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D'abord un tracé dans notre imagination. Une nationale 7 jalonnée de villages, de champs, de platanes, de belles vaches frisonnes, de rivières, de ponts de cafés d'étapes gastronomiques:andouillettes, chefs de cabinet sauce gribiche( recette de Pierre Desproges que je vous livre plus bas), pâtés d'alouettes, rillettes du Mans, vins de Saumur, pommes et poires au couteau, brochet au beurre blanc, galette de blé noir et enfin sardines!
Tout voyage est déjà une peinture géographique que l'on compose des heures durant dans l'avant.
Et puis, il y a l'après.
Péage, glissières d'autoroute, chenilles processionnaires de poids lourds, panneaux touristiques marron caca de chien végétarien qui donne à voir obligatoirement ce que l'oeil cherche désespérément à 130km/h et là t'es chocolat, aires pipi qui contrastent avec leurs noms pleins de promesses de poésie...
« Dis maman,on arrive bientôt? NON! MA CHERIE!C'est encore long, long, long... »
Repéage, reglissières, re4/4 qui vous broute l'arrière train de façon impudique sans même un petit geste de remerciement, station essence et dérivés, jaune shell et rouge au secours, une bretelle, c'est ainsi qu'elle s'appelle pour tromper l'ennemi, qui ne mène pas aux deux mamelles de la France, labourages et pâturages, dommage, mais à deux ronds-points successifs, métalliques, à peine bombés qui annoncent une ZI ou une ZAC à l'espoir improbable, ZI comme zizi, maman! Zac comme prozac!
Et puis, comme par miracle, on renoue avec la carte de géographie économique et agricole de son enfance en deux dimensions, celle qui ornait la salle de classe.
Ma préférénce va nettement à la charta, version papier épais plutôt qu'à la lecture Googlemap en trois dimensions.La vision satellite est jolie de loin, mais quand on zoome, quelle déception!
A force de voyager par les airset de vouloir trop courir après les trains, l'homme a laissé saccager son territoire.
Bon, c'est la dernière fois que je prends l'autoroute, c'est promis.
La prochaine fois , je prendrai la route et j'écouterai Henri Salvador ( Chambre avec vue) à fond le long des platanes et au bout il y aura la mer et le ressac.
“Blaise, dis, sommes-nous bien loin de Montmartre?”
NB: J'ai emprunté ce titre et l'illustration à la très passionnante revue La Geographie de ce printemps.
Recette de Pierre Desproges:
Vous prenez un bon chef de cabinet.Comptez un chef de cabinet pour vingt personnes. L'oeil droit doit être vif, le cuissot dodu. N'oubliez pas d'ôter le fiel, le gésier, le coeur qui généralement est gonflé d'espérances ministérielles indigestes, et les premiers duvets qui poussent généralement au cul des sortants des écoles d'administration, avant de devenir ces magnifiques queues de paon qu'on peut admirer chez nous un peu partout de l'Elysée au Lido.
Cinq conseils de savoir- vivre pour s'élever jusqu'aux cimes de la haute société.

Tous les commentaires

23/11/2008, 19:07 | Par Grain de Sel HV

Les sardines pour le dessert, Nadja ? Bravo pour cette étape riche en souvenirs....

24/11/2008, 11:25 | Par nadja en réponse au commentaire de Grain de Sel HV le 23/11/2008 à 19:07

J'en fais souvent , un copain de mon fils m'a fait remarqué que c'était le plat du pauvre... J'assume.

23/11/2008, 22:24 | Par Arthur Porto

Dans ce "gris" dimanche (couleur du ciel et couleur de la rose qui se fane confrontée à l'arithmétique...) quelle belle balade dans ce jardin d'hiver! Et qu'il est bon d'évoquer Desproges ...quand ils s'agitent autour de vous!

24/11/2008, 10:54 | Par Vincent Verschoore

La Nationale 7 je ne connais pas trop, mais la N6 passe à peu près devant chez moi, je la traverse certains matins frais et ensoleillés (comme samedi dernier), quelques coups de pédales et me voilà rasant les vignobles de Pouilly-Fuissé et de St Amour, traversant ces villages en pierre, me retournant parfois pour admirer le val de Saône et les contreforts du Jura au loin (même les Alpes, parfois...), grimpant et haletant (suis moyennement sportif...) pour arriver enfin à Solutré sous l'immense proue du navire géologique. Rien à dire, c'est joli, très joli. Et comme quoi on peut voyager sans aller bien loin.

24/11/2008, 11:28 | Par nadja en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 24/11/2008 à 10:54

Pouiilly-Fuissé et St Amour, roche de Solutré, de quoi se remettre de l'actualité déprimante de ce début de semaine...

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