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May

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Au secours, Sartre, ils sont devenus fous: réponse à Robert Redeker

L'article de Robert Redeker, dans Le Monde d'hier, (http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/10/20/la-retraite-agonie-d-un-mythe-francais_1428758_3232.html), La retraite, agonie d'un mythe, est un exemple de cette mauvaise foi retorse et particulièrement perverse qui permet d'établir des passerelles confortables entre un pseudo-discours humaniste de gauche et des prises de position violemment conformistes, favorables aux menées autocratiques du pouvoir et de l'oligarchie qu'il sert.

Reprenons : on commence par nous annoncer, avec tout le sérieux que se doit à lui-même et à sa position un "intellectuel", qu'il s'agit de réfléchir au "sens de la mobilisation de grande ampleur autour de la réforme des retraites voulue par l'actuel gouvernement". L'expert du sens que doit être l'intellectuel fait mine de s'interroger ingénuement : "Pourquoi cette réforme, probablement nécessaire, soulève-t-elle une opposition aussi nombreuse, confirmée par les sondages ?"

Dès la deuxième phrase pourtant, la réflexion attendue devient prise de position : "cette réforme, probablement nécessaire". Le "probablement" surprend : l'intellectuel spécialiste du "sens" à donner aux phénomènes sociaux semble curieusement avouer par cette précaution rhétorique qu'il n'a pas l'intention de se pencher sur le problème de fond que pose la réforme des retraites et qu'il a du mal à se faire une opinion.

Les gens sérieux arrêteront leur lecture en ce point : comment M. Robert Redeker peut-il prétendre nous livrer une expertise avisée sur le "sens" à donner au mouvement de contestation, s'il ne s'est pas donné le temps et les moyens d'une enquête approfondie sur le sujet ? Et quelle est sa légitimité en conséquence pour affirmer néanmoins que cette réforme est "nécessaire"?

Remarquons que ce préambule est particulièrement habile : il flatte les lecteurs qui eux non plus n'ont pas d'avis arrêté sur cette réforme (ils sont nombreux) et qui se sentent peu concernés par le recul de l'âge de départ à la retraite (62 ans pour l'âge légal de départ et 67 pour la retraite à taux plein), soit parce qu'ils font un travail agréable qu'ils n'ont nullement l'intention d'arrêter, soit parce qu'ils font partie des salariés privilégiés, souvent, en outre, petits propriétaires, ce qui leur permet d'envisager la vieillesse sans crainte.

Mais continuons. Deuxième moment de l'article : M. Robert Redeker s'étonne (les deux paragraphes suivants) de ce que beaucoup "avouent "attendre la retraite"", alors que, comme il l'a redit à midi sur France Inter (journal de 13h) en une formule lumineuse : "un retraité n'a pas d'avenir". Nietzsche est ici convoqué comme de juste pour appuyer le fond de la pensée anticonformiste de son lointain émule : pourquoi cette humanité du XXIième siècle qui défile dans les rues exalte-t-elle la retraite comme un "âge d'or de l'existence" alors que la vieillesse est comme on sait le "vestibule de la mort"? comment des jeunes gens peuvent-ils perdre leur fraîcheur à se poser des problèmes de vieux? Nouvelle habileté dont la cible n'est autre que tous ceux qui croient savoir que Nietzsche est un grand philosophe revigorant et un maître de l'ironie, cette preuve de la "bonne santé" intellectuelle : quoi de plus contraire à la "grande santé" que de considérer la vieillesse, cet âge de la diminution, comme l'apothéose de l'existence? N'est-ce pas la marque d'une morbidité particulière à l'homme du ressentiment qu'est nécessairement le manifestant?

On osera objecter à notre éminent spécialiste de la philosophie, que sa conception du vieillard comme mort en sursis, a été jadis courageusement combattue par une autre philosophe, Simone de Beauvoir, dans son ouvrage "La Vieillesse" (Gallimard, 1970, voir les vidéos : http://www.youtube.com/watch?v=XHVTKy1cmuc ; http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/edition/l-utopie/video/040908/simone-de-beauvoir-la-vieillesse). Simone de Beauvoir disait plusieurs choses essentielles dans ce livre : 1. que le vieillissement des classes pauvres est un phénomène extrêmement récent, qu'il date du XXème siècle, et qu'il est dû pour une grande part, outre les progrès de l'hygiène et de la médecine, à l'amélioration des conditions d'existence acquise grâce aux luttes sociales. 2. que le vieillissement est extrêmement inégalitaire et reflète les différences de condition économique dans lesquels les individus ont vécu toute leur vie, et dans lesquelles ils vivent après 65 ans. 3. que les intellectuels sont les plus privilégiés des vieillards, dans la mesure où d'une part, leur condition socio-économique est bonne (il faudrait ajouter pour actualiser ce discours : lorsqu'elle est bonne, eu égard à leur prolétarisation actuelle en salariés plus ou moins précaires), et d'autre part parce que leur travail, mobilisant leurs facultés mentales, retarde la sénilité ; 4. qu'" une société qui réduit les gens à la fin de leur vie à un sort misérable à la fois économiquement psychologiqueent et sous tous les angles, a quelque chose en elle de pourri [...] Cette situation [celle d'avant la retraite à 60 ans à taux plein qui fut, rappelons-le, un acquis de 1981] n'est pas seulement l'effet d'une politique de la vieillesse mais de toute la vie humaine, parce qu'on traite les gens comme étant des instruments, des machines et non pas des hommes [...] si bien qu'il ne suffit pas d'une bonne hygiène une fois qu'ils sont vieux pour pouvoir garder une santé, ils sont déjà ruinés, usés."

Simone de Beauvoir analyse en outre dans ce livre ce qu'elle appelle le "mythe" de la vieillesse comme "sagesse" : elle rappelle que ce mythe a été forgé pour dédouaner les sociétés de la réalité du fait qu'elles ont toujours traité leurs vieillards comme des parias - à l'exception de ceux appartenant aux classes dirigeantes, pour lesquels l'image du Sage a été construite. Elle insiste pour dire que l'envers de ce phénomène général d'exclusion est l'existence récurrente d'une gérontocratie puissante dans les classes privilégiés, qui existe toujours dans nos sociétés (il suffit de regarder l'âge de ceux qui ont la parole dans l'espace public, dirigeants, experts, intellectuels de renom : ceux-là, bien sûr, sont tous favorables à la réforme des retraites qui ne les concerne en rien).

Le troisième angle d'attaque de Robert Redeker est particulièrement spécieux : il consiste à dire que la retraite érigée en "grande promesse sociale" a une fonction de "police" (au passage, revoilà Nietzsche, qui, lui, parlait du travail, comme le précise l'auteur, mais le name-dropping pseudo-érudit ne s'embarrasse pas des contre-sens). Autrement dit, les manifestants défendraient leurs retraites parce qu'ils manqueraient de courage pour lutter contre (je cite) "la précarité, l'inégalité, la soumission, l'exploitation, autrement dit le travail comme malédiction. Et aussi un mal nouveau : l'érosion des progrès sociaux, qui rendaient plus agréable, plus douce, l'existence des gens ordinaires, la crise de l'Etat-providence". Le mouvement contre les retraites serait donc en fait un symptôme d'acceptation de tous ces "maux".

Là le goût du paradoxe vire, on le constatera, à la malhonnêteté intellectuelle la plus flagrante. Sur France-Inter (journal de 13h, 21 octobre), l'auteur a appuyé sa démonstration de la contre-vérité suivante : ce combat contre la réforme des retraites serait en contradiction avec l'histoire du mouvement ouvrier, lequel aurait toujours, continue Robert Redeker, "défini l'homme par le travail". C'est bien à cela qu'il voulait en venir : il y aurait un "bon" mouvement ouvrier qui lutterait contre "la crise de l'état-providence", et les manifestations actuelles le trahiraient!

A cela, il faut répondre que toute l'histoire du mouvement ouvrier depuis ses origines est traversé par les débats sur les retraites, que les cheminots obtiennent dès 1850 un régime spécifique de retraite, ainsi que les mineurs, que les grands débats des années 1910 opposeront partisans des retraites par capitalisation (loi sur les Retraites ouvrières et paysannes), partisans des retraites par répartition et partisans d'un paiement intégral de la retraite par les patrons. Rappelons enfin que c'est la création de la Sécurité sociale en 1945, réalisation majeure du Conseil National de la Résistance, qui impose définitivement le régime général des retraites par répartition.

Que par ailleurs M. Robert Redeker se pose en défenseur émérite de l'histoire du mouvement ouvrier dont il prétend nous dire ce qu'il a été, est démenti par le mépris odieux que la phrase suivante manifeste envers les salariés, et particulièrement envers ceux qui cherchent à défendre le droit à la retraite : "Ils veulent bien alterner travail et chômage, appartements et squats, souffrir et galérer, ramer de RMI en RSA, mais que ce soit dans l'attente de ce paradis. La réforme le rend, à leurs yeux, à la fois plus éloigné et plus incertain".

M. Redeker accuse l'ensemble des salariés de se complaire dans la "galère", parce que, illuminés des temps modernes, ils "croiraient" en la retraite comme en un nouveau "paradis" et de conclure : "La croyance en la retraite est le mythe survivant aux deux désenchantements majeurs des derniers siècles. Les représentations collectives viennent, en cent cinquante ans, de connaître deux grandes pertes : le paradis transcendant, post mortem, promis par les religions en échange de la vertu, et le paradis immanent qui s'est, l'espace d'une centaine d'années, substitué à lui, promis par le marxisme."

Les manifestations actuelles seraient, cqfd, le "cortège funèbre" de la croyance marxiste.

On remarquera que cette analyse est en contradiction avec la précédente, laquelle postulait que le combat contre la réforme des retraites n'appartient pas à la tradition du mouvement ouvrier. Dans cette confusion de la pensée, on aura ici la bonté d'entrevoir une idée : celle que la retraite, "paradis immanent", ultime refuge de la croyance marxiste, serait en quelque sorte 1. une dégénerescence de la tradition ouvrière, 2. l'ultime résistance mythique d'une religion, dont M. Robert Redeker prétend être le mythologue et le Voltaire.

Analysons avec patience le double bind dans lequel le rhétoricien subtil tente d'enfermer son lecteur.

1. La lutte pour le droit à la retraite serait un renoncement à la dignité, acquise seulement par le travail.

2. Cette renonciation dévoilerait symptomatiquement le caractère religieux des luttes sociales du XXème siècle, assimilées ici, à dessein, au "marxisme".

On voit enfin qu'en effet M. Robert Redeker n'a jamais eu l'intention, quant à lui, de défendre l'"état-providence", comme il le prétendait un plus haut, ni le droit du travail, qu' il accusait les manifestants d'avoir abandonné au profit du combat pour la défense des retraites.

Quant à l'actuel mouvement social contre la réforme des retraites, à l'évidence, il s'agit bien sûr du combat de toujours pour le droit à une existence pleine et accomplie. Et si les manifestations peuvent apparaître comme des "cortèges funèbres", c'est pour ceux qui souhaitent, comme M. Redeker, que cette contestation soit le chant du cygne de toute revendication sociale. Le droit du travail est attaqué par les réformes Sarkozy de 2008, et on lira à ce sujet l'excellent double article de Tiennot Grumbach dans une revue que M. Redeker connaît bien, Les Temps modernes : "La contre-réforme libérale et le droit du travail, I et II" (numéros de avril-juillet 2010 et le numéro précédent pour le I). Le droit au travail est remis en cause par l'explosion du chômage. Le droit à la retraite : c'est-à-dire le droit de ne pas vivre la vie entière sous la contrainte du salariat, s'inscrit dans le droit fil des deux autres, et il est attaqué par la même logique qui réclame toujours davantage de sacrifices aux salariés et toujours moins aux classes possédantes (les profits des banques continuent pendant la crise : pourquoi ne peut-on faire pour les retraites ce qu'on a fait pour les banques au bord de la faillite par leur propre faute - faute qu'on demande aux salariés de payer?)

Enfin, M. Redeker se dévoile tout à fait comme défenseur de l'ordre qui est en train de se mettre en place et qui ne tolère plus en effet aucune dérogation à la servitude implacable qu'il entraîne et à la régression sociale qu'il organise, lorsqu'il tente de monter les uns contre les autres précaires et salariés : le débat sur la réforme des retraites excluerait de fait "les plus riches et les plus pauvres". Loin d'être exclu par ce débat, les plus pauvres sont les premiers concernés : ce sont eux qui seront, qui sont déjà, les vieillards misérables et les parias, s'ils survivent jusque-là, que Simone de Beauvoir décrivait dans son livre de 1970, et que Marianne Ahrne montrait dans son film magistral, Promenade au pays de la vieillesse (1974), récemment projeté par le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir. Il seront victimes à la fois de l'allongement des annuités (que François Mitterrand en 81 avait fixé à 37 années et demi), de la baisse des pensions et des minimums vieillesse (les femmes sont en première ligne).

On n'a plus aucun doute sur le fait que M. Redeker vole au secours du pouvoir actuel, lorsqu'il énonce enfin sa position sur la réforme Woerth-Sarkozy : "Elle tente courageusement de sauver la retraite par répartition, ils y voient la fin d'un monde."

On sait au contraire que le gouvernement actuel entend favoriser par sa réforme le développement du système d'assurances privées qui prévaut aux Etats-Unis, auquel s'intéresse de très près le propre frère du Président. Est-ce le rôle d'un intellectuel de dépenser ainsi ses subtilités habiles et superficielles au secours du pouvoir en place, alors que déjà, tous les moyens économiques, policiers, médiatiques sont à sa disposition pour marteler sa position? Quand on pense que M. Robert Redeker appartient au comité de rédaction des Temps Modernes, la revue créée par Jean-Paul Sartre en 1945, et qui a publié cet été un beau numéro consacré à son fondateur et à Simone de Beauvoir, on croit rêver : au secours, Sartre (et Beauvoir), ils sont devenus fous!

PS : on m'a signifiée depuis la publication de ce papier mon "excommunication" de la Revue Les Temps modernes : voir mon billet suivant.

Tous les commentaires

D'ailleurs, ce n'est pas la retraite qui est "le vestibule de la mort", mais l'âge à laquelle on la prend ! Ce philosophe semble avoir perdu le sens de "l'otium" pourtant à l'origine de sa discipline...

Un élément de plus dans l'offensive du Monde contre le mouvement social, qui est chaque jour plus virulente.

Robert Redeker, BHL et leurs amis poursuivent les mêmes objectifs, il est temps d'ouvrir les yeux !

Ici un article à propos du Monde (que j'ai enterré depuis belle lurette)

http://www.mediapart.fr/journal/economie/191010/bhl-nicole-notat-laure-adler-antoine-bernheim-bientot-administrateurs-du-mon

Merci de cette réponse...

Autre grande figure de notre temps : les fausses couches

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/chereque-conversations-avec-sarkozy_554457.html

 

 

Pascale, vous devriez transmettre au Monde votre texte dont j'apprécie la pertinence..

J'ai failli me réabonner au Monde rien que pour insulter ce prétentieux ; merci de me l'avoir évité en mettant en pièce ce piètre petit opus

Double discours des libéraux et néo-libéraux :

A) Le libre-échange c'est le paradis pour tous, parce que la main miraculeuse des marchés assure à la fois l'équilibre et la prospérité.

B) Il y a juste un petit contretemps : avant la grande jubilation universelle, il faut démolir tout ce que la civilisation (les horribles "acquis") a apporté aux peuples.

Bref, ils nous prennent pour des cons - d'autant plus que leur fabuleuse machine à bonheur est en crise plusieurs fois par décennie.

Merci pour cet article qui démontre la duplicité de ces gens.

Robert Redeker a trop bénéficié de l'aura de "martyr" que lui a conféré la "fatwa" émise contre lui.

Si la classe ouvrière ne délivre pas de "fatwas" contre ses ennemis, elle sait les reconnaître.

Merci de nous y aider par ce billet très pertinent.

Comment en arrive-t-on là ?

Excellent article, mais une petite précision s'impose : en 1910, le débat au sein du mouvement ouvrier ne se limitait pas à l'opposition entre la répartition et la capitalisation. Le P.O.F. de Jules Guesdes et Paul Lafargue défendait l'idée d'une retraite intégralement payée par les employeurs. La retraite par répartition est donc bien un recul du mouvement ouvrier.

merci de votre précision : j'ai été rapide sur le sujet - il aurait fallu aussi parler des grèves de 53 qui avaient déjà les retraites pour sujet etc.

Très bonne analyse, mais Redeker vaut-il qu'on s'arrête sur son discours? C'est pas le type qui avait été bombardé au CNRS, un prof de philo se prenant pour un philosophe, pour avoir publié un truc plus ou moins raciste?

oui c'est le même homme, laïcard et islamophobe

Etude de personnalité:

Celle d'un salaud ordinaire.

M. Redeker aime la pause philosophique. Il joue des coudes pour se glisser sur la photo. De préférence à côté de Nietzsche. Défier l'opinion, la fameuse bienpensance, en général de gauche, constitue la seule marchandise de sa petite épicerie, qui vivote et se relance comme elle peut...

"De préférence du côté de Nietzche". Je ne comprends pas...

Si c'est pour dire que c'est un penseur de droite, dites-le, ne faites pas appel au concept d'un autre. Celui-ci serait bien en mal de se reconnaitre dans la moindre des assertions de ce Redeker.

Je ne comprends pas non plus... pourquoi j'aurais à dire "penseur de droite" (drôle de caractérisation) ni à propos de qui ? Nietzsche? Redeker ? Ce dernier se voulant, j'en ai l'impression, un philosophe "intempestif", à l'image du premier. Sans qu'il soit nécessaire d'en tirer, de l'un ou de l'autre, une désignation politicienne qui semble vous importer au plus haut point.

Excellent, la réponse que l'on aurait aimé écrire. Un temoignage nécessaire de la dérive de cet homme qui se prend pour un intellectuel et qui a surtout un goût démesuré pour la martyrologie.

Parallèlement, c'est une illustration supplémentaire des errements actuels des Temps modernes (même si l'article est publié dans le Monde).

Par ailleurs quand on passe que Sarkozy s'est aussi échiné pour qu'un triumvirat qualifié de gauche ne prenne pas le contrôle du Monde ! Il ne doit pas plus avoir de souci à se faire.

Comme si un philosophe ça travaillait... c'est une réforme pour les cadres, des gars derrière un bureau qui papotent toute la journée, passent leur temps sur internet, font bosser les autres. Moi je fais ça même dans un cercueil.

c'est exactement ce que j'avais pensé, mais incapable de l'illustrer dans un texte. Bravo et merci

L'article de Redeker, que je viens de lire, ne mérite pas cette étude de texte tatillonne que j'estime biaisée (éventuellement par sa réputation et son républicanisme obsessionnel sur lequel j'avais écrit un article en son temps).

 

Ce qu'il dit est simplement que la retraite est un mythe français (laïque) qui remplace celui du paradis pour faire accepter les conditions sociales précaires, sur le principe: "après la retraite, on pourra aller aux Seychelles". Ce n'est pas une si mauvaise idée, ni si mal intentionnée. Quelqu'un de moins maladroit aurait pu dire "jouissons maintenant au lieu de rêver à des lendemains qui chantent", s'il avait voulu se faire bien voir.

 

Bref, Redeker est un peu con, mais la chasse à l'homme qui règne sur Médiapart est répugnante. Je disais ailleurs que ça me rappelle ma jeunesse, dans les années 70. Je suis content de voir que je suis toujours antistalinien. Mais je suis plutôt inquiet de voir que le stalinisme persiste sans Staline (un peu comme le racisme anti-immigrés sans Arabes de certaines campagnes françaises).

 

"A hurler avec les loups on ne fait qu'ajouter une voix au concert"

"Chasse à l'homme" ? Comme vous y allez !

L'exagération verbale nuit à la pensée. Je trouve pour ma part que Pascale Fautrier réfute de façons pertinentes les élucubrations de Redeker.

Je n'ai pas lu son article (je ne lis plus "le Monde") mais je l'ai entendu sur France-Culture. Au début de son intervention on croyait avoir affaire a un type progressiste et à la fin on se retrouvait avec le réactionnaire le plus banal qui soit.

Le nombre d"intellectuels" qui pour mieux vendre la soupe libérale aiment à se faire passer pour des "intellectuels de gauche" est impressionnant .

Tiens, un commentaire de Jacques Bolo où ne figure pas le mot "con".

Ledit Bolo parle de chasse à l'homme.

Où a-t-il vu une chasse à l'homme, Bolo, là où il n'y a que controverse ?

Prendre une controverse pour une chasse à l'homme, me rappelle quand on contredisait Georges Marchais : il hurlait à l'anticommunisme viscérâââl.

Qui est stalinien ?

PS - Quelqu'un aurait entendu Béatrice Schoenberg confier : "Bolo m'en parle!" Il aura ouï sans cogiter...

Moël Jartin

Un branleur, en somme ?

 

LEQUEL?

Ici ce ne sont pas les hommes que l'on chasse ,mais les idées!

CAR,s'il doit y avoir de "bons Français" et de mauvais Français ,par voie de conséquence ,c'est qu'il y a aussi et nécessairement de bonnes et de mauvaises idées ,par analogie récurrente ;et qui ne devrait pas avoir besoin d'être explicitée.

 

Erreur cher JoëlMartin :

"Bref, Redeker est un peu con,..."

Cordialement.

 

Une "bonne " étude de texte est nécessairement tatillonne ,sinon elle n'est pas ... étude de ce texte là.

Sauf à revenir aux Belles Lettres d'un passé préférant l'esthétisme à la méthode.

Merci Mme Fautrier.

Plus je lis et plus je suis convaincue que rien, mais rien, ne justifiait, maintenant, cette attaque des retraites abusivement appelée reforme.

Merci pour ce billet. Entièrement d'accord sur le fond (les combats pour les retraites ont été fondateurs dans le mouvement ouvrier), à quelques détails techniques près qui ne remettent pas en cause l'argument (pas de "régime spécial" pour les cheminots vers 1850, puisqu'à cette date il n'y a pas de régime général, et ils ne l' "obtiennent" pas : c'est une politique patronale, pas une revendication, similaire pour les mineurs jusqu'à la loi de 1894 ; la répartition est imposée d'abord par la faillite de la capitalisation, mise en place sous Vichy en 1941 et maintenue en 1945 ; et la retraite à 60 ans, c'est un peu plus compliqué que 1981 --premier abaissement de l'âge à 60 ans en 1912, dans le cadre des Retraites ouvrières et paysannes, etc.). Quant à M. Redeker, quelle légitimité a-t-il à intervenir dans ce débat... sinon celle que lui accorde Le Monde pour légitimer les positions éditoriales de son directeur. Un quotidien en chute libre, dont on espère qu'il continue à perdre, après sa réputation, ses lecteurs.

Je ne connaissais pas Robert Redeker (sinon, comme tout le monde, par ses lieux communs débités sur l'islam) et je n'ai pas lu l'article du Monde (qui ne mérite plus qu'on le lise).

Par contre j'ai entendu ce type (hier France culture). Qu'avait-il à dire ? Qu'il est philosophe et que la crise actuelle concerne les philosophes.

Qu'en philosophe on peut s'interroger... niveau prof de terminale, mais pas très brillant.

Moi aussi je suis philosophe, vous aussi vous êtes philosophe... tous nous le sommes.

C'est quoi Robert Redeker ? Quel éclairage apporte-t-il sur le monde ? Pourquoi lui donne-t-on la parole ?

Misère intellectuelle et morale de ceux qui veulent nous répondre...

Robert Redeker c'est rien, du pipeau, du vent.

vous vous trompez, vous n'êtes pas philosophe pas plus que Redeker. Le problème de la philosophie c'est qu'elle approche toujours un objet sans jamais l'atteindre. C'est sa misère mais aussi sa grandeur car elle est une image stupéfiante de la nature humaine. Il y a deux sortes de philosophe, ceux qui écrivent des livres et ceux qui vivent ce qu'ils écrivent. Je vous rappelle que Socrate n'a jamais rien écrit et Spinoza finalement très peu. Le monde n'est pas assez perdu pour en appeler aux philosophes. D'ailleurs il s'en foutent complètement du monde qui se passe très bien d'eux.

Bourbaky écrit ici : "Pascale Fautrier réfute de façons pertinentes les élucubrations de Redeker." et je suis bien d'accord !

Reste que j'aurais aimé un lien vers l'article du Monde. Merci de l'ajouter, Madame Fautrier.

Je trouve incroyable, à vrai dire peu honnête, de répondre à un article sans permettre au lecteur de s'y référer immédiatement.

Chercher sur le site du monde.fr, ce journal faux-cul ? Moins je visite ce site et mieux je me porte, question "honnêteté", justement.

je le fais à l'instant

De l'article de Redeker j'ai aussi retenu ceci : la retraite comme délivrance, comme paradis dit-il même, est une absurdité, car c'est plutôt le moment de la décrépitude, de l'Alzheimer, etc. Il faudrait donc, sinon ne jamais la désirer, tout au moins la retarder le plus possible.

Cette décrépitude est, certes, inévitable. Mais j'ai du mal à comprendre qu'un philosophe prêche, en somme, pour que nous travaillions jusqu'à ses premières prémices, jusqu'à usure totale de nos corps, jusqu'au renvoi de nos entreprises comme on jette à la poubelle des pièces trop usées.

Il faudrait appliquer à cet imbécile le principe maoïste de l'envoi des intellectuels au charbon pour qu'il cesse ensuite d'écrire de telles conneries.

Que ce monsieur qui se prend pour un grand penseur aille se faire soigner comme on soigne les fous qui se prennent pour Napoléon.

Et que le journal Le Monde, dont j'ai été très longtemps lecteur finisse par disparaître à force de s'enliser.

 

On ne peut qu'être grossier avec un énergumène aussi provocateur.

 

Moi non plus, la fatwa ne m'étonne plus.

cher bjn ,sans aller aussi loin que l'envoi des intellectuels au charbon (vous savez à quoi cela aboutit et ce serait regrettable que l'on vous entende!),sans compter qu'il existe des intellectuels ,même philosophes ,

qui ont commencé leur vie professionnelle par le charbon(ceci dit je vous comprends),ne suffit-il pas de rappeler à Mr Redeker qu'il a vraiment mal choisi sa caution?

En effet ,il semble ignorer que le pauvre Nietzche ,mort complètement entièrement ravagé par la folie ,a souffert très tôt dans sa vie "active" de troubles mentaux ,dus ,dit-on ,à la syphillis;d'où des clivages de fonctionnement et des troubles de la personnalité qui ont rendu sa "dissidence" intellectuelle nécessaire.En deux mots ,l'incohérence de Nietzche ,on le sait, lui rendait obligatoire une recherche ,passant par l'écriture ,recherche et lutte intérieure qui débordait au dehors avec des fulgurances oratoires géniales ,mais qui le concernaient LUI d'abord.

C'est donc une contradiction fondamentale que de s'appuyer sur lui pour justifier un raisonnement;j'ose dire que cela revient ,implicitement ,à cautionner ce raisonnement par le recours à des sincérités éclatés.

Du reste c'est ce que montre ,un peu ,le style de Mr REDEKER ,qui glisse des implicites de valeur (par adverbes et/ou adjectifs qualificatifs interposés)dans des assertions logiques .

Merci à cet article d'avoir fait un travail non polémique car de décorticage sur le texte et ses abords immédiats.

 

Concernant le mouvement ouvrier et la retraite il me semble qu'une partie du mouvement ouvrier, jeune CGT en tête était opposé à l'idée même de retraite, voyant dans cette proposition une volonté du patronat d'attacher l'ouvrier à l'usine. Comme quoi? Et puis nous sommes en 2010 avec une espérance de vie de 83 ans moyenne, 25 ans de plus qu'en 1945, alors il faudrait évoquer le ratio de dépendance (-15ans et + 65 ans / 16/64 ans).

L'espérance actuelle de vie en bonne santé : 62 ans.

(source, E. Plenel, Lignes de fuite, france culture hier à 17 h 55)

La France sartrienne, un huis clos les mains sales. Les jeux sont faits. La putain respectueuse et les mouches avec la nausée. L'idiot de la famille et la république du silence.

J'ai jadis pétitionné pour Redecker.

Quelle mouche l'a piqué ? Monsieur sévirait aux "Temps modernes". Il aurait plutôt sa place aux "Temps anciens", au côté de notre réactionnaire de président.

Confondre retraite et vieillissement de l'individu, cela ne fait pas riche pour qui prétend penser. L'idéal ?

Revoir "Soleil vert" : les personnes désespérées de la vie qu'elles mènent sont invitées à se suicider. Cela revient bien moins cher que de les soigner, cela leur épargne une dégénérescence aussi pénible pour elles que pour leur entourage. Et dans le film, on les transformait en tablettes vertes pour nourrir une population trop nombreuse. Science-fiction !

De moins en moins !

Je suppose que M. Redecker ne doit pas avoir un copain qui s'appelle Black, sinon, il saurait ce que sont certains travaux manuels, y compris à la perceuse dévisseuse.

A-t-il pris le temps de regarder des travailleurs du BTP, sur des chantiers en plein cagnard ou dans le froid ? Sait-il que les produits noirs qui transforment nos routes en billards pour nos belles tutures, sont cancérigènes ? A-t-il calculé combien de tonnes passent dans les mains des caissières de super-marché ? Etc

 

Assis au chaud, derrière un bureau, à essayer de comprendre la marche du monde, à lire des ouvrages plus ou moins passionnants, à rédiger des articles, à concevoir des livres, à créer...cela ne nécessite pas un grand besoin de retraite. Je sais de quoi je parle.

Mais pour avoir enseigné pendant plus de trente cinq ans à des jeunes gens issus des milieux défavorisés, je dois avouer que j'ai été très heureux de m'arrêter.Nous ne nous supportions plus beaucoup. Question de génération. Nous ne parlions plus le même langage.
Certes, je réussissais à les intéresser aux beaux textes en dépit des recommandations de l'inspection générale. Mais à quel prix ! Métier passionnant, mais métier épuisant ! Et encore, je n'avais pas les pires élèves, loin de là !

J'approuve l'article qui descend celui de Redecker que j'ai lu, atterré.

Mais qu'il soit rassuré, plus il se vautrera dans la pensée unique, plus les salariés risquent de lui faire bouffer ses papiers, histoire d'occuper leur retraite.

Les mythes ont la vie dure.

Et puis, le temps de la retraite, c'est encore de la vie. N'importe quel pékin le sait, et bien vivre, c'est le devoir de tout vivant, selon ses désirs et ses moyens.
Relisons donc Epicure entre deux ouvrages de Marx et de Condorcet. Car la retraite permet d'avoir enfin le temps de se consacrer à des découvertes que l'activité salariée nous empêchait de réaliser. Et ce n'est pas rien.

Bravo ! Voilà de l'analyse ! Tout est dit d'emblée, un seul mot de l'article critiqué suffit à en dévoiler la face cachée : "probablement". Il n'est pas toujours aisé de démasquer l'adversaire, voilà qui est fait avec brio !

Merci.

Je redescend des hauteurs où Pascale FAUTRIER déploie sa critique de M. REDEKER, auquel, en passant, je trouve qu'elle fait bien trop d'honneur en lui consacrant une réfutation aussi argumentée - à laquelle j'adhère entièrement. Il y a au moins quelque chose à tirer du papier de M. REDEKER. Pour établir sa vision funèbre de la retraite, ou plus exactement du temps de la retraite présenté comme l'antichambre de la mort - cela me rappelle "ce vieillard, amas d'organes en voie de décomposition", aimable formule d'un autre grand penseur contemporain, Michel Houellebecq , il se voit obligé de montrer le travail comme la période malheureuse de la vie : un enfer ou au moins un purgatoire avant le paradis. Le temps, je le cite, de " la précarité, l'inégalité, la soumission, l'exploitation, autrement dit le travail comme malédiction". Là, il est à l'opposé de la vision sarkozyenne et "MEDEFienne" du travail exalté comme "valeur" pivot de la vie contre tous les fanatiques du temps libre dont les 35 heures sont le symbole honni. Cette posture est-elle volontaire et assumée, ou plutôt ne révèle-t-elle pas malgré lui la contradiction fondamentale de son propos et et l'incohérence de sa démonstration ?

Christian R.

je crois plutôt qu'il s'agit d'un mépris "aristocratique" (Nietzsche) pour le monde du travail, bien à vous, pf

Je suis d'abord allé lire le truc de Redecker. Syntaxe laborieuse, style gauche et obscur, fond faiblard et dépourvu d'intérêt comme de substance. Genre 6/20 un jour d'indulgence. Vous écrabouillez assez joliment (au grand dam de Bolo, ce qui est assez rigolo…) cette copie médiocre qui en soi n'en vaut guère la peine. Mais puisqu'il semble avoir eu quelque écho vous avez bien fait de mettre les choses au point. Le fait que le Monde n'ait pas mis à la corbeille un papier si peu pensé et mal écrit en dit long…

 

Il est bien évident pour moi que Redeker est un peu médiocre, mais cette idée de "mythe de la retraite" par opposition à une vie plus riche, même si elle est mal exprimée, est assez juste. Ne pas le voir est une faute. La Fautrier (intermède comique). Noter 6/20 et dire que le niveau baisse est un biais de prof réac.

 

Pour les autres commentaires à mon égard: la "chasse à l'homme" ne s'adresse pas à la critique de Redeker, que je trouve donc infondée (selon mes remarques précédentes), mais à tous ceux qui font chorus, spécialement sans avoir lu le texte. Ce qui est bien un procédé stalinien de conformisme qui s'acharne minablement sur quelqu'un désigné comme un ennemi du parti pris. Je suis content de ne pas hurler avec les loups. Et je plains ceux qui n'ont pas conscience de mal se comporter.

 

Ma critique du même Redeker (voir "Le pari perdu d'Alain Finkielkraut") - que je crois évidemment plus pertinente - et mon jugement sur son texte actuel, me permettent de me considérer avec autosatisfaction comme quelqu'un de sévère mais juste, si on parle d'attribuer des notes. Et je maintiens mon jugement négatif sur la chasse à l'homme et le conformisme, malgré les suppliques infâmes des parents d'élèves auprès de l'administration. Je romps (le fer) et ne plie pas.

Tentative bien laborieuse de vous disculper, votre seul argument étant de ne surtout pas faire comme les autres.

4/20 bon poids.

Pauvre con, je n'ai pas l'impression de tenter de me disculper. Je n'ai pas commis de faute, et je persiste et signe. Encore une preuve que vous ne savez pas lire.

Eh oui, vous êtes le seul à savoir lire. Félicitations !

Et vous me semblez particulièrement courageux derrière votre clavier.

 

Ne vous en déplaise, j'ai bien lu vos arguments :

  1. Votre approbation de Redeker se réduit à énoncer sans démonstration que son idée "est assez juste". Rien d'autre. Un peu court, non ?
  2. Fort de cette brillante démonstration, vous passez ensuite au procès d'intention : "chasse à l'homme (...) sans avoir lu le texte" (me concernant, j'en ai donné le lien dès mon premier post), "procédé stalinien" (quelle imagination !).
  3. Enfin l'aveu ultime de votre prise de position : "Je suis content de ne pas hurler avec les loups." De vous distinguer, donc, de cette piétaille selon vous bornée : cqfd.

Alors voyez-vous, traitez moi de con à l'abri de votre clavier si cela peut vous aider à vivre, mais reconnaissez au moins que j'ai été très clément en vous accordant 4/20.

De cela on déduit que vous êtes probablement de ces privilégiés incapables de comprendre que la retraite puisse être vêcue comme une délivrance pour l'écrasante majorité d'entre nous, traitant de con cette piétaille qui refuse d'être exploitée jusqu'à usure complète.

@ bjm

T'as tout faux et tu ne sais pas plus comprendre que tu ne sais lire.

Je constatais simplement que certains faisaient chorus ("chasse à l'homme") alors qu'il revendiquaient eux-mêmes "à la Finkielkraut", de ne pas avoir lu le texte de Redeker tout en approuvant celui qui le critique ("stalinisme"). C'est un fait et si tu veux pas le considérer va te faire foutre. J'ai bien précisé pourquoi son texte est assez juste ("jouir maintenant"), mais décidément, ça percute pas quand tu veux pas comprendre. Et oui, je suis content de me distinguer des cons ("sitôt qu'on est plus de 4...", Brassens), si les cons sont contents de sentir réciproquement la chaleur de leur communauté, c'est pas mon problème.

 

Je te fais remarquer que je signe de mon nom et que je ne suis donc pas "à l'abri de mon clavier". Tes arguments sont vraiment de la merde.

Votre grossièreté vous enlise davantage. Pff...

Pauvre mec, pour la grossièreté (te voilà donc prof de bonnes manières!), voir ce que j'en dis sur mon blog en suivant le lien sur mon nom (argument que tu n'as visiblement pas enregistré dans ta petite tête).

Jacques Bolo

J'ai été lire votre "le pari perdu d'AF". Si j'avais envie de vous agacer je vous mettrais une très bonne note…

Votre pensée, quand vous la développez, vaut largement mieux que vos agressions lapidaires et méprisantes. Et ce petit bout d'idée que vous démêlez du mollasson fouillis redeckerien, au lieu d'assèner à la Fautrier (comme vous écrivez de façon déplaisante) que c'était une faute de ne pas en voir la justesse, développez le donc avec votre acuité, ce sera plus intéressant.

Prof réac

Le travail des bons profs est de voir les bonnes idées dans les travaux médiocres et de rehausser leur auteurs au lieu de les rabaisser. Je ne vois pas ce qu'il y a de déplaisant à faire un jeu de mot ("La Fautrier" / "la faute y est") quand il s'agit bien d'un faute, et que la vraie faute est la chasse à l'homme. C'est vraiment un prof réac qui se contenterait de corriger les fautes d'orthographe ou de goût des nazis ou des staliniens? Je préfère identifier les véritables problèmes.

 

Et si vous voulez des développements sur le thème du travail, vous pouvez lire "Logique économique : Travailler plus...", toujours à la rubrique humour. Je fais dans le lapidaire-méprisant sur Médiapart, je développe sur mon site.

 

Sinon, merci de votre bonne note (que je mérite), mais je suis plutôt pour l'autoévaluation (des adultes surtout). C'est la maladie professionnelle des profs (réacs) de croire qu'ils sont là pour distribuer des bons points.

 

Pour avoir lu dans le Monde.fr l'article consternant de Redeker (où l'on confond vieillesse et retraite ; or si les deux sont corrélées, l'une n'entraîne pas l'autre, mais peut, parfois, la retarder) et maintenant cette réplique dans Médiapart, je me félicite de l'existence de ce site d'information et de débat contradictoire. Abonné aux deux, Monde.fr et Médiapart, je me dis que j'encourage des occasions de débats intéressants (ce qui m'empêche, pour le moment, de me désabonner d'un Monde.fr, de plus en plus décevant, voire désinformant).

Salut, les intellos, vous avez bien pris votre pied ?

Moi j'ai bien aimé le copain Max qui regrette que Redeker m'ait pas un copain qui s'appelle Black : C'est plus près de l'Almanach Vermot que de Sartre dans le texte mais bon ...D'accord, ce philosophe est un peu bête, ne serais-ce que pour n'avoir pas compris que les gens, jeunes ou vieux, préfèreraient prendre leur retraite avant que ne les affectent des désagréments mineurs comme Alzeimer ou Parkinson.Il lui manque sans doute un peu aussi ce "feeling" de la perceuse et de la dévisseuse qui aurait pu lui faire intuiter que dans un monde fini et réduit à une petite planète le vrai mythe est de croire qu'on peut poursuivre une croissance infinie et d'ignorer que les outils que notre génie développe dans une vie de travail, à condition d'être convenablement partagés devraient permettre aux suivants de ne pas perdre toute une vie à la gagner.

Certes, ce pauvre Redeker se prépare une pitoyable retraite en attendant la mort, encore que son statut de professeur agrégé et ses multiples casquettes lui promettent une agonie assez douce loin des affres du RMA. Ce frimeur s'était déjà fait connaitre en son temps par un article provocateur sur l'Islam que Justin Vaisse, autre agrégé, qualifiait en son temps de "stupide et politiquement irresponsable" et on peut se demander pourquoi "Le Monde" lui a donné la parole malgré sa vacuité, mais la réponse n'est-elle pas dans la question ?

Dans notre monde ou la com remplace les arguments, la propagande fait feux de tout bois et en définitive mon commentaire sur cet article insignifiant se trouve être le 35ème et contribue à lui donner une importance qu'il n'a pas..

Alors, stop, la philosophie se pratique aujourd'hui dans la rue.

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