Sun.
27
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

NS Le Président, short and dirty

Jamais trop tard ! En cette veille du 8 mai, je lis "Sarkosy m'a tuer", l'article du 28 février dans Le Monde, de Barbara Cassin (philologue et philosophe, directrice de recherches au CNRS et du Centre Léon-Robin sur la pensée antique).

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article1999

Je l'écoute dans le débat sur @si (arrêtsurimage.net) du 27 mars (accès libre) :

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1810

Tant de diplômes ou tant de qualités pour dire si bien, enfin, ce que je ressens à entendre NS Le Président, à écouter la langue si personnelle, si curieuse, si incorrecte, d'un président de la république authentiquement élu. Un président qui parle short and dirty, qui va au plus court, au plus direct, et salement. <!--break-->Un président contre qui l'on a envie de sortir sa culture. De faire vivre la culture qu'il a "tuer".

 

NS Le Président, que tout le monde comprend sans qu'il soit clair, nous parle-t-il à nous tous ? NS Le Président ne respecte pas notre langue, NS Le Président ne respecte pas ma langue. Il fait simple, très simple : "Faut parler simple, mais parler juste", dit-il. Il mime la langue de ceux qui ne savent pas. "Je" parle comme "eux", j’écris aussi mal qu’eux : ils croiront que je pense comme eux, ils penseront comme moi." (Barbara Cassin)

Au temps où j'étais ouvrier, nous entendions François Mitterrand ; nous nous sentions concernés par son impeccable langue. François Mitterrand nous parlait, François Mitterrand me parlait. Nous nous sentions respectés par ce langage. NS Le Président ne me respecte pas. NS Le Président ne me parle pas à moi.

Pas plus que Barbara Cassin, "je n’ai […] eu l’agrégation, pas plus que notre président n’a eu son diplôme de l’Institut d’études politiques." Que tous les "nègres" de l'Elysée reproduisent cette langue sans désemparer, fautes comprises, atteste qu'il s'agit bien d'une persévérance obstinée, obligée, à la parler ainsi, méprisant l'orthographe et la syntaxe du français ; méprisant ceux qui l'entendent. Une volonté politique délibérée.

 

Contre quoi je sors ma resserre à citations :

"… le bon sens. C’est à dire une vérité qui s’arrête sur l’arbitraire de celui qui la parle." (Roland Barthes)

«… il ne peut y avoir de politique si l'on n'est pas attentif aux possibilités du langage.» (Philippe Beck, "Chants populaires", Flammarion «Poésie», 230 pp., 18 €) (j'indique ici son prix ; que ne l'ai-je encore acheté ni lu, ce livre que je recommande à tou-te-s mes ami-e-s, sur ma seule foi en quelques mots)

 

Quand je lis La Princesse de Clèves, je plonge dans un siècle où la Loi religieuse qui règle les corps et les coeurs, elle oppresse, elle écrase, elle est omniprésente, on la croit naturelle. La Loi de NS Le Président, que sa parole agit par son imperfection même, elle voudrait s'imposer avec le même naturel, celui de l'oppression méprisante.

 

NB : autres mots en quoi j'ai foi, de Philippe Beck aussi, qui écrit (mais ça a-t-il à voir ?) : «C'est parce qu'il y a des possibilités inaccomplies dans le passé que le présent peut recevoir un sens. Arendt le dit : il ne faut pas confondre tradition et passé. On doit visiter le passé. Il y a "re" dans révolution. Ce n'est pas la répétition ni la réforme simple. C'est la réassomption de possibilités qui n'ont jamais été réalisées. Qui sont disponibles dans le passé commun.» À écouter NS Le Président, avons-nous un passé commun ?

Tous les commentaires

Oui ! Mais à lire dans le journal de Mickey ;-) Au sujet du langage, j'avais beaucoup apprécié la chronique de Judith Bernard à propos de "l'idiome du village", en avril 2005, dans l'émission Arrêt sur image, avant qu'elle ne déplaise au prince... http://www.dailymotion.com/video/x16r4p_idiome-du-village_politics

Je pense aussi que le président de la République Française ne respecte pas les citoyens en utilisant un tel langage lorsqu'il s'adresse à la nation. Je suis institutrice à la retraite et je ne me rappelle pas qu'on ait toléré une telle façon de s'exprimer. Je me pose donc la même question que Naja"à l' écouter....."

La culture est un héritage, transmis par les ancêtres...Cet héritage sert de contenant à nos représentations de nous-mêmes, de nos affects, et du monde...Cet héritage n'est pas figé...et il appartient à chaque génération de le faire évoluer, de l'enrichir, de l'adapter pour faire face aux situations nouvelles auxquelles nous sommes confrontés... La culture nous aide a comprendre et à penser...à donner du sens à ce que nous vivons...Avec elle nous restons en relation avec les ancêtres que nous n'avons jamais connus... et nous avons un cadre pour échanger avec nos contemporains...avec elle nous sommes un sujet singulier en lien avec les autres... Le mépris de la culture a un but : décontenancer la pensée (au sens de Gibello) et renvoyer les sujets singuliers au vide vertigineux du non-sens, pour les pousser vers le « tout en un » la fusion dans le « grand tout », si chère aux dictateurs. Souvenons -nous de la phrase de Goebbels « Lorsque j'entends le mot culture, je sors mon revolver »...Souvenons-nous de la novlangue du dictateur, décrite par Georges Orwell... il faut donner au concept le sens de son contraire...ainsi « la liberté, c'est l'esclavage, la guerre c'est la paix, etc... »..Le contenant du langage s'effondre alors, le contenu se répand dans le grand Tout, et il y a empêchement de penser..Le dictateur peut alors poser sa pensée comme étant celle de tous...nous quittons la langue symbolique qui reconnaît la séparation entre les sujets, pour élaborer un objet commun, avec lequel il est possible de se rassembler en restant singulier, et nous entrons dans une langue diabolique qui nie la séparation entre chacun pour nous confondre tous, en un. La haine de la culture traduit la blessure narcissique éprouvée dans la rencontre avec l'autre, ce semblable différent, qui pose pour chacun un interdit sur le désir de toute-puissance...Notre président souffre de cet interdit...il veut être tout... c'est l'omni-président qui est à la fois l'opposition et la majorité, les ministres et les députés, les ouvriers et les milliardaires.... Comment un enseignant peut-il enseigner lorsque le modèle identificatoire donné par le président est celui de l'inculte qui parle comme un charretier ? La résistance se joue aussi ici, sur la défense de la langue et de la culture

Renarblanc, vous éclairez le point de vue que j'exposais dans ce premier billet. Les troubles narcissiques de N.S. sont depuis longtemps devenus évidents. Vos explications mettent en lumière le mécanisme par quoi nous souffrons, au-delà de sa personne, de sa "langue diabolique". Savoir cela nous ouvre à connaître un totalitarisme à l'oeuvre, ici, maintenant, et à ne pas en rester à des similitudes déjà relevées (camps d'internement, rafles, police partout, fichiers, etc…). Je recommande à tou-te-s la lecture de votre blog, et son billet de ce 9 mai en particulier. Grâce à vous je découvre Bernard Gibello : < http://www.carnetpsy.com/archives/ouvrages/Items/cp15c.htm > où je trouve un aperçu prometteur. Mais, malgré le dernier paragraphe, encourageant, de cette rédactrice de carnetpsy.com, je crains de ne pas avoir le courage de me lancer dans cette lecture… Sans doute dois-je en rester à la lecture de Mickey, comme le constate thelgein ci-dessus ! Et c'est ainsi que s'abstenir de mépriser fait partager. Merci encore, Renarblanc ! NB : J'espère montrer sur ce blog comment, à ma façon, je défends la langue : par ma pratique propre, en écrivant et en publiant ma poésie. Je me permets de dire ici que j'ai publié un modeste ouvrage, intitulé "Chasseur" (éditions des Vanneaux) qui est en vente en librairie et sur le site de l'éditeur.

Merci à vous Naja...j'aime beaucoup la poésie...je vais aller faire un tour sur le site de l'éditeur

De retour sur ce blog après avoir découvert un poème...

"Sans doute dois-je en rester à la lecture de Mickey, comme le constate thelgein ci-dessus !"

Je crains que vous n'ayez pas compris mon commentaire ! Je répondais à la question de la dernière ligne "avons-nous un passé commun..." avec Sarko, c'est de lui et de sa culture "Disneyland" dont je me moque, j'adhère totalement à votre billet de blog, comme le montre mon lien qui parle du même sujet. Moi aussi, tant que possible, je défends ma langue, et je suis heureuse de voir que tant d'autres aussi, malgré les couleuvres que l'on tente de nous faire avaler...

Newsletter
Je m'identifie