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"Nos enfants seraient-ils des élèves de seconde zone ?"

Je reproduis ici le communiqué de presse qui m'a été envoyé par une amie, enseignante au lycée professionnel Théodore Monod de Noisy-le-Sec. Dans le mail qu'elle m'a envoyé, elle précise : "De nombreux établissements du 93 bénéficient (ou plutôt bénéficiaient) de moyens supplémentaires d'enseignement. Dans notre établissement, il s'agissait notamment de classes limitées à 24 élèves et 55 heures qui nous permettent de dédoubler de nombreux enseignements, ce qui est indispensable.
La DHG (Dotation horaire globale) pour l'année prochaine vient de tomber et l'an prochain nous perdons ces heures appelées "élèves en difficulté", et c'est le cas de nombreux établissement de 93. C'est un moyen pour le rectorat de faire des économies, en remettant tous les établissements du 93 à "la normale".
De ce fait le rectorat considère que les élèves du 93 n'ont pas besoin de moyens supplémentaires pour réussir.
De nombreux établissements ne sont pas encore au courant car leurs chefs d'établissement n'ont pas forcément transmis leur DHG, mais nous souhaitons alerter le plus de personnes possible
."

 

Voilà : lisez la suite. Et pour ceux qui sont enseignants - notamment dans les lycées professionnels de Seine-Saint-Denis : demandez rapidement à avoir la DHG. Tous les responsables d'établissement ne s'empresseront pas forcément de rendre ces - très - mauvaises décisions publiques.

 

 

Communiqué de presse

 

Vendredi, 21 janvier, nous avons été informés que nous allions perdre l’enveloppe d’heures dites « Elèves en difficulté », spécifiquement allouée à notre établissement, classé en « Zone prévention violence », après un long mouvement de protestation en 1998, faisant suite à d’importants phénomènes de violence au sein de l’établissement. Ces heures permettaient notamment l’organisation de demi groupe pour les classes de secondes, ou les classes rencontrant de grosses difficultés, et de proposer un module de Français Langue Seconde, véritable soutien pour les élèves non-francophones qui ne maîtrisent pas les bases essentielles de la langue.

 

Les difficiles conditions socio économiques des familles de ce département, à l’origine des phénomènes de violence dans notre département, auraient-elles subitement disparues ?! La réponse est celle-ci.

Dans notre lycée nous accueillons près de 60% d’élèves issus de catégories socio professionnelles défavorisées (soit 10 points au dessus de la moyenne du département de Seine Saint Denis, le plus pauvre de France). De plus, 75% de nos élèves sont boursiers et 72% vivent au sein de familles mono parentales.

Quel avenir leur propose-t-on, alors qu’on les prive de dispositifs leur permettant d’étudier dans de bonnes conditions, en même temps qu’on annonce à leur famille, déjà en souffrance, que désormais, si ces mêmes enfants ne vont pas en cours, on leur supprimera les allocations familiales.

 

 

Il suffit. Nous enseignants voulons que soit assurée l’égalité des chances pour tous. N’est ce pas l’un des fondements de notre République ?

C’est pour cela, que mardi 25 janvier, face à l’absence de réponse à notre courrier envoyé au Rectorat en date du vendredi 21 janvier, suite à un premier débrayage, l’Assemblée générale des enseignants a décidé de se mettre en grève reconductible, tant que Monsieur le Recteur ne répondra pas clairement à nos attentes et reviendra sur la suppression de ces heures « Elèves en difficulté ».

Aujourd’hui, mercredi 26 janvier, Mr Alphandery, du rectorat de Créteil, n’a apporté aucune réponse concrète.

 

L’équipe enseignante en grève du Lycée Professionnel Théodore Monod.

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