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Les deux Allemagnes

                   Les éditions Phébus ont publié, il y a un an déjà, un recueil d'articles deKlaus Mann, sous le titre de Contre la barbarie, 1925-1948. Je suis en retard dans ma lecture, mais ce livre tombe à point nommé. Je rappelle que Klaus Mann a quitté l'Allemagne en 1933 et que Hitler l'avait déchu de sa  nationalité allemande. Il a, pendant des années, participé à la résistance des Allemands de l'extérieur contre le nazisme. Naturalisé américain, écrivant ses derniers articles en anglais, il s'est suicidé en 1948. Ces articles expriment à la fois sa douleur de voir l'Allemagne tomber si bas -  et sa rage devant les intellectuels qui perdent tout esprit critique pour profiter des avantages que le régime nazi réserve à ses thuriféraires. Articles cruellement lucides.

                Dans une conférence prononcée, en anglais, en 1937, il  distingue deux Allemagne : celle "des poètes, des penseurs et des musiciens de génie. Ceux-ci ont d'ailleurs toujours été de grands européens, et ils en étaient fiers." (...) "L'autre Allemagne, l'Allemagne agressive, anti-européenne, a aussi produit des génies. Toutefois, ce ne sont pas des génies qui attirent l'amour et l'admiration du monde mais qui suscitent sa crainte et souvent sa haine." Et  il cite cette phrase terrible de Nietzsche :"Ce sont les Allemands qui sont responsables de tout ce qui a été gâché en Europe depuis des siècles !"

               Germanophobie ? ou lucidité, chez des Allemands, sur un aspect de l'histoire des rapports de leur pays avec les autres pays européens ? Quand j'entends que l'Allemagne de Merkel - que dira le roquet qui la suit en frétillant de la queue ? - veut interdire aux Grecs d'organiser des élections anticipées, je ne peux m'empêcher de penser que ma deuxième hypothèse est la bonne. N'est-ce pas ici même, sur Mediapart, que j'ai lu un entretien avec un ancien ministre allemand qui disait que si Merkel et Sarkozy étaient réélus, c'en était fini de l'Europe - on n'aura pas à attendre leur improbable réélection, ils auront accompli leur sinistre projet avant.

             

Tous les commentaires

La position prise par les intellectuels en temps de guerre fait couler beaucoup d'encre. Dans quelle proportion ont-ils collaboré avec l'ennemi, ont-ils reçu des menaces de mort ou déportation pour eux et leur entourage, etc.

Notre petit soleil pouvait sans nul doute avoir une attitude moins lèche-bottes auprès de la dame teûtonne, mais c'est plus fort que lui de se saborder afin de n'être pas réélu.

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