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Un système économique alternatif... la redistribution interentreprises ?
Un systéme est un ensemble d'éléments interdépendants. Ces éléments ne sont pas simplement juxtaposés, le systéme est doté d'un mécanisme de régulation qui tend, sauf crise majeure, à assurer sa reproduction, c'est à dire à la fois sa stabilité et son dynamisme. Un systéme est tel que, si on modifie l'un des éléments ou l'une des relations entre les éléments on affecte le fonctionnement de l'ensemble.Un système économique concerne les relations entre la production, la répartition et la consommation des biens et services.
On peut distinguer différentes typologies des systèmes économique.
Par exemple B. HILDEBRAND (1812-1878) distingue "économie de troc", "économie monétaire" et "économie de crédit".
On peut considérer que le concept de mode de production de K. MARX (1818-1883) est assez proche de celui du système économique. Marx distingue : le "mode de production esclavagiste", le "mode de production féodal" et le "mode de production capitaliste", mais il prend en compte aussi la spécificité d'un "mode de production asiatique".
Un système économique n' est pas séparable de l'ensemble plus vaste que constitue le système social : les relations de parenté ou de pouvoir, les croyances et les pratiques religieuses ne sont jamais totalement séparables de la sphére économique et dans certains cas, ces structures sociales jouent un role essentiel dans la régulation des activités économiques.
Dans un but de recherche d'un système économique alternatif, je vous présente pour ce premier billet La Redistribution interentreprises (Benoît BORRITS) que l'on peut considérer comme un sous système de l'économie solidaire.
Dans notre pays, les chiffres du chômage évoluent depuis de nombreuses années aux alentours de 9%, ce qui correspond à environ 2,2 millions de personnes. Cependant, ce chiffre ne correspond qu’aux demandeurs d’emploi de catégorie 1 (à la recherche d'un CDI à temps plein, disponibles immédiatement, n'exerçant aucune activité ou une activité de moins de 78 heures par mois) alors que l’ANPE recense 7 autres catégories. En prenant en compte les 8 catégories de l’ANPE, ce sont environ 4 millions de demandeurs d’emploi que notre pays compte. Rajoutons à ce nombre les nombreux bénéficiaires du RMI (environ 1,1 million de personnes) qui ne sont pas recensés par l’ANPE. Rajoutons ensuite les personnes qui disposent d’un emploi à temps partiel et souhaiteraient travailler plus sans pour autant être enregistrées à l’ANPE. Ce sont donc environ 5 millions de personnes qui, à des degrés divers, manquent d’un emploi, ce qui représente environ 20% de la population active.
Ce chômage est un immense gâchis et une source infinie de souffrances. Un énorme gâchis dans la mesure où notre société se prive du travail de millions d’individus alors que de nombreux besoins sociaux ne sont pas à ce jour satisfaits. Une source infinie de souffrances qui s’expriment autant par des insuffisances de pouvoir d’achat que des sentiments d’inutilité, d’abandon ou d’exclusion.
Ce chômage a aussi une incidence négative sur la qualité des emplois proposés. Dans la mesure où les postes proposés sont rares, les entreprises ont la faculté de proposer des emplois de mauvaise qualité en termes d’horaires, de rémunération, de durée des contrats. Il s’ensuit un phénomène généralisé de malaise au travail, malaise provoqué par la peur du chômage engendrant stress, dégoût du travail et au final, inefficacité.
Cette situation peut se résumer en une phrase : pénurie des emplois, profusion des individus. L’objectif de la redistribution interentreprises est de renverser les termes de cette équation. Grâce à celle-ci, ce seront désormais les travailleurs qui seront rares, situation qui incitera les entreprises à proposer de meilleurs emplois en termes de conditions de travail.
Benoît BORRITS

