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Michel Houellebecq, un poète ordinaire ?

L'ordinaire est une notion à la mode depuis au moins l'après-guerre dans les sciences humaines (et littéraires). Cette valeur qu'on lui prête désormais, toute une tradition de poètes l'exprime depuis fort longtemps. Tradition à laquelle il serait tentant a priori de rattacher la poésie de Michel Houellebecq.

Dans Interventions (1998), l'auteur lui-même met sur cette piste de lecture : «Je suis fasciné par les phénomènes inédits du monde [...] Je n'arrive pas à dépasser cet aspect des choses, à échapper à cette réalité : je suis effroyablement perméable au monde qui m'entoure.» Par écho, on peut entendre également dans ce sens les titres qu'il donne à ses recueils de poèmes : La Poursuite du bonheur (1992), Le Sens du combat (1996). Et ces quelques vers comme emblématiques de cette démarche :

«Et le monde a pris forme,

Le monde est apparu

Dans sa présence nue,

Le monde.»

Par ailleurs, il faut bien voir que l'ordinaire se décline sur une modalité de temps bien spécifique : le quotidien. Pour une grande part dans la poésie «moderne», sa spatialité est celle de la ville, des lieux de passage, où va pouvoir s'inscrire toute une rhétorique du ressassement, à la manière d'une «métrique» de la vie. Houellebecq se demande d'ailleurs «comment les autres poètes arrivent à s'y soustraire : vivent-ils tous à la campagne ?».

Dans le contexte de cette «extension du domaine de la lutte» prôné par l'écrivain dès son premier livre, pour affronter avec un héroïsme tout contemporain la vie quotidienne, rien de tel, semble-t-il (voir également du côté de Philippe Murray par exemple), que le recours (ou retour) aux poèmes à forme fixe (sonnet par exemple), où tintinnabulent à souhait la métrique royale de l'alexandrin, ou celle, plus élégiaque, de l'octosyllabe, quitte à glisser quelques vers «faux» sous ses pas :

«Et le but de ma vie s'efface

Droit devant, la tour Montparnasse

Dont les étages au ralenti

S'allument comme un rêve englouti»

Jules Laforgue, le père du «vers faux» selon Mallarmé, se serait sans doute exclamé à ces vers de Michel Houellebecq avec toute la dérision amère, décadentiste qui l'animait, la bouche en chœur d'octosyllabe, et sans sourire : «Ah ! que la vie est quotidienne».

C'est que la poésie a partie liée de longue date avec cette lutte contre les nécessités apparentes, sur fond de gouffre personnel et de déréliction universelle. Toute une tradition de poètes trouve à y être ressourcée : celle de l'infortune, de la pauvreté de moyens dans l'écriture, de l'humilité du poème de Rutebeuf, de Villon. Passé le règne du surréalisme (beaucoup pour le meilleur) sur les lettres françaises, on a redécouvert cette poésie du «sujet», du «moi», du récit latent, de l'affectivité qui peut être ouverture au monde, tout comme l'imagination. Retombé le soufflé de l'analyse structurale du poème, on a redécouvert dans les œuvres poétiques jusqu'à ce qui du passé, de l'oubli ne peut s'oublier, notamment chez Nerval avec sa recension toute personnelle, affective, profondément sensible, des chansons populaires.

Dès les années 1960, c'est cette même tradition poétique que fit entendre, en éclaireur, un poète comme Georges Perros dans ses Poèmes bleus (1962) ou Une vie ordinaire (1967).

«Si ton bonheur est dans le vent/ Donne au vent toute la nature». Ce distique (en octosyllabe) de Perros montre combien ce poète avait compris la grande leçon de cette modernité si décriée par «nos contemporains» : à savoir que, comme le dit si justement Henri Meschonnic, «la nature est dans la voix», et non l'inverse. C'est le langage, et lui seul, qui ouvre «au monde d'une voix» d'un poète, selon Armand Robin.

Voici ce qu'est un poème ordinaire, d'un poète ordinaire, pour Georges Perros, assez proche sans doute de l'idée que s'en fait Michel Houellebecq, mais que l'on peut juger bien éloigné de ce que lui-même donne à lire :

«Vivre est assez bouleversant

quoique médisent nos sceptiques

De quoi demain sera-t-il fait

ô plus on va plus on le sait

car enfin le jeu perd sa mise

et les dés meurent dans nos mains

Porte de plus en plus étroite

qu'il est maigre notre destin

pour y trouver de quoi le fuir»

(Georges Perros, Une vie ordinaire)

Il est vrai que Perros n'a jamais déclaré, comme Houellebecq, « je m'intéresse moins au langage qu'au monde »...

Tous les commentaires

kairos Il y a chez Michel Houellebecq poète un fort aspect "vers de mirliton" (par exemple: "La voisine a quitté l'immeuble,/La cuisinière est arrivée/J'aurais dû m'acheter des meubles,/Tout aurait pu être évité.") qu'il faut peut-être rapprocher de l'opuscule "Rester vivant": "Ne vous sentez pas obligé d'inventer une forme neuve. Les formes neuves sont rares. Une par siècle, c'est déjà bien. Et ce ne sont pas forcément les plus grands poètes qui en sont l'origine. La poésie n'est pas un travail sur le langage. Pas essentiellement. Les mots sont sous la responsabilité de l'ensemble de la société." Si on compare avec le poème de Perros que vous citez, ce que je ressens, c'est le ratage musical", la perte du lyrisme... Et ça explique peut-être que Michel Houellebecq ait tenté un moment une carrière de chanteur "électronique", comme pour retrouver ce rythme absent de ses textes poétiques?

Tout dépend de ce qu'on appelle rythme. Ce que vous laissez entendre de la "musique électronique" sonne comme tant de discours entendus à chaque époque sur le jazz, le rock, le rap, etc. Une chose est certaine : contrairement à Georges Perros, Michel Houellebecq ne commence jamais un vers par ô. Du coup, ne pratiquant pas ce ridicule signe de reconnaissance encore en vigueur chez nombre de ceux qui se disent poètes (Rappelez-vous Jonathan Litell…), il n'est pas reconnus d'eux comme l'un des leurs. On ne peut que s'en féliciter.

kairos Disons la prosodie... Pour le ridicule, qui en serait exempt? Et je ne donnais qu'une opinion toute personnelle, sans doute mauvaise de votre point vue qui est sûrement plus avisé que le mien... Et bonne relecture des poèmes de Michel Houellebecq, puisque vous les appréciez à ce point...

C'est un point de vue qui se respecte, Sylvain. Mais s'il ne tenait qu'à un "ô" exclamatif pour remiser tous les tics de la rhétorique... Non, de mon point de vue, et c'est ce que j'essayais de montrer, c'est toute une pratique et une pensée du langage qui est en jeu. Houellebecq n'est qu'un exemple parmi d'autres - mettons particulièrement exposé - d'une perte à mon sens toute contemporaine de notre pouvoir d'énonciation par et dans le langage. Surtout en poésie. Qui n'est pas qu'une affaire de poètes ou de spécialistes auto-proclamés.

Ton point de vue se respecte tout autant, Patrice. Mais je suis en désaccord total : Houellebecq, selon moi, fait partie de ces quelques auteurs contemporains, poètes ou non, capables de dire le monde par le langage (dans je ne sais pas trop ce que ça veut dire, le langage est un outil et la littérature une communication sans que ce soit le moins du monde péjoratif à mes yeux).

Que Houellebecq dise quelque chose du monde qui nous entoure, Sylvain, je n'en disconviendrai pas, pas plus que je ne discuterai ton adhésion à sa démarche. Simplement, je soupçonne là une littérature "reflet" de son époque. Ce qu'une création n'a pas à être pour moi : elle doit inventer son temps (la "reconnaissance" en viendrait-elle longtemps après - la poésie est remplie d'exemples de contretemps de cette sorte chers à Nietzsche). Sinon, concernant sa poésie, nous n'adoptons pas le même point de vue. J'essaie de me placer de celui du poème, de ce que j'en connais. Et là, ce qui opère a priori pour la communication "change". Le poème trace un sillon (versus pour vers), qui fait retour sur lui-même (d'où "dans"). Mais je file juste cette étoile. Vraiment filante pour le coup, à mes yeux, dans les poèmes de Michel Houellebecq. Mais chaque lecteur est libre d'inventer sa lecture, sa vie, son temps...

La métaphore très riche du sillon qu'évoque Seamus Heaney dans son poème "Digging": Between my finger and my thumb The squat pen rests; as snug as a gun. Under my window a clean rasping sound When the spade sinks into gravelly ground: My father, digging. I look down Till his straining rump among the flowerbeds Bends low, comes up twenty years away Stooping in rhythm through potato drills Where he was digging. The coarse boot nestled on the lug, the shaft Against the inside knee was levered firmly. He rooted out tall tops, buried the bright edge deep To scatter new potatoes that we picked Loving their cool hardness in our hands. By God, the old man could handle a spade, Just like his old man. My grandfather could cut more turf in a day Than any other man on Toner's bog. Once I carried him milk in a bottle Corked sloppily with paper. He straightened up To drink it, then fell to right away Nicking and slicing neatly, heaving sods Over his shoulder, digging down and down For the good turf. Digging. The cold smell of potato mold, the squelch and slap Of soggy peat, the curt cuts of an edge Through living roots awaken in my head. But I've no spade to follow men like them. Between my finger and my thumb The squat pen rests. I'll dig with it. Seamus Heaney Par ailleurs, je n'apporterai pas de réponse critique et argumentée sur la poésie de Michel Houellebecq. Il est vrai que le travail sur le langage n'est pas sa préoccupation. Certains vers tournent à vide et côtoient l'abîme (il faut souligner qu'il s'éloigne tout de même des formes rimées à plusieurs reprises). Néanmoins, j'aime Houellebecq poète et bon nombre de ses vers...

Seamus Heaney est un poète important. Un poète. Merci à vous. Par ailleurs, il y aurait bcp à dire sur cette tradition du poème "à dire" en public qui s'est perdue en France, historiquement, c'est un fait (alors qu'en Irlande...). Quand on nous enviait notre richesse (Baudelaire, etc.), quand on se querellait sur des problèmes de "poétiques", d'autres faisaient, pratiquaient. C'est toute une histoire qu'il nous faudrait remonter. Si on est plusieurs à le penser, à le souhaiter, on le fera. Là, je pense précisément à cette coupure radicale qui existait dans les années 30 entre les surréalistes (en France) et le groupe de Londres (autour d'Auden). Mais on y reviendra, c'est dit.

Je suis bien d'accord avec vous, cher kairos. J'ai juste essayé de poser ce qui me semble être un malentendu (encore un !), cette fois-ci sur cette notion d'ordinaire, de poème ordinaire, si chère à Perros. Il y a tellement de brouillage autour de la "poésie contemporaine". Dans les pratiques et les pensées...

Ou l'art d'être inactuel sous une apparence d'actualité, cher Patrice… Des poèmes de Houellebecq, je n'ai lu que ceux qui sont donnés sur son site, avec l'impression qu'en bon conservateur, il s'accroche à la rime, d'où cette impression de "vers de mirliton" dont parle Kairos.

kairos Je ne visais pas la rime en tant que telle... Appolinaire, Cocteau ou Aragon, me semblent l'avoir pratiquée, avec bonheur et modernité... L'évolution formelle de Jacques Reda, par exemple, réintroduit égalemment la rime... Pour Michel Houellebecq, ce qui, à mon humble avis, fait défaut, c'est le "rythme", la scansion, par quoi se distingue une écriture poétique originale. J'y trouve une sorte de dégré zéro du vers, lequel traduirait notre monde de la déréliction, comme si le langage illustrait un sens, une vision des choses, et n'était pas l'enjeu même... Enfin, c'est ma façon de voir...

Et oui, mais comme il affectionne tout particulièrement sa production poétique dans l'ensemble de son "oeuvre", un petit détour s'imposait peut-être, fût-ce pour signaler une impasse. L'occasion était aussi toute trouvée de faire réentendre ce merveilleux Georges Perros...

Oui, et aussi l'évocation de Nerval et Laforgue…
Maintenant que tu m'as répondu, je ne peux "éditer" (question d'heure) mon premier commentaire alourdi d'impressions. Que ceux qui n'ont jamais/écrit de commentaire/en rentrant leur bois pour l'hiver/me jettent la première pierre.

Je ne connais pas ses poèmes, mais j'ai lu presque tous ses romans. J'ai surtout aimé le premier (Extension du domaine de la lutte), de loin mon préféré, et que j'ai lu avant que le lascar soit très connu. Donc globalement je peux dire que j'aime assez sa "prose".... mais nettement moins sa "pose" (d'ennemi public, d'éternel incompris ou de poète maudit). Et en ce qui concerne le culte de l"ordinaire" que tu évoques, Patrice, cette sorte de parti-pris de non-lyrisme, de dégonflage des bousouflures de l'esthétisme (le ô dont parle + haut Sylvain Bourmeau), il me semble que ces dernières décennies, il n'a pas touché que la littérature ou la poésie, mais aussi le design, l'architecture, la musique ou les arts plastiques... Quelque part (une expression qui sent son Paris-VII des années 1970 à plein nez, vous m'excuserez), je pense que cette tendance a fait du bien, qu'elle a "rincé" des choses, apporté un "autre" regard et déplacé le sujet-même de la littérature, de l'art ou de la poésie vers une plus grande proximité. Ce qu'il ne faudrait pas, c'est qu'à la longue, cela devienne un système et une engendre nouvelle forme d'esthétisme tellement enfermée sur elle-même que l'on aboutirait à une linéarité totale, à un "plat" minimaliste et abolu. Et c'est un peu ce qui est en train de se passer. Comme si la création voyait son tracé encéphalographique s'aplanir, s'aplanir, s'aplanir... jusqu'au vertige du rien. Et à la description quasi-clinique de la peau de ce monde. De sa surface. Et de surtout rien d'autre. Je n'aime pas Michel Houellebecq. Mais j'aime le lire. Même si je ne sais pas pour combien de temps.

Merci, chère Gds, pour ce commentaire nourri. On partage la même expérience : j'ai connu "L'Extension du domaine..." éditée par Nadeau, au tout début donc. J'ai dû même assister (accidentellement) à la première lecture en public de Michel Houellebecq (très précisément, au Loup du Faubourg, rue de la Roquette, en 1996). Par ailleurs, je te suis tout à fait dans ce "dépoussiérage" nécessaire d'une certaine esthétique. Le langage qu'on écrit est une relation au monde, et il change. Mais elle demeure (la relation) grâce au langage. Je reviendrai (je l'espère) par d'autres chemins de traverses (le rendez-vous manqué de la poésie française avec la beat generation américaine, notamment) sur tout ce que tu évoques avec justesse. Et je te souhaite (sans rire) de continuer à aimer lire Michel Houellebecq.

«Et le but de ma vie s'efface Droit devant, la tour Montparnasse" J'ai apprécié votreanalyse, Patrice Beray, et de merci nous avoir fait partager ce grand moment de poésie, et surtout d'avoir rappelé, à côté Perros... édité réflexion faite, j'aime plutôit bien le premier vers... Je change donc mon commentaire : merci de nous avoir fait partager ce grand moment de rime, et surtout d'avoir rappelé, à côté Perros... PS : je suis en train de tenter de me souvenir de Nerval : n'est-ce pas "Une dame à sa fenêtre ?" ou, "Il est une dame à sa fenêtre..."

Chère Fantie, vous pensez sans doute à ce poème "Fantaisie" recueilli dans "Aurélia" : "Puis une dame, à sa haute fenêtre/ Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens.../ Que dans une autre existence peut-être,/ J'ai déjà vue ! - et dont je me souviens!"

Merci !

" Un grand écrivain du XXè siècle a fait remarquer que dans le mot français - oiseau -c'est très joli, il a repéré ça-, il y avait toutes les voyelles. C'est le seul mot comme ça. C'est un drôle de hasard, une drôle de chose. ( Le y, c'est le doublet du i, donc au niveau du son, c'est pareil, voilà.) C'est comme si l'animal qui chante le mieux avait dans son nom le son de toutes les voyelles. Cet écrivain s'appelait Francis Ponge et il est mort maintenant,c'était un vieux monsieur, mais nous les écrivains, c'est quelqu'un que nous respectons beaucoup." . ( Extrait de -petite conférence pour enfants sur le langage- animaux et animots- de J.C.Bailly.) . Merci Patrice, pour " l'ordinaire" et Villon aussi. J'ai mis un autre extrait qui suit celui ci dessus, pour A.Perraud et vous, sur l'aîné des test).

Merci à toi, chère Vancouver, pour "tous" les liens...

Dans mon panthéon d'écrivains ordinaires, de mémoire: " Et puis la tristesse est venue me recouvrir comme de l'eau qui allait me noyer. Et j'ai jeté pierre après pierre dans cette eau. Dureté contre dureté. Jusqu'à ce que je puisse sortir de l'eau, en marchant sur ces pierres." ( Selon les traductions de Fleisser, ça peut donner aussi: la dureté contre toi, la dureté contre moi- ou l'inverse).

Sauf erreur de ma part, je crois savoir que chez Mediapart les abonnés sont aussi des clients puisqu’il s’agit d’une plateforme aux services payants. . Or, à la lecture des commentaires déposés sur tous les articles qui de près ou de loin concernent Houellebecq, force est de constater que vous êtes tout au plus, deux ou trois à penser sur Médiapart et dans la rubrique “Culture et idées” (la bonne blague !) - entre autres rubriques -, que Houellebecq est un auteur qui compte. . Aussi, j’en appelle à la direction éditoriale de Mediapart afin que l’on se décide à tenir compte de l’avis, des goûts et des besoins des abonnés-clients du journal ; et de ce fait, que l’on cesse de nous noyer sous une pluie d’articles concernant Houellebecq, article d’un niveau abyssal le plus souvent, tous plus indigents les uns que les autres jusqu‘à la nausée. . Jusqu'où les responsables de la rubrique "Culture et idées" vont-ils descendre ???? _________ En ce qui concerne cet article qui parle de "poésie" (et comment il en parle ! vous n'avez jamais honte manifestement !) Pour la poésie, votre Houellebecq n’a même pas le niveau d’un Ferré. Et je suis gentil avec vous : je ne viens pas l'écraser avec un Mallarmé, un Char ou bien, un Michaud, même Aragon. . . Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com

Dites-moi, cher Serge Uleski, blague à part, vous-même n'avez-vous pas fait un billet sur Houellebecq ou quelque chose d'approchant ? Quant à cet article, à sa "teneur", vous savez lire ou pas ? Faites au moins cette démonstration-là.

Oui. J'ai écrit un article, pas deux, ni dix sur houellebecq ; et pour dire que c'était de la m..... . . Je suis client. Mon blog n'est lu a priori que par moi. . Vous êtes salarié de Mediapart. Même si votre article est un article de blog, votre blog, la rédaction a choisi de le mettre en avant sur la page d'accueil du club ; alors que vous savez que votre rédaction a déjà consacré de nombreux articles sur cet "auteur". ___________ Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com

Je comprends, mais vous vous trompez de débat avec moi. Je ne réagis pas par rapport à "ma rédaction", en termes de pouvoir du moins. Bien plutôt en termes de débat. Et vous voyez bien qu'il est contradictoire. Je suis votre blog. Ne tombez pas dans ce piège du "vu connu". Ca n'existe pas ici pas plus qu'ailleurs, vous le savez aussi bien que moi. Filez votre étoile, avec votre humour, votre sens de la dérision sans égal (mais oui, je le pense). Bonne aventure à vous.

Depuis trois mois, la rubrique " culture et idées" c'est houellebecq, bégaudeau et angot. . Ne me dites pas que c'est normal et que les lecteurs n'attendent rien d'autres de cette rubrique. . Je sais que ce n'est pas le cas. . Et comme ça ne suffit pas, la rédaction met en avant les articles des blogs des journalistes de médiapart sur ces mêmes auteurs et/ou sujets... . C'est trop. . .________________________ Alors comme ça, vous suivez mon aventure ? C'est gentil ça. Ben... ne me perdez pas de vue. Restez avec moi ! (dans quelques temps, ça pourrait bien valoir le coup d'être resté dans le coin)... (sourire) __________ Cordialement Serge ULESKI : Litérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com

. Je suis de très loin la littérature moderne; je n'ai donc pas d'avis ni sur Houellebecq, ni sur Angot, si sur Bégaudeau; en revanche, je me sens, plutôt intuitivement que rationnellement, très souvent en accord avec serge ULESKI. . Il y a, qu'on le veuille ou non, un "formatage" Médiapart; une "bienpensance" Médiapart. C'est assez piquant, d'ailleurs, dans la mesure où Médiapart voudrait s'afficher en rupture avec le formatage ordinaire, la bienpensance ordinaire. . Or, pour exister, Médiapart va se voir contraint, de fait, de créer ses propres valeurs, ses propres normes. Car ce n'est pas autre chose, le formatage, la bienpensance. Le formatage ne se fait pas sans le double processus de l'inclusion-exclusion. . J'avais, il y a quelques jours, fait allusion à la création d'une amicale des anciens de Médiapart. J'aurais assez volontiers envisagé serge ULESKI comme président. Quelqu'une m'a fait remarquer que je dramatisais excessivement. Personne ne voulait virer personne. Dont acte. . Je parlerai donc, désormais, des mauvais élèves de la classe. Je propose qu'on mette Serge ULESKI dans le fond. Il ne sera pas seul, d'ailleurs; j'en ai repéré quelques autres.(Sans oublier, tout de même, ceux qui déjà, d'eux-mêmes, se sont effectivement exclus, soit en ne renouvelant pas leur abonnement, soit en s'abstenant de publier). Pour tout dire, j'ai envie de rejoindre les mauvais élèves. Près du radiateur. . jpylg

Ah non! Surtout pas d'exclusion. Pour ma part, je suis un lecteur attentif de Serge Uleski. Voilà un contributeur toujours prêt à ferrailler. Les portes claquent, les courants d'air emportent les mots et la mauvaise foi n'avance pas toujours masquée. Donc le fond de la classe est grand ou doit l'être: rassurez-vous, les mauvais élèves sont assez nombreux à Mediapart aussi et nous réservons notre place près du radiateur avec vue sur l'horloge et chewing gum collés sous la table. Bien à vous.

enfin, quelqu'un qui écrit court!

" Le philosophe produit des idées, le poète produit des poèmes, l'ecclésiastique des sermons, le professeur des traités... Le criminel produit des crimes. Si l'on regarde de plus près les rapports qui existent entre cette dernière branche de production et la société dans son ensemble, on reviendra de bien des préjugés. Le criminel ne produit pas que des crimes: c'est lui qui produit le droit pénal, et donc l'inévitable traité dans lequel le professeur consigne ses cours afin de les mettre sur le marché en tant que - "marchandise-". Il en résulte une augmentation de la richesse nationale(.......) Plus: le criminel produit tout l'appareil policier et judiciaire.(...)La torture à elle seule, a engendré les trouvailles mécaniques les plus ingénieuses, dont la production procure de l'ouvrage à une foule d'honnêtes artisans. Le criminel crée une sensation qui participe de la morale et du tragique, et ce faisant il fournit un "service" en remuant les sentiments moraux et esthétiques du public.Il ne produit pas que des traités de droit pénal,des codes pénaux, et partant, des législateurs----il produit aussi de l'art, des belles-lettres, voire des tragédies-"-La Faute" de Müllner, " Les Brigands" de Schiller mais aussi Oedipe et Richard III.Le criminel brise la monotonie et la sécurité quotidienne de la vie bourgeoise, la mettant à l'abri de la stagnation(..) Il stimule ainsi les forces productives. Karl Marx -notule de la Théorie de la plus-value

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