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Se souvenir des IUFM
Les collectifs des IUFM de Grenoble et de Lyon ont tenu des Assises régionales de la formation des enseignants pour lutter contre la réforme dite de mastérisation, en misant sur la réflexion, les échanges, les propositions.
Le 30 juin à Lyon, un manifeste avait été écrit, le 21 octobre, un autre le sera.
L'été 2009 sépare les deux journées, pont de décrets et de circulaires qui mettent en place la réforme, celle qui vise à faire disparaître les IUFM et à entamer le processus de démantèlement de l'Education nationale en tant que Service Public.
La réforme de la mastérisation, notamment parce qu'elle vise à remplacer le recrutement par concours par un recrutement sur diplôme peut être considérée comme une mesure de privatisation, l'embauche des personnels n'étant plus assimilée qu'à une vacation et non à l'entrée dans une carrière de fonctionnaire. Le concours permet à son lauréat d'obtenir un poste fourni et imposé par l'Etat. Le diplôme met son détenteur en situation d'avoir à chercher un emploi. La circulaire n°2009-109 du 20 août 2009 parue au B.O. n°31 31 du 27 août 2009 concernant l’organisation de stages pour les étudiants en master se destinant aux métiers de l’enseignement est ni plus ni moins que l'instauration du remplacement des professeurs titulaires par des étudiants, lesquels devraient faire le travail d'un enseignant tout en préparant un concours –ce qui ne peut que nuire aux deux.
Il nous faut aujourd'hui de plus en plus sérieusement faire l'hypothèse que le gouvernement veut l'abandon par l'Etat de l'Education nationale. On peut le voir en observant:
-que la disparition d'un Service Public risque de se faire pour contenter ceux qui bannissent les fonctionnaires, il y en a,
-que les gouvernements qui privatisent le font en affichant que c'est pour le bien de tous, usagers et salariés, en vantant les mérites de la concurrence commerciale : "Vous choisirez votre école",
-que les gouvernements qui privatisent, tout en prétendant que c'est une bonne chose, le font en se défendant de le faire : "L'Etat restera actionnaire principal de la Poste",
-que lorsque les gouvernements privatisent, ils le font en expliquant qu'ils y sont contraints, parce que la dette ne permet pas au pays d'entretenir des fonctionnaires ou parce que la situation internationale ou les directives européennes les y obligent,
-que les privatisations sont précédées de campagnes de dénigrement,
-que la privatisation comporte des degrés, présente des variantes et a plusieurs allures,
-que pour remettre l'Education nationale au secteur privé, le morceau est gros. Le gouvernement commence donc par la partie la plus récente, la plus tendre et la plus dénigrée : les IUFM. Dissous dans les universités, annoncés disparus, ils sont finalement tués par la réforme de la mastérisation.
Il ne restera plus qu'à nommer "corporatisme" ou "revendications de nantis" les soubresauts des enseignants en IUFM qui se réunissent en Assises et en Coordination nationale (le 24 octobre prochain à Paris) pour défendre la formation.
Il faut le dire ainsi : la France est en train de se priver d'une institution nationale pour former ses enseignants. Cela signifie que les IUFM ne sont remplacés par rien. Sur deux points au moins, on peut mesurer le désordre créé par le ministère lui-même : les recteurs ont à faire procéder aux mises en stage de façon précipitée et les étudiants concernés par les concours d'enseignement ne savent pas, non seulement où s'inscrire mais encore à quoi ils s'inscrivent lorsqu'ils le font.
C'est que le ministère se doit de faire vite pour ne pas voir renaître le mouvement massif de refus de la réforme, lequel, pour avoir été vaincu par des circulaires estivales et techniques, n'en est pas moins fondé et tenace.
La réforme de la mastérisation a cela de commun avec celle des enseignants-chercheurs qu'elle est imposée, à marche forcée, à des personnels dont l'expérience et la compétence n'ont pas cessé d'être niées. Les privatisations s'accompagnent toujours de cette sorte d'oreille de bois.
Je me pose une question : qu'en est-il d'un pays qui tient à ce point à mater ses intellectuels?

Tous les commentaires
@ Madame Orthous
L'assimilation du personnel des IUFM et de leur soit disant recherche en "sciences de l'éducation " à des intellectuels et des chercheurs est une insulte aux chercheurs dans les vrais disciplines scientifiques .
N'avez vous pas remarqué que les grèves ont lieu dans les facs de LSH ,usine à chômeurs... et à sinécure pour les enseignants.
Ah, le doux refrain, "les vrais disciplines scientifiques"!
C'est vrai, après tout pourquoi former les futurs profs des écoles à l'apprentissage de la lecture, de l'histoire, de la géographie...et surtout ne me parlez pas des disciplines artistiques! Mais quelle perte de temps!
Et puis pourquoi les futurs profs de collège et lycée qui souhaitent enseigner les lettres, la philo, etc. ne vont pas tous en fac de sciences... C'est vrai, quelle idée de mettre les pieds dans ces facultés de lettres ou sciences humaines incapables de former autre chose que des profs ou des chômeurs!
Et ces IUFM, ces incroyables usines à fabriquer des maîtresses obsédées par cette pseudo-pedagogie qui fait tant de mal à l'éducation de nos chères petites têtes blondes.
Ces IUFM encombrés par un étrange mélange d'enseigants chercheurs (les pauvres se sont fourvoyés hors de leurs labos) et de maîtres formateurs (ex-profs, pire! ex-instituteurs de terrain, pire! des instits exercant en maternelle! rendez-vous compte, si ça se trouve il y a même des cours pour apprendre à changer les couches à l'IUFM.)
S'il vous plait! Un peu de dignité ne mélangeons pas les torchons et les serviettes !
Un grand merci à ce gouvernement qui va enfin confier la formation des enseignants aux seuls universitaires, et enfin exiger un vrai niveau intellectuel (un Master!) pour exercer ce métier.
Seul bémol, pourquoi ne pas uniquement confier cette formation aux vrais universités, scientifiques bien sûr!
Et pourquoi s'être arrêté au master? Un doctorat aurait été plus ambitieux et plus sérieux, nos enfants arriveraient peut-être enfin à lire et à écrire avant leur entrée au collège! Et puis au moins on serait assuré de ne voir aucun fils d'ouvrier arriver à cette noble fonction! Assumons pleinement l'élitisme nécessaire pour enfin pouvoir qualifier d'intellectuels les enseignants!
Enfin, remarquons l'effort déployé pour réduire le nombre incroyable de fonctionnaires de l'éducation nationale (payés au moins 5000 euros pour une dizaine d'heures de cours par semaine et même pendant les vacances scolaires). Plus besoin de se battre pour faire appliquer le service minimum, bientôt il n'y aura plus un seul gréviste! Vraiment Merci!
J'arrête là l'ironie, merci à Nicole Orthous de "se souvenir des IUFM", merci à tous ceux qui s'intéressent encore à la formation des enseignants.
Enseigner est un métier qui s'apprend.
http://iufmparis.canalblog.com
@liliplume
J'attire votre attention sur les épreuves de "mathématiques " du concours de professeur des écoles .Elles sont consultables sur le site du ministère de l'EN.
Le niveau d'exigence du concours est extraordinairement faible dans cette matière.
Programme de CP à CM2 et surtout les notes :une moyenne de 14/20 pour les reçus!!
A partir de ce constat ,peu encourageant..Je me demande s' il ne serait pas intéressant pour nos enfants,dans leur intérêt , d'avoir à subir des enseignants moins pédagogue mais meilleur en Maths.Le verbiage sur l'apprentissage a remplacé la compétence chez les enseignants.
La pédagogie des IUFM permettrait parait il d'apprendre à enseigner les Mathématiques ,le Français tout en dispensant de maitriser la matière,par la connaissance de cette "méta discipline des Sciences de l'Education ". Foutaises.
Depuis 1992 ,date je crois de leur création , les tests de 6eme montrent une baisse du niveau constante et ce fait coincide avec la création des IUFM vers 1990.
Alors applaudissons à cette réforme ou disparition des IUFM ,qui ne l'oublions pas sont une création récente .Nous formions bien des profs auparavant...
Alcyme, je suis professeur, j'ai fait de la formation en iufm, et je suis très critique depuis longtemps, j'ai quitté l'iufm d'ailleurs. Ca c'est pour le préambule.
Mais je ne trouve pas du tout intéressant, ni créatif, de tout mélanger comme vous le faites, à moins que votre but ne soit pas l'amélioration de la formation des maîtres.
De mon point de vue, ce n'est pas la disparition des iufm qui soit vraiment problématique (je dis bien - de mon point de vue -) mais la régression de l'idée et du projet de formation. Il semble que cette idée de concevoir une formation nationale pour des enseignants de l'école publique soit effectivement mise à mal, que la priorité n'est pas l'amélioration de l'école mais plutôt une sorte de "make up", ou maquillage, qui permette en premier lieu des économies (car il ne faut pas taxer les banques) et qui fabrique à la va-vite un "machin" qui s'appellerait formation.
@ Marielle billy
L'amélioration de la formation des enseignants est elle un but ? Un moyen parmi d'autres.
L'objectif premier de tout investissement dans l'EN est "le client de l'EN " en l'occurrence ,l' écolier,le collégien ,les lycéen ,l' étudiant ..afin d'exercer une activité professionnelle pour gagner sa vie avec l'aide de la formation qu'il a reçue.
La formation des professeurs n'est qu'un moyen pour y parvenir le plus efficacement possible et non une finalité en soi.
Un deuxième point ,l'institution EN n'a pas seule le monopole de la formation.
L'entreprise,les associations sportives etc...la société concourent aussi à modeler les individus .
Comment améliorer le service rendu par les enseignants à leurs clients:les contribuables ?
Par exemple en alignant leur temps de travail sur celui de leurs homologues Finlandais qui obtiennent des résultats supérieurs aux nôtres à PISA. En exécutant les heures de"décharge " payées,mais non exécutées...
La mastérisation et la suppression des IUFM est elle une régression? Non une normalisation .
Les IUFM sont de création récente...et une invention française que personne ne nous a copiée.
Le métier d'enseignant est un métier comme un autre..alors pourquoi ne pas calquer la formation sur la maquette des écoles d'ingénieurs ,de commerce ,sciences po etc...des études théoriques et des stages au cours des études .
Et après au travail sous l'autorité d'un responsable...
Je pense qu'au bout de 18 ans à l'école ,on commence à savoir ce qu'est un cours...si on est un tantinet observateur et que l'on est" motivé " par le métier d'enseignant.
Si cela permet de réaliser des économies,en ne payant qu'après la prise de poste, tant mieux.Au vue du nombre de candidats instituteurs et professeurs dans les disciplines non scientifiques ,nous ne sommes pas au bord de la rupture de stock.
Merci pour le lien vers le blog de l'IUFM de Paris.
Il faut continuer à se battre.
Les appels à la suppression des IUFM viennent ce ceux qui ne savent pas de quoi il en retourne. Ils n'en sont pas moins dangereux et efficaces, c'est un signe des temps, dans un premier temps qui vise à étouffer quelque chose de notre passage sur terre et qui a à voir avec nos aspirations à savoir, à comprendre, à ne pas faire que subir ou faire subir. Laissons-leur la brutalité.
@ N orthous
Un monument de corporatisme votre phrase"Les appels.....il en retourne ".
Je m'&tais laissé dire qu'en IUFM ,on ne trouvait que des profs qui avaient peur des élèves. Est ce exact?
Pauvre Vertubleu inconséquent, pauvre Père Vert sans paire, Alcyminable...
Tu te penses "malin" alors que tu n'es qu'une crotte insignifiante, tant sur le plan du savoir que sur le plan humain (mais l'es-tu seulement, humain ? la question se pose, même par grand vent...).
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@ Nicole Orthous :
N'oublions pas la reconnaissance par l'Etat des diplômes-Vatican...
Sous l'égide du président Sarkozy, les étudiants français vont-ils devenir les caves du Vatican ?
http://sd-1.archive-host.com/membres/up/19254943/LE_DIPLOME.mp3
sur, bien sûr,
http://deuxcopainsdabord.musique.com/382072/DIPLOMES-VATICAN-LA-BULLE-A-NICOLAS/
@ Cyrano de la piquette
Vous avez le vin mauvais à l'image de vos chansons de copiste ,moins bonne encore que celles que les carabins de première année imaginent ..
Pauvre Bleuvertu pépère, qui parle de maths sans en avoir jamais fait sérieusement, et qui ne s'est jamais posé le problème de leur enseignement.
Les épreuves portent en effet sur des maths primaires, mais pas pour évaluer le candidat sur son niveau : pour lui demander des préparations de leçons et des progressions.
Ignare, pervers et gratuitement malveillant, comme d'hab...
Retournez donc à vos études, que vous n'avez pas faites en France d'ailleurs dans les petites classes, vos propos sur l'Education nationale l'ont constamment démontré.
Je n'interviens jamais dans ce type de jeu de ping pong, mais là je fais une exception : où avez-vous vu tous les deux qu'on se règle des comptes en plein milieu d'une conversation ?
Je suis en effet effrayée et navrée des "réactions" à mon billet.
Mais la vôtre est réconfortante, ainsi que celle de Lili plume.
Il s'agit de se battre pour conserver une Education nationale qui ne doit pas céder aux modes de pensée qui font des humains des loups entre eux, ce qu'ils seraient ou ce qu'ils sont quand ils " ne s'empêchent pas..."
@ N orthous
Ne faites pas de blog...si mes réactions défavorables aux IUFM vous déplaisent.
Faites un journal intime que vous mettrez sous votre oreiller puisque vous ne savez que monologuer.
@ N orthous
Ne faites pas de blog...si mes réactions défavorables aux IUFM vous déplaisent.
Faites un journal intime que vous mettrez sous votre oreiller puisque vous ne savez que monologuer.
à charlot de la piquette
La chopine passe mal...
Merci Nicole de ce texte qui, hélas, voit très juste.
Pour votre conclusion et de ce qu'il en est d'un pays qui veut réduire ses intellectuels à néant, vous savez la réponse comme moi, un tel pays nie les valeurs de la démocratie et ce faisant obère en outre lourdement son avenir. Remonter la pente sera long et douloureux. Mais nous la remonterons (ou nos enfants et petits-enfants, mais j'aimerais être là).
Nous y serons, nous y sommes déjà...
J'entends un nouveau "scandale" pour une douche payée au président... A quoi sommes-nous rendus!
A qui voudra.....
Depuis quand les enseignants intéressent-ils les gouvernements ? Depuis qu'ils ont vu dans l'éducation le moyen de désigner des ados violents, insolents et issus de familles immigrées, bien qu'eux-mêmes soient ressortissants français.
Violences en milieu scolaire, claironnent les Tf1 et les Pujadas !
Et hop, on fait d'une pierre deux coups ; on désigne à la vindicte (toujours populaire) une population et.......
on détourne de l'enseignement des étudiants motivés pour faire passer des disciplines, et de la culture, de nature à faire progresser les plus faibles. Même s'il est vrai que l'école fige la hiérarchie sociale en place.
Je ne porterai sans doute pas le deuil le jour où disparaitront les IUFM et les Sciences de l'enseignement - qui ont intégré l'université - misère !
Un concours se fait aussi sur la base de savoirs disciplinaires (Langues Vivantes, Français, Histoire-Géographie, SVT, Mathématiques, Physique - Chimie etc. ) plutôt que sur une Epreuve Orale sur dossier, déconnectée de la réalité d'une classe, où le candidat s'adresse à un jury qui a quittté le lycée depuis des lustres. Alors, savoir des trucs comme IDD, vie scolaire, investigation didactique.........c'est un truc à lac.