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L' hiver assassin

" Le froid guide la mort mais la Mort était déjà là, tout prête à enfanter "

 

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© Nicolas Dutent

 

Un homme meurt glaçé dans l' hiver versatile, il meurt doucementDans le silence encombrant et définitif de dernières secondes à vivre dans les bras du bitumeIl meurt toujours un homme dans le calme assassin et cent fois trompeur d'une villeAgitée par tant de passions tristes

 

Le froid guide la mort mais la Mort était déjà là, tout prête à enfanter, sans peine, sans effortLorsqu'on la vit dans sa chair, la rue est un spectacle égoiste où se répondentComme mère et fils, violence et misère !

 

Sur un air plaintif de violons titubants, voilà qu'il tombe dans la nuit souveraineLe jour le retrouvera dans sa combinaison nouvelleTelle une statue fragile déposée par le vent Le temps souffle ainsi comme un désespéré sur les courbes incertaines de nos vies condamnéesLégers et indifférents les hommes se laissent porter par ce courant défunt :Aussi coupable que la main du tyran, aussi traître que le lointain bonheur,Aussi futile que l' infini désir, aussi sombre que la mort... Nicolas DUTENT,L'hiver assassin, poème paru dans l'Humanité

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Merci.

L'hiver, bouc-émissaire des parlementaires ("agités de tant de passions tristes") ? Qu'on pende l'hiver. Et que l'on continue à légiférer mezzo-voce.

Merci à vous de ce commentaire juste et lucide.

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