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Identité, nationalisme : vers la guerre ?
Je ne me pose pas la question de notre identité, mais celle de savoir pourquoi on nous la pose.
"Qu'est-ce qu'être français ?" À peine la question entendue, on la sent, on la sent très fort, la vieille odeur du nationalisme ; on entend les horreurs racistes qu'elle appelle - et l'on voit qu'elle les reçoit aussitôt en réponse (d'autant plus puissants qu'on aura pris soin de "modérer" les voix qui refusent).
Claire, la volonté de séparer, d'opposer.
Nationale, cette "identité" est un appel au nationalisme.
Quelle histoire nous raconte-t-il, ce nationalisme ? Celle des drapeaux, des cortèges exaltés, et, finalement, des armes. On ne fait jamais autant appel au nationalisme qu'avant les massacres. Ou après, autour des tombes. Là, un pays croit se reconnaître : ils ne peuvent pas être morts pour rien. Pour le pays, pour la gloire ?
Et pour les intérêts de l'industrie qui fabrique les bombes, qui va reconstruire sur les ruines. Qui devait se refaire, après la grande crise qui étouffait l'économie, rognait les dividendes, freinait les affaires. Quoi de mieux qu'une guerre, pour qu'elles repartent, les affaires ? Quoi de mieux pour museler une opposition, au cas où elle renaîtrait ?
Mépris des souffrances d'en-bas, étalage des plaisirs d'en-haut, d'où vient ce cynisme ? Pourquoi le gouvernement creuse-t-il sans cesse le gouffre de la dette (il y a un an 60 milliards d'Euros, aujourd'hui 130), comme s'il n'y avait pas d'avenir ? Pourquoi toujours plus de chômeurs ? Que signifie cette réalité ? Pourquoi aller aveuglément vers une catastrophe, si ce n'est qu'une autre catastrophe, profitable celle-là, est appelée par ceux qui réellement gouvernent. Catastrophe qui ne profitera qu'à ce pouvoir-là, masqué, aveugle, obstiné à se maintenir, déterminé à augmenter ses privilèges, toujours plus. Au mépris de tout et de tous.
Il convient donc de souder le pays, de sortir les drapeaux, de réunir les cortèges exaltés. Ainsi deviendra naturelle l'idée du sacrifice.
S'il ne fallait que dix ans pour y parvenir, nous serions au milieu du prochain quinquennat. Des portefeuilles attendent. Quelques puissants discrets s'impatientent. Qu'est-ce qu'être français ?
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Ajout du 19 septembre 2010 :
"Pourtant ce à quoi nous sommes conviés et que nous refusons, nous ne pouvons pas en être surpris. Freud nous avait clairement mis en garde: lorsque la guerre vient pour installer son saccage, les effets pacificateurs de la culture tombent les uns après les autres et quelquefois massivement. Le pire déferle alors et son cortège d'agonies, sa géhenne d'espérances perdues. Marquant l'extrême difficulté qu'il y a justement pour les hommes à vivre ensemble, marqués qu'ils sont par leur entrée dans le langage et par les effets de la pulsion, le pire ne demande qu'à faire retour, livrant chacun à prendre sa place selon son organisation psychique et selon les circonstances à telle ou telle place, dominant ou dominé et parfois les deux à la fois, à la cène ouverte par l'oppression de l'homme par son semblable, avec «la paille de la misère pourrissant dans l'acier des canons» pour reprendre encore Prévert..." Dr Michaël Guyader (Chef de service du 8e secteur de psychiatrie générale de l’Essonne, psychanalyste) Voir ici.


Tous les commentaires
Bonne question, chère Naja, et réponse malheureusement possible.
Qui vivra verra, cher Claude. Je ne fais qu'avancer une hypothèse hasardeuse, que l'actualité m'inspire chaque jour un peu plus. Je ne puis pas plus répondre que vous-même, nous ne sommes pas des voyantes. Les historiens eux-mêmes, que savent-ils vraiment ? Le doute est sain.
Ceci dit même si mon pseudo ou le montage photographique qui orne ce blog peuvent laisser croire que je suis une femme… (à barbe !)
Oui, c'est indéniable, la guerre fait marcher les affaires. De plus, la crise pétrolière, la vraie, guette et il devient urgent de s'assurer les meilleures positions avant le cataclysme économique inéluctable. Donc...
Personne ne peut l'espérer... personne..
…sauf ceux qui y ont intérêt, et qui placent au-dessus de tout cet intérêt. Au mépris de la vie des autres (cf. les dirigeants d'entreprise qui poussent au suicide leurs employés, petits soldats sans importance… pour les puissants). La guerre, en fait, n'a jamais cessé.
La guerre entre qui et qui?
Les "nations" européennes sont dans la décadence, et n'ont plus la volonté de se battre, obsédées par le décompte des soldats tués, et demandant aux tribunaux de juger les ordres des officiers.
Et puis, pourquoi faire par les armes ce que l'économie fait si bien?
Il peut advenir que l'usage des armes soit nécessaire à la "bonne santé" de l'économie, c'est-à-dire au retour ou à l'augmentation des profits des patrons. Les exemples ne manquent pas dans l'histoire de l'économie industrielle (guerre de 1870, de 1914, de 1940, entre autres).
Il peut advenir que l'usage des armes, corrélativement à la "bonne santé" de l'économie, soit nécessaire aux dirigeants élus (pour consolider leur présence au pouvoir, pour appliquer froidement une idéologie strictement nécessaire à leur présence au pouvoir). Je ne suis pas certain qu'on puisse écarter, dans le présent, ces deux "raisons". La seconde suppose une idéologie bien structurée que les "observateurs" et "commentateurs" politiques se refusent en général à attribuer au pouvoir sarkozyste. Cela demande examen. (et à penser à l'idéologie néo-libérale à l'oeuvre dans une économie mondialisée)
L'essentiel, c'est l'économie. Le décompte des soldats tués n'intervient que comme un obstacle à continuer le massacre… et à faire tourner les usines. Un obstacle à maintenir le pays au garde-à-vous derrière ses dirigeants. Juste une donnée entre d'autres, dans la maîtrise du pays et la conduite des combats. Rien d'autre.
"La guerre entre qui et qui?" Le monde est vaste, Chris43, et les moyens des armées du monde industrialisé sont presque illimités.
Serrons-nous les coudes, mais avant !