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Lettre ouverte à M. Edwy PLENEL ! Une question à poser à Monsieur Sarkozy !

Monsieur,

Bonjour,

Je vous ai demandé plusieurs fois pourquoi vous n’aviez pas créé en 2007 un buzz à la suite de la déclaration de M. Sarkozy, quelques semaines avant le scrutin et le face-à-face, devant M. Onfray : « Je n'ai jamais rien entendu d'aussi absurde que la phrase de Socrate : Connais-toi toi-même » (v. Internet).

Vous saviez que par cette interrogation, vous l’auriez déstabilisé !

Il aurait dû expliquer que chaque matin, en se rasant, Dieu lui indiquait l’action à suivre, qu’il suffisait donc d’écouter son instinct et ses intuitions !

Les Français(e)s n’auraient pas gobé cette histoire de Père Noël et l’aurait écarté.

Vous avez donc tenté, par votre silence, de le faire élire. Et vous avez réussi ! ! !

C’est sans doute pour cette raison que vous n’avez pas désiré répondre. Fort bien !

*Ce soir, je demande au journaliste que vous êtes de faire son travail, de le questionner dans le but d’obtenir des précisions et des justifications se rapportant à ce jugement péremptoire !

Je vous remercie.

N. B. En plus, Mediapart sera de nouveau le premier à poser cette bonne question ! Votre chiffre d’affaires progressera !

Sinon, je m’adresserai ailleurs …

A moins que vous ne souhaitiez (tout en le cachant, en tant qu’agent double) sa réélection ? !

Cordialement.

Pierre Payen (Dunkerque)

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05/01/2012, 08:53 | Par Edwy Plenel

Cher Pierre Payen, je défère volontiers à votre interpellation ;-).

 

En 2007, Mediapart n'existait pas et, pour ma part, je n'avais comme tribune qu'une chronique dans le quotidienne bruxellois Le Soir, chroniques évoquées dans mon dernier livre Le président de trop (Don Quichotte, 2011).

 

Reste qu'à l'époque comme aujourd'hui, ce n'a jamais été la personne Nicolas Sarkozy – et encore moins son insconscient au bord des lèvres, comme en témoigne cette déclaration fort bavarde – qui m'a préoccupé. Non pas que les individus, leur talent ou leur folie, leur compétence ou leur démesure, etc., n'aient pas d'importance. Mais, par conviction républicaine, c'est-à-dire profondément anti-bonapartiste, non-césariste et a-présidentialiste, ce sont les politiques qu'ils mènent qui m'importent plus. Ce qu'ils font, ce qu'ils promettent, comment ils agissent, leur pratique, leurs actions, etc.

 

Il y eut, vous le savez sans doute, une étonnante tentative de psychanlyse publique d'un dirigeant politique, celle du président américain Thomas Woodrow Wilson, quelque peu controversée, dont Sigmund Freud lui-même fut le co-auteur avec le diplomate américain William C. Bullitt (Le Président T.W. Wilson, Préface de Gérard Miller, Payot, 1990). Je ne mésestime donc pas le rôle des individus dans l'histoire, et par conséquent l'influence que peut avoir sur le cours des événements leur psychologie. Mais je n'en reste pas moins convaincu que les personnages, fussent-ils éminents ou monstrueux, sont le produit des circonstances, dans cette interaction dialectique où les circonstances font les hommes qui, eux-mêment, fabriquent les circonstances.

 

Mais, surtout, je persiste à croire que la focalisation sur la personnalité, sa psychologie, son caractère, ses travers, etc., est comme l'envers de la maladie présidentialiste dont nous souffrons, de cette pathologie collective française qu'a installée, dans notre culture politique, ce présidentialisme qui est au régime présidentiel ce que l'absolutisme est à la monarchie absolue ou l'intégrisme à la religion. Nous focaliser sur la personne, c'est déjà avouer notre défaite.

 

D'ailleurs, si vous suivez attentivement le dispositif de contre-attaque de l'Elysée, pour la campagne à venir, il est en train de se concentrer sur la défense de la personne Sarkozy, faute de pouvoir vraiment brandir son bilan. J'ai été frappé, en lisant par obligation professionnelle, le livre de son nouveau porte-voix, Eric Brunet, Pourquoi Sarko va gagner (Albin Michel, 2012), de son insistance sur l'individu Sarkozy bien plus que sur sa politique. Leur choix est de retourner cette critique centrée sur la personne présidentielle en une détestation malsaine et en une haine morbide, de façon à profiter d'une utile victimisation qui permette de ne pas débattre du bilan de ce quinquennat. D'alleurs, le tout dernier épisode, cet emballement autour du "sale mec" qu'aurait prononcé François Hollande en le mettant, sous la forme d'une parodie, dans la bouche de Nicolas Sarkozy, illustre cette tactique: victimiser l'individu Sarkozy pour faire oublier le président Sarkozy.

 

Bref, si vous avez sous la main un philosophe ou un psychanlyste qui a l'occasion de débattre avec Nicolas Sarkozy, n'hésitez pas à lui transmettre votre demande d'un questionnement sur ce stupéfiant aveu où l'homme Sarkozy revendique le fait de ne pas se connaître lui-même. Mais, désolé, Mediapart n'est pas la bonne adresse pour ce registre-là, tant nous préférons sonder les faits plutôt que les âmes. Et, en attendant, lisez Finissons-en! le second tome après N'oubliez pas! de notre somme sur les faits et gestes de cette présidence.

05/01/2012, 10:56 | Par Monkeyman en réponse au commentaire de Edwy Plenel le 05/01/2012 à 08:53

Merci. Votre réponse me satisfait. (Il me semblait qu’à l’époque vous travailliez au Monde …).

Mais avouez que lorsque les journalistes et autres personnalités et responsables politiques ont pris connaissance de cette phrase (suivie de l’affirmation de l’influence prépondérante des gènes, V. Le texte de M. Onfray dans « Philosophie » ou sa copie dans le Nouvel Obs), elles et ils avaient toutes les raisons de réagir (On ne parlait pas encore de buzz !)

Devant ces deux phrases (avant le face-à-face !), j’ai été vraiment effrayé !

Il ne me semblait pas possible qu’une personne puisse sortir une telle ânerie au 21ème siècle. Et surtout qu'attendre d'un décideur qui se proclame irrationnel, n'écoutant que ce que Dieu lui souffle ?

J’ai attendu, notamment le face-à-face ! Rien !

J’ai interprété ce silence comme une volonté générale (ne pouvant que demeurer cachée) de ne pas favoriser l’arrivée de Me Royal.

Mais je me suis ensuite étonné de la connivence entretenue pendant ce quinquennat.

*Je vous signale qu’on ne peut pas reprocher à M. Sarkozy d’avoir menti ! Il agit exactement comme il l’avait annoncé, en écoutant son instinct et ses intuitions.

*C’est M Guaino qui le dit dans le Journal du Dimanche : Même Guaino le dit : Sarkozy est brutal. (Philippe Bilger - Blogueur associé | Mardi 3 Janvier 2012 à 18:01 | Marianne) « Nicolas Sarkozy gère tout à l'affect. La contrepartie de l'affect, c'est la brutalité », a déclaré récemment Henri Guaino au Journal du Dimanche. Espérons pour lui que le Président ne lui tiendra pas rigueur pour son excès de franchise... »

Si l’élection de 2007 est apparue pour certain(e)s comme une sorte de « Problème de la quadrature du cercle », la situation de 2012 est-elle différente ?

Et pour terminer par un peu d’humour,

M. Bayrou, en 1993, alors ministre de l’Education nationale, (J’avais 49 ans, étais prof. !) a inauguré sa première prestation télévisée en déplorant que, ~ fin 20ème siècle, l’expression « Connais-toi toi-même » soit toujours un ensemble de mots ne formulant qu’un souhait ! (Ce passage doit se retrouver facilement dans les stocks de l’INA)

Ne pourriez-vous pas, dans Mediapart, lui rappeler ses propos et lui demander quelques autres commentaires sur M. Sarkozy ? !

Cela intéresserait les lectrices et lecteurs ! D'autant plus que les deux protagonistes se revendiquent catholiques fervents !

Cordialement.

Pierre Payen (Dunkerque)

05/01/2012, 11:27 | Par Leséparges

Cher E. Plenel :

Belle réponse à laquelle je souscris entièrement .

Et à laquelle j'ai pu avoir accès grâce à la réparation du "fil de médiapart" pour laquelle je remercie vos techniciens .

Ls.

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