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L'homme du jour

Lundi matin, 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme, petit déjeuner sous un ciel de laine irlandaise, entre deux lapées de thé vert, surgit sous mes yeux ébahis une horde d’Italian Rugby Players en slips D&G, entre l’itinéraire d’une banane dans la rubrique Planète du Monde et la photo d’une religieuse brandissant un cierge et se recueillant, à Moscou, devant la dépouille du patriarche Alexis. J’en oublie alors mon krisprolls qui nage désespérément parmi les yeux beurrés qui flottent dans mon bol. Ils sont bels hommes ! Oubliée, la gravité des atteintes aux droits de l’homme. Cela me ramène à cette conversation récurrente certains soirs autour d’un repas entre amis. Monica Bellucci, Vittoria Abril, Scarlette Johanson… leurs noms sont prononcés avec un arrondi des lèvres qui en dit long sur les fantasmes qu’elles suscitent chez ces messieurs d’autant plus remontés qu’en face leurs promises en restent d’abord comme deux ronds de flans. Enfin dans un sursaut ultime et salvateur elles entreprennent de rivaliser de noms d’acteurs tous plus reluisants et bodybuildés. Mais comme dans Matchpoint de Woody Allen, l’avantage final semble revenir aux gars visiblement plus à leur aise comme s’il y avait là quelque chose d’atavique. En général, je pratique le hors jeu mais comme il y a visiblement obligation de participer, je tente un Clint Eastwood dans Sur la route de Madisson. Hilarité générale. On veut du plus frais, du plus in, du plus branchu, du plus ??? Las, j’avance mon ultime cavalier : Harvey Keitel dans la leçon de piano, mais comme cela ne suffit pas je me lance carrément dans le hors piste : Michel Simon dans On purge bébé ! Ca calme tout de suite. Si je ne brille pas à cette joute, c’est que les hommes qui me font fantasmer prennent davantage chair par leur plume, leur voix, leurs instruments …C’est davantage un Tahar Ben Jelloun ou un Philippe Delerm, la voix d’un Julien Delifiori ou celle d’Abed Azrié, la guitare d’un Gianmaria Testa ou d’un Souchon, le clavecin d’un Scott Ross, qui me touchent et quand l’écriture déjà sublime est transcendées par un visage si beau comme jaillissant de Terre et cendres, celui d'Atiq Rahimi, c’est l’extase. La prochaine fois, j’essaierai de leur expliquer. Et vous, plutôt Ulysse ou plutôt Clooney ? L’insoutenable légèreté de l’être !

Tous les commentaires

09/12/2008, 13:16 | Par Unidentified

Il suffit d'attendre quelques années, Nadja... Passé un certain âge, ils se souviendront mieux (ou ils retomberont en enfance, c'est selon...) et te parleront alors de Marlène, de Rita, d'Ava, de Danielle... A ce moment-là, tu tiendras ta revanche, car tu pourras évoquer des jeunes gens que nous ne connaissons pas encore!

09/12/2008, 16:21 | Par Art Monica

Mais Nadja, vous n'appréciez pas certaines actrices ou chanteuses, vous ? Moi il y a en a plein que je trouve touchantes, sublimes, magnifiques. Les voir ou les écouter est un ravissement. Qu'est-ce qui vous empêche d'échanger vos impressions sur elles avec vos amis ? Quant aux acteurs, parlez-moi de Brando ou de Newman: quelle sensualité ne dégageaient-ils pas ces deux là avec leur profil superbe et leur bouche ourlée ! Paul Newman et Elisabeth Taylor dans La chatte sur un toît brûlant: un régal de beauté et de sensualité à faire frissonner. Mais la beauté, c'est aussi comme vous dites l'émanation de l'âme. C'est un regard qui se voile de douceur, une voix qui s'infléchit, une main qui se lève et se courbe sur un piano, un sourire qui illumine un visage... Bref, la beauté est en chacun de nous... . Pas de tristesse ni de désenchantement, Nadja: la possibilité d'être touchée par l'autre - homme ou femme - peut apporter chaque jour un fugitif (ou plus durable) bonheur.

09/12/2008, 23:08 | Par nadja en réponse au commentaire de Art Monica le 09/12/2008 à 16:21

"Vous n'appréciez pas certaines actrices ou chanteuses, vous ? Moi il y a en a plein que je trouve touchantes, sublimes, magnifiques. Les voir ou les écouter est un ravissement. Qu'est-ce qui vous empêche d'échanger vos impressions sur elles avec vos amis ?" Si bien sûr j'en apprécie beaucoup, mais perso, elles ne me font pas fantasmer, ce n'est pas ma tasse de thé. Le petit jeu consiste à rivaliser de sources fantasmatiques les plus branchées et l'initiative est immanquablement masculine, c'est drôle... Pas vraiment de désenchantement, mais le sentiment de goûts obsolètes et d'une recherche vaine artificielle qui laisse peu de place à l'analyse, comme pour se prouver son éternelle jeunesse: c'est l'essence même de notre système médiatique et peut-être de notre société, rester branché. Mais on peut se laisser prendre au jeu et s'amuser.

10/12/2008, 04:49 | Par Art Monica en réponse au commentaire de nadja le 09/12/2008 à 23:08

Pardon, Nadja, nous ne nous sommes pas comprises. Je ne parlais pas de vous "faire fantasmer", mais d'être simplement touchée par la beauté des êtres, qui ne se réduit pas à leurs caractères sexuels, comme je vous le disais après. On peut donc apprécier la beauté d'un homme, d'une femme sans que cela soit sexuellement sa "tasse de thé". Je ne parlais pas de "jeu" mais de vrais échanges. Ce qui est à mes yeux loin d'être obsolète.

09/12/2008, 16:29 | Par ..

Chère Nadja, pour répondre à votre question..permettez moi de partager Scott Ross et son clavecin avec vous..avec un grand faible, pour son interprétation de Jean-Philippe Rameau, au château d'Assas, " Les Sauvages", en particulier..Merci de votre billet.

09/12/2008, 17:45 | Par .. en réponse au commentaire de .. le 09/12/2008 à 16:29

J'ai mis mon commentaire au dessus, avant d'entendre et regarder votre vidéo...Un très grand merci, avec cette autre oeuvre, d'éclairer cette neigeuse journée !

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