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Attali pense la France

Alors voilà qu'Attali "pense la France", ou nous invite à le faire, dans les pages de l'Express (n° 3155-3156 du 21 décembre, p. 170). C’est aussi sur son blog, ici : http://www.attali.com/actualite/blog/social/penser-la-france Pour résumer : « il faudrait oser expliciter l'idée qu'on se fait de notre pays... ». On note au passage l'emploi du verbe « oser », qui pose d'emblée le penseur comme un esprit libre et fort, lequel n'hésite pas à se risquer à dire tout haut ce qu’une humanité plus commune n'ose même pas penser tout bas.

Alors donc, « quatre conceptions de la France s'opposent », nous assure Attali. Elles sont « rarement explicitées » bien qu’elles « forment les soubassements de toutes les conceptions politiques possibles ». La première de ces conceptions c'est que « la France est d'abord identifiée par son territoire ». Donc pour ceux qui se font cette conception de la France, « rien ne vaut plus que les frontières, rien n'est plus important que les habitants nés sur ce territoire." »

La deuxième : « la France est incarnée par une langue et une culture » et « la priorité va donc à l'éducation, à la défense du bon usage du français et à sa promotion dans le monde. » Du coup « tout étranger est bienvenu, à condition qu'il apprenne et parle parfaitement notre langue... ».

Ici une petite pause, pour observer que le propos initial (« l’idée qu’on se fait de notre pays ») semble glisser vers le vieux registre identité – immigration (« frontière », « étranger », « bienvenu »...)

Continuons : troisième conception, celles des « valeurs » : liberté, égalité, fraternité, droits de l'homme. Il faut donc « construire et défendre un état de droit, et un système économique et social conforme à ces valeurs, puis les exporter, construire une Europe et un monde conformes à de tels idéaux. » Bon, rien de très très nouveau, et tout ça est assez vague.

L'intéressant est la quatrième conception de la France qu’Attali nous met au menu : « un simple lieu de vie, où chacun doit se sentir heureux et développer des perspectives personnelles ; et d'où chacun doit se sentir libre de partir s'il n'obtient pas ce qu'il espère. » Bref, un hôtel, « avec lequel aucun n'a de lien particulier. » C'est Attali qui parle d’hôtel. Et donc pour « retenir sa jeunesse » (dans cet hôtel) le pays a besoin d'« un bon système de santé, de sécurité et des emplois ». On devine que cette dernière « conception de la France » n’est pas celle qui a les faveurs du penseur. La conclusion le confirme : « Chacune de ces façons de penser la France est apparue successivement, dans cet ordre, à diverses étapes de notre Histoire ; chacune se nourrit de la précédente ; elles sont de plus en plus virtuelles, de plus en plus abstraites, de moins en moins assumées, de moins en moins discutés : on peut mourir pour un territoire, une culture ou des valeurs. Qui mourrait pour un hôtel ? » Evidemment, si on pose la question comme ça...

Brillante démonstration, donc, de Maître Jacques, de la nocivité de toute politique qui aurait pour objectif « un bon système de santé, de sécurité et des emplois ». Il suffit, avec un brin de mauvaise foi, (1) de poser qu’il existe quatre conceptions de la France ; (2) qu’elles sont mutuellement exclusives (comment imaginer, en effet, qu’on puisse vouloir un bon système de santé ET le respect des droits de l’homme ET peut-être encore la priorité à l’éducation ? Non non, il ne faut pas être trop gourmand) ; (3) enfin de les hiérarchiser, la dernière étant la moins valide (plus virtuelle, plus abstraite, moins assumée, moins discutée).

Vive le Front National et la défense des frontières, fi du Front de Gauche, et merci Attali de nous aider à penser la France.

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La Cassandre du Nouvel ordre mondial, se sent à l'aise.. Et crois que leur grand soir est arrivé...

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