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Grand Paris: l’Etat revient

Un an après l’annonce d’un tsunami intellectuel et territorial, le président de la République vient de dévoiler le dessein de l’Etat pour le Grand Pari(s).

 

Soyons bons camarades !

Cela n’a rien d’un ouragan ni même de décoiffant, si ce n’est d’entendre dans la bouche de Nicolas Sarkozy des termes très inhabituels : le partage du pouvoir avec les collectivités locales et une volonté affichée de dialogue et de négociation visant très précisément le Conseil Régional d’Ile de France et la Mairie de Paris.

L’Etat redevient donc républicain, accepte d’apporter sa part de financement pour les grands chantiers du transport et de l’aménagement.

 

Dont acte. Il faut maintenant conclure !

Ce discours, in fine assez lisse, tait trop pour être honnête.

D’abord de façon générale : le chef de l’Etat ne s’adresse pas à l’ensemble du territoire national. Il reste coincé au niveau de l’Ile de France, faisant quelques incursions d’échelle planétaire, sans en tirer la moindre conclusion sur les enjeux métropolitains.

Il ne pose ni diagnostic, ni orientation en matière économique.

Ce grand projet annoncé par son secrétaire d’Etat, qui trépignait un mois auparavant de ne pouvoir le développer dans le même Théâtre de Chaillot, a sombré dans une oubliette du «château ».

 

Mais surtout, le Président de la République dont la fonction est d’impulser l’action et d’arbitrer sur les acteurs et les moyens ne dit rien d’un quelconque dispositif opérationnel.

Renvoyant aux calendes tout arbitrage sur les questions de gouvernance, il ne s’exprime pas non plus sur la crise économique, et ne propose rien sur les contre-feux spécifiques qu’il convient de mettre en place en Ile de France pour la surmonter.

Nous pouvons néanmoins relever qu’il est fondamental d’enterrer la N13 à Neuilly ou d’implanter un TPI aux Batignolles.

Ce n’est pas une posture de chef d’Etat.

 

Que faire dès lors ?

 

  • Conforter nos propres outils : je ne vois plus aucun obstacle désormais à l’adoption du SDRIF. Puisque l’ambition économique de Christian Blanc n’est pas reprise par le Chef de l’Etat, puisque les projets de transport à long terme sont renvoyés à une loi spécifique, plus rien ne s’oppose à la transmission de ce document au conseil d’Etat. Comme le prévoit la loi de 1995 … A défaut de cette transmission par le Gouvernement, une interpellation du conseil d’Etat deviendrait nécessaire, le délai « raisonnable » des 6 mois étant échu.

 

  • Poursuivre la coopération et la concertation engagée avec les collectivités et les milieux économiques, associatifs et syndicaux : ce sera le grand rendez-vous de la Région avec tous les territoires franciliens cet automne à l’occasion de la première conférence territoriale sur la mise en œuvre du projet de SDRIF. Nous pouvons y proposer notamment des pistes pour la contribution de nouveaux quartiers urbains en Ile de France : aide à la conduite de projets novateurs pour des équipes d’architectes ambitieuses, amélioration de la transparence sur les valorisations foncières, création d’un syndicat régional du logement, etc…

 

  • Et enfin se saisir réellement des travaux innovants et ambitieux des équipes engagées dans la consultation internationale pour trouver, avec les communes et les départements concernés, les moyens et les calendriers du passage au projet réel. Un projet que tous les franciliens attendent

 

Un discours passe … La vie continue…

 

Tous les commentaires

Est-ce vraiment le moment de dépenser des milliards pour le Grand Paris... A moins que ne cela puisse créer des emplois à la clé...ce dont je doute puisque la mise en place des chantiers n'est pas pour demain... il y a maintenant urgence... Il y a donc mieux à faire avec ce budget.. des paroles inutiles et malencontreuses ... il faut le dire.

Chère Mireille Ferri, . Il est sans doute utile de préciser pour les lecteurs qui l'ignorent que vous êtes Vice-Présidente du Conseil régional d'Ile-de-France, en charge de l'aménagement du territoire, et à ce titre du SDRIF. Et que le SDRIF est le Schéma directeur de la région Ile-de-France. Les lecteurs pressés pourront utilement en feuilleter l'atlas pour se faire une idée des travaux que vous avez conduits. . Sur le fond, j'admire votre pondération face au discours du Président de la République. "L'Etat revient"... oui, mais pour quoi faire ? Il est sans doute dans votre rôle d'élue régionale de prendre le PR au mot et de dire "Chiche ! Voyons ce que l'Etat met sur la table". Mais - vous n'en êtes sans doute pas dupe - on peut craindre que les grandes envolées lyriques ne soient qu'un rideau de fumée pour faire passer quelques cadeaux aux copains - par exemple la couverture de la N13 à Neuilly, comme vous le pointez. . Pour ma part, en tant que citoyen francilien, tout cela me met profondément en rogne. Quoiqu'on pense de tel ou tel aspect du SDRIF, celui-ci existe et repose sur un travail considérable. C'est notamment pour conduire ce travail que les électeurs franciliens ont choisi des élus régionaux. Ne serait-ce que par respect pour leur vote et pour le fonctionnement de nos institutions, il devrait être le point de départ incontournable de tout débat entre l'Etat, les collectivités et les citoyens sur le devenir de cette région. L'absence totale de référence au SDRIF dans les discours sur le "Grand Paris" est un (un de plus...) déni de la démocratie, et je le vis comme une gifle. . Quant à la consultation internationale... certes, on a sans doute besoin d'un peu de rêve et je suis capable de m'y laisser aller devant la "vision" de tel ou tel grand architecte. Mais l'invitation au rêve devient obscène quand c'est le cauchemar que vivent quotidiennement beaucoup de franciliens. Pour ne parler que de transports ou de logement, c'est plutôt l'état d'urgence qu'il faudrait déclarer. Etant données les contraintes extêmes du contexte, que ce soit en termes d'urbanisation existante, de ressources financières ou de calendrier, la place du rêve est des plus réduites et c'est d'action immédiate que nous avons besoin. Il ne manque qu'une chose aujourd'hui : la volonté politique partagée de mobiliser les ressources nécessaires et de les allouer là où les besoins sont les plus criants. . Mais le PR parle de tout, sauf de cela. Difficile dans ces conditions d'être "bon camarade" !

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