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Retour sur «L'affaire Charlie Hebdo» dans Mediapart
L'article d'Edwy Plenel, «L'affaire "Charlie Hebdo" ou la caricature de l'époque» a suscité plus de 200 commentaires en 36 heures (nous en sommes actuellement à 258). Nous n'en attendions pas moins dans la mesure où cet article était en partie destiné à prolonger tout ce que vous aviez écrit dans la partie Club les jours qui ont précédé, notamment sur les billets de Peneloppe «Liberté d'Expression ?» et d'Abassourdine «Charlie Hebdo se fait Hara Kiri».
En premier lieu, nous tenons à saluer la richesse de vos commentaires, et la cordialité du ton généralement employé. Des échanges tels que ceux-ci nous démontrent que Mediapart est bien capable d'être ce que l'on en croit : un espace de libre opinion, de débat vif, où chacun écoute l'autre et lui répond, sans animosité. Le sujet pourtant se prêtait à des échauffements. Nous remercions plus particulièrement notre confrère du Nouvel Observateur Claude Askolovitch d'avoir bien voulu se prêter au jeu du participatif. Il est vrai que si chacun a exprimé son opinion, d'un point de vue extérieur à l'affaire, Claude Askolovitch en est lui un des protagonistes. C'est une chance pour nous tous qu'il ait jugé que le débat sur Mediapart était assez sécurisant pour vouloir y prendre part.
Contradiction il y eut pourtant. Dans son intervention, Claude Askolovitch rappelle ses motivations à donner l'alerte sur un texte qui lui a semblé grave. Le jugement rendu dans des caricatures de Mahomet pointait qu'une caricature s'apprécie dans un contexte. En l'occurrence celui d'un journal satirique, dont le lecteur attend justement une large part d'irrévérence. Mais Claude Askolovitch situe lui, un autre contexte, celui de la «résurgence d'un antisémitisme populacier sur fond (sur prétexte, plutôt) de désespoir au Proche-Orient, [de l'] acceptation de discours (notamment, aussi) anti-musulmans qui n'ont rien à voir avec les farces hénaurmes des vieilles unes de Charlie, et surtout les brouillages, les recompositions du temps (l'amitié Dieudonné Le Pen, par exemple, parfaitement logique), et ce point de contact entre Siné et Dieudonné, la liste Europalestine».
Dans ce contexte de retour d'un antisémitisme rampant, un auteur -dont l'appartenance à un cercle d'amis de la Palestine a viré à l'intégrisme- pourrait témoigner d'un certain antisémitisme. Et une interprétation : le fait que Siné joue sur l'association juif et argent.
Nombre d'entre vous ont contredit Claude Askolovitch. Tout d'abord parce que Siné s'est désolidarisé de la liste Europalestine comme nous le rappelle beber999: «...au début il y avait de réels amis de la Palestine (auxquels j'assimile Siné) dans la barque. Pour moi, Siné s'est fait avoir à l'époque, et pour avoir pu lui poser la question la veille du scrutin, je peux vous dire qu'il n'était plus du tout enthousiaste» Ensuite parce qu'il vous semble dangereux d'invoquer l'antisémitisme de façon trop hâtive. Refuser de rire des juifs ou du judaïsme, serait une façon de les séparer du reste de la société. Charlie présente toujours des Noirs avec de grosses lèvres, des vieilles catholiques avec sac à main et de grosses boucles d'oreilles rondes. Ne serait-ce pas creuser le lit de l'antisémitisme justement que de s'affoler dés que le mot «juif» se glisse dans une polémique? Sylvain Jean nous informe d'ailleurs: «A faire des "juifs" des gens à part, on se transforme en fourriers de l'antisémitisme. C'est d'ailleurs ce que dit Avraham Burg , ex-président de la Knesset»
Et puis Siné est caricaturiste. René Lorient définit la caricature comme suit : «La caricature, souvent, pour être efficace s'appuie sur les lieux communs, ramène le particulier au lieu commun immédiatement identifiable. Le lieu commun est par nature porteur d'archaïsme».
Caricaturiste, héritier d'une longue tradition comme l'écrit Edwy Plenel, Siné prétend faire rire avec une matière qui a priori n'est pas drôle. Simon Grivet écrit : «Si la provoc de Siné est bannie (et je n'en étais pas spécialement fanatique) autant plier les gaules tout de suite.» Le jugement rendu à l'occasion des caricatures de Mahomet notait qu'une caricature ne devait pas être appréciée sur le critère de son bon goût. Une majorité de commentateurs ne partage pas la présomption d'antisémitisme qui pèse sur Siné. D'autant que celui-ci avait rédigé un texte dans lequel il admettait le fait d'avoir produit un texte synthétique qui ne reflétait pas sa pensée, et qui pouvait être mal interprété.
Siné a passé le plus clair des 79 premières années de sa vie à dire merde à tout le monde, Il est probable que ce texte soit le premier qu'il écrive dans lequel il s'excuse. Cet argument pèse son poids dans le débat en ce qu'il clarifie sa position. Son métier c'est de provoquer, de choquer. Johnburrow précise d'ailleurs : «Siné ne reconnaît pas à mon avis avoir été trop loin en acceptant de publier un texte dans l'édition suivante ; il reconnaît que ces propos peuvent être mal interprétés, c'est à dire d'une manière différente de ce qu'il a voulu exprimer. Ce n'est pas dire qu'il est allé trop loin.» Cependant, cette position n'est pas unanime, JMCH note que : «Il relie ouvertement le supposé arrivisme de l'accusé et sa conversion à une religion. Son désir de salir cette religion est clair» ; Pour Vidi : « On trouve [dans les propos de Siné] de vieux poncifs antisémites associant Juif, argent, pouvoir, assortis de moqueries.» Pour ART MONIKA, qui admet avoir «ri sans retenue» au sketch de Desproges «il y a des juifs parmi nous», le rapprochement opéré par Siné est «tout à fait incongrue, inutile, et a raté la cible»
Si Albert Londres souhaitait par ses reportages, «porter la plume dans la plaie», Charlie Hebdo n'a de raison d'exister que s'il vient mettre du sel sur cette plaie. La rendre plus douloureuse, plus visible.
Aussi, une tentative, quelle qu'elle fût, de normaliser Charlie vous émeut, à raison.
Vous avez aussi largement abordé le sujet du directeur de Charlie Hebdo, Philippe Val (qualifié de «rédictateur en chef» par Jean Bachèlerie), et ce que vous appelez ses «dérapages». Il est question de plusieurs choses.
En premier lieu, de sa présumée volonté d'hégémonie sur le titre. Vous rappelez certaines stratégies financières qui font de lui et de Cabu les propriétaires de fait du journal. Cette ambition passerait, entre autres, par l'imposition d'un choix de ce qui peut ou non être livré à la satire. Et pourquoi pas par l'affirmation de son autorité de chef au sein de la rédaction. Cette volonté de clouer Siné au pilori, avec ce mot d'excuse qui devait être publié au coté d'un manifeste de désaveu émanant de la rédaction, tendrait à étayer cette thèse.
Certain évoquent le différent qui oppose Siné et Val au sujet du journaliste Denis Robert, Francis Marx s'interroge : «Pourquoi ne pas avoir parlé de Denis Robert et de Clearstream ? Affaire où l'on voit que Charlie a le même avocat que Clearstream. Denis Robert a perdu son procès contre Clearstream et Val l'a enfoncé alors que Polac et Siné l'ont soutenu.»
Le fin mot de l'histoire ? Soyons honnête, nous n'en saurons vraisemblablement jamais rien. S'il est vrai que la première déclaration de Val («indéfendable devant un tribunal») suggérait que des pressions -au moins- aient déjà eu lieu, et s'il est vrai que l'usage de l'action en justice par Nicolas Sarkozy ne semble pas improbable, il semble évident que que le cas Siné était défendable, puisqu'un précédent avait existé, concernant le même journal, et que le texte alors envoyé par Nicolas Sarkozy lui aurait très bien pu être retourné. D'autant plus que Siné, loin de persister et de s'entêter, était prêt à reconnaître qu'il avait procédé à un raccourci hâtif, pouvant être interprété dans un sens qu'il ne voulait pas lui donner.
Alors le copinage? On n'attaque pas la famille Sarkozy ? Ça ne paraît pas vraiment crédible comme l'indique Johnburrow : «Pour avoir pas mal lu Charlie depuis quelques années, je ne suis pas certain que l'analyse se limite à un risque de représailles judiciaires de la famille Sarkozy.»
En dernier recours, pèse sur Val un une suspicion bien plus grave, vu sa place. Aurait-il été gagné par le politiquement correct sans discernement ? Car, comma l'a écrit Beber999 «si un humoriste n'a plus le droit de choquer dans Charlie, ce journal perd sa raison d'être». En effet, il ne deviendrait rien de plus qu'une feuille chou avec des gros mots et des dessins lointainement salaces.
Dans cette brève synthèse de vos échanges, une fois tirés tous les bouts de ficelles qui dépassent de la pelote de «l'affaire Charlie», une chose ressort : l'absence de sens. Non pas de vos contributions s'entend, mais des faits. Le pourquoi reste en suspend. Devons-nous, comme le suggère Francis Deron, mettre en parallèle la controverse qui agite les États-Unis suite à la publication par le New Yorker d'une caricature représentant Barack Obama en islamiste, sa femme en combattante armée d'une kalachnikov, dans le salon ovale où trône un portrait de Ben Laden ?


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Pour ceux qui l' aurait loupé, deux écrivains s'expriment sur cette question : Jean Robin, dans son livre publié en 2006, La judéomanie. thttp://www.communautarisme.net/Jean-Robin-La-judeomanie-a-cree-une-distinction-entre-les-citoyens-francais-_a808.htm Et, bien sûr, notre BHL national dans le Monde du 21 juillet, je n'ai pas retrouvé le lien. Nous avons pu, dans Mediapart, aborder, dans nos billets de blog et commentaires, "grâce" à cet évènement médiatique, la place de la judéité dans notre société d'aujourd'hui. Tous ceux qui ont participé se sentaient concenés par le sujet. Une fois que le soufflé sera retombé, il en restera une trace, d'une manière ou d' une autre. Après que les uns et les autres aient lu, réfléchi, sous-pesé les mots, les concepts, les enjeux. On voit que par rapport aux USA, on est peut-être en retard, sur la question de la férocité des caricatures ?
Et puisque Siné s'est déguisé en Mirabeau,dans sa zone non publiée cette semaine, une petite citation : "..voilà qu'arrive le moment du procès où l'on donne la parole à l'accusé. Et le hasard veut que l'accusé soit Mirabeau...Et le hasard veut..qu'en un instant, les circonstances désastreuses de son procès soient métamorphosées en un triomphe. ..La renommée contraire, avec tout son lest de fange, se convertit en gloire. Nous sommes en 1783." ( José Ortéga y Gasset)
Ces références historiques, par ailleurs abondamment utilisées par BHL dans sa tribune du Monde, me rappellent les objets de décor de sapin de Noël : on en oublie le sapin qui est en dessous : "...sapin, roi des forêts"...
Faisons réflexion avec Michel Serres . Passionnant et vivifiant ! A écouter sur France-Culture la rediffusion d'un débat autour du "Rire de Résistance" , émission du Mercredi 23 Juillet 2008 entre 20 h 30 et 23 h G. MISKI
Ce bilan des commentaires s'imposait.
Merci à Médiapart et à Nicolas Chapelle d'avoir produit cette synthèse. Parfois on est un peu écrasé par le volume et l'importance que prend un sujet et on perd pieds! La question de la liberté de la presse, l'existence d'une autocensure, la permanence de la question de l'antisémitisme sont des sujets importants: ils touchent à la vie même d'une démocratie ("le moins pire des régimes...après tous les autres" CHURCHILL?
Je trouve que quand un sujet suscite autant de commentaires, l'idée d'en faire le bilan par un billet spécifique, et approfondi, comme celui-là, est extrêmement pertinente. Cette vision pacifiée des divergences, qui demeurent, est agréable à lire, et tire chacun vers le haut/ Bravo pour la tenue du débat, et merci Nicolas Chapelle
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T out à fait d'accord avec vous Thomas Heams. Quant à Philippe Val, il ne semble pas d'accord avec vous Nicolas Chapelle quand vous écrivez : " En premier lieu, nous tenons à saluer la richesse de vos commentaires, et la cordialité du ton généralement employé. Des échanges tels que ceux-ci nous démontrent que Mediapart est bien capable d'être ce que l'on en croit : un espace de libre opinion, de débat vif, où chacun écoute l'autre et lui répond, sans animosité. Le sujet pourtant se prêtait à des échauffements." En effet, dans son edito d'hier, internet et les "réactions de lecteurs sur les sites de journaux", c'est le grand méchant loup, il écrit carrément que "En dix ans, Internet a détricoté le travail fragile de deux siècles" sur la politesse... Pour la conclusion de l'edito c'est ici : http://www.lepost.fr/article/2008/07/23/1229035_les-couilles-de-val-sur-internet.html Réduire internet à ça est assez lamentable...Je crois que Philippe Val a du mal à admettre qu'on puisse être en désaccord avec lui et la plupart de ses amis éditorialistes (j'apprecie à ce propos qu'il n'y ait pas d'edito dans mediapart!). En effet, dès 2005, Monsieur Val estimait par exemple qu'internet était le grand fautif si le non était passé au referendum, alors que lui et les 3/4 de ses amis editorialistes "nouveaux chiens de gardes de la pensée unique" préconisaient le oui avec parfois grand mépris pour ceux qui hésitaient ne serait ce qu'une seconde à voter non. Et je ne parle pas des analyses post referendum, qui ont choqué "nonistes" comme "ouiouistes" d'ailleurs... La richesse des articles, des blogs et des échanges de médiapart prouvent pour moi tout l'inverse de ce que nous dit Monsieur Val...Continuez, continuons, et faisons vivre ce beau projet et ce bel espace de liberté, de réflexion, d'échange et d'information qu'est Médiapart!
Ah voilà ! Il s'agit du oui et du non ... Pourquoi johnburrow dit-il "nonistes" pour désigner les nononistes et "ouiouistes" pour désigner les "ouistes" ? Quant à "nouveaux chiens de gardes de la pensée unique", c'est gentil.
Bonjour Serge cavelier, Ouh, là, ne voyez aucune interpretation dans les "ouiouistes" et nonistes", je n'avais pas du tout fais attention à ca. C'est peut etre que ca fait 2 syllabes pour les 2, c'est plus facile à dire. Aucun mépris là dedans, juste un raccourci d'écriture. Quant aux nouveaux chiens de garde : - l'expression n'est pas de moi, c'est un bouquin de Serge Halimi ("les nouveaux chiens de gardes", elle même inspirée de l'expression de je ne sais plus qui j'avoue, disant que les journalistes sont les chiens de gardes de la démocratie. - je parle de la majorité des éditorialistes qui, comme je l'ecris, prenaient ceux qui pensait eventuellement à voter non pour des crétins. Je ne parle en aucun cas de tous les gens qui ont voté oui. Ce qui m'a choqué c'est le mépris de certains pour ceux qui ne votaient pas oui. Qu'on ait voté oui ne me pose pas du tout problème. Je ne sais pas si vous etiez aux journées portes ouvertes de Médiapart, mais la position d'Edwy Plenel par exemple me convient tout à fait. Ou celle de JF Kahn par exemple : tous deux ont voté oui, mais sont d'accord pour constater un matraquage de la presse pour dire "ce qu'il fallait faire". Et Philippe Val rentre tout à fait là dedans je trouve. C'est dans cette optique que j'ai abordé le sujet du référendum, pas sur le fond de celui ci en fait. Que voulez vous dire en fait par "Ah voilà ! Il s'agit du oui et du non ..."?
Précision : Le titre: «Les nouveaux chiens de garde» de Serge Halimi qui parle des médias en général, pas seulement des journaliste, s'inspire des «Chiens de garde» de Paul Nizan, paru en 1932. Dans cet ouvrage, celui-ci ne parle pas des médias, mais des philosophes et des universitaires de l'époque qui verrouillent la pensée. Dans aucun des deux cas, le terme de chien de garde ne fait référence à la démocratie, mais plutôt à la reproduction sociale, à la pérennité du système, à la pensée unique. Le terme de chien de garde de la démocratie est issu d'un arrêté (décret ?) de la cour européenne qui considère qu'en tant que Watchdog (c'est plus joli en anglais) le journaliste a parfois le droit d'emmerder les voisin parce qu'il aboie pour rien. Du moment que le jour où l'alerte doit être donner, il soit là pour le faire.
à Johnburrow Je vous donne acte de ce que vous ne considérez pas 45% des électeurs comme d'imbéciles béni-oui-ouistes, et vous fais mes plus plates excuses pour mon vilain procès d'intention. Moi-même j'ai le plus grand respect, vous pensez bien, pour les quelques pour-cent de nonistes qui ont voté et fait élire Sarkozy... Je vous promets de ne pas recommencer jusqu'à la prochaine fois.
Les jours s'aggravent..sos racisme et Libération d'aujourd'hui..
...
Bonjour, pour compléter, voici les liens : http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=1211 http://www.liberation.fr/rebonds/341125.FR.php A la lecture de ces papiers, j'apprends avec stupeur que je dois être antisémite, comme de nombreuses personnes abonnées à mediapart étant donnés les commentaires que j'ai pu y lire sur le sujet...no comment... Quant à Joffrin, est on encore journaliste quand on ment à ce point : "S’agit-il d’un malentendu ? Dans ce cas, Siné pouvait le lever dès l’origine en corrigeant ses propos. S’il ne l’a pas fait c’est qu’il n’y a pas malentendu. Siné pense ce qu’il écrit, il le maintient. C’est son refus de tout correctif qui a créé l’affaire." Pour rappel l'article de rue89 avec les "correctifs" que Siné envisageait de publier : http://www.rue89.com/2008/07/17/sine-vire-charlie-hebdo-en-deuil-philippe-val-dans-la-tourmente
Absoluement John, je suis moi aussi antisémite, je viens de l'apprendre tout comme vous. C'est marrant, parce que s'il y a bien un truc dont j'étais sur, c'est que ce n'était pas le cas... Par contre, Joffrin, qui établit la notion de race juive, postulat de base de tous les antisémitismes, lui, ne l'est pas. Bien sûr.
Il y a aussi un autre problème, qui concerne plus particulièrement les juifs les plus sensibles à l'antisémitisme (dont je fais partie) : Askolovitch et Joffrin se régalent de voir apparaitre sur le net (et sans doute dans des conversations) des propos ou écrits antisémites, moi je trouve ça insupportable. De plus fort quand on voit qui les provoque et à quels fins. A la limite me faire traiter d'antisémite ou de juif renégat par cette fange me semble en revanche être un honneur.
"fange" : pour la sérénité du débat, ce mot-là est dispensable. A moins que vous ne vouliez écrire "frange" ?
Deux précisions quand même : 1. il est avéré (et cela a été abondamment rappelé ces derniers jours) que Siné a effectivement tenu, dans les années 1980, des propos antisémites. Il l'a peut=être fait par provocation, il a dit ensuite "j'étais bourré", mais il l'a fait. N'allons pas trop vite pour en faire le défenseur de l'humanisme face aux censeurs que seraient les Philippe Val et autres. 2. On ne parle pas de la phrase qui précède celle qui concerne directement "l'héritière, juive". Celle qui concerne le plaignant contre Jean Sarkozy, dont la plainte n'a donné aucune suite parce qu'il est "arabe". C'est bien ça qui pose le plus problème, puisque cela insite à dresser un parallèle : d'un côté, l'arabe dont la plainte n'a aucune suite, de l'autre Sarkozy, qui épouse une riche héritière juive. La conclusoin : il ira loin ce petit; Il y a quand même, au moins, une ambiguïté. Par ailleurs, sur la question des caricatures de Mahomet, et du procès à Charlie Hebdo. Personnellement, je trouve que la caricature présentant Mahomet avec un turban en forme de bombe est injurieuse, et qu'elle relève effectivement de l'islamophobie. Seulement, je pense que le parallèle avec l'affaire en cours en vaut pas, tout simplement parce qu'il n'est pas pareil d'être juif et musulman, la judaïté n'étant pas (seulement) une religoin. De nombreux juifs ne croient en rien, ça ne les empêche pas d'être juifs (pas comme on appartient à une race, évidemment, pas biologiquement, ni même tous de la même façon, mais il se trouve que l'identité juive est complexe). Injurier l'islam, ce n'est à mon avis pas défendable, mais ce n'est pas comme injurier les arabes. Injurier la religion juive, et dire qu'elle est en elle-même mauvaise et fanatique, ce n'est pas comme injurier les juifs. Dans un cas, on s'attaque à une croyance, dans l'autre à une identité. Arrêtons donc de dire que siné a écrit un propos parallèle lorsqu'il a dit qu'il voudrait botter le cul des femmes voilées (même si je trouve ça particulièrement con aussi. Mais après tout, on a le droit d'être con);
Peut-on avoir des sources en ce qui concerne les "propos" (donc pas des écrits ou des dessins) supposés antisémites de Siné il y a 20-25 ans ? A l'époque je lisais ses chroniques dans "Charlie" et il n'épargnait pas les disciples des religions du Livre, mais je ne me souviens pas qu'on ait porté contre lui de telles accusations. Il est vrai que dans le même temps "Libération" était trop occupé à publier Faurisson (pour s'en excuser dès le lendemain) ou des textes pédophiles.
Bonjour beber999, Il y a des sources sur un site qui s'appelle alterinfo ( point net ou point org); je suis désolée, je débute en internet et ordinateur et ne sais pas faire de "liens" etc, j'apprends! Cordialement, b
Je ne vous conseille pas d'aller sur le site "alterinfo" en question... Je ne sais pas qui tient ce site, mais à avoir lu certains articles on est loin de tout sérieux. En revanche, j'ai trouvé confirmation de l'information dans la fameuse chronique d'Alexandre Adler, avec laquelle on peut ne pas être d'accord, mais dont je ne pense pas qu'on puisse douter de la fiabilité des informations.
mais l'identité chrétienne ou musulmane ne sont-elles pas complexes également ? Ca m'interpelle... Concernant votre 2), le parallèle avec la premiere histoire de tribunal n'est pas ce qui a permis à Monsieur Askolovitch d'affirmer que Siné était antisémite. Il ne les mets pas en parallèle, mais indique que ce qui lui pose problème c'est que Siné semble associer juifs et argent. Même dans le cas où le parallèle s'impose entre l'affaire du tribunal et la conversion au judaïsme, Je n'ai pas le sentiment qu'il oppose l'un à l'autre.
Pour ce qui concerne les propos, ils dateraient d'août 1982 et auraient été tenus sur la radio "Carbone 14". Siné aurait ensuite été poursuivi par la Licra, puis condamné en février 1985. On donne à chaque fois l'info selon laquelle la condamnation serait venu de la 17e chambre correctionnelle. Cela est à prendre avec prudence, toutefois. L'information est reprise depuis le début de l'affaire dans la plupart des commentaires des articles qui y sont consacrés, mais jamais (je croyais que c'était le cas) dasn les articles des grands journaux eux-mêmes. En fait, tous ces commentaires semblent venir d'un seul blog, dont je n'ai pas copié-collé l'adresse mais qui se retrouve facilement en tapant sur google "siné antisémite 1982 carbone 14". La précision de l'information devrait la rendre facile à vérifier en se procurant des journaux de l'époque, ce que je vais tâcher de faire, à moins que quelqu'un ne trouve une source plus fiable. Si c'était de l'intox, ce serait particulièrement dégueulasse. Cela dit, ça n'enlèverait rien au fait que je ne crois pas qu'on puisse faire de Siné un défenseur acharné de l'humanisme. A suivre, donc. Pour répondre à Jérémie Z. La questoin est difficile. Je pense, pour ma part, qu'il y a une vraie différence entre l'identité chrétienne ou musulmane et l'identité juive, celle-ci étant au fond la seule à être héritée (y compris corporellement avec la circoncision). Par ailleurs, il y a des chrétiens et des musulmans non pratiqauants : peut-on parler de chrétiens ou des musulmans non croyants? c'est une vraie question. En tout cas, je suis sûr que l'on peut parler de juifs athées.
"celle-ci étant au fond la seule à être héritée (y compris corporellement avec la circoncision). Par ailleurs, il y a des chrétiens et des musulmans non pratiqauants : peut-on parler de chrétiens ou des musulmans non croyants? c'est une vraie question." En quoi est-ce la seule à être héritée ? J'ai hérité d'une culture judeo-chrétienne qui m'a été imposée par l'endroit où je suis né, le pays où j'habite et la société dans laquelle je vis. En l'occurence, je ne travaille pas le jour de Noêl, ni le lundi de Pâques, pas parce que je crois en une religion précise, mais parce que c'est admis dans notre société. Si j'étais né en Orient, j'aurais le même héritage avec l'hindouisme, le bouddhisme ou le shintoisme. Par ailleurs, je suis chrétien, baptisé comme tel, mais je ne suis pas croyant.
Ne sommes-nous pas en train d'inverser le problème, estimant que s'il peut y avoir un juif athée, cela prouve l'existence d'un fondement extra-religieux de la judaïté ?Cela ne pourrait-il pas être le fruit d'un glissement sémantique subtil et pernicieux qui tend à admettre a priori la judaïté comme un fondatrice d'un groupe social homogène et immuable, dans lequel, on peut être croyant ou pas, on reste juif avant tout ? Et n'y a-t-il pas, là-dedans, un risque de poser les bases d'acceptation d'une race juive, religieuse ou non , faisant ainsi le nid de l'antisémitisme de tout poil ? C'est plutôt cela qui m'inquiète, en fait.
Je trouve pernicieux l'argument qui consiste à dire qu'à partir du moment où l'on accepte l'idée d'un peuple juif (idée qui peut avoir énormément de sens différents) on pose les bases de l'antisémitisme. Ca revient à dire au fond : c'est de votre faute. Je ne dis absolument pas que l'identité juive soit figée ou homogène, mais je dis qu'elle est plus que religieuse, et qu'elle pose directement la question du peuple. C'est quand même moins le cas pour les gens nés dans une aire chrétienne aujourd'hui. On peut sans doute s'interroger sur les "racines chrétiennes" de tel pays où l'on vit, mais il me semble que l'on peut aussi rompre avec une identiité chrétienne tout en n'allant pas travailler le dimanche. Est-ce qu'on peut rompre avec l'identité juive? Peut-être que si on ne le peut pas ce n'est qu'à cause des antisémites (je crois qu'à la plupart, sinon à tous les juifs, on leur a fait à un moment remarquer leur identité), je n'en sais rien, mais il se trouve que maintenant c'est difficile. Cela demanderait de toute façon une trop longue discussion. Je ne voudrais pas faire une hiérarchie des comportements racistes et xénophobes. Je voulais seulement dire qu'il y a une différence entre la question des caricatures de Mahomet et une remarque possiblement antisémite telle que celle de Siné, et qu'il ne fauit pas aussi facilement les mettre sur le même plan, au risque de confondre ciritque (même blessante pour les croyants) d'une religion et racisme. Je ne nie pas qu'on puisse être raciste en parlant des musulmans en général ou des chrétiens ou des hindous. J'ai un peu l'impression de marcher sur des oeufs. :-)
moi aussi, c'est pour cela que je questionne et n'affirme pas. Pour le reste, vous n'avez justement pas répondu à ma question qu'est-ce qui fait que le "peuple juif" hérite de quelque chose de plus que les autres (pour rappel, les musulmans et enfants de musulmans sont circoncis aussi ;-)). Je ne dis pas que du moment ou l'on accepte l'idée d'un peuple juif on pose les bases de l'antisémitisme. Je dis que pointer la différence d'un groupe donné de manière explicite pour x ou y raison, sur des critères divers, comme la religion, la tradition, mais aussi la couleur de peau, par rapport à un autre groupe ou ensemble de groupes, c'est déja établir un moyen de discrimination, quelle qu'elle soit. Vous dites qu'on ne peut pas rompre avec l'identité juive à cause des antisémites et que tous les juifs ont eu affaire à une remarque sur leur identité. C'est tout à fait possible. A mon sens, il en va exactement de même pour les musulmans, pour les noirs, mais aussi pour les blancs ou les chrétiens dans d'autres parties du monde. A mon sens, les caricatures de Mahomet peuvent être interprétées, de la même façon que le texte de Siné. Pour ceux qui veulent voir l'antisémitisme (terme par ailleurs qui n'est étymologiquement pas exact, mais c'est un autre débat) de Siné dant l'interprétation en tant qu'amalgame entre judaïsme et richesse, d'autres pourraient voir l'anti-islamisme dans l'amalgame entre islam et terrorisme.
Je retiens pour ma part, dans le "Rebonds " de Libé par Joffrin, cette affirmation : "L’islamisme est une religion devenue idéologie politique..." Je suis tout à fait d'accord, malgré ce raccourci saisissant : "l'islamisme est une religion", mais ce qu'il ne dit pas, c'est que le sionisme est également, si l'on accepte le même raccourci, une religion devenue idéologie politique. J'ajoute qu' à mon sens, il enfonce, sélectivement, une porte ouverte, tout en fermant le débat, en défendant une position purement partisane : toutes les religions ont été, demeurent, des outils d'expansion politique : la chrétienté, le bouddhisme, l'hindouisme, n' y échappent pas non plus.
Je crois que nous devenons tous des « antisémites français », y compris Cohn Bendit ! C’est certainement le cas d’Edwy Plenel, qui est également raciste si on lit les articles de Libération du 25! (Laurent Joffrin et SOS Racisme qui va jusqu'à dire que l'antisionisme de circonstance est un cache sexe du racisme et de l'antisémitisme ! On croyait s'être débarrassé de Serge July ...Laurent Joffrin – qui s’est fait la main sur le vote du congrès récemment- et Philippe Val prennent le relais. Amusant le parallèle avec le Non européen ! ) En référence à un commentaire ci dessus, confondre juif et religion juive...cela est également très fréquent arabe et musulman ! même si cela est très dommageable dans les 2 cas. Pour mémoire, quand un fonctionnaire haut placé a traité de "sale négro" un responsable de sécurité de magasin, il s’est attaqué à la personne ; cela n'a pas fait les pleines pages de nos médias, l’affaire a été étouffée. Personne n’est venu au secours du « nègre ». Je vous laisse imaginer un instant remplacer "sale négro" par autre chose… … Sait on ce qu’endurent, par exemple, de nombreux « noirs » au quotidien ? Cela s’appelle simplement du racisme ; il est temps de ne pas faire de hiérarchie dans le racisme et sa condamnation. Ne serions nous pas tous égaux ?
Il n'y a pas d'affaire "JUIF-ARGENT-SARKOZY" en revanche : - il y a d'une part, une affaire "ARGENT-SARKOZY" ça c'est certain. dans le cas présent, c'est sarko-darty, mais ca aurait pu etre sarko-conforama, sarko-zara, sarko-carrefour...?!?pourquoi pas? du moment que le papa de la mariée est "sévèrement friqué "! "du pognon leur suffirait" dixit coluche...pas faux... nicolas-carla....jean-darty... et le troisème des sarkozy ami avec la fille Tapie (papa sarko n'est il pas en train de renflouer bernard?) à suivre... - il y a d'autre part, une affaire VAL-SINé...dont le règlement, à mon sens, aurait du se faire intra muros. Dommage pour siné, rebelle ringard des années 60, dépassé par sa propre caricature, victime de sa propre turpitude...et accessoirement victime colatérale du sarkosisme...comme nous tous finalement. tout ça n'est qu'"info-débat" et... "jeux de mots." ceci dit : très bon boulot NICOLAS....(CHAPELLE bien sur....)...pas l'autre !
Il y a aussi, Le Figaro-Alexandre Adler, qui compare Val à Zola
bonjour Berangere B. "Il y a aussi, Le Figaro-Alexandre Adler, qui compare Val à Zola". Je n'ai pas trouvé : est-possible de mettre un lien ? merci
Bonjour, pour vous gacher le week end ;o) : http://www.lefigaro.fr/debats/2008/07/24/01005-20080724ARTFIG00612-l-antisemitisme-ciment-du-vertige-identitaire-.php . "(...)Aujourd'hui, on voit en tout cas qui a la trempe d'un Zola, d'un général Picard : c'est Philippe Val. Et qui a la bassesse de Drumont, de Maurras ou de Bernanos : ce sont les pétitionnaires semi-trotskistes en faveur de l'éternel stalinien Siné. "
J'apprécie les remarques de Afeneuil et Jeremie Z comme quoi, on marche sur des oeufs...Quand je lis ces commentaires et reflexions prudents, et quand parallèlement je lis l'extrait de la chronique d'adler et l'edito de joffrin, je me dis que Val n'a rien compris quand il dit que sur internet on écrit les pires horreurs et dans les journaux bien pensants on écrit "avec politesse"...L'edito de Joffrin est pitoyable tellement il est sans nuances, et l'extrait ci dessus de l'edito d'Adler l'est tout autant : quel rapport entre les positions de dreyfus et Val, et en quoi les petitionnaires sont "semi trotskistes" (quelle horreur mon dieu)...enfin l'insulte de stalinien...Comme c'est bien écrit...
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Il n'y a pas de fumée dans feu... Voici un extrait de WIKIPEDIA sur les positions publiques de Philippe Val:: "Philippe Val est réputé pour avoir la « dent dure » dans ses éditoriaux. Il dit dénoncer toute forme de censure, en particulier religieuse. Il est un farouche partisan du maintien de la loi Gayssot, qui « ten[d] à réprimer tout propos raciste, antisémite ou xénophobe » et donc l'expression de théories négationnistes. Après avoir dénoncé presque exclusivement l’extrême droite et l’intégrisme chrétien dans ses éditoriaux, Philippe Val dénonce aujourd’hui également les rapprochements entre une partie de la gauche et les mouvements islamistes, ce qui lui vaut des critiques virulentes de la part de l'extrême-gauche, l'accusant d'être devenu réactionnaire. Il co-organise et signe et publie dans Charlie Hebdo le manifeste des douze : un appel à la lutte contre l’islamisme, défini comme un totalitarisme religieux mettant en danger la démocratie." MORALITE: Luttons contre l'islamisme mais ne touchons pas au sionisme!
@Fred Oberson Non, le sionisme n'a rien à voir avec l'islamisme. Je rappelle que le sionisme est un mouvement lancé par des juifs à la fin du XIXe siècle. Il s'agit d'un mouvement de libération nationale, visant à l'autodétermination du peuple juif. La plupart des sionistes sont alors démocrates, et même souvent fortement ancrés à gauche, athées et adversaires de tout cléricalisme. On peut (et des juifs l'ont toujours fait) contester la légitimité de l'idéal d'un Etat juif, mais la question n'est pas évidente. Ca n'a rien à voir avec un "totalitarisme religieux mettant en danger la démocratie". Aujourd'hui, j'aimerais bien savoir ce que vous entendez par "sioniste". S'agit-il de partisans de l'existence d'un Etat juif, Israël ? Je ne vois pas, alors, comment on peut être anti-sioniste. Que fait-on de l'Etat d'Israël et de ses habitants ? S'il s'agit de critiquer la politique du gouvernement israëlien, alors oui, c'est légitime, et beaucoup de juifs dont l'engagement sioniste est connu le font. Et Philippe Val, par ailleurs, le fait aussi. Cela n'a rien à voir avec de l'antisionisme. On peut même penser que la critique du gouvernement israëlien se fait dans l'intérêt même de l'État d'Israël. Votre propos est par ailleurs très inquiétant, puisque mettant en parallèle l'engagement de Val contre le négationnisme et contre l'islamisme, il suggère à la fin qu'être sioniste signifie lutter contre le négationnisme! Votre remarque est donc au mieux pleine de confusion, au pire porteuse de cette ambiguïté qu'il est peut-être excessif d'appeler antisémitisme, mais qui traîne dans l'air du temps, et qui s'exprime très facilement dans l'extrême-gauche, consistant en un préjugé systématiquement défavorable au judaïsme tel qu'il existe aujourd'hui (c'est-à-dire aussi, qu'on le veuille ou non, dans l'État d'Israël).
Comme le mentionne Francis Deron: Faute de de cette distinction entre « parallèle » et « rapprochement », on risque...etc. Il est évident que lorsque l'on débat sur les religions en général, mais plus particulièrement sur l'islam et le judaïsme on s'aventure sur un terrain si sensible que l'on a l'impression de marcher sur des oeufs! Un mot, un dessin ou une phrase de trop et voilà que pointe la menace d'une fatwa ou d'une accusation d'antisémitisme. Selon Laurent Joffrin, défenseur de Val, dans Libé du 25 juillet: « L'islamisme est une religion devenue idéologie politique, soumise comme toutes les autres au feu de la critique et de la satire ».... Lorsque dans mon commentaire, je tire un parallèle entre l'islamisme et le sionisme, c'est précisément pour dire que le sionisme est un mouvement politique et idéologique qui s'est attaché, au 19ème siècle, au rétablissement des Juifs et de la religion juive en Palestine. A vous lire, j'en déduis que nous ne donnons pas le même sens aux mots! Et je ne ferai pas d'amalgame ni de parallèle entre la violence de l'islamisme d'aujourd'hui et celle du sionisme de 1948 à nos jours...
Concernant la croisade Val : si ce n'est pas de la mauvaise foi, si j'ose m'exprimer ainsi, ça lui ressemble.. Quant au "vertige identitaire"*, il est du côté, évidemment, de tous ceux qui s'identifient à la cause qu'ils défendent. Incapables de prendre le recul nécessaire à une appréciation juste, c'est à dire équitable, de situations données, ils s'enflamment, en appelant à tout ce qui leur tombe sous la main, dans des envolées toutes plus pitoyables les unes que les autres. Espérant sans doute retarder une échéance qui apparaît de plus en plus inéluctable : la fin de privilèges de groupes, ou de communautés, ou de nations, peu importe le vocable, religieuses ou pas, ethniques ou pas, peu importe également, par rapport à d'autres. Il est toujours extrêmement difficile de renoncer à des privilèges, des prébendes, des passe-droits, soit. Mais il s'en trouvera toujours pour réclamer leur abolition. Diaboliser ceux qui le réclament est l'arme la plus obscurantiste qui soit. * contenu dans le titre de l'édito d'A. Adler du Figaro
une précision que je me permets suite à la synthèse de Nicolas Chapelle que je trouve par ailleurs très bonne, une restriction même: je pense que le terme "mettre en parallèle" appliqué aux deux controverses publiques Siné/Val, d'une part, et NewYorker/Obama, d'autre part, est quelque peu risqué et en tout état de cause je ne le suggérais pas dans ma propre intervention. Je lui préfère l'idée de rapprochement, car rapprochement il ne peut qu'y avoir en matière de liberté de la presse, droit à la critique, à l'outrance même, face aux intégrismes ou aux comportements de nature intolérante ou racialement connotée: Faute de cette distinction entre "parallèle" (hasardeux, les parallèles se rejoignant à l'infini) et "rapprochement" (prudent), on risque de se retrouver dans la situation résumée (17h25) par afeneuil: "J'ai un peu l'impression de marcher sur des oeufs". Mais inversement, "marcher sur les oeufs" était probablement le cadet des soucis des plus radicaux dénonciateurs de la religion chrétienne et du cléricalisme (pardon pour l'horrible mot) qui, malgré ET DU FAIT DE leur origine culturelle "judéo-chrétienne", dont ils étaient objectivement le produit, jetaient autrefois à terre les crucifix sous la bannière EL CHRISTO EN LA MERDA. N'oublions pas ces combats d'autrefois qu'on aurait presque peine à voir reproduits de nos jours sur fond de correction politique généralisée.
Mettre en parallèle était un terme maladroit, je voulais écrire mettre en perspective en fait. Je ne voulais à aucun moment faire de comparaison entre les deux affaire, et je m'en excuse si j'ai pu faire comprendre que vous le faisiez. Je trouvais intéressant que ces deux affaires se déroule au même moment, parce qu'elles interrogent toute deux, d'une certaine manière, des choses similaires, en terme de droit à la dérision, nullement sur le fond.
tout à fait d'accord. hélas, pourrait-on dire....
A lire toujours sur le même thème :
http://www.20minutes.fr/article/243124/Culture-Christine-Albanel-apporte-son-soutien-a-Philippe-Val.php Intéressant, non?
Bonjour, 'tain, il a vraiment la poisse P. Val (qui rit jamais) !! Il va finir en supplément gratuit du figaro avec la compil de Cabu chez Dorothée en dvd!!! ;o)
Merci pour le lien : un communiqué officiel avec un sens différent m'eût fort surpris.
Ce qui me désole, c'est la confusion. Quand on parle d'"antisémitisme" en ce qui concerne les juifs, cela me fait rire, car aussi bien les arabes que les juifs, que je sache, sont des sémites. Donc le mot s'adresse aux deux peuples. Quant à la réflexion de Siné sur la sacro-sainte famille, si elle n'est pas du meilleur goût, elle a provoqué une polémique démesurée sur le concept vieux comme le monde au sujet des juifs et de l'argent. (Jésus lui-même n'a-t-il pas chassé les marchands du temple ?) . Avant de juger un humoriste anar écrivant dans un journal, qui, jusqu'à présent, n'a jamais fait dans la dentelle, il faudrait se référer au "Charlie" des années 68-75, (avant que la censure n'intervienne pour l'interdire) où il faisait bon lire des énormités. Aujourd'hui, nous sommes voués au "Politiquement correct", emmerdant et lénifiant. Un mot de trop et les accusations fusent... Quand les gens prendront le temps de réfléchir avant de parler, la grande barrière de la barbarie vers l'humanisme sera franchie. Je dis sans honte à mes enfants, petits enfants, neveux dont certains sont juifs que dans ma vie j' eus tellement besoin de temps pour ne rien faire qu'il ne m'en restât rien pour travailler plus et gagner plus. Cette philosophie m'a permis de beaucoup réfléchir et de me concentrer sur l'essentiel. A tout , il faut raison garder.
Je partage l'avis exprimé par Fantie B, sur le fait que ce qui se joue là dans cette "affaire", avec l'appui de Mme Albanel etc, et le Monde d'aujourd'hui aussi, c'est surtout la liberté d'Internet. Il faut raison garder, oui, mais ce qu'est en train de fabriquer cette petite histoire, n'est pas anodin.
Voir le texte (peu importe les signataires...) de la pétition sur Le Monde du 31/07/08 : http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/07/31/pour-philippe-val-charlie-hebdo-et-quelques-principes_1079062_0.html "En 1982, quelques jours après l'attentat de la rue des Rosiers, Siné déclarait sur les ondes de la radio Carbone 14 : "Je suis antisémite et je n'ai plus peur de l'avouer, je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs... je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s'il est propalestinien. Qu'ils meurent !" Le 2 juillet 1997, Siné écrivait à propos de la GayPride : "Loin d'être un empêcheur d'enculer en rond, je dois avouer que les gousses et les fiottes qui clament à tue-tête leur fierté d'en être me hérissent un peu les poils du cul... Libé nous révèle leurs chanteuses favorites : Madonna, Sheila et Dalida... On ne peut que tirer la chasse devant un tel goût de chiottes probablement dû au fait que c'est l'un de leur lieu de plaisir préféré." Le 8 octobre 1997, Siné écrivait à propos de la communauté harkie : "Traîtres à leur patrie, ils ne méritent que le mépris !... Quant aux enfants de ces harkis, les pauvres, ils n'ont guère le choix ! Soit 1) ils en sont fiers ou 2) ils en ont honte. Dans le premier cas, qu'ils crèvent ! Dans le second, qu'ils patientent jusqu'à ce qu'ils deviennent orphelins !"
Assez peu ragoûtants, en effet, les propos de Siné cités. Dans ce cas, les propos tenus dans le dernier Charlie sont bien gentillets, on peut même les trouver affectueux - ce petit -. Alors pourquoi le virer maintenant, alors qu'il a dit bien pire dans le passé ? L' argument de la goutte d'eau qui déborde n'est pas pertinent. Et puis il y a l'acceptation de Siné de s'excuser, avant qu'il n'apprenne qu'un texte commun à la rédaction viendrait en surplus, sans l'en avertir. Si le verbe de Siné n' est pas élégant, les méthodes de Val ne le sont pas non plus. Et c'est là que le bât blesse. Et il a blessé sans aucun doute aussi en publiant ces caricatures de Mahomet... A l'époque, les signataires du texte paru dans le Monde ont approuvé, ou n'ont rien dit, ce qui revient au même : ce qui compromet la sincérité de leurs signatures aujourd'hui : je suis désolée, mais il et trop tard.
Bonjoir, Juste pour le "fun" le blog de "citizenVal " . "D’abord, j’ai cru que je faisais un cauchemar. J’ai voulu me pincer, mais comme je suis très douillet j’ai préféré pincer le bras de ma femme. — T’es con! Tu m’as fait mal, qu’est-ce qui te prends? m’a-t-elle incendié. Hagard, je me suis approché de la fenêtre, tel un somnambule. Le regard perdu dans le massif du Vercors, où tant de résistants avant moi ont payé de leur vie leur engagement pour la liberté, je suis demeuré muet pendant dix bonnes minutes. Dans ma main, je serrais un poignard ensanglanté: l’édition du jour du quotidien Libération. Quand ma femme est revenue de la cuisine avec le café, j’ai pensé un moment m’immoler en versant le contenu brûlant de la cafetière sur mon corps déjà endolori. Mais comme je suis douillet, j’ai préféré ébouillanter mon chat. Il a détalé en poussant un miaulement strident, pendant que ma femme y allait, elle aussi, de son hurlement. — Mais t’es devenu dingue! Ça ne te réussit pas de fréquenter les éditorialistes du Figaro… (...) " . http://citizenval.wordpress.com/ . trouvé sur Bakchich: http://www.bakchich.info/
Excellent votre citation de "citizen Val" ! . Ceci dit quand on veut consulter le site http://citizenval.wordpress.com/, on trouve ceci : The authors have deleted this blog. The content is no longer available.
Réponse tardive à Jérémie Z. . "Qu'est-ce qui fait que le "peuple juif" hérite de quelque chose de plus que les autres ?" . Pourquoi parler d'héritage en "plus" ? . Néanmoins, si j'accepte votre formulation, actuellement, ne serait-ce pas la Shoah, cet héritage en "plus" ? Jamais un mot à ce sujet quand on parle d'antisémitisme, jamais un mot non plus à propos des prises de positions claires de ceux que l'on nomme "juifs" quand ils s'insurgent contre les divers génocides - Rwanda, Arménie, etc... . Une réponse en forme de question donc ! Mais il faut aussi savoir que les pogroms datent d'avant la Shoah et que des millions de juifs en sont morts en Europe de l'Est avant la Shoah. . Cette question de l'identité du peuple juif s'est aussi posée en Israël : qui accepter comme candidat à l'installation en Israël ? . Enfin, en ce qui concerne l'identité, il faut savoir que c'est une vaste question qui comporte au moins trois points - "au moins" trois car Freud parlait d'oignon en matière d'identité du moi, lequel est constitué d'identifications... quand on a "pelé l'oignon", que reste-t-il ? Donc, trois points : - l'identité qui m'a été décernée avant ma naissance - l'identité que j'ai assumée à partir de ce qui m'a été donné, transmis, mais aussi que je me suis forgée "pour" et/ou contre ce qui m'a été donné - car tout cela ne va pas sans ambivalence de la part du sujet - - l'identité qui m'est ensuite attribuée par le monde dans lequel j'évolue. . Ai-je réduit la question de Jérémie Z à celle de l'identité ? Oui. Donc, je précise ma position : je considère ce terme - juif - comme l'indice d'autre chose qu'une identité, je le considère au moins comme l'indice d'une culture, en précisant qu'aucune culture n'est hermétiquement close sous peine de dépérir. Une culture, c'est autre chose : qu'une race - d'un point de vue strictement génétique, la notion de race n'a pas de sens au point de vue humain - ou qu'un peuple - un peuple, ça se recense et comment opérer un recensement des juifs ?... sinon par l'étoile jaune, inutile de compter sur l'ADN -, une culture, c'est fait de musique, de plats cuisinés, d'un style d'humour, d'une histoire, etc. Les italiens seraient-ils italiens sans les pâtes ? Et pourtant, les pâtes viennent de Chine ! Une culture, c'est... Complétez SVP. . Et si c'était cela que nous enseigne le "peuple" juif, la volonté de durer dans notre singularité malgré les pogroms de diverses natures ? . Faut-il y mélanger la question de la religion ? Tous les juifs ne sont pas religieux. Faut-il y mélanger la question de l'argent ? Tous les juifs ne sont pas riches. ... Et si ce mot "juif" était une façon de poser, en "marchant sur des oeufs", d'excellentes questions qui nous concernent tous en tant que nous ne sommes pas réductibles à un "tous les mêmes" ?
Chère Joha Je parle d'héritage en "plus", parce qu'afeneuil disait que l'identité juive était la seule à être héritée, chose à laquelle je répondais que les identités chrétiennes et musulmanes (mais j'aurais pu dire hindouiste, bouddhiste ou shintoiste de la même façon) étaient héritées de la même façon. Je demandais donc à afeneuil ce dont l'on héritait "en plus" en étant juif.
Je n'ai aucun problème pour parler de la Shoah, des pogroms, cela fait partie de la judaïté, certes, mais cela fait aussi partie de l'histoire de l'Humanité. A ce titre, la Shoah a modifié les perceptions de tout le monde, et pas seulement des juifs. Certes, c'est une partie très sombre de l'histoire, pour autant, il y a eu d'autres périodes honteuses... Que la Shoah soit à l'origine de la création de l'Etat d'Israël est une chose, et une bonne chose. Pour autant, cela ne m'empêche pas d'avoir un avis critique (rappelons que la critique en tant que telle peut être positive ou négative) sur la politique menée par l'Etat d'Israël. Il ne faut pas confondre les causes et les conséquences.
Et je crois justement que la Shoah a permis une prise de conscience plus grande de manière générale de ce qu'est un génocide. Pas seulement pour les juifs, mais cela a modifié l'ensemble de nos civilisations. Pourquoi devrait-on souligner que les juifs s'érigent contre les génocides ? Les autres ne le font pas ? N'est-ce pas une question qui concerne l'ensemble de l'Humanité, et non ceux qui en ont déja été victime ? Pour autant, il me semble que l'Humanité a, depuis la Shoah et grâce à elle en grande partie, fait des progrès immenses dans le sens des Droits de l'Homme (ce qui ne veut pas dire que c'est parfait maintenant). Par exemple, la notion de "crime contre l'Humanité" n'existait pas avant, tout comme celle, étymologiquement erronée de génocide. Je réponds donc à votre réponse en forme de question par une question. On risque de ne pas s'en sortir :o)
Par contre, j'ai du mal à vous suivre sur la culture : J'aime manger italien, j'écoute de la musique anglo-saxonne, j'apprécie l'humour juif, et mon histoire se situe entre la France l'Allemagne, les Etats-Unis et l'Amérique du Sud. De quelle culture suis-je ? Dois-je me réclamer de chacune ? d'aucune puisque je n'adhère à aucune en entier ? Par ailleurs, les juifs ont-ils tous la même culture ou la même histoire ? Les Français ? Les Noirs ? Les Musulmans ? Dans ce cas-là, n'est-ce pas l'identité personnelle qui prévaut ? Cela irait dans le sens de ce que vous dites à la fin : nous ne sommes pas réductibles à un "tous les mêmes". Cela est vrai y compris au sein d'une communauté, quelle qu'elle soit. Pourtant, l'on se réclame de l'une ou l'autre communauté.
Même remarque sur la volonté de durer dans la singularité malgré les oppressions de toutes formes : les Indiens des Andes l'ont également, tout comme les Français, ou les Noirs.
Le fond de la question devient donc : quels éléments sont fondateurs d'identité personnelle et d'identité commune, ou plutôt d'identité personnelle conjuguée à un sentiment d'appartenance à une communauté ? On n'en a pas fini...
Cher Jérémie, Ci-dessous quelques éléments qui me sont venus suite à votre réponse. . Les identités sont héritées. Nous sommes d'accord là-dessus. Je ne suis donc pas afeneuil que vous citez disant que "l'identité juive est la seule à être héritée". . Vous demandiez "à afeneuil ce dont l'on héritait "en plus" en étant juif". La question de « l’unicité » trouve souvent à se résumer en celle du « plus » supposé détenu par « l’unique » : c’est classique comme passage conceptuel mais je préfère répondre à la question de l’unicité par celle de l’altérité : soit, qu’est-ce qui est « autre », différent, chez celui ou celle qui est supposé « unique ». Articuler les points communs et les différences, sans céder sur l’un ET l’autre points fait partie de ma démarche de base dans l’existence. Et si je dis « articuler », c’est que cela ne me semble jamais donné une fois pour toutes à condition que l’on reste ouvert au dialogue. . Concernant Israël, je ne suis effectivement pas d’accord avec la politique de l’Etat mais je compte des amis juifs qui ne sont pas d’accord non plus. Il faut reconnaître qu’ils marchent moins sur des oeufs quand ils sont critiques ! Voilà une différence. C’est eux qui m’ont recommandé la lecture de Michel Warschawski qui a vécu son enfance à Strasbourg. J’ai en tout cas apprécié son livre « Sur la frontière » dont on trouve une critique écrite par Mona Chollet sur le site : http://www.peripheries.net/article256.html Ceci dit, les prisons d’Arafat n’étaient pas tristes si j’en crois mes souvenirs d’articles parus quand on pouvait encore critiquer l’Autorité palestinienne laquelle ne soutenait pas (à ma connaissance) la liberté de la presse. . Oui, nous n’en avons pas fini avec ces questions identitaires… Je sais de quoi je parle étant belge vivant en Belgique ! Avant-hier soir, de retour d’Avignon, nous avons été manger un p’tit bout sur la terrasse de notre resto préféré. Un jeune français s’insurgeait à la table à côté de ce qu’il n’y avait personne qui parle français au consulat belge de Malte : il le faisait dans un tel style que je lui aurais volontiers répondu en flamand, n’était le fait que, si je comprends le flamand, je ne le parle pas avec vivacité n’en ayant jamais l’occasion dans mon quotidien. Pourtant, qu’est-ce ça peut m’agacer quand je circule sur l’autoroute de Wallonie au sud du sillon Sambre et Meuse et que radio trafic me distille en flamand l’état de la circulation sur le ring d’Anvers interrompant le CD de Buena Vista Social Club. Tiens, je me demande ce que Siné dessinerait au sujet de la Belgique ?
Erreur de tape sur le clavier de mon ordinateur : donc, pas de commentaire !
Bonjour, Vous pouvez encore consulter le site sur le cache de Yahoo: . http://72.30.186.56/search/cache?ei=UTF-8&p=citizenval&y=Rechercher&rd=r1&fr=yfp-t-501&u=citizenval.wordpress.com/&w=citizenval&d=VWF-li72RODR&icp=1&.intl=fr . Pendant quelques heures encore?
Il faut acheter Sine hebdo n°1.