GENESE ...
Au commencement, nous raconte le savant, vivaient les dinosaures…
Bien avant étaient le sable, le vent et l’eau, sourit le Sphynx.
Il y a longtemps, rêve Nadjibo, dans mon pays il y avait la paix !
Chez moi, il n’y a jamais eu la paix, pleure doucement Sarah.
Hier, c’était la guerre, chantent les enfants de Belfast.
Autrefois, l’islam était lumière d’espoir, nous apprend Averroès le Sage.
Avant, nous étions le peuple libre du désert, se rappellent les hommes bleus.
Avant…nous étions un peuple, se souviennent les Indiens d’Amérique.
La mère de ma mère, et sa mère avant elle, étaient esclaves, songe Aminata.
Moi je suis toujours esclave, chuchote Sao Lin.
Depuis la nuit des temps, nous donnons la vie, crient les femmes.
Depuis l’aube de l’humanité, nous semons la mort, avouent les hommes.
Au début, je pouvais arpenter les forêts en toute liberté, hurle le loup.
Il y a peu, le fleuve Yang Tsé était mon océan, regrette le baïji.
Aujourd’hui je ne suis plus.
Demain vous m’aurez oublié.
Aujourd’hui, je piétine les droits de l’Homme, clame le tyran.
Demain nous serons dans la rue, répondent ceux et celles qui vivent debout.
Hier, je vous ai créés, tonne le Dieu tout puissant, que faites-vous de vos vies ?
Aujourd’hui tu peux reprendre la mienne, soupire la jeune Afghane meurtrie,
Je ne crois plus en toi.
Je ne crois plus en rien.
Mon ventre sera ton éternité, petite sœur, lui promet la terre.
Et ma voix portera tes larmes jusqu’aux puissants de ce monde, chante la Diva.
Mes mots ne laisseront pas dans l’oubli ton visage et ton histoire, écrit le poète.
Alors je ne mourrai jamais vraiment, murmure l’ange voilé.
Hier, nous n’étions que de petits toits éparpillés,
Aujourd’hui, nous sommes un village, dit le chef de tribu.
Alors, demain nous serons plus forts ? demande l’enfant des étoiles.
Ouaip jeune Padawan ! affirme le vieillard en souriant de ses yeux ciel et mer,
Ensemble nous serons plus forts.
Néfertari.



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Magnifique ! ... vraiment. En plus nuancé et avec une touche d'espoir à la fin, ton texte m'a immédiatement fait penser à une chanson de Brel peut-être inconnue des plus jeunes (à écouter sur deezer ou musicme) : "Les singes" (écrite il y a cinquante-quatre ans, quand même : l'évolution marquerait-elle une pause ?). . Avant eux, avant les culs pelés La fleur, l'oiseau et nous étions en liberté Mais ils sont arrivés, et la fleur est en pot Et l'oiseau est en cage et nous en numéro Car ils ont inventé prisons et condamnés Et casiers judiciaires et trous dans la serrure Et les langues coupées des premières censures Et c'est depuis lors qu'ils sont civilisés Les singes, les singes, les singes de mon quartier Les singes, les singes, les singes de mon quartier . Avant eux il n'y avait pas d'problème Quand poussaient les bananes même pendant le Carême Mais ils sont arrivés bardés d'intolérances Pour chasser en apôtres d'autres intolérances Car ils ont inventé la chasse aux Albigeois La chasse aux infidèles et la chasse à ceux-là La chasse aux singes sages qui n'aiment pas la chasse Et c'est depuis lors qu'ils sont civilisés Les singes, les singes, les singes de mon quartier Les singes, les singes, les singes de mon quartier . Avant eux l'homme était un prince La femme une princesse, l'amour une province Mais ils sont arrivés, le prince est un mendiant La province se meurt, la princesse se vend Car ils ont inventé l'amour qui est un péché L'amour qui est une affaire, le marché aux pucelles Le droit de courte-cuisse et les mères maquerelles Et c'est depuis lors qu'ils sont civilisés Les singes, les singes, les singes de mon quartier Les singes, les singes, les singes de mon quartier . Avant eux il y avait paix sur la Terre Quand pour dix éléphants il n'y avait qu'un militaire Mais ils sont arrivés et c'est à coups de bâtons Que la raison d'État a chassé la raison Car ils ont inventé le fer à empaler Et la chambre à gaz et la chaise électrique Et la bombe au napalm et la bombe atomique Et c'est depuis lors qu'ils sont civilisés Les singes, les singes, les singes de mon quartier Les singes de mon quartier
dianne Il y a une boutique, euh la fondation Jacques Brel à Bruxelles. Et on a vendu son brevet de pilote aux enchères. :,o((
Brefouille ! Une chanson du grand Jacques que je ne connais pas !!! Et quelle chanson ! Merci Cyrano, vraiment merci...
Attention, sur daily et youtube traîne une version de travail où Brel seul à la gratte met en place une première version de la chanson : intéressant, mais pas aussi "fort" que la version finalement choisie avec orchestre ou en public à l'Olympia... Ne pas confondre... pffff, je suis incorrigible : j'ai encore cité du Pagnol (Cigalon) alors que peu l'ont lu. 'Tain, j'vais m'faire engueuler...
Je recommande la lecture ou la re-lecture de l'excellent romancier-préhistorien Roy Lewis "Pourquoi j'ai mangé mon père (" Back to the trees" en anglais traduit par Vercors). Une réflexion intelligente sur le sens du progrès.
dianne Et un fameux moment de rire : au-delà des symboles, les anachronismes sont des petites mécaniques de précision qui nous sautent au nez pour notre plus grand bonheur ! Merci de nous le remonter à la surface... Et ne manquez pas, du même : "La véritable histoire du dernier roi socialiste", "opérette philosophique" (selon 4decouv, je ne trouve pas mieux ) 3255 chez Pocket :o)
Heureux fil où (jusqu'à présent) chacun vient découvrir et semer, sans polluer. Le beau texte de Nefertari m'a fait songer à un délicieux poème en prose de Supervielle: La création des animaux. Pour ceux qui ne le connaissent pas ou plus, quelques brefs extraits: "Les animaux tombaient du ciel un à un sans se faire mal. [...] Certains devaient attendre encore un peu avant de posséder tous leurs attributs. - Il paraît que j'aurai une trompe, dit l'éléphant, frais arrivé; ça partira du front et traînera presque par terre. - C'est beaucoup pour un nez, dit le renard [...] Au cheval il ne manquait que les oreilles mais il n'en savait rien, tout occupé qu'il était à vouloir se débarrasser, au galop, de son ombre. Les oreilles le rattrapèrent en pleine course, elles ne sont pas encore revenues de leur étonnement et ne cessent de se tourner de tous côtés. [...] L'homme fut déposé en pleine jeunesse au milieu de l'assemblée des bêtes [...] Sans même se donner la peine de saluer l'assistance, il fit toutes sortes de mouvements des bras et des mains [...] - Je mange sans faim, dit-il, je bois sans soif, je pleure sans chagrin et je dors sans envie. [..] On s'étonna que le Créateur, généralement mieux inspiré, se fût donné la peine de faire un être aussi débile et aussi peu fourni en polis. Par dérision un orang-outang s'en arracha une bonne poignée et la lui offrit. L'homme prit les poils, souffla dessus et de nouveau éclata de rire! [..] Le lendemain, il improvisa un petit atelier de campagne et se mit à fabriquer une hache et un couteau de silex [...] Il tua une vipère parce qu'elle était venimeuse et une couleuvrre parce qu'elle ne l'était pas. Il maniait aussi bien la mort que la logique et la chanson sentimentale, si bien que les bêtes interloquées en perdirent l'usage de la parole [..]
Tout doux, tout mignon... tant pis pour le côté neu-neu : . Dès que le chien fut créé, il lécha la main du bon dieu qui le flatta : -Que veux-tu, chien ? -Je voudrais loger chez toi au ciel, sur le paillasson devant la porte ! -Bien sûr que non. Je n'ai pas besoin de chien puisque je n'ai pas encore inventé les voleurs. -Quand les créeras-tu ? -Jamais, je suis fatigué. Voilà cinq jours que je travaille, il est temps que je me repose. Va t'installer sur la Terre, chien, va et sois heureux. Le chien poussa un profond soupir : -Que ferai-je sur la Terre ? -Tu mangeras, tu boiras, tu croîtras et tu multiplieras... Le chien soupira plus tristement encore. -Que te faut-il de plus ? -Toi, mon maître. Ne pourrais-tu pas, toi aussi, t'installer sur la Terre ? -Non, chien, j'ai bien d'autres chats à fouetter : ce ciel, ces anges, ces étoiles, c'est tout un tracas... Alors le chien baissa la tête et il commença à partir. Mais il revint. -Ah si seulement il y avait là-bas, une espèce de maître dans ton genre... -Non, il n'y en a pas. Le chien se fit tout petit, tout bas et supplia encore : -Si tu voulais essayer.. -Impossible, j'ai fait ce que j'ai fait. Mon oeuvre est achevée. Jamais je ne créerai un être meilleur que toi. Si j'en crééais un autre, je le sens, il serait raté. -Oh ça ne fait rien qu'il soit raté, pourvu que je puisse le suivre partout où il va et me coucher devant lui. Alors, le bon dieu fut émerveillé d'avoir fait une créature aussi bonne et il dit au chien : -Qu'il soit fait selon ton coeur. Et il créa l'homme. L'homme est raté, naturellement, le bon dieu l'avait bien dit, mais le chien est joliment content. (Marie-Noël)
Merci à tous les deux .... Qu'est-ce que c'est jouissif un fil pareil !
. @ +NEO-
très beau texte, humaro...
chere NEFERTARI. ; Etant un fervent admirateur du " GRAND JACQUES " BREL restera à jamais mon plus grand choc emmotionnel ressenti en spectacle et pour compiler toutes infor mations le concernant ,( pas seulement Lui, BRASSENS, BARBARA? FERRE, FERRAT ) Je me devoile un peu en ecrivant ces lignes , mais je n ai rien à cacher ! Revenons à BREL et sa chanson "Les Singes" 1961 . Vous trouverez sur le site DEEZER( gratuit) ses interpetations en public Olympia 1961 en studio Volume 5 ( Marieke ) et aussi interpretée par I sabelle Aubret TOUS SES TEXTES SONT EDITES CHEZ ROBERT LAFFONT et MAINTENANT DANS LA COLLECTION 10-18 .. MERCI A CYRANO D AVOIR CITER CET EXELLENT TEXTE, et de m 'avoir permis de dialoguer ssans entrave avec Vous ;ET MILLE MERCI POUR LE MERVEILLEUX TEXTE QUE VOUS NOUS AVEZ OFFERT. (malheureusement je ne sais pas comment creer un blog ) CORDIALEMENT
@saine colere, pour créer votre blog il suffit d'aller sur la page d'accueil, de cliquer sur participer et de suivre les indications claires et précises données (audio + illustrations); même moi qui suis un peu fâché avec l'informatique (hors logiciels de rédaction et de calcul) j'ai réussi!
MERCI , HUMARO . Je vais suivre vos conseils et malgré ma nulité en informatique , j espere bien parvenir à creer ce blog . et puis je dois avouer que ce n'est que maintenant ,à la retraite que je touche à un clavier, imaginez la lenteur de mes interventions+ les fautes. Parfois j efface des heures de frappe . Voila j avais besoin de me devoiler un peu , MERCI
Bienvenue dans mon boudoir, Saine Colère. Trouvez-vous une place, les pâtisseries et le thé vont arriver comme par enchantement ! Et grand merci pour vos gentilles parole et les infos sur le grand Jacques ! Pour l'informatique, moi tout pareil qu'Humano mais plus quand même ! Deux sandales gauches la Néfer dès qu'il s'agit d'un écran et d'un clavier ! Mais, j'ai mes p'tits trucs à moi ! Je vous en donne un : dès que j'écris un commentaire, avant de le publier ou de cliquer sur quoi que ce soit, je le copie/colle dans mes documents (Word par exemple). J'en ai tellement effacé par étourderie ou maladresse !!! A pleurer de rage ! Vous voyez, on est tous dans la même galère royale ! Allez, on se fait une petite remontée du Nil ? Jusqu'aux cataractes. Petit voyage entre amis.... Et vivement la naissance de votre blog !!!! On le fêtera dignement ! Courage ! Ca va le faire, foi de Néfer !
Merci de votre accueil , chere Nefertari . Je vais suivre vos p'tits trucs ,pour ce qui est de cette semine passée je me suis delecté de vos recits,merci pour votre poesie et votre humour. j aurai bien aimer comme le chante Brassens etre quelques instants ,marchand se parat onnerre votre bel amant ORAGE, vous aurez fait languire un peu plus longtemps ! Maisà vous lire ,je devine aisement que ce COUP DE FOUDRE n aurait nullement tenu compe de l instalation d un intrus . En attendant la remontée du Nil , encore merci .
Magnifique, déjà dit, déjà lu, mais pas d'autre mot. Silence, pour relire et déguster. Et relire. Merci. PM
Nefertari, c'est vraiment très beau. Merci aussi à tous les commentateurs pour les belles citations ! Avec un tel fil, la journée ne peut que bien commencer. Merci, Ô princesse.
Hé bien ! Y en a qui se lève tôt le dimanche ! Hérésie ! ))) Mais des hérétiques comme vous, c'est un trésor que je garde bien au chaud sous mes bandelettes. Comment ça " à quel endroit " ? Quel impertinent ce Michel !.... Tout comme j'aime !