Pour Jacques Sapir, la sortie de l'euro est inévitable
Publié le 30/01/2012 sur "Le cercle les échos"
La crise de la monnaie unique est loin d'être terminée. Depuis quelques jours, l'élection présidentielle à venir occupe l'immense majorité de l'espace médiatique, au point que l'on pourrait finir par en oublier que les ennuis de la Grèce, de l'Italie, du Portugal ou de l'Espagne sont les mêmes qu'il y a quelques mois. L'Allemagne a abaissé sa prévision de croissance et la France devra probablement en faire de même. Plus que jamais, la zone euro semble dans l'impasse. C'est dans ce contexte que Jacques Sapir, économiste et directeur d'études à l'E.H.E.S.S. nous propose son nouvel ouvrage, au titre on ne peut plus clair : "Faut-il sortir de l'euro ?.
Aux origines de la crise
Ce que l'on a pris l'habitude d'appeler "crise de l'euro" est en réalité le résultat de 3 crises qui se conjuguent, se croisent et se rejoignent. Il y a d'abord la crise des dettes (publiques et privées) qui étranglent certaines économies d'Europe. L'euro est un vecteur de l'augmentation de la dette, puisqu'il impose aux États de se financer auprès des marchés financiers d'une part, et parce qu'il empêche de corriger les écarts de compétitivité qui se creusent en interdisant les dévaluations d'autre part. La deuxième crise est une crise structurelle, résultant de la cherté de la monnaie et de son rôle d'étouffoir de la croissance. Une situation qui génère misère et chômage dans les pays du Sud du continent, particulièrement chez les jeunes. Enfin, la troisième crise est celle des institutions encadrant sa création : une monnaie unique implique un État fédéral et des transferts financiers entre États. Rien de tout cela n'existe et les conditions pour y parvenir ne sont manifestement pas réunies aujourd'hui.
"L'Histoire mesurera la responsabilité de nos gouvernements qui, par idéologie, par conformisme et parfois par lâcheté, ont laissé la situation se dégrader jusqu'à l'irréparable. Elle dira aussi l'immense culpabilité de ceux qui, dans les capitales nationales comme à Bruxelles ou à Francfort, ont cherché à imposer en contrebande une Europe fédérale par le biais de la monnaie unique à des peuples qui n'en voulaient pas."
La monnaie unique est par conséquent une construction baroque, qui souffre de défauts de conception évidents. Dès 2006, l'auteur les dénonçait dans un article publié dans "Perspectives Républicaines".
"Cette crise était en fait prévisible depuis des années, car les défauts structurels de la zone euro étaient notoires et bien connus des économistes, y compris des partisans de l'euro."
Si elle est si critiquable, comment expliquer le véritable tabou qui existe autour de la monnaie unique en France ? D'abord par son côté symbolique, qui se rattache au mythe des "États-Unis d'Europe" : pour une large partie de la classe politique, l'euro est un totem qu'il faut défendre coûte que coûte, pour éviter d'avoir à reconnaître que le projet politique qu'elle a défendu était une utopie dont l'échec est désormais patent.
"La monnaie unique a perdu sa dimension d'instrument, que l'on doit juger à ses effets, pour devenir un véritable fétiche, au sens religieux du terme. L'euro, c'est la religion de ce nouveau siècle, avec ses faux prophètes aux prophéties sans cesse démenties, avec ses grands prêtres toujours prêts à fulminer une excommunication faute de pouvoir en venir aux bûchers, avec ses sectateurs hystériques."
Les défenseurs de l'euro ont également un allié de poids dans leur "argumentation" : le Front National. Utilisé comme un épouvantail, il permet d'esquiver le débat à bon compte et de n'aborder les questions de fond que de manière très superficielle. Il suffit de voir la façon dont Jacques Attalin'hésite pas à mentir pour décrédibiliser Jacques Sapir, afin d'éviter de répondre à ses objections légitimes, pour comprendre la faiblesse de cette posture. On peut néanmoins se demander s'il est très responsable de laisser à un parti extrémiste le monopole du bon sens... à cet égard, les positions critiques vis-à-vis de la monnaie unique de véritables républicains tels que Jean-Pierre Chevènement ou Nicolas Dupont-Aignan méritent d'être saluées.
Pourquoi avoir créé une monnaie unique ?
Selon l'économiste, le choix de créer l'euro tel qu'il existe aujourd'hui n'avait rien d'évident. Il aurait très bien pu prendre la forme d'une monnaie commune cohabitant avec les monnaies nationales et les complétant pour les échanges internationaux. Les avantages auraient été les mêmes (stabilité, réduction des coûts des transactions), tout en ajoutant la possibilité de réajuster périodiquement les taux de change si le besoin s'en faisait sentir. Cette solution nécessitait néanmoins un strict contrôle des mouvements de capitaux, ce que les sociaux-libéraux ont toujours refusé et refusent encore aujourd'hui.
"L'idée même de réintroduire des contrôles suffit à vous faire passer pour un pithécanthrope aux yeux des énergumènes de Terra Nova, un "think tank" qui se dit proche du Parti Socialiste mais qui a surtout prouvé qu'il était composé de gens suffisants mais non nécessaires."
La monnaie unique a donc été présentée comme la solution aux crises du Système Monétaire Européen, qui étaient en réalité dues à cette absence de contrôles. Sa conception a été dès l'origine entachée de vices : sa rigidité et l'impossibilité de corriger les écarts de compétitivité auraient dû être compensés par des transferts entre "régions" (à l'image de ce qui se passe dans le cadre d'un État-nation), une mutualisation des dettes et/ou un État fédéral. Rien de tout cela n'a pu voir le jour, principalement parce que l'Allemagne y était défavorable mais aussi parce que les peuples n'auraient probablement jamais accepté un tel saut fédéral. Il convenait donc, aux yeux des instigateurs de ce projet, de les contraindre, par l'intermédiaire de ce que Philippe Villin appelle un "fédéralisme furtif".
"À travers la monnaie unique, ce n'était pas des objectifs d'efficience économique qui étaient en jeu. C'était en fait un tout autre objectif que l'on visait, celui des "États-Unis d'Europe"."
"Il ne sert à rien de rêver d'une Europe fédérale si les peuples ne partagent pas ce rêve. Croire que, par une succession de crises, l'on aboutirait à construire l'image d'une inéluctabilité du fédéralisme était un pari très dangereux. C'est en partie celui dans lequel nous sommes engagés aujourd'hui et qui risque fort de ne pas se dénouer comme ses promoteurs l'avaient prévu."
L'impasse de la fuite en avant fédéraliste
Les européistes les plus fervents passent leur temps à réclamer l'instauration d'une Europe fédérale, véritable panacée qui serait la solution à tous les problèmes économiques du continent. Le rêve des fédéralistes se heurte malheureusement au mur de la réalité : pour atteindre cet objectif, encore faudrait-il qu'existe un sentiment d'appartenance à une même communauté ou que se dégage une forme "d'intérêt national". Or, il n'y a ni nation européenne, ni peuple européen, ni projet commun. Le fédéralisme technocratique et contraint ne peut en aucun cas être le seul horizon de nations hétérogènes marquées par des siècles d'histoire. Difficile de s'étonner, dans ces conditions, du fait que 75% des Allemands et 68% des Français étaient opposés à de nouvelles aides à la Grèce.
"L'exemple des États-Unis est souvent donné pour tenter de justifier le saut vers le fédéralisme. Mais la population des États-Unis à l'origine était relativement homogène et parlait en général la même langue (l'anglais), avait la même culture et la même origine (sauf en Louisiane). Il fallut pourtant passer par les horreurs de la guerre de sécession pour que cette homogénéité s'impose."
L'hypothèse fédérale a par ailleurs déjà été rejetée par les peuples (comme en témoignent les référendums en France et aux Pays-Bas en 2005). De plus, la crise réveille les vieux démons : l'arrogance et les demandes incessantes d'Angela Merkel sont considérées comme des diktats impérialistes par les Grecs, tandis que la presse Allemande, Autrichienne ou Néerlandaise se gausse de la paresse et des mensonges des "pays du Club Med". On voit mal comment, dans ces conditions, pourrait émerger un hypothétique "intérêt général européen". Le fédéralisme que l'on nous annonce ne pourrait dès lors être qu'un fédéralisme anti-démocratique, punitif, basé sur la coercition et s'établissant contre la volonté des nations : sur le long terme, il s'agirait immanquablement du meilleur moyen de détourner définitivement les européens de l'idée même d'Union Européenne.
L'euro : un boulet pour les économies de la zone
Contrairement à ce que ses défenseurs passent leur temps à clamer, l'euro n'a pas rapproché les économies : il les a au contraire fait diverger. Le fort s'est renforcé, le faible s'est affaibli. Par ailleurs, la monnaie unique n'a en aucun cas servi de bouclier face à la spéculation : celle-ci a simplement changé de nature (des taux de change, elle est passée aux taux d'intérêts). Certains hommes politiques, comme Romano Prodi ou Jacques Delors, avaient prédit que l'euro allait favoriser la croissance européenne. C'est tout le contraire qui s'est passé : la croissance dans la zone euro a été plus faible que dans tous les autres pays développés (voir tableau).
L'auteur n'hésite pas à affirmer que l'euro s'est "avéré être un boulet que les économies de la zone ont traîné et qu'elles continuent de traîner". Les écarts de compétitivité se sont creusés : par rapport à l'introduction de la monnaie unique et en prenant pour point de repère l'Allemagne, certains pays (tels que l'Espagne, l'Italie et la Grèce) ont perdu environ 25% de leur compétitivité. Cela s'explique par la politique de "cavalier seul" de notre voisin d'outre-Rhin, qui a mené des politiques d'austérité depuis 2002, au détriment, bien entendu, du niveau de vie de la majeure partie de sa population. L'excédent commercial réalisé par l'Allemagne sur les pays de la zone euro a permis de compenser la diminution de celui réalisé sur les pays en dehors de l'Union Européenne (particulièrement la Chine et l'Inde). Cette stratégie non-coopérative a déséquilibré tout le reste de la zone.
"La zone euro apparaît comme l'instrument qui permet à l'Allemagne de maintenir sa politique néomercantiliste en dépit de la surévaluation de l'euro, en compensant les parts de marché qu'elle perd dans le reste du monde par ce qu'elle gagne sur ses partenaires de la zone euro qui ne peuvent dévaluer."
Le prétendu "modèle allemand" n'est donc possible que parce que l'Allemagne a été la seule a mener une telle politique. La généralisation de l'austérité en Europe privera les Allemands de débouchés pour leurs exportations. Ce modèle que certains encensent en France n'est en réalité ni reproductible, ni viable.
Taux de croissance du P.I.B. À prix constants (moyenne par période) – Source O.C.D.E.
Sauver l'euro, mais à quel prix ?
Les partisans de la monnaie unique se complaisent à annoncer l'apocalypse en cas de dissolution de la zone euro. Comme le notait Laurent Pinsolle, les exagérations de certaines prédictions témoignent surtout du fait qu'il s'agit là de leur dernière ligne de défense. Il est néanmoins intéressant de noter que si l'argument du coût d'une sortie de l'euro est souvent avancé, jamais n'est abordée la question qui devrait être posée en parallèle : que nous coûterait le maintien d'une zone aussi mal pensée et déséquilibrée ?
Le coût du sauvetage de la Grèce et des autres pays sous tension (Portugal, Irlande, Italie, Espagne) est estimé, pour l'ensemble des pays de la zone, à plusieurs centaines de milliards par an pour les 8 prochaines années par l'auteur. Qui plus est, cette défense de l'intégrité de la monnaie unique n'est actuellement envisagée que sous la forme d'une austérité généralisée. Inévitablement, ce sont les peuples qui devront en subir les conséquences.
"Une défense à tout prix de l'euro passant des tentatives radicales de stabilisation du rapport dette publique / P.I.B. transformera l'Europe en une zone de régression sociale et de dépression économique généralisée."
Les discussions autour de la fameuse et fumeuse "règle d'or", que Paul Jorion n'hésitait pas à qualifier de "blague de potache il y a peu, cachent mal le caractère dangereusement anti-démocratique de cette mesure : il n'est pas anodin de rappeler que les règles budgétaires sont l'une des bases de la légitimité politique des gouvernements. "Vouloir les disjoindre du contrôle que la représentation de la société (le Parlement) peut exercer sur elles revient à vider de son sens la démocratie", affirme ainsi Jacques Sapir. Derrière les belles paroles appelant à être "raisonnables" se cache en réalité la perspective d'une austérité à perpétuité, encouragée par tous les libéraux qui y voient une occasion de s'attaquer à l'État-providence et aux acquis sociaux obtenus de haute lutte par les classes populaires.
"On comprend désormais que la zone euro, dans son état actuel, soit devenue une véritable machine de guerre sur le plan social pour imposer toujours plus de sacrifices et de régression."
Les alternatives
Contrairement à ce qu'aiment affirmer les européistes aveugles et les libéraux fanatiques, il est bel et bien possible d'envisager des alternatives. Le maintien de la monnaie unique ne pourra pas être obtenu à n'importe quel prix.
"Les peuples des pays d'Europe vont-ils consentir à payer, payer sans cesse et voir la pauvreté s'installer uniquement pour que survive l'euro ? Si ce dernier avait été synonyme de croissance, cela pourrait se justifier. Mais, au vu du passé, on comprend que cet avenir ne sera fait, au mieux, que d'une faible croissance, bien insuffisante pour assurer le plein-emploi."
Il est tout à fait concevable qu'à terme, des pays comme la Grèce finissent par abandonner la monnaie unique pour retrouver une monnaie nationale après avoir fait défaut. Cette situation ne serait pas la fin du monde : des pays tels que la Russie (en 1998) ou l'Argentine (en 2002) ont su se relever et renouer avec la croissance après avoir connu une crise comparable. La désagrégation progressive de la zone est une des éventualités à envisager.
L'auteur estime par ailleurs que la solution consistant à "monétiser" la dette (achat direct de la dette des États par la Banque Centrale Européenne, ou "planche à billets") pourrait casser la spéculation et donner un répit de quelques années à la zone euro. Rien ne dit, cependant, que l'Allemagne serait prête à accepter une telle remise en cause des statuts de la B.C.E. De plus, les problèmes structurels ne seraient pas résolus. Cette solution temporaire pourrait néanmoins donner l'occasion à nos dirigeants de planifier une sortie "par le haut" de la crise, en préparant par exemple le passage à une monnaie commune.
Cette hypothèse du passage à une monnaie commune s'installe petit à petit dans l'opinion. Des candidats à l'élection présidentielle tels que Jean-Pierre Chevènement ou Nicolas Dupont-Aignan, mais aussi des économistes comme Jean-Claude Werrebrouck ou Philippe Murer l'envisagent désormais de façon très concrète. Il s'agirait là d'une issue raisonnable, conservant le principe d'une coordination monétaire à l'échelle européenne tout en rendant des marges de manoeuvre et des possibilités d'action aux nations.
La fin de l'euro ?
Pour Jacques Sapir, maintenir artificiellement l'euro en vie serait un choix déraisonnable : conserver à tout prix la monnaie unique ne pourrait se faire qu'au prix d'une baisse considérable du niveau de vie de l'ensemble des populations à l'intérieur de la zone. Cet acharnement thérapeutique aurait sur le long terme un coût bien trop élevé pour être sérieusement considéré comme une solution acceptable ; il convient donc de se préparer à la vie après la monnaie unique.
D'après lui, le passage à une monnaie commune serait une solution modérée à un problème sérieux : elle permettrait à l'Europe de conserver une certaine cohérence tout en retrouvant de la souplesse. Reste à savoir si l'aveuglement idéologique d'une partie de nos élites ne nous conduira pas à la conclusion lourde de dangers qu'envisage un autre économiste, Jean-Luc Gréau, à savoir une sortie "dans le désordre, le désarroi et la fureur...
Publié le 30/01/2012 sur "Le cercle les échos"


Le commentaire le plus recommandé
Je livre cet article à votre sagacité. C'est un thème peu abordé, me semble-t-il, dans le Club.
Ou du moins, pas directement ! Or, comme le dit Sapir, si le Front national le fait...pourquoi laisser à ce parti extrémiste le monopole de cette réflexion?
Pourquoi ne pas nous approprier ce débat, à gauche ? Il convient maintenant, me semble-t-il , de dissocier les thèmes de travail, de façon à obtenir une pensée plus claire et élaborée, sujet par sujet... Autrement dit de dissocier autant que faire se peut, les objectifs ( choix de société), des moyens ( la sortie de l'euro en étant un).
Tous les commentaires
J'attends un débat Sapir-Généreux...
+1
Léon
Je livre cet article à votre sagacité. C'est un thème peu abordé, me semble-t-il, dans le Club.
Ou du moins, pas directement ! Or, comme le dit Sapir, si le Front national le fait...pourquoi laisser à ce parti extrémiste le monopole de cette réflexion?
Pourquoi ne pas nous approprier ce débat, à gauche ? Il convient maintenant, me semble-t-il , de dissocier les thèmes de travail, de façon à obtenir une pensée plus claire et élaborée, sujet par sujet... Autrement dit de dissocier autant que faire se peut, les objectifs ( choix de société), des moyens ( la sortie de l'euro en étant un).
La monnaie, quand t'en a pas, tu te fous de comment elle s'appelle, et de qui la pond.
Bon d'accord, Bernard
Mais moi, j'aime bien comprendre . Et parfois, ça fatigue !
@ Bernard Colin
Si vous êtes bien informé, vous savez que la monnaie, il n'est pas nécessaire que nous en ayons pour que des gens bien intentionnés veuillent nous en prendre !
Il suffit qu'il nous en "donnent" autant qu'ils veulent nous en prendre et, quel que soit son nom, la seule constante du système c'est qu'ils en empochent les intérêts.
Je vais lire cette note de lecture attentivement. Merci.
Raisonnement de Jacques Sapir implacable de justesse et de vérité. Merci Netmamou.
Je trouve aussi, Danivance.
Pourquoi on n'en parle pas, à gauche, à part le M'PEP ?
Oui. Bonne question Netmamou. Et je te rejoins sur la question de ne pas laisser un sujet comme celui-là en friche, avec le risque de voir le FN y planter ses mauvaises graines.
" Reste à savoir si l'aveuglement idéologique d'une partie de nos élites ne nous conduira pas à la conclusion lourde de dangers qu'envisage un autre économiste, Jean-Luc Gréau, à savoir une sortie "dans le désordre, le désarroi et la fureur"..."
Sans être catastrophiste, cette Europe de mise en concurrence sauvage de la misère sociale ,laisse la grangrène nationaliste et la Peste brune s'épanouir ,en détournant le regard , pour que les politiques puissent imposer comme seule règle la spéculation sur la flexibilité ,la précarité des peuples, avec les affrontements internes et révoltes de la pauvreté d'un pays contre celle l'autre, le Capital Financier s'en fout ,ce charognard se nourrit de ses propres cadavres.
@Netmamou,
Faudrait voir à nous réouvrir une ligne directe sur le bonheur du monde(confer notre requête sur vôtre antenne Jazz saturée), c'est bien beau le malheur de ce vieux monde, mais certains ici voudraient continuer à entendre la "note bleue" avant de mourir au printemps.
Pourquoi on n'en parle pas, à gauche, à part le M'PEP ? nous demande Netmamou.
Je crois qu'une grande partie de la gauche à peur de nous dire la vérité. Peur de nous faire peur, car quitter la zone euro, remet profondément en question notre façon de vivre. Qui est prêt à cela ? Ceux qui sont endettés pour leur logement, leur bagnole, certainement pas.
Finit les soi-disants certitudes du lendemain. Il va falloir payer le vrai prix des énergies, des minerais. Rééquilibrage vers les pays pauvres.
La redistribution nécessaire des gains de notre travail fait peur même à ceux qui n'en touchent que des miettes. La gauche traditionnelle le sent bien.
Du courage et la compréhension que nous ne sommes pas immortels, que la vie est de toute façon risquée, voilà ce qui nous manque le plus. C'est sûr que nos soi-disantes racines judéo chrétiennes ne nous aident pas beaucoup sur ce coup là.
Merci Netmamou, j'ai failli faire le même billet après la lecture de ce billet dans les Echos.
La question est vraiment celle que vous dites : pourquoi ce thème est-il à ce point refoulé des débats ?
Un peu avant Noël j'ai demandé à Martine Orange qu'un tel débat prenne sa place sur MDP, pas de réponse apparemment ....
Le M'pep avance aussi l'idée qu'une des causes de la poussée du FN est cette oblitération de la question de la sortie de l'euro, laissée à cette extrême droite (qui d'ailleurs ces temps-ci n'en parle plus trop ....), cette "pudeur" extrême du débat sur ce sujet - alors que la Grèce est plongée dans cette question : se maintenir dans l'euro à tout prix (et le prix fort), quitte à en crever, ou en sortir etc ....
La question de l'Europe est un tel méli-mélo idéologique qu'il semble "grossier", déplacé, inouï, de poser la question de son démantèlement monétaire (ex : abandonner la monnaie unique pour une monnaie commune).
Ce que vous dites rejoint, d'une certaine façon, les questions que j'ai déjà posées sur un autre de vos billets : l'incompatibilité du programme du FDG avec l'Europe actuelle ...
Parce que la création monétaire C'est le pouvoir !!!! ... et que les financiers et les politiques qui les mis là ou ils sont , ne veulent pas que cela se sache ..
Je me souviendrais toujours d'un député français qui m'a dit un jour : ne touches pas à la création monétaire .. comme si c'était un gros mot ..
A l'époque je n'avais pas compris pourquoi , maintenant si ..
Peu d'hommes politiques ont le courage d'un Chavez ou d'un Kirchner .. Eux ont su s'en affranchir de ce pouvoir ..
Mais vous imaginez un homme politique vous avouer qu'il n'a aucun pouvoir alors qu'il vous demande de voter pour lui ?? Malheureusement en France , on en a pas encore de cette trempe .. et cet aveu sincère provoquerait une révolution .. Je regrette la modération de Mélenchon sur le sujet ... je trouve qu'il devrait y aller plus fort ...
En termes beaucoup plus accessibles au grand public et notamment aux non "spécialistes" de l'économie et de la finance, Marine Le Pen touche des franges de l'électorat qui ne lui sont pas naturelles.
Le "bon sens" de son raisonnement et de son argumentation fait mouche auprès de celles et ceux qui comprennent que sans sortir du système actuel, la finance continuera à nous dominer et à exiger un tribut de plus en plus élevé auprès des peuples asservis.
Pour certains l'intérêt pour cet aspect du programme du FN est plus fort que leurs réticences à l'égard de son fond de commerce détestable, racisme, xénophobie notamment,
Il faut peut-être agiter encore plus l'épouvantail FN pour faire réagir les autres partis et élargir le débat.
Bonjour Netmamou
J'ai longtemps pensé que la sortie de l'Euro était aussi "la solution " ... je suis devenue plus circonspecte sur le sujet .. car la force d'un continent ou d'un pays vient aussi de sa monnaie . L'histoire des USA est implacable sur le sujet et c'est d'ailleurs la dernière réaction indienne de payer désormais son pétrole en Or ou en roupie indienne , qui provoque ce que l'on peut qualifier de véritable hystérie sur la Syrie , qui n'est que la voie d'accès à l'Iran .. (Je ne défens pas Assad pour autant) ...
-
En ce sens la sortie de l'euro isolerait totalement les pays qui en sortent .. les rendant plus faibles et plus exposés aux agressions extérieures qui ne prennent pas toujours la forme de guerre conventionnelle , la guerre économique à laquelle nous assistons devrait largement nous le faire comprendre , puisqu'il est désormais totalement possible de ruiner un pays de l'extérieur , avec d'autres armes comme la spéculation sur matières premières et le contrôle de leur approvisionnement ..
-
Le gros problème de l'euro, en dehors de sa force qui étrangle les pays du Sud , c'est surtout son manque de souveraineté .. mais c'est d'ailleurs aussi de ce manque de souveraineté et de cette interdiction de faire fonctionner la planche à billets que vient cette force et son niveau destructeur pour les pays du Sud ... J'ai toujours dit que en ce sens , cette interdiction rendait la BCE vassale de la FED et de ses agences de notation , et que de ce fait , l'euro n'était que la variable d'ajustement de la politique monétaire démente issue des USA .
-
Alors , il y a peut être aussi des solutions alternatives à la sortie de l'euro qui auraient le mérite de rendre une indépendance certaine à l'Euro , de l'affranchir des variations dues essentiellement à la crise du dollar , et éventuellement d'aider les pays trop endettés comme la grèce ... en permettant de sortir du modèle dette/intérêts de la dette , modèle dont on voit tous les jours qu'il est en train de tuer les pays du Sud .
-
Ces alternatives sont développées par des économistes Suisses et allemands et concernent le fonctionnement de la Banque Centrale et la restauration de la souveraineté monétaire qui est bien le sujet de Jacques Sapir .
Le Monétatif : Révolution monétaire .
J'en cite un extrait dans mon dernier billet de Blog : Draghi technicien hors pair de l'enfumage financier
Par ailleurs , Attac planche aussi activement sur le sujet .. Giulietta a fait paraitre dans son dernier billet de blog le dernier article de Brugvin sur le sujet que je ne peux que conseiller de lire .
Dette publique et création monétaire privée
http://blogs.mediapart.fr/blog/giulietta/060212/dette-publique-et-creation-monetaire-privee-des-instruments-du-pouvoir-fi
-
La différence entre le monetatif suisse , la position de Sapir et celle d'Attac est que la réforme pourrait se faire au niveau Européen , si nous étions conduits par des politiques qui en ont la volonté et si ils avaient le courage de mettre au niveau européen le débat en place publique .
Dupont Aignan que soutient Sapir pense qu'il s'agit d'une chimère .. Je diverge avec lui sur ce point , car à mon avis , ce n'est qu'une question de volonté politique et de débat public.
Et une fois de plus , concernant le dossier d'Attac , remarquable au demeurant , je regrette que la création monétaire soit immédiatement abordée sous l'angle du clivage politique , ce que les suisses ne font pas avec leur monétatif ... car quelque part pour moi cette vision obscurcit le raisonnement au lieu de lui permettre de s'axer sur l'essentiel , et de plus elle en restreint la portée en lui ôtant la possibilité de créer sur le sujet un véritable "consensus" qui serait tout à fait possible si on se cantonnait à l'aspect technique de la question .
En s'octroyant l'intégralité de la création monétaire , les financiers ont volé le pouvoir aux peuples .. Et un putsch n'a pas de clivage , l'histoire nous le démontre amplement .
Donc aborder systématiquement le dossier de la création monétaire sous l'angle idéologique est dangereux , car les tendances plus libérales que celles d'attac risquent d'en rejeter l'étude par crainte et par principe .. le prendre comme font les suisses sous son aspect technique non idéologique , qui n'implique pas forcément de nationalisations à outrance et qui permet de conserver un minimum de fluidité aux marchés , tout en les controlant et en les encadrant totalement me parait plus réaliste .
N'oubliez quand même jamais , que des marchés comme le marché boursier ont théoriquement comme premier objectif (même si ils ont été totalement dévoyés ) d'aider les entreprises à se développer , à investir et à créer de nouveaux emplois . Et que les sociétés totalement collectivistes ou ces échanges n'existaient pas ne créaient pas suffisamment d'initiatives et d'esprit d'entreprise pour s'assurer d'un développement nécessaire à l'élévation du niveau de vie de tous .. L'équilibre se trouve donc vraisemblablement entre les deux .
-
Entre le vol d'un pouvoir régalien effectué par une caste de mafieux , ce qu'on appelle aujourd'hui à tort du libéralisme et qui n'est rien d'autre qu'une escroquerie , et une collectivisation totale de tous les moyens financiers , il existe des étapes intermédiaires qui peuvent permettre des échanges plus souples et plus enrichissants pour tout le monde.
Les pays d'amérique latine nous montrent d'ailleurs l'exemple sur le sujet ..
P.S : mon tout premier billet de blog Le mirage de la dette , abordait très exactement ce sujet et je citais Holbecq qui travaille souvent avec Sapir puisqu'ils soutiennent la même candidature politique
@ Marie Caroline Porteu
Tout est une question de rapport de forces.
Vous avez raison quand vous dites que la technique est indépendante de la politique.
Ce sont les mêmes outils techniques qui ont créés la bombe atomique et l'énergie nucléaire.
Les techniciens ne manquent pas, le savoir faire existe, ce qui fait défaut c'est la volonté politique commune pour s'émanciper de la mainmise des puissances financières mondiales, et obérer le clivage idéologique c'est se priver d'un argument de poids pour montrer jusqu'où l'on est prêt à aller pour faire cesser ce racket.
Je n'ai jamais vu quelqu'un sortir d'une négociation en ayant obtenu plus que ce qu'il avait annoncé exiger en y entrant.
Brandir la menace d'une éjection de ces vautours, y compris au mépris des règles édictés par les traités européens est la meilleure façon de faire bouger les lignes.
Ils tiennent la finance, ils ont asservis les politiques.
Ce sont des politiques qui les vireront, qui les remettront à la place où ils auraient dû rester, pas des techniciens.
Pourquoi les financiers internationaux et les eurocrates libéraux sont-ils encore à négocier le sauvetage de la Grèce en ayant accepté par avance de perdre 50% de leurs créances et en se préparant à remettre 130 milliards d'euros au pot ?
C'est pour éviter qu'une solution politique démocratique, le défaut décidé par le peuple grec qui refuserait les plans d'austérité, apparaisse comme la bonne solution à un probléme technique, problème qu'ils ont grandement contribué à créer et développer.
Quand ils disent que le grand danger c'est la contagion et l'effet boule de neige ou chateau de cartes, ils ne pensent pas à l'aspect financier ou technique comme ils veulent nous le faire croire. Pour eux, ce qu'ils craignent par dessus tout, c'est que l'aspect politique ait le même effet que le printemps arabe sur les pays voisins et qu'une réaction en chaîne se produise détruisant le modèle économique qu'ils ont mis des décennies à construire.
Toute autre façon d'aborder le problème est pour les libéraux l'assurance de sortir vainqueur de cette situation et de la pérenniser. Ils sont unis et ont des moyens financiers illimités.
Il ne reste aux peuples que leur volonté politique.
Souffrons-nous suffisamment ? Là est la question !
@utopart
Encore une fois regardez notre histoire récente ..
Les clivages politiques différents de pays comme la Grèce ou l'Espagne (gouvernements socialistes), ne les ont pas empêchés de se trouver confrontés à un drame qui est essentiellement dû à un problème technique .
Le fait de croire qu'un Hollande a la capacité et la volonté de faire changer quoi que ce soit est une utopie ... puisque comme les autres, il refuse de s'attaquer à la "technique" du système .
Les Suisses sont plus pragmatiques dans un souci certain d'efficacité : ils commencent par la technique .. l'idéologie suit ... La seule chose qui est certaine : c'est le besoin urgent de réforme .. Et par souci d'efficacité et pragmatisme , il est plus simple de mon point de vue de chercher d'abord le consensus qui permettra justement de faire la réforme .
Sachant que la première difficulté sera de combattre une mafia qui n'a aucune idéologie à part celle de ses propres intérêts et de son pouvoir dont cette réforme la privera de manière certaine... Le combat sera déjà suffisamment rude pour ne pas se priver du consensus ...
@ Marie Caroline Porteu
Je n'ai jamais cru qu'un Hollande puisse changer quoique ce soit dans ce domaine. Il n'est qu'un ""socialiste"" de la trempe de Zapatero et Papandreou.
Une Marine Le Pen pourrait faire croire qu'elle a cette volonté, un Mélenchon, un Dupont-Aignan sûrement aussi.
Les peuples en auront peut être marre un jour.
En attendant, vous êtes en train de nous expliquer qu'il faut changer le système mais que les hommes politiques qui ont le pouvoir de le faire ne veulent pas s'en affranchir.
Le salut viendrait de la Suisse !!
On peut disserter, faire tourner à plein régime les think tanks (pas tous !!), nos neurones et ceux de tous les éminents spécialistes, au mieux on se fait plaisir, au pire on se fait du mal puisque l'on sait ce qu'il faut faire et l'on sait que rien ne sera fait.
Pensez vous que l'"on" va laisser les grecs aller au défaut ??
@Utopart
Le défaut , comme demandé par le CADTM , est de mon point de vue la seule solution humaine possible . Mais si le défaut entraine une sortie de l'euro et donc de l'Europe (les deux étant liés dans les statuts actuels du traité de Lisbonne) , cela risque de malmener les plans du BAO sur le Proche Orient . C'est ce sur quoi j'ai voulu attirer l'attention dans mon dernier commentaire sur le billet de Ludovic Lamant
En ce sens , la mise sous tutelle de la Grèce par un "commissaire européen" permettra à l'Allemagne et à la France de faire perdurer le système quelqu'en soit le prix à payer .. et n'oubliez pas que dans le budget insensé de ventes d'armes à la Grèce , l'Allemagne et la France sont de gros pourvoyeurs avec les USA ...
Si par contre , ces plans là ne se déroulaient pas comme ce qu'ils attendent .. un défaut de la Grèce pourrait mettre en fait tout le système à mal et faire sauter ..... les banques US et les banques européennes par effet domino ... Tout est lié et c'est vrai que c'est complexe .. mais quand on s'attache aux fondements mêmes du système , à sa technique , on arrive à détricoter ..
-
Aujourd'hui les USA sont en train de perdre leur suprématie monétaire à cause de la décision indienne de payer son pétrole en or ou en roupie Indienne . Les USA ont besoin d'une guerre urgente pour restaurer la suprématie du dollar .. Mais ils ne peuvent faire cette guerre CONTRE le bloc Russie Inde Chine qui soutiennent l'Iran .. L'économie américaine ne s'en remettrait pas . C'est ce qui me rend aussi active sur le dossier syrien , j'ai horreur de l'humanisme de manipulation opéré par les financiers américains .
-
Pour l'instant, l'euro a toujours servi de variable d'ajustement de la politique monétaire américaine .. D'ailleurs Sapir le fait également remarquer .
-
L'intérêt des américains est complexe car il peut devenir contradictoire : ils ont intérêt à continuer à faire peser une pression énorme sur l'euro par l'intermédiaire de dossiers comme le dossier Grec (cela masque l'effondrement du dollar et bloque l'exode de capitaux massifs du territoire américain) , mais ils doivent tendre le fil sans le rompre pour garder la Grèce sous tutelle pour leur projet de Grand moyen Orient auquel la Turquie risque de ne pas adhérer . Ils ont besoin de bases pour l'Otan . Il faut donc pour eux que l'Europe sauve la Grèce ... en la maintenant dans l'euro et que la Grèce ne fasse pas défaut , ce qui serait catastrophique pour les banques américaines , ou que le défaut soit négocié , de manière à ne pas faire activer les CDS qui enverraient les banquiers américains au tapis , puisque ces soi disant produits d'assurance ne sont ni provisionnés, ni couverts . Les équilibres sont extrememement difficiles à trouver .
Le plus simple pour les USA est donc de dire à Merkel et à Sarkozy : sauvez la Grèce quoiqu'il arrive .. Mais là on se heurte à la politique interne Européenne . Les Allemands , pas plus que les Français n'ont envie de continuer à payer des sommes astronomiques qui se répercuteront sur leurs propres déficits .. et qui seront politiquement très mal perçus par leurs propres populations , ce qui en période électorale peut avoir des résultats plutôt négatifs .
-
De plus si la grèce faisait défaut de manière non organisée, cela ferait sauter non seulement les américains , mais aussi bon nombre de banques européennes : la deutsche Bank en tête . Le risque systémique est réel .. Donc ils essaient tous pour l'instant de sauver le système financier actuel , qui rappelons- le, techniquement est totalement au pouvoir . Si les banques sautaient , l'Europe ne pourrait s'en sortir qu'en redevenant souveraine monétairement , ce que les financiers américains veulent absolument éviter , car ils perdraient tout pouvoir sur elle ..
-
C'est devenu le seul objectif commun du trio USA /MERKEL/SARKOZY .. Vous pouvez remplacer Sarkozy par Hollande , çà ne changera rien compte tenu des enjeux .
-
Une chose est sûre : le résultat viendra de la capacité des Européens à s'affranchir de cette tutelle et à se séparer du BAO .. Mais cette indépendance n'ira pas sans d'énormes turbulences , financières et géopolitiques . C'est l'anticipation de Geab Leap .. sur l'avenir . Mais avant d'en arriver là , il va y avoir de gros gros remous partout .. à la fois sur le plan économique et sur le plan stabilité civile . C'est la raison pour laquelle je pense que préserver l'Europe , mais une Europe indépendante qui saura s'affranchir de la tutelle du BAO doit être une priorité , et cela passe par le maintien d'une monnaie commune .
-
Je sais que c'est compliqué , mais nous sommes dans un domaine ou Géostratégie , Economie, finances et monnaie , sont intimement liés et imbriqués . Cela rend les analyses et les perceptions beaucoup plus complexes ..
Il est tout à fait possible que je sois totalement à côté de la plaque aussi !!!!! .. Disons que cette hypothèse est un champ de recherches .. rien d'autre .
Les suisses n'ont pas ce problème, c'est plus simple pour eux .. Ils ne sont ni dans le BAO , ni dans l'Union Européenne . Ils sont indépendants !!!
Il est tout à fait possible que je sois totalement à côté de la plaque aussi !!!!! .. Disons que cette hypothèse est un champ de recherches .. rien d'autre .
Non, analyse de synthèse fort pertinente, hélas si l'on peut dire, car effectivement il y aura soit d'abord de gros remous économiques suivis d'instabilité civile, ou l'inverse, au point ou en est l'Europe et devant l'obstination de maintenir jusqu'à l'extrême le système mis en place au début des années 80.
Merci pour vos excellents commentaires, Marielle, MCP et Utopart.
La question devrait en effet pouvoir être abordée sur le plan technique, et je rejoins totalement Utopart lorsqu'il dit que c'est la peur que ce soit une démarche politique de gauche qui s'en empare, qui empêche qu'on aborde calmement la question.
Or, si nous devons attendre une solution pour tous les pays européens ( démarche d'Attac), la démarche est séduisante, mais son application risque de ne jamais voir le jour:
Et ça urge ! Nous avons en France une échéance immédiate ...
Le paradoxe, c'est que, parlant politique justement, l'UE est totalement incapable d'arrêter le tyran ORBAN qui est vice-président du PPE, majoritaire au Parlement européen.
L'UE, garante de la démocratie ?
Le maintien de l'Euro en l'état actuel ne profite quasiment qu'à l'Allemagne, qui a structuré son pays pour en tirer le maximum de bénéfices souvent au détriment de ses partenaires de l'Union. Donc la solution que propose Jacques Sapir, à savoir la monnaie commune, semble être le remède a un problème mortifère.
Mais, comment arriver à imposer cette solution au niveau de l'Europe ?
C'est là toute la question !
Le gros merdier ( ben oui, appelons un chat un chat) dans lequel nous a mis le nabot, c'est de s'arrimer à Merkel, pour jouer au grand.
Si la France avait cherché à amlgamer les pays périphériques à l'Allemagne, nous n'en serions probablement pas là. Cette sratégie qui a satisfait son égo, s'est montrée totalement contre-productive ( euphémisme!)