramène à une longue expérience antérieure que j'ai eue d'un forum consacré aux questions de religion et qui était, comme on dit, non-modéré et où la vulgarité et l'agressivité dépassaient le bon sens. . Il était très fréquent que je reçoive en mail privé des messages de félicitations et d'encouragement, alors que, sur le forum, je n'avais que des insultes et des menaces. . Je ne voudrais pas qu'une telle expérience se renouvelle; que je reçoive des messages sympa en privé et que je n'aie droit qu'à des querelles de chiffonnier en public, comme cela a été le cas, il n'y a pas longtemps, sur Médiapart, dans la désormais historique affaire du "billet supprimé". . Une chose est sûre, c'est que des billets parfois importants sont salués par le silence. C'est loin d'être le cas exclusif des miens. Il s'agit d'une sorte de règle. Je mets ce phénomène d'ailleurs en rapport avec la question du "formatage". Je me demande si le silence n'exprime pas la résistance au déformatage. . Quoiqu'il en soit, je remercie ceux et celles qui apprécient mes contributions, qu'on le dise en privé, qu'on le dise en public, ou qu'on se contente de le penser. . Pour ma part, j'attache un grand intérêt aux réactions qui, parfois, quand elles s'expriment, permettent d'aller plus loin. Quand elles ne s'expriment pas, je fais ce que je peux pour interpréter le silence, au risque de me tromper. . J'attache la plus grande importance au silence qui accueille généralement mes contributions relatives au "paradigme historico-théologique", ou (c'est pareil) à la série sur l'Apocalypse. . Hier le silence faisait du bruit, autour de : . http://www.mediapart.fr/club/blog/jeanpaulyveslegoff/090209/apocalypse-textes-en-contexte . Pour le billet qui viendra dans quelques jours, consacré au statut et à la datation des textes fondateurs, préparez les boules Quiès. . jpylg
Cher JPY, J'apprécie vos contributions et vos articles sur le paradigme historico-théologique sont sur mon disque dur en attente d'une plus grande disponibilité de ma part pour les lire. Et quand parfois je ne comprend pas très bien ou vous voulez en venir, dans certains billets ou commentaires, je me dis que vous ne le savez sans doute pas vraiment non plus et qu'il faut mettre cela sur le compte de l'expérimentation constante que vous menez ici.
. Merci cher Vincent, . Ma remarque précédente ne constitue pas une contestation du droit de chacun de lire les contributions qu'il veut et de répondre à celles qu'il veut et celles-là seulement. Je suis le premier à l'utiliser très largement. . Pour ce qui concerne mes propres contributions, je sais que les silences que j'observe peuvent avoir différentes explications. . Je voulais signaler un cas particulier, mais qui n'est pas rare, celui de la personne qui se sent assez motivée pour dire en privé son approbation et qui, pour quelque raison que ce soit, ne va pas apporter cette approbation en public.J'ai eu beaucoup à faire à ce genre de réactions dans d'autres circonstances. . Quant à savoir si je sais ou ne sait pas où je veux en venir, cela dépend des sujets, ou même de certains aspects d'un même sujet. . Pour le formatage, effectivement, je ne sais pas très bien... Pour les relations entre la fraternité Saint Pie X et le Vatican, je ne sais pas bien non plus. . Pour ce qui concerne le "paradigme historico-théologique", je n'ai, au contraire aucun doute. Selon moi, l'histoire qui a cours partout, aussi bien chez les adversaires de la religion chrétienne que chez ses adeptes, est totalement fausse.(Parce que, dès les origines, la théologie l'a faussée). Quand on est indifférent à la religion, il est plus que normal que l'on n'y attache pas d'importance. Quand on est croyant, si ce que je dis est vrai, c'est dramatique, car ce sont les fondements de la foi qui sont attaqués. (Et il est normal que l'on s'en désintéresse, sous n'importe quel prétexte). . Quand on est un adversaire de la religion chrétienne, comme mes amis libres-penseurs qui (généralement) m'ont dans le nez, c'est un problème aussi, car cela veut dire qu'ils attaquent la religion sur des bases fausses. Ils l'attaquent depuis l'intérieur du paradigme historico-théologique (et sans grande efficacité, car ce paradigme est très solide), alors qu'il faut sortir du paradigme pour l'attaquer. (Ce que j'essaie de faire). Quand les libres penseurs lisent mes papiers, ils comprennent qu'il faut qu'ils rouvrent leurs dossiers depuis le début. Ils n'aiment pas. Ou n'ont pas le temps. Ils pensent que leur critique est suffisamment bien fondée. . Enfin il y a une immense catégorie de gens qui sont indifférents à cette affaire et qui ne devraient pas l'être, c'est l'ensemble des citoyens, car d'une certaine manière, c'est la laïcité qui, insidieusement, est attaquée. . Dans le deuxième article de la série "le paradigme historico-théologique) (*), j'ai essayé de montrer que l'histoire qui est enseignée dans nos universités (et par conséquent, par ricochet, dans toutes les écoles,) satisfait sans doute aux exigences de la théologie mais absolument pas de l'histoire. . Toute personne concernée par la laïcité et par l'enseignement devrait se sentir concernée. Ce n'est pas le cas. Tant pis. . Merci de ton attention et de ton commentaire. Mais ce n'est pas une obligation: on ne peut pas être sur tous les fronts en même temps. Moi aussi j'ai recopié les articles sur l'esclavagisme monétaire et je remets à plus tard une lecture détaillée, en espérant la faire un jour... . a + . jpylg . * : celui-ci : http://www.mediapart.fr/club/blog/jeanpaulyveslegoff/050109/le-paradigme-historico-theologique-2-1
Cher Jean-Paul Yves Le Goff, je confirme mon intérêt (précédemment manifesté en privé) pour vos contributions même si je doute qu'il soit nécessaire d'encombrer les forums avec ce genre de communication ;-) Y aurait-il des us et coutumes, une histoire compliquée, des sensibilités particulières, un quelconque passif ou que sais-je d'autre, sur Mediapart et que je n'appréhenderais pas encore ?
. @ algor . Il ne semble pas que la communication électronique sur les forums d'internet soit facile d'une manière générale. . Elle ne l'est pas particulièrement dans le "club" de Médiapart; mais n'est pas particulièrement difficile non plus. . Je me suis surtout référé à une longue expérience particulièrement fâcheuse que j'avais faite sur un autre site, totalement libre d'accès, fr.soc.religion, et envahi par les sectes; j'ai seulement voulu dire que je ne souhaitais pas que cela recommence ici. . Dans une affaire désormais historique, - pour l'histoire de Médiapart - connu sous les termes du "billet supprimé", j'ai eu l'impression que cela recommençait. . Donc revenons au sujet, que je reformulerai ainsi, si personne n'y voit d'inconvénient : . Benoit XVI est-il un intégriste ? . jpylg
Un intégriste contrarié, frustré, je le crains.
Quand on a été, comme lui, Chef de l'Inquisition - pardon, de la Congrégation pour la Doctrine et la Foi - on peut difficilement être autre chose qu'un intégriste. Enfin, me semble t'il.
Il est ici beaucoup question de considérations, disons, politiques. Il me semble que le seul point à avoir en tête est le suivant : l'Eglise est une mère, l'ouverture est sa nature même. Le geste de Benoît XVI me paraît à cet égard tout à son honneur. Il y a longtemps qu'il aurait dû être fait. Libre ensuite à la Fraternité de refuser la main tendue. Le reste de tout ce qui est évoqué ici me paraît secondaire. Il ne faut jamais oublier, quand on parle de l'Eglise, ce qui est en son coeur.
rien n 'empêche le chrétien de rejoindre une église protestante libérale comme l'Eglise Réformée par exemple ou une église luthérienne.Ici pas de Pape.
. Les cathos ont un pape, mais ils s'en foutent, sauf pour le décor, auquel ils tiennent. . Il y a longtemps que les cathos sont des protestants qui s'ignorent. . Et, cela, c'est Vatican II. . C'est justement contre cela que les intégristes veulent réagir. . jpylg
J'avais écrit un commentaire de l'affaire de Ratisbone (voir "Raison et religion") qui peut permettre d'envisager les choses autrement. 1) Au fond, il serait même possible que toute cette affaire Williamson ne soit que médiatique, une fois de plus, pour essayer de tirer la couverture (médiatique donc) à soi. On ne voit pas pourquoi les religieux seraient différents des autres. 2) L'arbre médiatique cachant la forêt, sur le fond, la véritable question ne serait pas une nouvelle religion (ou une régression fondamentaliste) mais plutôt la "Fin de la religion" (autre article), du fait de la confrontation imposée par le multilatéralisme, dont le dialogue interreligieux serait le serpent de mer.
Je disais alors: "le pape Benoît XVI, quand il était gardien du dogme, en tant que préfet pour la Congrégation de la doctrine de la foi, avait refusé le relativisme religieux en condamnant les tentatives de certains théologiens orientalistes comme Dupuis, pour le livre : Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux, qui a été rappelé à l'ordre par une série de Notifications: Notification 1. Il faut croire fermement que Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme, crucifié et ressuscité, est le médiateur unique et universel du salut de toute l'humanité. [...] Notification 6 : Il est contraire à la foi catholique de considérer les diverses religions du monde comme des voies complémentaires à l'Église pour ce qui est du salut. Notification 7 : Selon la doctrine catholique, les adeptes des autres religions sont eux aussi ordonnés à l'Église et sont tous appelés à en faire partie (Rome, le 24 janvier 2001). Ce qui, nous l'avouerons, est un peu limitatif comme dialogue inter-religieux."
Croire que les religions actuelles seront capables de se réformer rélève de l'optimisme ("de la foi"). Mais en tout état de cause, le débat, tout débat, ne peut pas se placer sur le terrain de la religion (de la foi), mais sur celui de la raison. La messe est dite.
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt la réflexion en marche que constituent ces échanges sur l'évolution actuelle de l'église catholique. Dans l'analyse qu'il fait de la réintégration de l'évêque Willamson , de la Fraternité Saint Pie X et du concile Vatican II, J P Y Le Goff estime que l'église catholique ne peut se penser comme étant une église, une spiritualité et une morale parmi d'autres. Sa vérité est absolue, sa vérité est LA vérité. Malheureusement, je ne peux qu'être d'accord avec lui, non sur ce que devrait être cette église, mais sur ce qu'elle est devenue depuis la mort de Paul VI. Les prises de position de Benoit XVI sur les autres églises, sur le «dialogue » des religions et sur le concept de laïcité sont là pour nous le rappeler. J'analyse de la manière suivante le tournant actuel. Les deux grandes sources qui nourrissent et guident la pensée et l'action de l'église catholique sont la bible et la tradition (la pensée des « pères de l'église » et les principaux conciles). D'un point de vue historique, ce qui, me semble-t-il, a prédominé, c'est la tradition et non la bible. Dans la mesure où la consolidation de la doctrine de l'église s'est réalisée de manière concomitante à la mise en place d'un pouvoir de domination spirituelle et jusqu'à un certain point politique, je me demande si cette consolidation n'a pas aussi servi à asseoir ce pouvoir de domination. Il me semble que Benoit XVI, à la suite de Jean Paul II, s'est placé dans cette dynamique de reconquête du pouvoir, dynamique qui avait été quelque peu chahutée par le concile Vatican II. Mais pour opérer ce retour à ses vieux démons, l'église de Benoit XVI va devoir se livrer à une gymnastique de forte relativisation de la bible et tout particulièrement du Nouveau Testament où il est dit qu'on ne peut prétendre aimer Dieu sans aimer ses frères, c'est-à-dire tous les humains comme le dira l'apôtre Paul. Les valeurs de l'évangile me semblent incompatibles avec la conception que présente Benoit XVI de la vérité. Encore une fois, l'histoire et l'actualité sont là pour nous rappeler que quand deux groupes religieux ou plus, assument des positions aussi radicales, on va tout droit vers la persécution et vers la guerre. Mais la notion de relativité ne peut avoir de signification que si elle est mise en regard avec un absolu. Et quel peut être cet absolu ? A mon avis, c'est le même pour les catholiques que pour tous les autres humains, et il est à rechercher dans la déclaration « universelle » (plutôt occidentale, mais c'est un bon début) des droits humains dont je rappelle l'article premier : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » La prise en compte de cet article est, me semble-t-il, la condition sine qua non d'une mise en pratique des préceptes évangéliques évoqués ci-dessus. La politique de Jean-Paul II et d'une manière plus lisible, de Benoit XV, est donc celle d'une reconquête d'un pouvoir de domination spirituelle et politique
. J P Y Le Goff estime que l'église catholique ne peut se penser comme étant une église, une spiritualité et une morale parmi d'autres. Sa vérité est absolue, sa vérité est LA vérité. Roger Guilloux. . Ce n'est pas moi qui pense cela: c'est sur cette base que s'est construite l'Eglise, si du moins, on veut faire partir la construction du IVème siècle et non, comme le paradigme historico-théologique dominant voudrait le faire croire, du 1er siècle. . C'est cette prétention qui a été sa force structurante, mise en oeuvre devant n'importe quelle "hérésie" et qui a été verrouillée de manière irréversible par Vatican I et l'infaillibilité. . C'est cette réalité qui a été "oubliée" par Vatican II qui, s'il avait été réellement appliqué, faisait du catholicisme une nouvelle branche du protestantisme. C'est parce que la Curie romaine s'en est rendue compte très rapidement (dès 1970) qu'un mouvement de restauration a été amorcé. L'affaire actuelle est un moment crucial dans cette vaste restauration. . On le cache en faisant diversion autour du négationnisme et de l'excommunication. . Le négationnisme d'un évêque est sans doute important, mais c'est un épiphénomène. L'excommunication n'a jamais été prononcée, quoiqu'on en dise; Mgr Lefebvre a seulement été menacé d'excommunication, ce qui n'est pas la même chose. . Le problème, c'est Vatican II, et la succession de Benoit XVI. . jpylg
"Définissez-moi d'abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j'y crois." (Einstein) Je ne sais pas qui est Dieu, mais ici c'est l'enfer. "Je me crois en enfer, donc j'y suis" (Rimbaud). Et tout ceci n'est pas très gai. J'espère donc demain, un rayon de soleil.
Ce sont surtout les commentaires que je trouve assez infernaux. Mais j'aime la foi de Jean-Pierre Mignard, et, comme lui, j'ai toujours aimé Jean Paul II. Cependant, qui pourrait prétendre savoir qui est Dieu ? Sauf que l'on peut croire dans le Christ.
. Le jour se lève, chère Mithra, et votre prière me semble exaucée. . Si elle ne l'était pas aujourd'hui, elle le serait demain. . "Celui qui aspire sans relâche peut espérer en son salut" Goethe. . jpylg
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Tous ces commentaires sont d’une très haute valeur intellectuelle et les citations toute plus élaborées les unes que les autres. « La culture, c’est comme la confiture……… » Reconnaissons au moins à Monsieur MIGNARD d’avoir eu le courage de s’exprimer clairement, ce qui h’est pas exactement le cas de des commentateurs. Les vais Chrétiens (j’en connais), les vrais Catholiques (j’en connais aussi) sont certainement plus préoccupés par le devenir des humains que de celui des batailles des connaisseurs de l’histoire parce que l’histoire nous montre la route mais tout le monde s’en fou ! Mon avis est qu’il faut encourager Médiapart à poursuivre dans sa volonté de faire participer à la vie du journal tous ceux qui, comme Monsieur Mignard, ont un regard original sur un sujet emblématique au-delà de toutes formes de règlement de compte réducteur par presse interposée. Gérard PHILIPPART
Prier ? . Pour s'adresser à QUI ? . N'est-il pas possible de penser hors du contexte du formatage séculaire ?
Mais oui c'est sûrement possible, s'il y a des personnes athées qui n'imaginent pas Dieu - d'après ce qu'elles en disent (et dont je ne doute pas). Si c'est votre cas, Etoile66, où serait donc le problème ?
Je ne suis pas athée, mais agnostique. Car qui peut SAVOIR, sans jamais avoir vérifié qu'il existe ou non une vie au-delà de la tombe ? . Une internaute écrivait: "Je fais pour ma part une différence entre ceux qui croient en Dieu et ceux qui ont peur lorsqu’un chat noir traverse la route devant eux." Il n'y a pour moi aucune différence, tout est question de "croyance". Car qui oserait juger que la croyance d'un Africain - qui voit un esprit, un dieu, dans une pierre ou une plante - soit inférieure à une croyance en un dieu unique ou différente de la croyance au chat qui amène le malheur ? . La croyance en un dieu unique est le summum de l'évolution, elle parvient à un degré maximum de manipulation. Car il n'a plus de "rivaux" et peut "dominer". Ceux qui s'en réclament ont eu et ont le pouvoir dans de nombreux pays au cours de l'Histoire de l'humanité - chrétiens, juif, musulmans, etc. etc . Et ils ont le plus souvent fait un usage violent de ce pouvoir. Juste quelques extraits pas si lointains dans notre pays... . En France, c'est le "pouvoir" central de Paris qui a réprimé ceux qui n'étaient pas catholiques, par la force et dans le sang, pour maintenir la religion d'Etat et le pouvoir en place. . Lisez le massacre de la Saint Barthélémy L'Histoire de La Rochelle L'extermination des Cathares, la Croisade contre les Albigeois dans le Sud de la France, la chasse aux Vaudois dans les Alpes. . Ceux qui ont visité Aigues-Mortes, ont sûrement vu le cachot où étaient emprisonnés les protestants La tour de Constance" dont le plus célèbre était une femme, Marie Durand qui a gravé sur la margelle du puits le mot « résister ». Ce mot est toujours visible de nos jours. Emprisonnée à l’âge de 15 ans et libérée 38 ans plus tard. Ces faits ne sont pas si vieux, ils se sont passés peu avant la Révolution. Etc. etc... . Tous ces mouvements religieux ont eu lieu sur le sol français et ont été réprimés dans le sang et par la violence. . En Allemagne, pays où je vis, la démarche de Luther a plu à un souverain qui l'a pris sous sa protection. C'était une très forte personnalité, avec beaucoup de volonté qui a résisté aux pressions, a traduit la première Bible, etc... Son combat contre les manipulations de l'église catholique ( les indulgences ) était aussi un combat contre l'exploitation du peuple par ceux qui détenaient alors le pouvoir, par la peur de la mort éternelle, pour soutirer l'argent des gens... . C'est la seule différence qui a eu des suites dans l'Histoire... et de nombreux Français, entre 300.000 et un million, ont quitté la France pour se réfugier en Allemagne où il y avait la liberté de croyance. Il y a aujourd'hui des gens qui portent des noms français, on les appelle les "descendants des huguenots". En Allemagne, il y a eu affrontement pendant la Guerre de Trente ans puis consensus, ce consensus est encore en vigueur aujourd'hui dans la société. . La France n'est "restée" catholique que par la répression brutale qui exigeait la soumission au pouvoir en place. Et ses habitants ont dû se plier et suivre, ou fuir. . Nous visitions il y a quelques années les Hospices de Beaune et avons longuement regardé le « Polyptyque du Jugement dernier » : .
. La majorité des gens ne sachant pas lire, la religion leur était expliquée à l'aide d'images. A quoi vous fait penser celle-ci? . Le Christ domine au centre. Des hommes et des femmes nus sortent de terre. Ceux situés à la droite du Christ se dirigent vers le Paradis (panneau d'extrême gauche). Ceux, plus nombreux, situés à sa gauche se dirigent vers les souffrances de l'Enfer (panneau d'extrême droite). . Le "message" était clair: "Si vous n'obéissez pas au Christ - celui-ci n'étant pas là, il était représenté par l'Eglise et le Roi - si vous n'obéissez pas, vous irez en enfer pour toute l'éternité". Les flammes et la nuit les attendent... . C'est le régime de la peur devant la mort qui est optimisé... l'objectif étant le maintien du pouvoir. . Il en est de même de toutes les religions. Aujourd'hui on voit les Shiites et les Sunnites se déchirer et en Inde les conflits entre Sikhs, Musulmans et Hindous, etc. etc... . Tous se réclament d'une croyance en un être supérieur. Le problème c'est qu'ils croient des choses différentes et prétendent tous détenir la "vérité", alors ils se tapent dessus, comme l'ont fait nos ancêtres il n'y a pas si longtemps... . Selon mes observations, la religion ne relie pas, au contraire elle divise. Elle ne relie que les personnes qui font partie du même club. . J'y préfère l'éthique. . Quant à l'existence d'un être "supérieur" ou pas, qui peut y répondre ?
Il y a une différence, selon moi, entre ceux ( les gens d'églises, en général), qui aiment à se soumettre, obéir, se prosterner même - ce qui revient à être dans la contemplation et la fascination d'une idole - et d'autres personnes, qui entendent la parole de l'Evangile, tout autrement. Les premiers sont dans l'idolâtrie, où ils imaginent un dieu le Père, très haut très puissant - bref, ce qui les dépasse -, comme devant être craint et adulé. "Une pensée formatée", diraient certains (qui selon moi, n'entendent pas), ou une parole avalée "crue" - gobée : C'est en effet de la croyance, et cela dispense ce croyant là, de réfléchir et penser par lui-même. C’est donc, Etoile66, ce que vous semblez décrire, et décrier, et que je décrie comme vous aussi. Mais l’on peut aussi avoir la curiosité d'écouter la Bible autrement, et d'y entendre précisément une parole symbolique - donc à l'opposé d’une parole idolâtre. C'est dans cette parole là, symbolique (ou manifeste) que, selon moi, l'on peut croire, parce que simplement, on peut l'entendre comme résonnant vraie. Mais ce n'est pas parce que l'on peut entendre une telle parole, et l’entendre vraie, et donc la croire, qu'on la détiendrait comme « LA vérité » nous appartenant. C'est même tout le contraire : Ce que l'on entend, peut-on le posséder ? Car n’est-ce pas ce que l'on « capte » par le regard, qu'on vole et le possédons ? (Et c'est d'ailleurs là le sens (symbolique) que je vois au "voile" de Mahomet : Le voile d'un regard se devant d'être respectueux, et ne devant pas capter "l'image" de l'autre). Pour moi, l’Evangile nous parle donc de ce qu’est la Parole : de son sens symbolique ou manifeste, comme étant révélateur et pouvant nous révéler à nous-mêmes - et que ce serait par une telle parole, si elle est entendue, que l’homme sourd et resté dans la fascination de l’image, pourrait en être libéré, et donc précisément pouvoir se relever. Bien à vous,
C'est dans cette parole là, symbolique (ou manifeste) que, selon moi, l'on peut croire, parce que simplement, on peut l'entendre comme résonnant vraie. . Merci de partager votre ressenti. Mais ne peut-il pas en être de même avec un poème, une poésie, il y a tant de beaux écrits. Que signifie "résonnant vraie" pour vous ? N'apportez-vous pas là le terme de VERITE que vous récusez plus loin ? . Vous parlez du "voile" de Mahomet. Il est cependant utilisé tout autrement, comme instrument de soumission et d'interdit. . Il se trouve que j'ai été profondément croyante dans ma jeunesse, je connais la Bible dans tous ses recoins, j'en ai même étudié le texte original en hébreu et en grec, je connais les Evangiles, verset par verset, ainsi que tous les autres écrits du Nouveau Testament. J'ai traduis en cours d'hébreu les magnifiques livres de l'Ancien Testament Shir hashirim, les psaumes... J'avais des amis arabes et j'ai donc lu le Coran dans son ensemble, sourate après sourate. . Il est clair qu'on trouve dans tous ces livres religieux de très beaux passages, de très belles idées, qui sont un baume au coeur. Mais elles côtoient aussi des monstruosités, qui, puisqu'elles viennent soi-disant d'un être supérieur, sont acceptées comme telles. La foi évite de se poser les questions. D'ailleurs, il faut croire et ne pas "penser". . Etrangement, ce sont les questions d'un enfant de 5 ans, simples et naturelles, qui m'ont poussée à tout remettre en question, et à dire aujourd'hui que je suis agnostique. . Je n'accepte plus la construction - toute humaine - d'un être supérieur, institué par des hommes pour en dominer d'autres. Et la domination sur les consciences est insidieuse, car elle part de bons sentiments. La petite vieille qui offre son bol de riz à un moine tibétain est tout autant sous la pression de la religion, elle se prive pour le moine, elle qui a dû travailler pour le récolter. Car si elle ne le faisait pas, elle aurait à craindre les regards de la famille et des voisins et la colère de l'au-delà. Il en est de même de tous les rites religieux, ils s'imiscent dans la vie sexuelle, la consommation de nourriture, la façon de s'habiller, etc... et prennent la domination sur tous les domaines de la vie. . Voilà, mais nous sommes loin du sujet initial...
"Une parole résonnant vraie", c'est par exemple pour moi, une parole telle que celle d'Obama. Voilà un homme qui, à mes oreilles, parle une parole vraie, sincère. Selon moi, cet homme (mais il est seulement un exemple parmi d'autres) pense ce qu'il dit, et sa parole, je l'entends comme "symbolisée", c'est à dire "ayant du sens". Et je suis bien d'accord avec vous lorsque vous parlez d'un poème (de Rimbaud par exemple). Je n'arrive donc pas à comprendre où vous voyez dans ce que j'écris, que je me contredise. Car je dis comme vous, que ce sont les "religieux" (les prêtres, les croyants aveuglés de toutes sortes), qui ont dénaturé le sens même des paroles symboliques, pour ne les lire "qu'à la lettre" (une parole à la lettre n'ayant donc plus de sens, et n'ayant plus cette résonance dont je parle). Le symbole du "voile" dont je parle, en est un exemple criant, qui a été détourné de son sens symbolique, pour être utilisé - comme vous le dites bien -, comme instrument de soumission et d'interdit. Le "Il faut croire et ne pas penser" rejoint donc bien ce que j'écris, quand je dis que les croyants aiment à obéir, à se soumettre et se prosterner. Entendre une parole vraie, c'est reconnaître ce qui est vrai dans le ton même de cette parole. Et, selon moi, il ne s'agit nullement de "belles paroles" ou de beaux écrits (pour ne pas dire du blabla, où précisément le ton n'est pas vrai, mais faux). Ainsi, je vous dirai que je me considère aussi comme une femme agnostique, ne sachant évidemment pas qui pourrait bien être ce "Dieu" (je ne sais même pas ce que le mot Dieu veut dire), dont certains auraient la prétention qu'ils le détiennent en propre. Enfin, je vous dirai cependant et simplement que lorsque j'écoute cette parole dans l'Evangile : "Simon, en vérité m'aimes-tu ?", je l'entends comme une parole vraie, véritable. (Et c'est d'ailleurs dans l'Evangile, cette parole là ("En vérité, m'aimes-tu ?") qui m'a toujours et le plus interpelée). Cordialement,
"Une parole résonnant vraie", c'est par exemple pour moi, une parole telle que celle d'Obama. Voilà un homme qui, à mes oreilles, parle une parole vraie, sincère. Selon moi, cet homme (mais il est seulement un exemple parmi d'autres) pense ce qu'il dit, et sa parole, je l'entends comme "symbolisée", c'est à dire "ayant du sens". Tout d'abord merci de votre réponse honnête. Cependant je ne partage pas votre ressenti concernant Obama, car il dispose d'un immense outil médiatique. Qui peut dire si ce que l'on voit, c'est ce qu'il est. Les Français ont été abusés par les médias concernant Sarkozy. Il y a eu tellement de manipulations pour le faire paraître sous un certain jour. Je suis très, très méfiante sur tout ce qui est emballement médiatique. . Enfin, je vous dirai cependant et simplement que lorsque j'écoute cette parole dans l'Evangile : "Simon, en vérité m'aimes-tu ?", je l'entends comme une parole vraie, véritable. (Et c'est d'ailleurs dans l'Evangile, cette parole là ("En vérité, m'aimes-tu ?") qui m'a toujours et le plus interpelée). Je vous crois volontiers. Mais c'est une question très personnelle. C'est comme celui qui s'extasie devant un tableau de Picasso et un autre qui n'y voit rien. Personnellement, je ne vois pas ce qu'il y aurait de "vrai" ou de "véritable" dans cette phrase "Simon, en vérité m'aimes-tu?" qu'un homme demande à un autre ? . J'ai passé pas mal de temps à étudier les textes bibliques en hébreu et en grec... ai vécu la religion... pour devenir agnostique. La seule phrase que j'ai retirée du tout est: Tu aimeras ton prochain comme toi même qui est souvent comprise comme un impératif, mais qui est en fait un vrai futur. Et les religieux ont toujours appuyé sur la première partie pour demander d'aimer, d'être sympa, etc... oubliant la 2ème partie qui fait l'équilibre comme les deux plateaux d'une balance. On ne peut "aimer", c'est-à-dire "respecter" un être humain, si l'on ne sait pas s'aimer soi-même. C'est ce que dirait tout psychiatre en fait. S'aimer soi-même, c'est se respecter. J'ai très peu lu et entendu sur ce thème... j'ai surtout lu et entendu un impératif moralisateur selon lequel il faudrait "aimer" son prochain, en oubliant la 2ème partie de cette célèbre phrase. . Cette phrase peut être dite hors de son contexte religieux, car je la trouve équilibrante pour une société... tout simplement évidente.
Merci aussi à vous. Effectivement, selon moi, nous n'entendons pas de la même façon, mais je vous rejoins lorsque vous pensez qu'il faille d'abord s'aimer soi-même, pour pouvoir aimer quelqu'un de véritablement reconnu comme autre (parce que c'est aussi, selon moi, seulement si l'on se connaît, que l'on peut s'aimer). Et quand bien même, le verbe "aime" (ton prochain) serait à l'impératif, je l'ai toujours entendu comme une recommandation, et non plus comme un commandement. Mais avez-vous lu le livre de Françoise Dolto "L'Evangile au risque de la psychanalyse" ? Elle va tout à fait dans le même sens que vous, en analysant cette parole (qui est aussi ce que je pense). Je n'ai jamais écouté et entendu l'Evangile comme une parole dite "religieuse", mais plutôt comme de l'ordre de la révélation de la vérité sacrée de l'être (ou, de ce qui - s'il n'est pas vrai -, ne serait tout simplement pas). Bien à vous,
. Il y avait hier, à la populaire émission de France-Inter, "le téléphone sonne", pour thème : où va le Pape ? . Parmi les invités, Caroline Fourest, dont j'apprécie non seulement qu'elle soit jeune et jolie, mais aussi intelligente et vraie. . Les positions qu'elle défend sur ces questions de religion et de laïcité me semblent être les bonnes. . Voici (si le lien fonctionne) un premier extrait de l'émission : . . A plus tard. . jean-paul yves le goff
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Eh bien! ce long article s'est révélé inutile! un coup d'épée dans l'eau...
Les événements ont donné tort à Jean-Pierre Mignard : Benoît XVI est demeuré fidèle à Vatican II et poursuit avec détermination le dialogue avec les juifs. On voit mal d'ailleurs un pape désavouer un Concile oecuménique. De plus une telle démarche aurait été contraire à sa trajectoire intellectuelle personnelle, sa réflexion sur "l'herméneutique de la continuité" et sur la première Alliance, le rapport avec le peuple juif. Ainsi, plusieurs de ses écrits sont nés de l'échange avec des Juifs.
" On voit mal d'ailleurs un pape désavouer un Concile oecuménique "
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Ce n'est pas l'avis de Hans Kung, cette semaine même dans Télérama !
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http://www.mediapart.fr/club/blog/jeanpaulyveslegoff/020810/revue-de-presse-hans-kung-dans-telerama
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jpylg
Hans Küng polémique, comme à son habitude. Si son article de Télérama est du même niveau que ceux publiés dans le Monde, inutile de le prendre au sérieux ou même de le lire!
Hans Küng est mal placé pour faire la leçon au pape, puisqu'il n'accepte pas le Concile oecuménique de Vatican I.
Contrairement à Hans Küng, le pape, alors simple prêtre, a joué un rôle essentiel au Concile Vatican II, notamment en ce qui concerne la collégialité; il a été l'ami de Henri de Lubac, dont l'influence a été si déterminante dans la rédaction de Dei Verbum, et aussi du futur Jean-Paul II, qui a tant fait pour Dignitatis Humanae et surtout Gaudium et Spes.
Eh bien, je l'ai lu cet interview de Télérama. Du Küng tout craché!
Mis à part une discussion à propos de la collégialité des Evêques - comprise à sa manière - on ne voit pas en quoi Benoît XVI remettrait en cause Vatican II.
Oublions-nous un instant les personnes de Benoit XVI et de Hans Kung.
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Faut-il comprendre que, selon vous, la mise en application de Vatican II s'est bien faite ?
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jpylg
L'application du concile Vatican II, je crains en effet qu'elle se soit mal passée. Mais ne dramatisons pas! Les précédents conciles oecuméniques eux aussi ont rencontré de nombreuses difficultés dans leur réception. A côté de celà, il y a de belles réussites, par exemple le dialogue judéo-chrétien, qui a beaucoup progressé depuis la clôture de Vatican II. Le tableau actuel n'est à mon avis ni blanc ni noir.
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C'est vrai: on peut le voir comme ça. Les responsables religieux (pas seulement catholiques) se comportent en hommes politiques : ils tournent le dos aux vrais problèmes, se contentant de donner l'illusion de s'en occuper.
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Ils pensent que les problèmes évoluent d'eux-mêmes, selon leur propre dynamique et comptent sur la mémoire courte des populations.
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jpylg