Vous étiez 1,1 million, vous étiez vingt et cent....
Ce 27 janvier, je regarde les mésanges voleter dans l'air glacial et se poser sur les boules de saindoux pendues aux branches du cerisier.
Les merles arrivent à leur tour et les chassent. En attendant d'être chassés à leur tour par les geais et les corbeaux.
La raison des plus forts...
Et puis je regarde le ciel, et je pense à vous.
Vous étiez 1,1 million d'êtres humains.
Vous étiez des hommes, des femmes, des enfants.
Vous étiez juifs, vous étiez tziganes, polonais, tchèques, soviétiques...
Vous étiez.
Rassemblés, parqués, pour ne jamais devenir.
Assassinés.
Méthodiquement.
Avec organisation.
Ce 27 janvier 1945 à 15 heures, vous n'êtes plus que 7 000 morts vivants quand des soldats ukrainiens ouvrent les portes sur l'horreur.
Sur l'innommable.
Le camp de la mort de Auschwitz Birkenau.
Aujourd'hui je regarde le ciel et j'ai envie de hurler :
Je m'appelle Judith, et aujourd'hui j'ai le droit de vivre !
Je ne crois en rien mais j'aurais pu être des vôtres, tuée d'une balle dans la nuque et jetée dans une fosse sur un amas de corps, bientôt recouverte d'autres corps.
Je m'appelle Judith, et aujourd'hui je suis des vôtres... Comme nous tous.
Ce 27 janvier 2010, vous êtes chacun et chacune une bougie à la flamme claire au creux de nos mains.
Vous êtes un souffle, vous êtes un regard, vous êtes un cri.
Vous êtes de chair et de sang.
Vous êtes la souffrance, le désespoir, les larmes. Vous êtes la mort.
Mais vous êtes aussi la vie. Tant que les bougies ne s'éteindront pas.
Vous étiez 1,1million d'êtres humains haïs par d'autres êtres humains.
Inhumains.
Vous étiez.
Vous êtes à jamais.

Néfertari.



Tous les commentaires
Nefertari ... No comment, pas besoin d'autres mots ....
Vous êtes... A jamais.
*** Difficile d'ajouter des mots... Une pensée, douloureuse, qui rejoint la tienne...
Vous êtes la vie... puisse l'Humanité se regarder en face un jour et crier : Vive la Vie!
"Ils", ceux qui crient "Viva la muerte", sont le côté obscur de l'humain; comme je les plains!
Une date anniversaire...
Un billet, quatre commentaires.... Cinq femmes.
Alors nous sommes la vie.
Je me joins aux commentaires précédents en vous remerciant, Néfertari, pour ce sombre mais admirable billet.
Mon post n'a pas pour objet de tenter de rétablir la parité...
Je sais Velveth, aujourd'hui il n'est question que d'humanité.
Merci de votre présence.
qu'est-ce que vous voudriez qu'on "commente" Nefertari ? on ne peut que se la fermer. Et puis, encore, la honte.
Et puis, comme vous, ne rien oublier.
Voir ce que se passe aujourd'hui, qui revient à grands pas, quand on lit qu'à nouveau, à idées et mots découverts, d'aucuns se remettent:
> à "distinguer" les uns des autres,
> à identiter nationalement,
> à "désigner" l'étranger, l'arabe, le juif, le franc-maçon.
Raphaël, je ne veux rien. Tu as raison, pas forcément besoin de mots.
Pourtant les tiens sont justes. Et forts.
Je remarquais juste.
Pardon si c'était une maladresse.
mais non, Néfertari, je ne te "reproche" rien !! Tu n'as pas été maladroite, au contraire !!!
simplement, je disais qu'on à qu'à fermer nos gueules et rester vigilants...
merci pour ce billet, madame.
Nefertari.
Non , comme Raphael, je ne peux te laisser ecrire que seules les femmes reagissent à ton texte .
Je veux croire que c 'etait une maladresse .
oserais je dire ,je pense que nous partageons certaines valeurs,
lorsque le ciel s'assombrit ,tu es l'eclair qui donne la lumiere à certains.
avant d ouvrir ton billet j ' ecoutais une fois encore Jean Ferrat
"nuit et brouillard ".
Certains priaient Jesus, Jehovah, ou Wcihnou
d autres ne priez pas .......
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux !
QUE DIRE DE PLUS .
Moi, le mecreant , PLUS JAMAIS ! PLUS JAMAIS CELA !
Alors , que TOUS nous fassions tomber les murs nous separants sur cette terre .
Permez moi d 'etre septique !
bien à toi Nefertari .
saine colère, vous savez, j'aurais bien voulu être une femme !!!
mais les chirurgiens esthétiques sont débordés...
Saine colère, mon ami,
C'est juste que les quatre personnes qui postèrent en premier sur ce fil sont mes Dames de coeur sur ce site. Alors, je leur ai souri.
Tu sais quoi ? On va l'écouter et la chanter ensemble cette magnifique chanson...
Sans commentaire , trop d'emmotion !
Oui...
merci Nefertari magnifique chanson tout est dit ! ça touche au coeur !
Bienvenue Poussant.
Je crois que tous nos coeurs battent à l'unisson aujourd'hui.
Avec la même émotion.
C'est rare, mais c'est drôlement bien !
Merci de vous êtes arrêtée sur ce fil de billet.
Y a pas d'mal M'sieur !
En tout cas, cet anniversaire n'entre pas dans " L'essentiel de l'actualité " de Médiapart.
La victoire de Tsonga à l'Open d'Australie, si.
Edit : ce commentaire répond à celui de Raphaël de 14 H 48.
L'essentiel de l'actu Néfer, c'est Proglio.
La vie est belle dans ce train de vie qui fonce dans la nuit et le brouillard, jusqu'au dernier des justes... si c'est un homme.
Oui, si c'est un homme.
Hommage à Humberto. Je ne l'avais pas vu assis à tes côtés dans ce train de vie comme tu l'écris si joliment.
Tu sais que ce soir, les Vosges sont dans la nuit ...et le brouillard ?
Un clin d'oeil des justes tu crois ?
Néfertari, otes moi d'un doute: les francs-maçons aussi y furent à Auschwitz Birkenau, non ? ... mais je connais la réponse, tu sais,... mais alors, on y retournerait ?
Il suffit de regarder :
http://www.mediapart.fr/club/blog/jeanpaulyveslegoff/260110/journalistes-francs-macons-caches-mediapart
pour avoir froid dans le dos.
Bien observé , Raphael .
C 'est pouquoi ,je pense qu'aujourdh'ui des millions de personnes
doivent avoir un regard attentif vers Auschwitz Birkenau .
" Celui qui croyait au ciel, celui qui ni croyait pas "
oui...
Condamnons les assassinats du nazisme ,mais n'oublions pas ceux du communisme encore plus nombreux...
Condamnons les totalitarismes, le marxo/communisme et le nazisme.
Alcyme, ce "mais" est indécent. Maladroit et indécent.
Pour une telle tragédie, il n'y a pas de "mais", il ne peut pas y avoir de "mais".
Je ne retiendrai de ton commentaire que les deux débuts de ligne.
Raphaël, je te réponds un peu tardivement.
Oui, les francs-maçons furent de la sinistre "fête".
Ainsi que les communistes, les homosexuels, les intellectuels, les opposants allemands au régime, les résistants....
Tu sais, on est toujours "limite d'y retourner". Du moins avec des mots.
Mais ça commence toujours avec des mots.
Insupportables pour certains, supportables pour d'autres.
Moi, je fais partie des frileuses du dos, tout comme toi.
Mais nous en parlerons sur un autre fil.
Merci pour ton coup de gueule.
merci d'avoir pris le temps de me répondre, prise que tu es dans ce si bel hommage.
bon courage à toi
R.
Chère Néfertari, chère Judith,
Un bel hommage des vivants que vous nous offrez-là... On croit avoir tout dit et tout entendu sur Auschwitz et chaque rencontre est pourtant toujours un nouveau voyage. Car c'est bien d'un voyage dont il s'agissait, même si la destination était inconnue. On ne manquait pas d'ailleurs d'emporter sa valise en carton avec tout le nécessaire dedans car on ne savait pas quand on pourrait rentrer. Il fallait être prévoyant. Quelques-unes sont encore exposées là-bas en vitrine à côté d'un monceau de lunettes et de quelques savonettes à la chair humaine (rien ne se perdait). Alors en regardant cette photo du terminus de la rampe ferroviaire, je ne peux m'empêcher de regarder à mon tour par votre fenêtre en humant l'air glacial, perché sur une branche du cerisier aux merles, pensant à la même photo que vous nous proposez en hiver, couverte de neige. Car les hivers sont parait-il très longs en Pologne et il y fait très froid et les baraquements n'étaient pas chauffés et il semble qu'on y "travaillait" dehors toute la journée avec pour seul vêtement le pyjama du déporté.
Vergiss mich nicht
Toutes les routes menaient à la mort,
Toutes les routes.
Tous les vents soufflaient la trahison,
Tous les vents.
Sur tous les seuils aboyaient des chiens,
Sur tous les seuils.
Toutes les eaux se riaient de nous,
Toutes les eaux.
Toutes les nuits s'engraissent de nos peurs,
Toutes les nuits.
(Poème de Reïzel Zychlinsky (1944), extrait de : Dans la langue de personne, poésie yiddish de l'anéantissement, de Rachel ERTEL, ed. du Seuil.)
Merci Pointvirgule.
Quel poème !
Heureuse de vous voir parmi nous sur ce fil.
Très cher Lincunable,
Ce cerisier est au coeur de mon jardin, lui-même blotti dans une petite ville des Vosges située à quelques dizaines de kilomètres du camp de concentration du Struthof.
Ce matin, je regardais vers l'est, par delà la montagne vers une autre montagne.
Et je me suis revue, petite fille, sur les genoux de mon grand-père Ernest qui habitait le village juste en-dessous du Struthof. Il me racontait le froid, la faim, la douleur, la mort, les chambres à gaz. L'extermination des Russes.
Et puis parfois, il ne disait rien. Il y a des choses qui ne peuvent pas être racontées à une petite fille.
Mais j'ai grandi. Et j'ai appris l'horreur. Et aujourd'hui, je la raconte à mes enfants, qui un jour la raconteront aux leurs.
PLUS JAMAIS CA. ICI OU AILLEURS SUR LA PLANETE.
PLUS JAMAIS.
Oui, triste mais nécessaire anniversaire !
Merci
Dan
Merci à vous DanN d'être là.
Pour eux.
Pour l'essentiel, l'indispensable...la Mémoire.
************** Nefertari ! Un anniversaire sur lequel a coulé trop de silence ici et là. Et en effet, l'occasion d'espérer que plus jamais ça ! Merci pour EUX, pour NOUS et pour LES AUTRES, TOUS les autres !
TOUS LES AUTRES.
Oui Grain, parce que les autres, un jour c'est nous.
Contente de te lire ici.
Il est des anniversaires qu'on ne voudrait pas célébrer.
Autour du souvenir, des gens se rassemblent.
Des petits, des grands, des hommes, des femmes et leurs enfants.
Soudain, le temps s'est arrêté, l'air immobile est pétrifié.
On entend l'écho des claquements des culasses, on voit le reflet des casques de fer... Tant de cris, tant de détresse, tant de furie, de rage, et de misère...
On pense, si fort, et on se tend, on souffre, on respire mal.
Savoir, simplement, déjà fait torture.
Alors comment imaginer le sort des suppliciés?
Ils sont si nombreux, ces voyageurs partis pour voir l'enfer sur terre. Et si peu de retours pour témoigner du chemin.
Mais nous savons.
Nous connaissons la carte, les voies et les bifurcations.
Si les noms peuvent s'écrire, les lieux être indiqués, et les bourreaux nommés, nous savons par quelle diabolique et atroce passion, on a fait d'hommes apparemment complets, les chefs de la gare de l'horreur, et des pelotons d'exécution disciplinés....
C'est ici qu'ils ont passés, par là qu'ils sont allés, nous savons les comment, mais nous connaissons aussi les pourquoi.
La Peste est toujours là, obscène, prête à revenir.
Bien au-delà du respect de la mémoire des humains assassinés, c'est aussi pour l'écraser qu'il faut à tout prix, et à jamais, se souvenir.
Merci de rappeler ce jour, Néfertari, au nom de la vérité à chérir, et du devoir d'empêcher partout ces temps de revenir.
Tu as tout dit vieux frère.
Que puis-je rajouter ? Ben rien.
Respect pharaonnique Passifou.
Avec les bandelettes.
Bonjour, de vous j'entrevois l'autre histoire. Moi qui vous imaginais sud-ouest, rugby et verbe musclé, pas du tout, du tout, entendre le Struthof...
Et là soudain, je mesure l'immense distance entre ce que nous lisons des uns et des autres, ce qui soudain fait surface: écouter le Struthof.
Juste pour vous dire: car ce n'est pas - pour moi, pas plus - dans ce qui s'affiche que les choses passent. C'est quand soudain, il y a faille, il y a, je ne sais pas quoi, nécessaire, que je me dis qu'internet est un drôle de voisinage où toujours il faut écouter ce qui ne se dit pas, ou pas encore. A vous lire, sans bandelettes ?
Dominique,
Je suis sud-ouest parce que j'y suis née, je suis rugby parce que c'est un combat, je suis verbe musclé parce que là aussi est un combat.
Et comme chacun ici et ailleurs, je suis mille choses. Parce que je fus tricotée de tant de racines, de tant d'histoires, de tant d'aubes et de crépuscules sur différents continents...
Mes bandelettes ne cachent rien, elles me permettent de dire, de raconter. Parfois en riant, parfois en pleurant.
Oui, j'ai baigné dans l'histoire terrible du Struthof. Tout comme dans les ruines de Tipasa en Algérie où je courais pieds nus, j'ai souvent marché entre les barraquements sinistres tout en haut de la montagne. Accompagnée d'Ernest et de mes frères et soeurs.
J'ai appris l'émotion et la rage comme on boit son biberon. Les yeux grands ouverts.
Mais je n'ai pas plus de légitimité que quiconque à poser ici mon émotion.
C'est juste que ce matin, je regardais vers l'est...
Et que nous sommes le 27 janvier.
Merci à vous Dominique, de vous êtes arrêtée à moi.
*** Que la paix soit sur la terre
Pour les cent mille ans qui viennent,
Donnez-nous mille colombes...
Merci Judith.
Judith,
encore mieux, que ça soit bien mélangé ( je m'y retrouve plus, en fait).
C'est le titre qui m'a amenée là, vous voyez.
En ces temps d'identités d'autant plus affirmées qu'elles sont incertaines, tout ce qui nous fait est plus que bienvenu, nécessaire!
Je ne suis pas juif, mais quand j'ai emmené mes deux petits enfants (10 et 8 ans) pour visiter Paris pour la première fois, après la tour Eiffel, je les aussi emmené voir ces dalles de pierre sur lesquelles sont gravés les noms de plus de 76.000 juifs partis pour ne plus jamais revenir.
65 ans après, le "Plus jamais cela" n'a guère de sens en ce qui me concerne: trop d'autres génocides ont eu lieu depuis, et auront encore lieu demain. Alors, aujourd'hui, quand je visite Auschwitz, je pense aussi aux Arméniens, au Ruanda, à Sébrénisca, aux Goulags, à la Shoah par balles.Et j'en oublie sans doute d'autres.
N'est-ce pas finalement tous les jours, chaque fois que la démocratie est menacée, ici, chez nous, aux pieds de notre immeuble, que le souvenir des génocides doit nous remonter à la mémoire? Le "Plus jamais cela" ne doit-il pas, en fin de compte, être un état d'esprit de tous les jours?
Je partage votre commentaire, M. Philips, c'est comme ça que je vis désormais cette mémoire des camps nazis.
Le 60 ème anniversaire m'a trouvée collée devant la télé, visionnant et écoutant tout. Grâce à cet anniversaire là, quelque chose, initié depuis mon enfance*, a fini de s'intégrer à moi. Et maintenant j'intégre cet événement énorme là à tant d'autres - différents en nature, de l''humanité. Dont certains actuels comme les morts de faim prisonniers de leurs régions sans ressources. Dont d'autres hélas encore à venir.
Mais chacun de ces énéement est en lui-même singulier, et chacun de ceux qui le vivent ou l'ont vécu ont été placés, en plus de leur sort terrible, devant des questions terribles : pourquoi. Et comment. Commentde tels faits ont-ils pu se produire, se produisent-ils, se produiront-ils.
La haine dans certaisn cas, l'indifférence dans d'autres.
Cher M.Philips, chère Fantie,
Auschwitz, c'est la barbarie. A son plus haut niveau de détermination et d'organisation.C'est un nombre avec six zéros derrière le chiffre.
Malheureusement vous avez raison. Auschwitz n'est pas qu'en Pologne. Et la souffrance est la même sous d'autres soleils ou dans d'autres brouillards.
Je sais que ce "Plus jamais" accompagne un grand nombre d'entre nous tous les jours.
On ne le dit pas tous les jours mais on construit nos combats quotidiens autour de ce cri.
Ce qui n'empêche pas parfois, de regarder tous dans une même direction, avec le même regard. On n'en oublie pas pour autant les victimes passées et présentes (voire future) de notre monde.
Votre vigilance est sagesse.
Nefertari, Fantie, M.Philips .
Que de verité et de sagesse en vos propos !
MERCI .
Oui, Nefertari, je crois que ce "plus jamais ça" m'accompagne tous les jours.
Ma compréhension de la Shoah (de la volonté d'extermination systématique des Juifs, en plus de la volonté d'extermination d'autres "catégories"), a été lente, ponctuée par des oeuvres plus que par des rencontres dans la vie réelle.
Mon entourage n'était pas le vôtre. Mais je remercie mes parents d'avoir été les militants sincèrement antiracistes et universalistes qu'ils étaient- ce faisant, ils m'ont fait partager leur révolte. Ma mère enseignait à ses élèves que reprocher aux Juifs d'être dans des professions liées à l'argent était un comble, puisqu'on leur avait interdit, en France du moins, quasiment toutes les autres professions. On leur interdisait de posséder de la terr, d'être paysans, donc... Comment ne seraient-ils pas transmis un savoir-faire, des compétences, liés à des métiers qui pour eux étaient parmi les seuls possibles ?
Plus tard, je me suis intéressée à cette question au-delà de l'antiracisme militant, au delà de l'anti-anti-sémitisme de principe. J'ai voulu comprendre la haine spécifique des Juifs. Haine qui ravage encore certains de nos contemporains.
@M Philips, je préfère "Mur des Noms" à "Dalles de Pierre". Désolé pour la précision, mais le second évoque des stèles commémoratives alors que le premier constitue une simple liste alphabétique de personnes à qui l'on a redonné les noms que les nazis leur avaient retirés en les affublant d'un numéro de série. C'est un détail qui a son importance.
Cordialement.
Lincunable,
Oui, bien sûr, on peut voir d'autres mots que les miens. Je n'ai pas trop réfléchi mais, pour moi, un "mur" ce sont des briques empilées ou du béton coulé et le souvenir que j'avais était celui "dalles", quelque chose fait d'un seul bloc, au sens géologique du mot: "Plaque rocheuse lisse de grande dimension" *
N'y a-t-il pas, en ce lieu, sous le terme de "mur", comme une référence au "mur des lamentations"? Une référence qui ne me satisfait pas vraiment, car tous ces noms ont, pour moi, quelque chose de tellement universel. Bien à vous
* Le mur a été bâti à partir de "pierres" provenant de Jérusalem.
Très bel hommage Néfertari ,dommage que cela aie encore donner lieu àune polémique.
On s'en tape de la polémique Elise. Chacun prend ses responsabilités.
Vous êtes (presque) tous là, et ça c'est le plus important tu ne crois pas ?
Merci à toi.
Un désormais "mien" puisque compagnon d'une "mienne" nous présentait naguère sa famille en s'excusant presque de préciser que nombreux y étaient ceux qui se livraient à des professions intellectuelles de haut niveau. Une façon traditionnelle de pouvoir décamper en emportant ses compétences en deux temps-trois mouvements... de laisser éventuellement tout derrière soi en reconstruisant autrement ailleurs.
Ces choses là ont la vie dure : elles sont gravées de manière immémoriale dans le cerveau reptilien. Sacrée motivation...
L'oiseau sur la branche du cerisier...
Très bel hommage, Néfertari.
Pour rappeler jusqu'où peut aller la folie des hommes, qui malheureusement continue de sévir ...
Tu manquais. Mais tu es là.
Alors je souris.
L'hommage est beau parce que vous êtes là.
Les chants désespérés ne sont-ils pas les plus beaux ?
Et aujourd'hui, 27 janvier, date anniversaire de la "libération" (ou peut-être devrait-on dire de la "découverte") du camp d'Auschwitz-Birkenau, un cimetière juif à Cronenberg, en Alsace a, à nouveau, été profané.... Ecœurement. Quand donc cela finira-t-il ?
Oui Grain, je viens d'apprendre cela.
Il n'y a pas de coïncidence.
Que des salopards.
Pas grand chose de plus si ce n'est le silence de Birkenau qui m'a marqué lorsque je l'ai visité. 1.1 millions de voix qui se sont tu à jamais
Il est des silences terribles. Qui font mal.
Dans les lieux qui sentent la mort à jamais et dans la vie "d'après".
Mais justement, à nous d'être ces voix. Ne les laissons pas mourir une deuxième fois.
Et comme l'a dit si justement M.Philips, tous les jours.
Bien à toi ami des Pyrénées.
Oui, ça sent la mort, ces endroits-là ... Je n'ai visité aucun camp nazi.
Mais j'ai visité Tuol Sleng, à Phnom Penh, haut lieu de la détention et de la torture khmère rouge. Les photos de ces milliers de personnes qui y sont passées emplissent une très grande salle, et celles de ce qu'y ont trouvé ceux qui l'ont fermé ne sont pas bonnes à voir. Impressionnée pour longtemps ...
On n'en sort pas bien fier d'avoir laissé se perpétrer ça. Et là-bas, ils sont encore très nombreux, ceux qui peuvent raconter, ça vaut tous les livres.
C'est partout, c'est n'importe quand, c'est ailleurs en ce moment ... C'est l'Homme qui est comme ça, c'est nous, on ne peut pas se raconter d'histoires !
j'ai des photos prises par un copain de cet endroit là.
Merci d'avoir rappelé ce qui s'est passé au Cambodge, Anne. J'y pense aussi souvent, et là encore, comment comprendre ?
On ne peut pas, mais il faut écouter raconter ceux qui le peuvent, Fantie. J'ai eu cette "chance", si on peut dire, là-bas. On ne s'endort pas trop bien .... Comme quoi même les voyages touristiques d'agréments apportent des choses inattendues.
C'est bien.
Mais c'est si peu de chose. Une goutte d'eau dans un désert sans fin.
Et un énorme poids dans nos poitrines. La honte de n'avoir pu empêcher ça, et de ne toujours pas pouvoir empêcher ça.
Que font les Dieux ?
Merci à Judith.
Et merci à vous.
Amicalement jamesinparis.
Là aussi, un hommage aux victimes de la haine, à lire absolument :
http://www.mediapart.fr/club/blog/hg/270110/27-janvier-2010-journee-de-la-memoire-de-la-shoah-et-de-la-prevention-des-crimes#comment-465785
Très bel hommage! Il ne faut pas oublier. Et il faut en tirer toutes les leçons, ce qui n'est peut-être pas toujours le cas, hélas.
Marc, ceux qui en tirent les leçons ont très rarement le pouvoir de les appliquer.
Ou alors, ils oublient. Ou ne veulent pas regarder. Ou ne peuvent plus.
L'Histoire est un éternel recommencement. Pas toujours une évolution.
Bien à vous.
Merci Judith de tenir pour EUX, ELLES et Nous ce fil.
Le fil du plus sombre souvenir qu'il nous incombe, depuis leur disparition, de partager.
D' où nous venons, vers qui nous prions où pas.
Ils et Elles sont des passagers à demeure dans nos mémoires.
Les oublier serait nous oublier et surtout nous permettre de reproduire ou laisser se reproduire, un jour ou l'autre, la même ignominie.
Ailleurs, autrement, aujourd'hui, plus tard... mais la même.
Plus jamais ça !
Merci à vous MG2 pour ces mots plein de gravité et d'amour pour EUX, ELLES et NOUS.
Nous formons un grand tout, parfois nous n'en réalisons pas toute la force.
" On gagne ensemble ou on perd ensemble ! " (cri d'avant-match de l'équipe des poussins de l'école de rugby de ma petite cité.
)
A Auschwitz comme dans tous les camps de la mort, on a tous perdu.
Juste un petit témoignage qui peut sembler égoïste en ces jours chargés de tant d'émotion. Je suis né à 10 ans d'un traumatisme. c'était il y a 50 ans. La projection du film d'alain Resnais "Nuit et brouillard". Depuis ce jour je ne suis plus le même et ça me plaît.
Juste un petit témoignage qui peut sembler égoïste en ces jours chargés de tant d'émotion. Je suis né à 10 ans d'un traumatisme. c'était il y a 50 ans. La projection du film d'alain Resnais "Nuit et brouillard". Depuis ce jour je ne suis plus le même et ça me plaît.
Juste un petit témoignage qui peut sembler égoïste en ces jours chargés de tant d'émotion. Je suis né à 10 ans d'un traumatisme. c'était il y a 50 ans. La projection du film d'alain Resnais "Nuit et brouillard". Depuis ce jour je ne suis plus le même et ça me plaît.
désolé, sans doute la aussi l'émotion.
" Je triplerai tous ces commentaires s'il fallait les tripler pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez. "
Bien à vous jltrinq97.
Si je n'étais pas "persona non grata" sur les billets de Nefertari, j'aurais pu dire : +1.
Vous respectez la propriété privée, Pierre?
Personne n'a jamais été "persona non grata" sur mes billets.
Chacun écrit ce qu'il veut, et moi je réponds ce que je veux.
C'est un bon deal non ?
Pierre, si je ne savais pas que vous pensiez être une persona non grata ici, je vous dirais " Merci Monsieur Ferron".
Et comme ça me démange, ben je le dis quand même ! Na !
Puisque je le peux, je dirais que le deuil, et... ceci, ce trou béant dans nos vies, dans la vie de l'humanité... Ces disparitions, cette horreur administrative... (comme d'habitude, sur ce "sujet", je ne trouve pas mes mots...) tout ceci m'est trop proche pour que j'en dise quoi que ce soit d'autre que ce que je faisais à une époque : répéter les noms des lieux de la disparition : Struthof, Buchenwald, Sobibor, Mauthausen, Dachau, Bergen Belsen... Je suis né à coté. Et je ne trouverai jamais à dire plus ou mieux que ce que Robert Anthelme, Charlotte Delbo, Primo Levi en ont dit...
(Et j'ajoute -je ne sais pas si je fais bien de le faire ici- que les profanations de tombes juives sont des actes antisémites, comme le sont les profanations de tombes musulmanes. Parce qu'elle touchent à quelque chose qui est du domaine de la paix, qui est aussi le salut, le shalom et le salam.)
Pierre, l'important n'est pas de dire mieux ou plus, l'important c'est de dire.
Et vous l'avez fait avec dignité et amour.
Les deux qualités qui font qu'un homme peut marcher debout, le visage en pleine lumière.
@Nefertari : bien venue, votre illustration hivernale du Struthof comme autre lieu de mémoire. Il n'est pas inutile de préciser qu'il comporte des ressemblances avec Auschwitz, ayant été comme lui un camp d'extermination (le seul en France) en plus d'avoir été un camp de concentration, doté même d'une chambre à gaz (il y en a eu jusqu'à 7 à Auschwitz), mais aussi des différences par le nombre de décès (22 000 au Struthof sur un total de 52 000, 1 100 000 à Auschwitz sur un total d'1 300 000) et par le motif de la déportation (la grande majorité au Struthof l'était pour des raisons politiques en provenance de toute l'Europe, 90% des déportés d'Auschwitz l'étaient en raison de leur qualité de juifs en provenance de toute l'Europe). Désolé pour ce décompte d'apothicaire qui n'enlève rien à la tragédie des victimes. http://fr.wikipedia.org/wiki/Auschwitz_(camps) http://fr.wikipedia.org/wiki/Struthof
Le film américain de Edward Dmytryk "le Bal des Maudits" sorti en 1958, fut en partie tourné dans les Vosges et notamment au Struthof pour la scène finale où l'ont voit le Lieutenant Christian Diestl (Marlon Brando) entrer dans le camp pour le libérer.
Pour cette scène, la production avait engagé des figurants dans les villages alentours. Etaient recherchés bien sûr des hommes squelettiques pour jouer le rôle des détenus du camp.
Si vous visionnez un jour ce film, regardez bien la scène où apparait la silhouette puis le visage du premier détenu qui voit s'ouvrir les portes du camp. Ce figurant s'appelait Julot, c'était un voisin et ami à mon grand-père Ernest. Il avait toujours été maigre comme un coucou !
Une fois le crâne rasé et une tenue rayée sur lui, il collait parfaitement avec le décor ! Ce fut l'heure de gloire d'un homme qui vécut, de l'extérieur, ses années noires et qui était très fier d'avoir pu, dans un film, participer à témoigner de cette horreur.
Quand le film passa au cinéma du village, dès les premières images de cette scène mythique du film, il parait qu'on entendit une grande clameur : " C'est l'Julot ! "
Pour la petite histoire, un de mes oncles (18 ans à l'époque du tournage) fut embauché pour jouer le rôle d'un soldat allemand (grand, carré d'épaule et très blond !). Mon grand-père (son papa donc) déclara que s'il voyait un des siens dans une tenue de soldat allemand, il le chasserait de la maison et ne le considèrerait plus comme son fils ! Le gamin renonça (bien obligé !), mais ce fut la cause d'une mésentente qui dura jusqu'à la mort de mon grand-père.
Et pendant ce temps, Frèche dérape à nouveau (à propos de Fabius).... Les vieux réflexes ont la peau dure ! Quand en finirons-nous ?
(je ne voudrais pas détourner ce fil - mais justement, est-ce un détournement ? Il a bien choisi son jour, ou c'est juste un hasard, ou il était spécialement énervé à la suite de ce jour, ou... bref, je suis en colère)
Fantie, un fil de billet c'est comme un fleuve nourricier. Et il est bien agréable d'emprunter parfois des bras qui nous emmènent vers d'autres paysages ou d'autres rives, tout en restant sur la même eau.
Pour moi, pas de soucis : le billet se voulait une ode à la vie, son fil peut parler de tout ce qui touche à la vie, à nos vies. Tu ne détournes rien.
tu as raison parfois, Nefertari... c'est le petit bateau sur l'eau, bien installé sur la ligne de flottaison, qui , cabotant, va d'une rive à l'autre, entre deux écueils, relie nos morts à nos vies, leurs souvenirs à nos réalités. Veiller et dire, pour vivre.
Raphael, bonsoir.
Tu sais aussi bien que moi,que pour ceux qui sont revenus ,
tres souvent, le silence fut longtemps de mise .
Que c'est beau "veiller et dire , pour vivre ".
Merci .
tu as raison saine colère, ils ne pouvaient parler, parce qu'il n'y avait pas de mots assez forts...à la mesure de cette réalité là.
*** Que c'est bien beau dit Néfertari et Raphaêl! J'aime...
Le jour où l'on cessera de se compromettre avec lui en lui redonnant une crédibilité socialiste en appelant à voter poutr lui comme un seul homme.
Pas souvent d'accord,
mais là, merci Nefertari......
A tous et toutes,
J'ai longtemps réfléchi à ce commentaire.
Le fil de ce billet étant un chant triste mais magnifique, empreint de dignité et d'humanisme, je me suis dit qu'il serait dommage de le salir.
Mais.
Mais j'ai relu vos appel à la vigilance, au combat, parallèlement à votre désir de recueillement. Et j'ai eu envie de vous dire : " Vous avez raison ! Le mal ne s'est pas arrêté il y a 65 ans. Il est là, dans nos rues, dissimulé parfois sous un ton badin, et parfois éructé. Il est là, sur ce site, bien à l'abri d'un autre fil de billet. Passant presqu'inaperçu."
J'ai lu cette nuit deux commentaires émanant du même abonné sur un autre fil. Et j'ai pensé que cette personne avait dû se tromper de fil de billet. Sûrement. Et si ce n'est pas le cas, ces commentaires ont toute leur place ici.
Je ne pense pas vous faire offense, ni salir la mémoire de millions de victimes..
La haine et la bêtise ne salissent que leurs auteurs.
Et afin de garder intacte la dignité et la grandeur que vous avez tous et toutes apportées à ce billet, je vous propose de garder le silence après ce commentaire. Ou, pour ceux et celles qui savent le faire, poser juste une image.
Il est des silences qui en disent plus que des cris d'indignation.
Merci à tous et toutes pour avoir posé votre humanité et votre émotion sur ce fil.
Oui, c'est bien gentil tout cela, sauf que l'antisémitisme n'existe plus réellement en France, et ne mérite donc plus d'être combattu tel que vous le faites ce qui auto-bloque mécaniquement toute les possibilité d'atteinte réelle de la politique de cet Etat d'Apartheid.
Où avez-vous vu dernièrement des ghettos juifs en France ??
Où avez-vous vu dernièrement que les juifs étaient interdit d'exercer des métiers en France ??
Où avez-vous vu dernièrement que la communauté juive était la plus durement discriminé de ce pays, et celle dont on parle très vivement et en des termes humiliant lors d'un débat sur l'identité nationale ??
Bref, vous brassez du vent qui ne sert que la cause adverse, la voilà la triste vérité.
@ +ENO-
28/01/2010 23:37Par Vertubleu
T'as raison Vertutu ! L'antisémitisme n'existe plus réellement !
http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2010-01-27/alsace-p...
18 petites tombes de rien du tout ! Pécadille ! Et si ça s'trouve, les mecs qui ont fait ça, ils n'ont même pas remarqué que c'était des tombes juives !
Et dire qu'il y a encore des brasseurs de vent qui combattent un truc qui n'existe pas réellement ! Les cons !
Allez les gars, rentrez à la maison ! Circulez, y a plus rien à combattre !
Ah ben c'est Vertubleu qui l'a dit alors !
Edit : Jonath dit même que c'est vous qui créez le désordre ! Vous voyez bien, même les grands penseurs humanistes de Médiapart vous l'disent !
28/01/2010 23:52Par Néfertari
Oui Oui, ma belle Pharaonne d'élevage.
Comme le Rabbin déjanté d'il y a deux ans qui avait foutu lui-même le feu à sa propre synagogue pour arguer d'un acte d'antisémitisme, on connait la musique ma belle (voir dernier billet de blog de rimbus).
Et même si c'était le cas, cet antisémitisme se nourrit du conflit moyen-oriental nous le savons tous très bien, et on ne fait rien.
Moi je parle de l'antisémitisme, du vrai, de l'historique, des ghettos et de l'interdiction d'exercer un métier à la télévision par exemple, ou ailleurs.
Do you see what I mean ??
"Allez Show Must Go On" ma belle !!!
@ +ENO-
29/01/2010 00:01Par Vertubleu
C'est très intelligent ça Nefer.
(RIP) pour les victimes, toutes les victimes, mais que pour elles, et non pour l'utilisation nauséabonde qui en est actuellement faite par certains, hélas.
Voir "Defamation" l'excellent documentaire à ce sujet de Yaov Shamir, enfin disponible en sous titré français sur Dailymotion.
@ +ENO-
Juste ceci, je suis tombée dessus il y a quelques jours: "recrudescence des actes antisémites en Europe en 2009", particulièrement: en France.
Petits, les actes. Pas graves, les actes, sauf exception fâcheuse.
A tous - mais aussi à Vertubleu qui ne le fera sans doute pas - lisez ce livre-là, d'une dame fatiguée au jourd'hui, mais qui en a marqué plus d'un et sur le tard, écrit ce livre. Je précise sur le tard, car s'y trouve une vie, celle d'Annelise Stern, née en Allemagne, exilée avec ses parents qui faisaient partie de l'opposition très à gauche à Hitler, déportée à 19 ans sur dénonciation ( résistance), devenue - bien plus tard mais j'abrège - psychanalyste, et qui a notamment travaillé à Marmottan, et tant d'autres choses.
Le titre résume ce que nous pouvons en tirer: Le savoir-déporté, Seuil.
Il y a un chapitre qu'aurait avantage à lire Vertubleu.
"J'entends parler des souffrances au Tibet, au Darfour, au Soudan, et j'entends parler de beaucoup de souffrances partout au monde, et le seul pour lequel j'entends des excuses, c'est pour israel, et cela fait plus de 40 ans que cela dure. L'holocauste nazi est très ironiquement devenu une idéologie d'agression, un prétexte et une excuse à toujours plus de nouvelles conquêtes territoriales et de souffrances, les morts ne devraient pas être utilisés ainsi" (sic) Norman Finklestein.
A voir en partie 8 du documentaire "Defamation" de Yoav Shamir sur Dailymotion.
@ +ENO-
Vous vous abritez derrière des personnes qui, elles, ont pris le temps de savoir de quoi elles parlent.
"" les morts ne devraient pas être utilisés ainsi" , cela dit bien que Norman Finklestein respecte ces morts. Lui, il les respecte.
Un jour par an, pour une commémoration par an, faire preuve de respect. Se mettre à la place de toutes ces personnes. Aussi.
Je ne m'abrite derrière personne Fantie.B, car je dispose de leur autorisation pour se faire et les éditer ici.
Les morts nous donnent un seul enseignement et pas un de plus, que cela ne se reproduise plus.
Jamais.
@ +ENO-
Aucun four crématoire n'a existé depuis.
Mais des tas d'autres horreurs se sont reproduites.
Mais je ne sais si où la police d'un pays a pratiqué les rafles en autobus de familles et d'enfants (pour ne pas les séparer de leur famille, disait Laval), en les expédiant ensuite vers la sélection puis la mort immédiate des plus faibles dans des dites "chambres à gaz".
Aucune comparaison avec les crimes de guerre "habituels", tristement habituels, ne tient, ici, face à ce qui a été vécu alors. Mêmes les massacres du Rwanda sont différents.
Et ils seraient bien inutiles, puisque la communauté internationale autorise et laisse faire l'asphyxie de masse lentement et progressivement depuis maintenant 60 ans, sans bouger le petit doigt.
@ +ENO-
Brasser du vent... C'est l'argument imparable de tous les "démocrates hémiplégiques" face à ceux qui défendent des causes qu'ils exècrent. La compassion sélective quoi. Celle des chaisières qui choisissent leurs bons pauvres parmi les "mauvais". Vous l'aurez Vertu votre petite pièce à la sortie de la messe, on n'est pas chiens, ici.
Brasser du vent : gaffe aux propos trop légers, ils vont s'envoler !
A propos du silence de ceux qui sont revenus.
Je viens de lire d'une traite, dans la nuit, Un secret, de Phlippe Grimbert.
Je ne trouve pas que c'est un grand livre (je suis très difficile pour les romans...), mais je l'ai suivi pas à pas, retrouvant l'Histoire dans sa chronologie française "ordinaire".
Et à la dernière page, l'émotion. Celle qui tient aux souvenirs des individualités qui ont disparu.
Le problème de la bête immonde, c'est qu'elle ne demande qu'à être réveillée : finalement, la grosse plaisanterie de Frêche sur la mine pas très catholique de Fabius répond à la grasse réplique de Le Pen sur l'assimilationisme du petit-fiston Sarko, prénommé Solal. D'accord avec Dianne : un battement d'aile de papillon à Pékin peut se transformer en tempête à New York. Entre parenthèses, je n'avais jamais approché un cyclone de si près...
J'ai hésité à dire, parce que le silence, non-seulement c'est beau, mais c'est aussi, peut-être, toucher au plus près ce que furent les dernières secondes de millions de vies. Il me semble qu'au milieu de l'horreur et des cris que l'on peine à imaginer, on ne devait entendre que le Silence : "arrivé au bout des facultés humaines l'homme tend les bras, s'arrête, regarde et attend..."
Marre, marre, plus que marre !
Alors j'ai décidé que chaque fois que le coprophage Vertubleu sévira, je rappellerai la préconisation de Chirac à l'intention d'un fâcheux du même genre : il faut "... lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance."
T'es une quiche benjbench, c'est la Pharaonne d'Elevage qui a entrepris seule de "copier/coller" mes commentaires d'un autre thread, pour les placer ici à sa seule initiative.
@ +ENO-
JE REPLIE CE COMMENTAIRE DE VERTUBLEU.
L'INSULTE NE PASSERA PAS PAR CE FIL.
Fucking Hell - Frères Chapman - Fondation François Pinault
Merci à vous Néfertari, encore et encore.
Une belle image Raphaël ?...S'il te plait !
Et merci aux participants et pantes illustrateurs et trices ci-dessus.
On continue ?
(Si parmi vous, certains et certaines ne savent ou ne peuvent pas poser l'image ou la vidéo qu'ils ou elles désirent, je peux le faire à leur place, en leur nom bien sûr. Me contacter par message privé.)
ben oui, on continue !
l'insulte sur un tel fil, c'est à gerber.
ils ne respectent rien.
Usant d’une métaphore assez transparente, Dona, Dona compare la tradition d’un petit veau ligoté que l’on mène à l’abattoir et la disparition des juifs durant la seconde guerre mondiale. Le choix de la figure du veau, victime sacrificielle des rites païens, n’est pas anodin, mais la Shoah n’avait aucun but expiatoire. C’est sans doute la force de cette image et la qualité musicale de cette chanson qui firent son succès. Interprétée en yiddish et en anglais par Theodore Bikel, John Baez et bien d’autres, elle fut traduite dans le monde entier.
Ecouter Joan Baez : http://www.youtube.com/watch?v=2-11Tlrs9fU
De la part de Dianne.
[Ladino:]
Morenica a mi me llaman, yo blanca nasi,
Y del sol del enverano yo me hize ansi.
Morenica, graciosica sos,
Tu morena y yo gracioso y ojos pretos tu.
Morenica a mi me llaman el hijo del rey.
Si otra vez a mi me llaman, me vo yo con el.
[Hebrew:]
Shecharchoret yikreuni kol yordei hayam,
Im od pa'am yikreuni shuv elech itam.
Shecharchoret yafiafit kol kach,
Be'einaich esh bo'eret libi kulo shelach.
Death Walk - Stephanie Evans
Mémorial - Miami, Fl, USA
Il s'agissait d'un silence éloquent
Lorsque j'ai été à Birkenau, nous étions un convoi de plusieurs bus, le but du voyage n'était pas Auschwitz mais comme on passait à proximité il avait été décidé de s'y arrêter.
La moyenne d'age dans les bus devait tourner autour de 20 ans et l'atmosphère était plutôt joyeuse, à l'arrivé le silence s'est fait de lui-même et on s'est éparpillé dans le camp.
Il est très difficile de définir un silence, mais ce n'était le silence que l'on peut entendre en montagne, un silence que l'on peut savourer loin de l'agitation de la ville. Non c'était un silence oppressant, un silence qui s'est fait sur 1 million de voix, 1 million de cris, un million de souffrance, un silence pas vraiment serein plutôt angoissant
Le silence donc mais pas l'oubli, les souffrances de gaza ne peuvent pas justifier les actes antisémites, si quelqu'un quelque part se comporte comme un salaud, ce n'est pas une excuse pour se comporter comme un salaud. Si on veut que les autres soient exemplaires il faut l'être soi-même.
La diarrhée verbale de certains est insupportable, le silence est aussi une vertu sachons la cultiver
Les ruines des chambres à gaz m'ont beaucoup marqué
Qu'est-ce que je vous aime vous tous et toutes là au-dessus ! Et si je vous citais, pour le plaisir d'écrire votre nom !
Le Cabilat, Raphaël, Michbret (là et bien là l'ami fidèle !), Dianne, le Revizor, benjbench, Léo de lune, Lincunable, Fantie, Velveth (et sa vidéo terrible, indispensable), Dame Dominique, Kannibal56, Capucine, Saine Colère, Grain de Sel, Pierre Ferron, Jltrinq97, MG2, Marc, James, Jean-Claude, Anne (et son compte en Suisse !
), Elise, M.Philips, Passifou, DanN, Point-Virgule, Alcyme (c'est mon jour de bonté !), Poussant, and in last, but not least : JNSPQD.
Edit : Et Fred qui vient de se joindre à vous.
Images ou mots, vous êtes la dignité de ce site.Vous êtes de belles personnes, des âmes lumineuses.
Pour chaque témoignage, une bougie, puis deux, puis mille s'allument, des centaines de milliers de flammes, des millions dans cette nuit hivernale.
C'est un honneur d'écrire avec vous et de partager ce fil.
Merci.
Merci Néfertari et voici ... le lien tout en bas, après les mauvais signes !
http://www.youtube.com/watch?v=pfn-G_AjvlQ
Merci Fred pour votre participation à ce fil... et à la mémoire.
Je me permets de poser directement la vidéo que vous nous offrez :
De terribles images.... mais qu'il faut, je pense, se prendre en plein visage !
(Bon courage pour votre parcours du combattant à vous et à venir. Je suis, et nous sommes de tout coeur avec vous.
)
c'est difficile...
Oui, insupportable.
Mais la réalité se regarde en face.
Chère Néfertari,
Pour ne pas oublier, pour informer les jeunes générations et celles à venir, il faut sans cesse publier des textes comme le vôtre. Il faut montrer des visions insupportables. Il faut être en alerte permanente comme l'ont été les lecteurs de Mediapart en réagissant massivement contre le débat sur l'identité nationale qui contient des relents de nationalisme. Soyons attentifs, le pire peut encore arriver si nous n'y prenons garde!
SILENCE !
RESPECT!
Un seul mot EFFROYABLE .
.
Merci à vous Christine.
Et je m'arrête sur la transmission, ou l'illustration de cette extermination, ou tentative d'extermination. (Il y a des mots, rien qu'à les écrire ça fait mal là où je m'assois !
)
La vidéo de Fred, et celle de Velveth plus haut sont des documents forts, terribles. Parce que plaqués avec des images vraies, insoutenables.
D'autres ont raconté d'une autre façon, avec d'autres images. Mais l'objectif reste le même : témoigner, décrire, pour que personne n'oublie.
Et je ne peux pas ne pas faire référence à ce film extraordinaire (à mon avis !) qu'est " La vie est belle ! "de Roberto Benigni.
Je sais et je comprends que certaines personnes aient pu être choquées par l'humour et le grain de fantaisie qui habillent ce film, deux caractéristiques qui en théorie sont l'antithèse de la barbarie et de l'horreur.
Mais justement, cette incongruité rend (toujours à mon humble avis) ce film plus abordable pour certains publics (les enfants en particulier et les âmes sensibles) tout en oeuvrant de façon magistrale à dénoncer l'abjection de ce passé qui nous appartient à tous.
Le rire n'est jamais loin des larmes.
Pour moi, une des scènes les plus remarquables de ce film :
J'ai enlevé mon commentaire, trop impudique... Tant mieux si vous l'avez lu, comme un mp désormais.
Trop impudique ? Moi je l'ai lu comme un magnifique témoignage et un hommage à l'humanité toute entière.
Vous avouerais-je que je me sens plus près de vous quand vous êtes "impudique" ?
Tout mon respect Christine.
Et merci d'être là.
Bon. J'ai mis 4 jours avant de publier un commentaire, j'ai du mal avec l'impudeur, vraiment. Du coup, effacé au bout de 10 minutes.
J'admets. Il faut parfois dire.
Je reprends. Je commentais la superbe phrase de Marc Bloch, au début de la video postée par Fred Oberson, "celui qui ignore son passé est condamné à le revivre". Parce qu'il dit un présent nourri du passé pour construire un avenir. Parce que ce "son passé" va dans le sens d'une réconcilation aussi, ce que vous disiez, Néfertari, avec le "shalom, salam". Ne pas oublier, rester vigilant face à toutes les profanations, tous les racismes.
Tout en avouant que je n'ai pu regarder cette video, tout comme je me suis évanouie en entrant dans la chambre à gaz du Struthof. Une horreur trop absolue.
Mais savoir oui, et transmettre, dire à nos enfants, comme l'a fait ma mère, héritière de ce passé, notre passé, des camps, qui, après m'avoir entendue, à dix ans, dire une horreur sur les Allemands, m'a fait apprendre cette langue, l'allemand, pour ne pas oublier, certes, mais ne pas tout mélanger non plus.
Christine, j'avais lu avant effacement, par hasard rapide, et j'aurais trouvé dommage que tu effaces. Car, je crois, ta mère a su te dire - comme font les mères, en direct - ce que j'ai mis des décennies à comprendre, lire, aimer. Pas tout perdu: la révélation fut à la mesure de l'ignorance.
Et celle qui la première m'amena à lire, à m'éprendre, de l'autre Allemagne, était juive allemande, déportée, rescapée.Dès lors, on n'exempte pas un peuple ou un autre, on apprend à réfléchir.A honorer ceux qui dans ce peuple ont su dire, mourir, écrire.
@Judith: je hais La vie est belle. Vraiment. Je ne me suis pas évanouie en entrant dans un camp: jamais allée. J'ai vomi en sortant de ce film. Il n'y a pas de légèreté dans la Shoah, aucune. Il y a la lourdeur, l'écrasement d'une conviction et d'une super administration.
Il y a eu de l'humour dans les camps, pas celui-là. Et souvent il n'y a plus eu d'humour, que des survivants, ou des gazés pleins d'humour. Benigni bondissant en pyjama rayé est pour moi la négation de ce qu'est le non-regard sur des non-êtres, quels qu'ils soient. Un renvoi à "faut pas le prendre au tragique". Je pense - avis intime - que Primo Levi, lorsqu'il s'est suicidé dans l'escalier, au terme d'une tournée de "sensibilisation" dans les lycées italiens, Primo Levi sentait par avance, qu'en effet on allait introduire dans l'histoire une légèreté, un aimable correctif.
Moi aussi j'ai une détestation viscérale pour La Vie est belle. Je n'aurais pas trouvé tes mots, Dominique, mais je les signe, si tu permets.
Quant à la "vue" de cette chambre à gaz, Dominique, effet "pervers" de cette éducation par ailleurs si ouverte : il faut y aller, dixit ma mère, toujours. Qui m'a traînée.
QUESTIONS ? PUDEUR , IMPUDEUR ?
Passionné de photographie, souvent un appareil pour saisir l'instant.
lorsque je me suis rendu à Oradour-sur-Glane ,je n'ai pris aucune
photo, pourtant l' appareil en mains.
c 'etait en semaine, personne parmi les ruines , et poutant pas un
geste !
Nous marchions lentement, imprimant par nos yeux , imaginant le
massacre .
Seuls, ( avec ma femme )LE SILENCE . SEUL LE SILENCE !
Depuis ce jour, je me pose cette question : photographier pour
temoigner ? (les enfants, les petits enfants, leurs connaissances)
ou bien par pudeur ? par respect? ne pas declancher le"clic"
Qu'en sera t il lorsque je me rendrais dans un de ces camps
de l' horreur absolue ?
Pudeur, impudeur ?
VOUS pourriez m'aider svp.
(pourtant j' eprouve une grande admiration, envers les
reporters-photograhes temoins des malheurs de notre
present, sans voyeurisme evidemment .)
Ces photographes ont été indispensables, je crois. Imaginez, ce qui pourrait se dire et s'écrire, sans les films et les photos à l'ouverture des camps. Certains, certaines, ne s'en sont jamais remis(e)s. Ils l'ont payé, non d'une balle dans le corps, mais d'un empêchement à vivre parfois. Ou pas: reste ce qui a été vu.
Je viens de lire ( et j'espère bloguer sur le sujet, question de temps) un livre remarquable, 60 ans de chronique judiciaire dans le Monde. Parmi d'autres articles , la relation du procès d'Oradour Sur Glane. Témoins, de très rares rescapés, tous très jeunes alors. Accusés, des malgré-nous alsaciens ( malgré pour certains, pas pour d'autres) une poignée de soldats allemands, pas d'officiers, pas ceux qui ont ordonné.
C'est une lecture simple, basique, même, comme peut l'être celle d'une photo, essentielle pourtant.
@ Fantie. b: c'est de cet humour, de ces personnes là que je parlais, le Milena de Margaret Buber Neumann est un de mes livres chers. Comme aussi, Prisonnière de Staline et d'Hitler.
saine colère,
Pour se souvenir:
-visiter le Mémorial de la Shoah à Paris (le mur des noms),
-un livre de photos prises à Auschwitz avec quelques discrets commentaires:
M Philips.
Merci de votre reponse .Je connais depuis peu ce lieu de Memoire.
La question reste posée, en photographiant ,aujourd'hui ,ces lieux
de crimes,est ce que j' attente à la memoire des victimes?
Elles sont pour toujours en ces lieux .
Et je ne peux considerer qu'un cliché de la Tour Eiffel, ou des
Iles" enchanteresses" soit de meme nature .
Faut il faire abstraction de tout affect ? N 'est ce pas du voyeurisme ?
Dominique Conil .
Aucune ambiguitée, accord total à vos propos .
Mais maintenent que des milliers de documents circulent,
Pourquoi devrais je flascher ces lieux de crimes ?
Voir ma reponse plus haut à M Philip.
Je ne sais pas si je m'exprime bien.
MERCI à vous , cordialement .
Vous vous exprimez parfaitement bien. J'ai eu le même sentiment que vous en un lieu magique , abandonné, ancien, sur la mediterranée: avais-je le droit d'en emporter ne serait-ce qu'un peu de sable ? ( je l'ai fait, c'était un peu moi, cet endroit, j'aimais)
Pire encore lorsque le lieu est celui des crimes ? Que les photos, les documents existent, qu'on ne "verra" rien de plus sur la photo ? C'est la vôtre, celle de votre regard, de votre ressenti, qui n'enlève rien à personne.
Ma grand mère avant sa mort ( elle était photographe) a jeté-brulé presque toutes ses photos. Dedans, les photos que des soldats allemands retour du front de l'Est lui avaient donné à développer pendant la guerre: des corps, des montagnes de corps nus, des tranchées, le reste j'ai oublié. Elle m'a dit: tout le monde sait, maintenant, il faut oublier.
Or justement, ces photos vues enfant, je n'ai jamais pu les oublier. Leur présence, dans une boîte, disait , intimement, ce que des documents plus tard n'ont pas dit.
saine colère,
J'aime les voyages et aussi photographier mais il était hors de question pour moi, quand j'ai visité Auschwitz de prendre la moindre photo. J'ai donc acheté ce livre.Et je ne m'autorise à photographier des gens qu'après leur avoir parlé et demandé l'autorisation. Sauf s'ils sont en "représentation" (spectacle de danse, etc). Vous voyez, chacun de nous met de lui-même quand il fait des photos et chaque situation est donc particulière, individuelle.
Pour ce qui est de "La vie est belle", il m'a toujours été impensable de le voir, même quand il est passé à la TV, malgré le bien qui en était dit.
Je n'ai pas voulu voir La vie est belle, ce qu'une partie de mon entourage n'a pas compris sur le coup. Pourtant je sais que l'humour a pu exister dans les camps (je relisais il y a peu le livre de Margaret Buber sur Milena Jezenska).
Les mots, les récits des survivants, pour moi comptent plus que tout. Et me suffisent pour ce qui est de leur vécu. Je ne recherche aucune représentation ou fiction. Même si certaines représentations ont du sens pour moi.
De l'autre côté, j'aimerais avoir davantage de mots des agents de ces entreprises d'extermination.
Si déjà cet essentiel là est préservé, chacun de ceux qui y accèderont aura la possibilité de se faire sa propre réflexion. (L'éducation ayant un grand rôle à jouer pour faire passer ce potentiel de réflexion à une réalité).
J'ai aimé, j'aime encore La vie est belle qui m'a marqué bien que je ne l'ai vu qu'une fois à sa sortie.
J'ai pleuré comme j'ai pleuré aussi à la bande dessinée Maus de Art Spiegelman, elle aussi pleine d'humour, plutôt new-yorkais qu'italien mais ça fonctionne aussi.
Quand je dis "comme", je veux dire par là, que les deux oeuvres, également m'accompagnent, comme si c'était le souvenir qui me hantait, qui se mettait à ma pauvre portée.
Sans Roberto Benigni, je serais moins conscient de l'horreur absolue de la Shoah, que je ne le suis après avoir vu son film.
"Sans Roberto Benigni, je serais moins conscient de l'horreur absolue de la Shoah, que je ne le suis après avoir vu son film."
Donc, Axel, Benigni a atteint son but.
A relire ce fil, je me dis que peut-être que certains d'entre nous ont été initiés tôt à ce que ça pouvait être. En particulier par des proches,dans l'enfance ou l'adolescence.
Une enseignante était un peu la cible des élèves. Un surnom, au moins (nous n'étions que des filles, en collège, plutôt sages). Elle était toute menue. En classe, elle portait toujours des gants de laine, en toute saison.
J'en avais parlé chez moi. Ma mère m'a alors expliqué que cette femme avait été déportée, et ne pouvait pas retrouver de chaleur dans les mains.
Je repense à elle souvent. Souvenir qui ne va pas loin, je ne l'ai pas connue. Mais je pense à son destin. Et à celui des autres, revenus (quelques uns), pas revenus. les livres me suffisent, me parlent. Mais quand j'étais enfants les livres étaient mes amis : c'est peut-être pour ça, aussi.
Les choses doivent peut-être être transmises par des personnes qui comptent pour nous. Ou sinon, par des créateurs ou artistes ou témoins qui savent nous toucher, nous personnellement.
Vois tu, Nefertari, jusqu'ou conduit ton billet ?
Il est d importance puisque , tout en se souvenant, certains sont
pour de nouvelles approches de la barbarie ,d'autres refusent .
A chacun sa verité, il ne faut pas que celà devienne polemiques.
Photos, pas photos en ces lieux de souffrances ?
Un autre fil à ouvrir; une interrogation restant mienne !
Saine colère, cela ne deviendra pas polémique.
Chacun reçoit les choses comme il le veut et comme il le peut.
J'ai écrit plus haut que je comprenais que le film de Benigni puisse choquer, voire provoquer un malaise. Je ne m'attendais pas à de la détestation, mais je la comprends aussi.
Tu vois, comme Axel, moi ce film me remplit d'une émotion puissante, comme une vague. C'est comme ça, ça ne s'explique pas.
Et si tu l'ouvrais cet autre fil, si tu en faisais ton premier billet ? Cette interrogation qui est tienne et certainement celle d'autres participants à ce fil amènerait un échange passionnant, profond. Tu ne crois pas ?
J'aimerais te passer le relais. Si cela te fais envie bien sûre. Sinon, je suis sûre que cette échange continuera ailleurs.
Je dois et vais m'absenter quelques temps de ce site. Mais je vous lirai. Avec attention.
Merci saine colère et vous tous et toute.
(Je laisse bien entendu ce fil ouvert,il est vôtre.)
A bientot Néfertari .
Ne t'absente pas trop longtemps !
MERCI
Nefertari, encore moi .
Oui,peut etre, pour l'ouverture du fil,manque un peu de
temps, (t'as vu leur qui lait)
Si j'ai bien compris tu vas nous lire, sans intervenir !
reaction tardive , ne nous abandonne pas .
Je relaie volontiers ce commentaire de Joël Martin.
J'ai exactement le même sentiment qu'Axel J.
"Sans Roberto Benigni, je serais moins conscient de l'horreur absolue de la Shoah, que je ne le suis après avoir vu son film."
En outre, ce film raconte la banalisation de l'antisémitisme ordinaire dans la "bonne société" de l'Italie fasciste.
Dans cette scène d'une rare puissance où dans un salon, une maman bon chic bon genre s'indigne que l'instituteur ait donné un calcul à faire, je ne me souviens plus exactement lequel, mais c'était du genre : commbien de Juifs sont exterminés dans une période donnée connaissant la cadence d'arrivée des trains de la mort.
"C'est effectivement un scandale !", approuve une autre dame.
"Oui, vous vous rendez compte, ce calcul est bien trop difficile pour la classe de mon fils !".
Terrifiante banalisation.
Sommes-nous certains qu'une insidieuse banalisation n'est pas en train d'émerger ?
Je ne pense évidemment pas aux profanations en écrivant "insidieux".
Mais, par exemple, au beauf' septimaniaque qui parle de tronche pas très catholique...
Ben, s'il a fallu Benigni pour prendre conscience de la banalisation de l'extermination des juifs ( hein, Shoah, à la fin, ça fait pudique), c'est juste sérieux retard.... et donc, question: indifférence, avant de pouvoir rigoler ?Pas vu le reste ?
Précisons tout de même pour ceux qui n'auraient vu que la Vie est belle: même en y mettant du sien, bonne humeur et humour, détournement, ces nazis, tous des cons, que plein d'humoristes ont juste eu le temps de courir vers la chambre à gaz.Le tri fut fait entre aptes à l'esclavage et bons pour la mort, les statistiques font défaut pour les marrants.
Sommes-nous certains qu'une banalisation insidieuse n'est pas en train d'émerger, demande le non-abonné-abonné-vexé-qu'attend des excuses ci dessus ? Ben, on ne vous le fait pas dire, c'est très exactement ce qui était reproché à la Vie est belle, le film tordant, moins trois larmes, sur 6 millions de morts .
Je relaie volontiers la réponse de Joël Martin
@ Dominique Conil
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
Surtout en usant d'une formulation qui vous est inhabituelle.
Je n'ai pas attendu Bénigni pour vomir l'antisémitisme feutré.
Simplement, ce film m'a rappelé avec force que la Bête n'était qu'en sommeil.
J'ai sur ce film une opinion aux antipodes de la vôtre.
Benigni ne fait pas rire avec son film. Je n'ai pas entendu un seul rire de toute la séance. Je me souviens de la tête de tous les spectateurs sortant du cinéma. Il étaient eux aussi aux antipodes d'être hilares. Leur visage portait une douloureuse gravité.
J'estime que la scène de son film que je rappelle est extraordinaire car elle met en lumière l'antisémitisme des "braves gens" sans propos violents, sans scènes violentes. C'est d'autant plus terrifiant. On est à l'antipode de l'humour dans cette scène où cette aimable dame est scandalisée non pas par l'horreur de l'extermination mais par le fait qu'on donne un calcul trop difficile à son môme.
Je le répète : cette scène est terrifiante.
C'est d'ailleurs un mot qui revenait dans la bouche des spectateurs sortants : "Poignant", "Terrifiant", "Une force extraordinaire".
Pas un reproche, pas une seule accusation de dérision.
Loin de faire émerger l'antisémitisme banalisé, ce film le dénonce, effectivement avec une force extraordinaire.
Je partage la réaction d'Axel J. sur ce film.
Vous voyez, on n'a pas eu la même salle: moi, ça rigolait franchement ( sauf à la fin ), sûr que ça peut changer les perceptions!
Je comprends tout à fait que l'on ne supporte pas de regarder les documents sur les camps. Je ne le supporte plus, n'en ai nul besoin. Je comprends que Shoah de Lanzmann assomme. Que l'on passe par la fiction.
Sauf que cette fiction là, pas pour moi. Il y a un jeu, non dit-, avec l'image du pseudo camp, les pyjamas rayés, le détournement du Pitchipoï, impossible. Mais comme dit plus bas, le succès quasi planétaire du film, les oscars etc: les avis sont partagés.
Dominique.
Vous permettez que je vous Prenomme ?
J'ai vu le film qui provoque votre couroux ,je vous
crois tres sensible ,impliquée, au fil de Nefertari
Le film ne m'a rien appris, il traite de la barbarie nazie
sous un angle qui vous revulse, encore une fois je peux
comprendre (à tous son fardeau et ses revoltes).
Vous m' avez repondu vers 20h , sur un questionnement
qui me"tarabusque" depuis fort longtemps, vos sages propos
demontrent, encore aujourd'hui votre volonté de dialoguer,
alors je vous en prie ,Dominique ,pas de conflit sur ce fil,
à moins qu il advienne des propos monstrueux .
dominique conil ,vous meritez mieux que cette polemique .
que cette polemique que je sentais venir.
Bien à Vous , cordialement .
(ce fil etant celui de Nefertari, qu'elle me pardonne, si je suis dans
l 'erreur)
Non, pas de polémique ( une belle insomnie, ça oui). Juste ce que je pense, et sans suite, car La vie est belle, pour rafler des prix et toucher des gens d'une façon qui me parait nulle, n'a pas attendu après mon commentaire tardif. Et d'autres l'ont écrit de manière plus fine et plus pensée. Mais un fil se nourrit aussi des désaccords, des perceptions radicalement différentes. Et là, je m'en vais lire un auteur que je nommerai pas, qui m'endort en dix minutes chrono.
"Et là, je m'en vais lire un auteur que je nommerai pas, qui m'endort en dix minutes chrono."
Je veux bien la prescription par mp, Dominique ;)
Maman a été déportée. Merci pour ce très beau texte. Il ne faut jamais "éteindre les bougies".
CTURBLO.
Les bougies ne s'eteindront pas .
si certains se complaisent à en souffler les flammes.
Elles seront ranimées par le VENT DE L'HISTOIRE .
Promis !