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May

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de l'intérêt de la frustration

Le hasard de la lecture des billets ou commentaires de certains de mes contacts m'a fait réfléchir sur la sorte de frustration que peut engendrer la participation au club de mediapart. L'un se plaint, avec humour, de ce que ses propos, qui lui paraissent de bon sens, suscitent des réactions souvent acrimonieuses et des reproches injustifiés. L'autre déplore la lenteur des réactions à un billet où elle critique l'initiative prise par mediapart de vendre des photos ; elle regrette aussi d'avoir dû fermer une édition qui n'avait pas trouver d'écho. Tel autre renonce momentanément à écrire, le temps que se pansent des blessures que des réactions maladroites avaient provoquées ; tel autre s'efface ; tel autre accuse mediapart (mais c'est qui précisément ?) d'être décidément nul. Toutes ces réactions me touchent - et j'ai dû en oublier quelques unes - parce qu'elles sont le signe d'un malaise et je voudrais essayer d'y voir plus clair.

Ecrire un texte et l'expédier sur le net semble devoir entraîner automatiquement que ce texte soit lu et suscite des commentaires, surtout dans le cadre du club et des réseaux qui s'y sont constitués. Quand cela arrive, il y a un sentiment de reconnaissance, aux deux sens du terme : on a de la reconnaissance pour celui ou celle qui dit que c'était génial, sympa, etc. et on se sent reconnu, ce qui somme toute n'est pas une chose si courante que ça. Or, c'est souvent le silence ou, pire, des réponses qui sont tout à fait à côté du thème traité ou, et c'est le comble,des réponses qui marquent que le lecteur n'a strictement rien compris à ce qu'il a lu. D'où, selon le caractère de chacun, des crises de rage, des moments de découragement (à quoi bon ?), des remontées des expériences de l'enfant qui se sent incompris ou mal jugé, des accusations lancées un peu à tort et à travers.

Et pourtant, tout cela est inévitable. D'abord parce que le développement du club rend impossible qu'on suive toutes les discussions, qu'on réponde à toutes les sollicitations. Ensuite parce que la rapidité de réaction à tel ou tel article ou billet ne favorise pas toujours la précision ou la clarté de l'expression. Le prof que j'ai été s'est toujours dit que s'il n'était pas compris, c'est qu'il n'avait pas su se faire comprendre - je dis ça et en même temps je sais fort bien que j'ai souvent cédé à l'explication facile de ces incompréhensions par l'ineptie du public ou par la prégnance de l'idéologie dominante...-. Donc, faut accepter ces risques : ça fait flop, parfois, alors qu'on attendait des bravos ou du moins une preuve de sympathie. Que faire alors ? mettre sa déception dans sa poche et son mouchoir par dessus, passer à autre chose ou attendre un moment plus propice,se réjouir d'un petit signe et continuer d'écrire : ce sont des attitudes possibles, il en est certainement d'autres. La frustration me semble être productive dans la mesure où elle permet un retour sur soi, où elle favorise une distance, un écart que l'échange sur le net tend justement à abolir, puisqu'on attend une réponse immédiate.

Mais il est vrai que tout cela dépend de la quantité d'énergie, d'espérances et, parfois, d'illusions investie dans l'expérience de mediapart. Et surtout si on l' a accompagnée, depuis le début, et si l'on passe devant son écran beaucoup de temps.Comme toujours on attend un retour sur investissement et l'on se prépare quelques bonnes déceptions.

Je n'ai pas de remède miracle à ces frustrations, sauf à dire que ce n'est pas si grave que ça, que c'est même une des règles du jeu et que mediapart n'est pas une communauté idéale reposant sur des valeurs communes partagées par tous les participants et qui imposeraient à tous des comportements en adéquation avec ces valeurs. Q'il y ait des grincements de dents et des froissements d'ego - et je grince des dents aussi et mon ego aussi a ses susceptibilités - me semble inévitable. L'essentiel étant que des rencontres puissent avoir lieu, se faire et se défaire au gré des discussions amorcées. Et que chacun puisse y trouver son compte.

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Q'il y ait des grincements de dents et des froissements d'ego - et je grince des dents aussi et mon ego aussi a ses susceptibilités - me semble inévitable Bon, Patrick. En ce cas, je viens de soigner votre ego en cliquant sur "recommander", là où il y a le petit pouce levé.... Ça fera déjà un... mais je suis sûre que d'autres vont suivre !

Je suis celle qui suit… Grain de sel, pour les "recommandés". Et j'ose cet aphorisme de jardinière : “La frustration, c'est comme le purin d'ortie. Quelques gouttes diluées dans de l'eau pure, ça fait grandir. Un arrosoir entier, ça fait mourir." Euh…

Ce que vous dites est sage ! C'est vrai qu'il est plus reposant de ne pas trop mettre de susceptibilité ou d'envie de reconnaissance dans ces échanges. Mais, comme vous le dites, ce n'est pas facile, car nous sommes humains. Il me semble qu'il vaut mieux prendre l'expression de ces déceptions pour ce qu'elle sont, et ne pas en déduire qu'il existe des problèmes graves de fonctionnement du club. Au contraire, cela me semble un signe de bonne santé pour un groupe lié par la confrontation des idées et des points de vue, qu'il existe quelques anicroches. Si ce n'était pas le cas, c'est que nous serions dans le politiquement correct, l'assaut de politesse, l'auto-censure, le consensus, justement pour ne pas s'exposer, et tout cela risquerait de devenir stérile.

Et Louis Jouvet disait à ses élèves: " Vous me prenez pour un idiot là maintenant, mais dans 20 ans, vous direz -il m'a dit quelque chose, un jour en classe..." Et aussi que: Quelquefois les -applaudissements- c'est comme autant de gifles... D'une autre manière, Giacometti, lui disait que si on trouvait bon son travail...c'est qu'il ne l'était pas assez....

Cher Patrick, que de sagesse dans vos propos. je vous sollicite aussitôt pour devenir un contact!

"L'autre déplore la lenteur des réactions à un billet où elle critique l'initiative prise par mediapart de vendre des photos ; elle regrette aussi d'avoir dû fermer une édition qui n'avait pas trouver d'écho"
Cher patrick rodel, La communication est difficile et vous n'avez pas bien compris le sens des réactions de "l'autre". Je déplorais le peu de réactions, en général, plus qu'à mes billets : -Pas ou peu de commentaires à l'article "Sous la lumière de Daniel Sauveur" suite auquel j'avais pour la première fois fait part de mes inquiétudes. -Pas le moindre billet( à ce moment-là) dans le Club abordant la question.
C'est pourquoi j'écrivis 3 billets successifs, espérant alerter, susciter des réactions, à ceux-ci certes, mais surtout des réactions dans le Club tout entier sur un sujet que je jugeais gravissime... Je n'ai pas l'ego si démesuré pour penser que tout le monde se précipite sur mes écrits !
idem pour la fermeture de mon édition Flamme du Patrimoine: Ce n'est pas la déception, réelle, de voir les articles que j'y écrivais rester sans écho qui m'a poussée à la fermer, mais le fait qu'une édition participative étant, par définition, collective je ne pouvais rester éternellement seule à y écrire . En effet Serge ULESKI qui s'était inscrit comme rédacteur, plutôt en soutien amical, n'y avait jamais écrit. Et Jonathan Dulché qui y écrivit un seul article, venait de quitter l'édition...

Patrick RÖDEL chère "l'autre", ne voyez dans cette formule nulle distance, mais" l'un" l'appelait et je ne voulais pas aller plus loin dans la personnalisation, même si je savais que ce que j'écrivais était adressé à quelqu'un. Je ne crois pas avoir employé à votre égard l'expression d' ego démesuré et n'ai retenu votre exemple que parce qu'il me semblait illustrer une des formes de frustration-déception que je voulais analyser. Et encore une fois, je ne me suis pas dissocié de ces frustrations, qu'il m'arrive aussi de resentir, j'ai simplement voulu signaler qu'elles reposaient sur un surinvestissement de la communauté mediapartienne et sur les inévitables malentendus que génère la chose écrite. Donc, vraiment pardon si je vous ai mal comprise ...

Cher Patrick Rödel, Je n'ai ressenti aucune distance dans le terme "l'autre" et vous ne m'avez pas accusée d'avoir un ego démesuré ! Le mépris et les attaques ad "hominem" ne sont pas du tout votre genre et j'apprécie le recul et la mesure avec laquelle vous tentez toujours de pacifier les choses.

@Emmanuelle Caminade ____ Juste un petit mot pour rebondir (avec retard sans doute) . . Tes articles dans ton édition sont de première qualité. . J'espère que tu as intégrée une autre édition : celle de Bookclub de M. Bourmeau qui jouit d'une très très bonne visibilité (normal - son rédac est journaliste à Mediapart) . . Quant à mon absence de participation : comme je t'en ai fait part, je n'étais pas très à l'aise avec le thème de ton édition : le patrimoine. Je suis entouré d'artistes vivants... . Surtout ! Ne renonce pas à ton écriture, tes coups de coeur à nous faire partager ! Jamais... . Faut continuer. _____________ cordialement Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com

Patrick RÖDEL chère "l'autre", ne voyez dans cette formule nulle distance, mais" l'un" l'appelait et je ne voulais pas aller plus loin dans la personnalisation, même si je savais que ce que j'écrivais était adressé à quelqu'un. Je ne crois pas avoir employé à votre égard l'expression d' ego démesuré et n'ai retenu votre exemple que parce qu'il me semblait illustrer une des formes de frustration-déception que je voulais analyser. Et encore une fois, je ne me suis pas dissocié de ces frustrations, qu'il m'arrive aussi de resentir, j'ai simplement voulu signaler qu'elles reposaient sur un surinvestissement de la communauté mediapartienne et sur les inévitables malentendus que génère la chose écrite. Donc, vraiment pardon si je vous ai mal comprise ...

Bien observé, cher Patrick! A votre "ça fait flop, parfois", on pourrait ajouter que quelquefois, à l'inverse, ça marche très bien quand on s'y attendait le moins... l'un compensant l'autre, au bout du compte. Mais pour que cela ait une chance d'arriver, il faut persévérer!

Cher Patrick, Plus que pertinent ! Vos réflexions font écho aux miennes. Cette traversée, toute nouvelle pour moi, des blocs et envois de commentaires, j’en deviens (je le crains) gourmande ! Tous ces voyages hasardeux parfois passionnants, parfois moins… avec de total/es inconnu/es et pourtant, peu à peu, se dévoilant me paraissent, j’ose le mot, extra-ordinaires ! Et maintenant, je n’en attend pas moins, ni plus ! Que cela continue…. Comme élégantes valses de Vienne mêlées à d’ ombrageux tangos argentins ! Je dirai que la joie dans l’échange voire dans les affrontements et la vitalité de ces élans de communication dépassent tous les petits bobos d’ égo susceptibles de faire, de temps à autre, grincer des dents, ruer dans les brancards, se faire des ennemis virtuels et des déconvenues surestimées. Tous ces élans, surchauffes, embourbements momentanés ou fatal me font songer à une régate de voiliers en solitaire. Quand on part heureux de frôler les éléments, les autres, de constater sa maîtrise, son flair, tout en valorisant, en plus du résultat, le plaisir d’être ensemble sur ce plan d’eau… G. Miski

L’empathie c’est la reconnaissance que chacun a quelque chose à dire, le droit de le dire à sa façon et la liberté de le faire dans le respect de l’avis de l’autre. Votre mot sur « l’intérêt de la frustration » me plaît par la progression de votre propos qui permet d’accompagner cette frange où nous nous sentirions plus ou moins reconnus par le fait que nous nous savons lus (à condition qu’on nous le fasse savoir …) Je trouve d’ailleurs que dans un journal de journalistes le fait que des non-professionnels puissent y apporter leur vision, leur compréhension voire leur engagement sur les choses est un versant que, pour ce qui me concerne, me paraît un des « succès de ce projet » de Médiapart et qui me donne envie de le soutenir. En écrivant, en commentant, en discutant, en diffusant. Et si « ça fait flop » flop alors ! on sait bien que la confrontation à la frustration structure et souvent permet de rebondir … et vous le terminez ainsi « l’essentiel étant que des rencontres puissent avoir lieu » et combien de fois j’ai eu plaisir et j’ai fait des découvertes dans des lectures sans forcément le clamer. Mais je vais appuyer plus souvent sur la petite main « à recommander » si je n'ai pas le temps de commenter .

Le club de Mediapart est un espace social : se présenter en être socialisé demande un apprentissage toujours à remettre sur le métier, qui présuppose des renoncements à l'étalage de ses obsessions intimes, ou de ses affects. Le sentiment de frustration qu'implique ces renoncements en est la mesure de base, grâce auquel chaque étape surmontée permet de passer à la suivante. Sans frustration, pas de progrès, et sans progrès, la régression s'ensuit: il n' y a rien de plus simple. Si nous voulons préserver les ressources de la planète sur qui nous héberge, il faudra en passer par quelques renoncements, qui seront vécus comme autant de frustrations, lesquelles étant en réalité des marques de politesse à l'égard de notre hôtesse. L'humour est aussi une politesse.

Bonne nuit peneloppe; je mets un point virgule car faisant partie de ses défenseurs ; ( du point virgule);o)

Bonne nuit chère amie, vancouver; que de frustrations; mais que faire ? Profitons de ce qui nous est donné, et de ce que nous nous apportons les uns aux autres, et s'il nous reste quelque énergie et courage, battons nous, mais pour des causes vraiment graves; enfin, ce que j'en dis, c'est juste un peu de lassitude de polémiques -o;)

Oui, à demain peneloppe...

Patrick Rodel, il me semble que votre billet est très juste et de bon sens. Bien vu, bien dit. Merci

Merci à vous Patrick Rodel, Quand il y a du bien-dit sur notre condition ô combien trop humaine, cela allège des poids dont nous nous chargeons parfois à l'excès. Alors je vais cliquer sur "recommander" mais je ne suis pas sûre que cela marche : mon "quota" d'articles recommandés s'est figé un jour sur 24 et n'en bouge plus depuis lors ! J'ai demandé rectification - svp merci à mediapart - car un mediapartien m'en avait tenu vigoureusement rigueur. Mais ce problème de "24" ne met pas le site en péril et il n'y a que 2 informaticiens pour s'occuper de nos doléances informatiques : telle fut la réponse que j'ai obtenue de mediapart. Je la trouve très bien cette réponse : ne mettons pas le site en péril ! Continuons à le construire ensemble avec nos débats d'idées parfois musclés, nos mouvements d'humeur occasionnels, nos styles - un de mes mots-valises - nos accords et désaccords, nos malentendus divers - il n'y a que des mots sur mediapart et ceux-ci véhiculent tant d'histoire intime avant de devenir vecteurs de dialogues d'adultes. Derrière la machine, un être humain vivant qui écrit : n'oublions pas cela, disais-je il y a peu à Bonne-voglie qui, entre choix et nécessité, s'est récemment désabonné. Ensemble, peut-être redécouvrons-nous tout simplement ce qui avait nom jadis de correspondance. C'était alors lettres tracées sur le papier, temps d'écriture puis temps d'attente de la réponse... Cela n'engageait pas notre corps vivant de la même façon en tout cas.

Intéressantes, vos remarques, chère Joha1008. Et sur le temps d'attente, de la réponse mais aussi celui pris pour répondre, à opposer à l'immédiateté réactive, et sur les différentes manières dont les corps sont engagés. Pourriez-vous développer ce dernier point qui m'intéresse tout particulièrement ?

Chère Anne Guérin-Castell,
Entre douze et quinze ans, j'allais chaque samedi matin avec ma "meilleure amie" - comme on dit à cet âge-là - à la bibliothèque communale. Nous faisons ensemble le chemin à pied, aller et retour, un trajet aujourd'hui impensable pour bon nombre de citadins. Et voilà, un lapsus ! J'ai écrit "nous faisons" au lieu de "faisions". C'est un effet de corps car en vous écrivant cela, les images des rues et des maisons de cette ville défilaient dans ma tête, le souvenir de la présence de mon amie, Martine, marchant à mes côtés... Tout au long du trajet, nous parlions des livres lus pendant la semaine. A16 ans, je n'habitais plus dans cette ville. Mais spontanément, Martine et moi avons continué nos échanges par lettres, environ une par semaine à lire et relire, à écrire et envoyer. Là, comme chaque matin, je vais relever le courrier dans la boite aux lettres, descendre trois étages, les remonter, la lettre de Martine dans une main, le reste du courrier dans l'autre. Je l'ouvre tout de suite avant de partir à l'école, je sais que je n'aurai pas le temps de la lire mais j'en parcoure la haute écriture penchée et je vais droit à sa signature Martine. Aujourd'hui, il y a trois pages denses, il y en a parfois moins. Toute la journée, je me réjouirai de rentrer lire cette lettre. Et je la lis pendant la soirée. Cette lettre, j'y repense par moments puis, j'y réponds, parfois le lendemain soir, parfois quelques jours plus tard - nous n'avons jamais ritualisé ce courrier, pas d'impatience donc si sa lettre n'est pas là le mardi. J'écris ma réponse, je trace des lettres sur le papier avec mon vieux stylo qui glisse sur la feuille, écrire, c'est comme dessiner... Au début de notre amitié, nous comparions nos écritures : Tu fais tes "a" majuscules comment ? J'ai trouvé une nouvelle signature, regarde... Coquetteries enfantines, copies, différentiations, recherche d'un style. J'écris ma réponse sur la petite table ronde de ma chambre, dans le halo ovale de la vieille lampe de bureau. C'est un moment d'intimité avec Martine, la suite de notre longue conversation mais nous y parlons davantage de nos vies, des parents, car nous ne partageons plus nos quotidiens. Sur le papier, nous pouvons nous confier nos joies, nos déceptions, nos révoltes, plus que lors de nos trajets en ville - nous sommes un peu plus âgées aussi. Curieusement, jamais aucune conversation par téléphone. Et parfois, quelques jours de retrouvailles, rares.
L'ère de la machine avance, à vingt-cinq ans, je loue mon premier téléphone. Quel bruit horrible cette sonnerie que je n'ai pas le temps d'attendre, de désirer, d'aller chercher dans la boite aux lettres ! Avant chaque achat de machine, une question : est-ce vraiment indispensable ? Je suis donc dans les "retardataires". Puis la machine dans sa boite, l'inhibition, ce sera trop compliqué, lire le mode d'emploi puis s'y habituer. L'ordinateur enfin, un mac, ça tient plus longtemps, pas besoin de se réhabituer tout le temps à une nouvelle machine. Relever le courrier dans la boite aux lettres est devenu une corvée, trop de publicités, un véritable tri s'impose chaque jour et que dire des fins de semaine, des piles qui s'entassent... Plus de correspondance papier, plus de tracés manuscrits, plus de stylo qui glisse sur la feuille : j'ai du choisir car il y a eu un moment où ma pensée se construisait laborieusement quand je passais du stylo au clavier de la machine. Ma pensée est-elle musculaire ? me suis-je demandé à l'époque. Une chose sûre, quand j'écris sur machine, une partie de mon attention, minime mais quand même, va à l'utilisation de la machine : je ne fais pas "corps" avec la machine. Quand je marche, si je fais attention à quel pied j'avance avant l'autre, je trébuche, avec l'ordinateur, c'est le contraire. L'ordinateur n'a pas remplacé les rencontres de vie, par exemple, les réunions de réflexion avec mes collègues qui s'orientent avec la psychanalyse. La psychanalyse nécessite un "support" vivant, l'incarnation de la présence vivante. Mais ce support, il faut parfois le déplacer, train, bus ou voiture : les machines, cela me semble parfois pire que le sparadrap collé au doigt, nous le tirons d'un doigt et il colle sur l'autre. Je pense aussi à la différence entre la lecture d'un texte de théâtre et la participation à la représentation de ce texte. C'est incroyablement incomparable : je pense à ce que Valère Novarina en dit, à Brecht - était-ce lui ? - qui parlait, non de "représentation" du texte mais "d'incarnation" du texte par l'acteur, par son corps vivant. Nombreux courriels échangés avec mes amis, amies, collègues de travail : très pratique, mais nous nous téléphonons aussi, maintenant, j'apprécie car là, il reste au moins la voix. Tous ceux-là, celles-là, je les connais en présence vivante, le grain de leur voix, leurs haussements de sourcils, leurs regards ou leurs paupières qui le voilent, leurs soupirs, leurs silences qui s'approfondissent soudain, tant de minuscules nuances dans nos conversations, tant de nuances tenant au style de chacun. Quand je leur écris - mail ou lettre postale -, le souvenir vivant de leur présence est là en moi, nuançant ipso facto ce que j'écris. Ce n'est pas le cas quand j'écris sur mediapart, tout cela me manque. Alors, je tourne sept fois ma plume dans mon encrier : j'écris et je poste plus tard, j'utilise "aperçu" puis publier, j'érige quelques questions en limites : est-ce indispensable ?, en ai-je envie ?, peut-être quelqu'un d'autre l'a déjà dit ? faut-il le redire autrement ? etc, etc. Malgré cela, j'ai fait quelques fois l'expérience d'un "trop vite". Petit à petit, il y a comme une "image" mentale de l'autre vivant qui écrit - sans image réelle. Elle se constitue et évolue quand je lis l'un(e) ou l'autre. Là, il y a une temporalité perceptible.
Voilà, c'est un peu long mais j'ai écrit ceci en premier jet - cela m'arrive aussi ! Octobre arrive et je sais que je serai moins "présente" sur mediapart : curieusement, j'apprécie de plus en plus la vie loin de mon ordinateur, la lecture de livres en fait partie. Il va encore falloir que je peaufine l'usage que j'ai de cette machine si je ne veux pas que ce soit elle qui m'use !

En fait, Brecht utilisait le mot Verfremdungseffekt = théorie des signes théatraux , mal traduit en français par distanciation Inspiré du concept d' ostraniénié de Meyerhold ( pas de Stanislavski, ni d'incarnation ) = regard critique à l'égard du rôle et de l'oeuvre qu'il joue = d'après Brecht , l'acteur de l'ère scientifique, un acteur gai Dans la mise en scène, montrer l'usure, pas l'usé = montrer le temps gestus social. Chère Joha, il est tard , merci de votre beau texte à Anne, je le relis demain..tranquillement, Je me suis permis d'intervenir sur Brecht, excusez moi.

Merci, chère Joha1008, de cette réponse si personnelle sur les corps dans la correspondance. Si elle avait été un billet (ce qu'elle pourrait être), j'aurais mis sans hésiter un "recommandé". Mais je l'ai déjà fait pour le billet de Patrick Rödel. Impossible de recommencer… Vous parlez du grain de la voix, si précieux dans les échanges téléphoniques. Il y a aussi la présence d'un corps que l'on reconnaît dans une écriture sur une enveloppe, un feuillet.
Je ne peux m'empêcher d'imaginer des visages et des corps à chacune des personnes dont je lis les commentaires. Une image floue, labile. La photo, quand elle est là, ne dit presque rien, puisque le corps, ses mouvements, la façon dont il est relié à la terre sont absents. Une photo, c'est une pose. Le mouvement, c'est la vie. Mais il ne m'arrive jamais d'imaginer une voix. Peut-être l'élément le plus intime, le plus singulier.
Cher Patrick Rödel, veuillez m'excuser pour ce hors-sujet.

PatrickRÖDEL y a pas de mal ! j'aime bien les chemins de traverse et ce thème de la correspondance me touche. Je me souviens aussi d'avoir tenu à bout de bras des amitiés par un échange régulier de lettres jusqu'au silence, soudain. Et je ne me résigne toujours pas à ne trouver dans ma boîte, mal nommée à lettres, que des pubs ou des demandes fric - même si les causes sont nobles -. Au moins, n'encombrerons-nous pas nos descendants de vieux billets jaunis rangés au fond d'un tiroir !!! mais quelle tristesse quand même ! verrons-nous paraître un jour des recueils de nos échanges sur le net ou bien tout cela s'effacera-t-il, écran noir ? la deuxième réponse est évidemment la bonne et l'envisager un bon exercice à la modestie. Poussières, etc... Mais en attendant, de vrais plaisirs à ces discussions qui se poursuivent.

Joha, pardonnez-moi/pardonne-moi de te dire ça, mais je déteste a priori octobre s'il doit t'éloigner/vous éloigner de votre ordinateur pour nous écrire en premier jet/en peaufiné ce que vous venez/tu viens de nous dire là... Le fait même qu'en nous écrivant tu/vous ayez pensé à vos/tes échanges avec Martine et à cette correspondance habitée et encrée... nous/me donne envie de guetter désormais tes/vos commentaires comme on guette le courrier... Amicalement (et assez admirativement aussi mais ça ne se dit pas). GdS

Chère Joha, Merci pour ce témoignage passionnant. Tout est à épingler, mais pour l'instant présent, j'en retiens surtout Une chose sûre, quand j'écris sur machine, une partie de mon attention, minime mais quand même, va à l'utilisation de la machine : je ne fais pas "corps" avec la machine. Quand je marche, si je fais attention à quel pied j'avance avant l'autre, je trébuche, avec l'ordinateur, c'est le contraire. J'y repère deux choses : a) Il y a donc un plus grand travail d'écriture avec une machine. Temps d'écriture laborieux... qui favorise la transposition. b) Et ce travail ne fait pas trébucher, mais permet d'aller loin. Il n'est donc pas tout mauvais cet ordi chronophage. = Peut-être s'éloigne-t-on de son coeur, de son corps (vice-versa/vice et vertu) ? C'est un travail d'arriver à garder le souffle, la respiration de l'écriture. Tout le monde ne souhaite pas travailler en écrivant. Alors s'éloigner de son corps, de son coeur, peut paraître une perte... Mais il arrive que, perdant le premier contact, on en trouve un meilleur ensuite. Un contact qu'on ne soupçonnait pas (comme d'ailleurs le premier, très lâché), qui nous rapproche encore mieux de ce que l'on a pensé écrire. Parce que, oui, écrire, c'est tenter de fixer une pensée fugace. Et, qu'au fond, elle n'existe, cette pensée, qu'écrite. Et que, pour finir, quand on est dans son corps, l'on trouve toujours que la pensée échappe, qu'on arrive pas vraiment à dire. Mais non, si l'on ne peut dire-écrire, c'est qu'on n'a pas pensé. Et la machine, avec sa demande d'attention supplémentaire, avec ses aller-retour permanents... elle permet de garder un peu de distance pour gagner un peu de proximité avec soi. Paradoxe ? Oui.

En ce qui me concerne, Dominique, et au risque de me (nous) faire encore traiter de troll par un Jacques Bolo de passage, ce que vous venez d'écrire me rappelle que le passage par la machine quand j'écris (il ne s'agit pas de correspondance) est devenu indispensable. La distance, dont j'ai besoin, ne vient pas de l'effort, je pratique l'ordinateur depuis vingt-cinq ans, mais de cette écriture anonyme, en caractères d'imprimerie. Quand je la relis, elle est un autre. Quand je relis mon écriture, elle est désespérément moi.

Anne, Pas de trolling dans cet échange, il s'agit bel et bien de "l'intérêt de la frustration". Où l'on apprend qu'à force d'user de l'outil, la frustration disparaît et l'outil devient indispensable (indice pensable ? Pfff quel jeu de mot lacanien pourri).

Merci Joha, Anne et Dominique, pour cet échange . Je ne suis pas une habituée des machines, ne sais pas faire de traitement de texte...et ne l'apprends pas...J'ai toujours écrit à la main... L'ordinateur et internet sont arrivés en même temps pour moi, et depuis pas longtemps, et quand je me relis ici, je vois une étrangère. Ce qui est nouveau, c'est eette expérience --j'ai le sentiment que je connais vos voix à tous- pas vos corps- Pourquoi ? L'intérêt de la "frustration", - que je n'éprouve pas- serait de me tromper sur vos voix. Ne pas savoir, me plaît. (Indice pensable , j'ai une voix - grave- ;o)) Et vous ?

Impossible de connaître ma voix, Vancouver. Quand elle est enregistrée, je ne la reconnais pas. C'est Malraux qui avait écrit quelque chose à ce sujet, dans La Voie royale, je crois. Mais il me semble que son registre serait plutôt mezzo-soprano.

doublon. Il est temps d'aller à ma réunion…

Grave aussi, entre l'alto rauque et le baryton lourd, selon l'heure de coucher... et le nombre de paquets ! Le matin au saut du lit on me dit monsieur au téléphone... et à 12-13 ans, j'étais soliste soprano dans la chorale. La vieillesse est un naufrage, il avait raison, le général !

Coucou! (juste en passant).

Alors, cher Jacques Bolo, vous savez rire, sourire, plaisanter ? Quelle bonne nouvelle ! Vraiment !

Il faut donc se rendre à l'évidence, vous n'êtes pas aussi perspicace ou intuitive que vous le pensez. J'ai passé toute ma vie à rire, et je ne m'en lasse pas. Et contrairement aux apparences documentées par internet, je n'ai pas arrêté en juin 2007 (voir: mon humour (vache)). C'est juste que je n'ai pas mis mon site à jour depuis septembre 2007.

Aucune ironie dans ce qui précédait. Votre "coucou" avait agréablement sonné à mes oreilles. C'est un autre fil qui m'avait fait penser que vous étiez agelaste. Il est vrai que l'ironie très fine d'Antoine Perraud ne se livre pas forcément à la première lecture.
Je suis déjà allée sur votre site. Je n'ai pas le temps d'y retourner aujourd'hui pour y vérifier votre sens de l'humour … jusqu'à septembre 2007.

J'avais parfaitement compris [chacun son tour]. C'était moi qui ironisais (plutôt du sarcasme en fait).
Sur l'agelaste (outre la frime) je pense que vous avez raté le niveau du commentaire (voir http://www.mediapart.fr/club/blog/antoine-perraud/180908/moi-j-suis-pas-pape). Il aurait dû s'adresser au commentaire sérieux, puisque précisément j'avais enlevé volontairement le commentaire humoristique que j'ai finalement placé (je ne peux pas me retenir).
Et l'ironie très fine était plutôt la mienne (sans me vanter): "Mais de nos jours, où l'on dit à peu près n'importe quoi, dire simplement ce qui est paraît assez cocasse", puisque vous ne l'avez pas remarquée. Alors que celle de Perraud: "Je vous adresse donc mes plus vifs compliments et prendrai toujours un plaisir incommensurable à lire votre prose si pudique, si scrupuleuse, si vénérable. Soyez assuré de mon altissime considération." me paraît plutôt très lourde (et condescendante). D'autant qu'il me semble surtout qu'il veut simplement éviter de répondre sur le fond, ce qui est un peu facile (c'était pour rester à ce niveau que j'avais enlevé la plaisanterie). Et que j'avais pris la peine de résumer "scrupuleusement" mon point de vue sur la question (le pape) que j'avais traitée sur mon site (avec une hypothèse originale, sinon "vénérable").
Bref, il y avait donc deux traits humoristiques dans le post que vous commentez de façon non pertinente (a moins que vous ne soyez d'une mauvaise foi papiste). On en a attaqué pour diffamation pour moins que ça [toujours du sarcasme - je précise au cas où (re-sarcasme)]. Franchement, vous êtes beaucoup plus minutieuse pour commenter le découpage d'un film [méga-sarcasme qui tue - Comme dirait l'autre "frappe toujours un homme à terre, il te remerciera, pour vivre heureux, vivons couché" (Pierre Perret)]. Mais si je continue, on va m'appeler Brice de Nice (référence cinématographique du genre oblige).
Comme dirait le personnage joué par Forest Whitaker dans la couleur de l'argent: "dites moi franchement, vous ne pensez pas que je ferais mieux de rester sérieux (de perdre du poids en VO)".

Pas le temps de vous lire autrement qu'en vitesse rapide, ni d'argumenter. Je pars dans quelques heures. À propos du fil d'Antoine Perraud, c'est là que vous auriez dû mettre votre explication de texte. Ici, ça fait un peu troll, non ?
Jamais vu Brice de Nice, ni La Couleur de l'argent.

C'est vrai que ça tourne au Chat (quoique le sujet de l'article soit bien le débat lui-même). Et dans l'autre article sur le pape, la question était bien le fait que Perraud évitait le débat de fond (et que vous vous intéressiez à mon sens de l'humour). C'est donc bien en rapport avec le type de débat sur le débat. Et précisément, on peut regretter que la formule club pousse au chat. Mais justement, ce que je fais ci dessus est une analyse des types de discours, comme vous faites vous-même des analyses de film. On peut admettre que je coupe les cheveux en quatre, mais vous coupez bien les films en 600 (sur le blog d'Uleski).

En 600 multiplié par le nombre de paramètres énumérés et leurs relations. Je n'ose faire le calcul.
Match nul, alors ? En attendant une éventuelle reprise, sur un fil ou un autre, après mon retour ?

J'aime bien les mots de Peneloppe en général... mais encore plus là !
Et du coup je les recopie au cas ou certains seraient passés trop vite dessus ! EN les commentant !!
"Le club de Mediapart est un espace social : se présenter en être socialisé demande un apprentissage toujours à remettre sur le métier, qui présuppose des renoncements à l'étalage de ses obsessions intimes, ou de ses affects. Le sentiment de frustration qu'implique ces renoncements en est la mesure de base, grâce auquel chaque étape surmontée permet de passer à la suivante. Sans frustration, pas de progrès, et sans progrès, la régression s'ensuit: il n' y a rien de plus simple."
Je me sens parfois frustrée, mais je considère que la frustration fait partie du jeu, comme de ne pas savoir si on me lit ou pas, puisque je n'ai pas de commentaires ! Il est étrange parfois que les articles ou vous mettiez le plus de coeur parce que le thème vous passionne ne reçoivent pas même un commentaire. Mais comme dit M. Rodel, y'en a des choses à lire !! Alors quoi, pas de panique. Si vous l'avez écrit, c'est deja que vous vous l'êtes sortis des tripes !
Et Peneloppe de dire de manière la aussi très censée.... (même si pour moi mediapart, c'est un garçon, pas une fille !! Chacun sa sensibilité ! : "Si nous voulons préserver les ressources de la planète sur qui nous héberge, il faudra en passer par quelques renoncements, qui seront vécus comme autant de frustrations, lesquelles étant en réalité des marques de politesse à l'égard de notre hôtesse. L'humour est aussi une politesse."
Depuis quelques temps, je trouve qu'on manque et d'humour et de politesse. Des lettres à mediapart en passant par le club des exclus, des procès d'intention en exigences à un "jeune projet" qui n'ont pas lieu d'être quant à la qualité de l'hotesse ou de l'hote selon sa sensibilité !
Car pour moi, mais je peux me tromper, en parlant de planête, peneloppe parlait de mediapart, à moins que ce ne soit la vraie planête??? !!!

Ah chère christel, comme c'est gentil ! j'allais éteindre l'ordi, me coucher, en me disant que mon post plus haut que tu cites était d'une pédanterie ! En plus il y a un "sur" à retirer devant "qui nous héberge", enfin, pas grave, et comme Vancouv' avait répondu. J' étais donc aux prises avec ma petite frustration momentanée, en plus de celle de n'avoir rien trouvé à dire sur d'autres billets, qui m'ont plu aussi ce soir... soupir... Mais oui, j'ai fait une digression vers la planète terre... et l'écologie qui amène au thème de la frustration, si on veut l'épargner de notre trop plein de désirs, car elle en craque, la planète. Je trouvais que cela faisait un bon parallèle avec la frustration médiapartienne, en la relativisant... Enfin, voilà, ma petite autruche chérie...

Pas pédant pour un sou, chère Peneloppe, mais juste et très justement dit.

Patrick Rodel, Le problème avec le cerveau humain, avec l'intelligence, c'est qu'il lui faut du temps pour comprendre, beaucoup de temps...Le courtermisme, l'interaction, la réaction, l'émotivité sont leurs ennemis. On voit par là les limites du système mediapart, tout l'espoir qu'il suscite et toute les frustrations qui s'en suit. Pour ma part, je vois partir vers l'infini des articles qui sont continuellement chassés par d'autres et lorsque quelques jours plus tard, me vient une réflexion, plus personne ! On les retrouve tous, mais sur un autre sujet, sur une autre question...Quand à moi, je réfléchis toujours à votre précédent billet....ne l'abandonnez pas si vite...

PatrickRÖDEL rassurez-vous, je ne le laisse pas tomber et j'attends avec plaisir votre réaction, quand elle viendra. Mais je suis bien d'accord avec vous sur le danger qu'un billet chasse l'autre, qu'on finisse par oublier qu'une discussion était en train parce qu'on est pris par une autre. Ca aussi, on a à apprendre à le maîtriser. Se recentrer sur l'essentiel, essayer de ne pas s'éparpiller, quitter vite les débats un peu secondaires pour retrouver ceux sur lesquels on peut, peut-être, apporter quelque chose. Une des intentions claires de l'équipe de mediapart était de ne pas se laisser enfermer dans et par l'agenda présidentiel et la mode omniprésente du zapping ; d'où des enquêtes longues, d'où des articles qui peuvent ne pas coller à l'actualité. C'est difficile à tenir. Il me semble que les bloggeurs devraient suivre ce projet. J'apprécie qu'il y ait des blogs vraiment spécialisés. D'autres sont moins facilement identifiables et s'intéressent peut-être à trop de choses ...

Et pourtant, plus j'y pense ou j'y repense (à votre billet et à son titre que j'ai totalement approuvé et auquel j'ai laissé son 1er commentaire dès parution), mais finalement, sur MdP, que ce soit le Journal ou le Club, je ne me suis personnellement jamais sentie frustrée. Je n'ai longtemps laissé que des commentaires (ce que je continue de faire pour être à la hauteur de mon pseudo... et parce que je suis une bavarde invétérée), et n'ai "ouvert" mon blog que cet été et n'y laisse un billet que quand je me trouve face à qqch que j'ai envie de partager: un moment, une image, une réflexion, une indignation, une anecdote, une pensée... Quand on n'attend que de l'échange et du dialogue, comment se sentir frustré ? Le vrai fond du problème, c'est que peut-être trop de gens en attendent autre chose, une reconnaissance, des louanges, une approbation... je ne sais pas exactement. La frustration, cela doit être à la mesure de la quantité d'ego qu'on place là-dedans. C'est comme dans la vie finalement ! Pour le reste, picorer, butiner, découvrir un billet sur un sujet qui vous passionne, un autre que vous trouvez bien écrit, amusant, émouvant, un autre encore plus ancré dans l'actu et qui va vous permettre de mieux vous informer ou de découvrir d'autres avis, un autre du type dossier hyper bien ficelé sur tel ou tel sujet que vous découvrez, ou un du type polémique, dans lequel vous aurez envie d'entrer ou pas... ou d'autres qui ne vous inspirent pas parce que vous les trouvez rasoirs ou pontifiants ou simplement parce que le sujet n'est ni votre tasse de thé ni votre ballon de beaujolais, c'est l'ensemble de toute cela qui est enrichissant ! Le choix de découvrir. Et de participer. Frustrés, nous ? Pourquoi ?

de l'intérêt de la frustration ...

Oui ?

C'est drôle, parce que pour moi, un billet ne chasse pas l'autre..Il m'est arrivé de laisser un message sur un ancien billet et que l'auteur me réponde..Un peu comme disent plus haut joha 1008 et Anne, sur la correspondance.. Pour moi, mediapart c'est un peu la malle aux trésors, parfois cachés, mais quel bonheur de découvrir au cours de chemins de traverse..

Bon finalement, suite à un commentaire que je viens de laisser sur le billet d'Emmanuelle qui prend la mouche et se fait mal à elle-même avec tout, et à nos réflexions ici autour de la frustration ou la pas frustration (voir plus haut), j'ai assez envie de lancer le "club des ni exclus ni frustrés, ni même le moins du monde aigris"... Du monde pour en faire partie ? Hein ? Quoi ? J'entends pas ? Plus fort !!!!!!!!!

oui, je m'abonne

Tu m'étonnes ! j'étais sûre que nous serions au moins deux !

PatrickRÖDEL et trois, bien sûr !

Génial ! On est même 4 puisqu'il y a une autre "adhésion" sur un autre billet !

L'autre, c'est corinne N ( d'accord) ?

Non, c'est Florès, mais peut-être Corinne aussi quand elle se sera recollée à son écran ?

oui, oui c'est bien moi, aussi, j'adhère;On compte les points?

il ne faut pas oublier que nous ne sommes que sur des blogs. De la poussière virtuelle, de l'immateriel. Et qu'il ne faut pas trop se prendre au sérieux.

Il est vraiment chouette ce fil !

emoticone-msn-cellulaire-discute.gif * - Allo GdS ?! Oui, j'étais pas là, j'ai fait un voyage intersidéral, visité de nouveaux mondes, à la frontière du réel et de l'imaginaire, j'ai bu aux sources de l'harmonie et mon esprit est maintenant habité de musique et de poésie, du simple bonheur d'Etre au monde, d'aimer et d'être aimée ! -.... - quoi ?! un nouveau club ?! le "club des ni exclus ni frustrés, ni même le moins du monde aigris" ? Yaura qui ? yaura un pôt ? - .... - Ok, Ok, je signe cette lettre, et surtout, fait bien mes amitiés à tous !

La voilà, elle est revenue

Cher Patrick Rodel vous avez pincé une corde qui éveille des échos et des échos d'échos dont la musique n'est pas très éloignée de celle qui parcourt les lettres d'amour... la seule chose intéressante vraiment comme l'écrivait Prévert. Pour ma part, depuis des années mon écriture passe par le clavier et par cet écran blanc aussi vide que ma tête à bien des moments... et qui se remplit d'un coup, comme un silence bousculé, sans que je sache très bien d'où sont venus les mots et les images. Ce que j'aime sur le club Médiapart c'est que les raccourcis sont là, mais personne ne les emprunte. Chacun remonte son chemin et brusquement, le mot comprendre ne veut plus dire la même chose. Serge Koulberg

Découvrant ce billet et le fil des commentaires avec retard, je me suis arrêtée sur ce commentaire énigmatique de Serge Koulberg : "Ce que j'aime sur le club Médiapart c'est que les raccourcis sont là, mais personne ne les emprunte. Chacun remonte son chemin et brusquement, le mot comprendre ne veut plus dire la même chose." Sans la comprendre, je trouve que c'est une très belle image poétique de Mediapart. Ou de la communication entre humains. J'aimerais bien un développement . Mais peut-être suis-je arrivée trop tard ?

PatrickRÖDEL oui, décidément, il y a toujours de l'inattendu dans cette écriture ainsi lancée au hasard d'une émotion ou d'une préoccupation ou d'une indignation. Le point de départ sur la frustration a déclenché une réaction en chaine que je trouve jubilatoire, émouvante, délicate - ça a visiblement éveillé des échos. Mon problème perso : j'adore jouer, mais je veux aussi garder les pieds sur terre. Faut savoir atterrir. Et d'autres choses m'appellent, urgentes, sur lesquelles j'aimerais bien que se crée la m^me synergie....

Je me suis retrouvé dans ce que vous dites totalement. Je ne sais pas si l'une des descriptions me correspondait originellement mais en tout cas je la prends pour moi aussi et j'approuve votre titre, "de l'intéret de la frustration", la mise à distance salutaire pour mieux revenir, d'une autre manière, changer de peau, faire sa mue pour mieux reprendre la plume. Merci à vous de parler pour nous, c'est aussi ça le Club, l'un d'entre nous qui cherche à rassembler les égos(aux)... Merci à vous et à bientot!

Dites, Mesdames, Messieurs ! . Avoir accordé autant de commentaires à ce billet... . Je sais pas commment vous faites, mais... je vous tire mon chapeau. . Certes ! C'est un billet de philosophe mais... tout de même ! Billet passablement écrit : des" on" partout, des "elle"... pas très élégants . Venant d'un philosophe, je sais pas mais... je suis frustré là. _________ Cordialement. Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com

Serge, je te tutoie, tu me le permets. Tu as en effet écrit le commentaire de trop. Bonne journée!

Ah lalala ! Si on peut plus rigoler !!! ________ cordialement Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com

Serge, Longtemps vous m'avez (terriblement) agacée, mais voilà que vous commencez à (vraiment) me faire rire... Et vous êtes tout le temps si constant et si fidèle à vous même, que l'on ne peut, à la longue, je le reconnais, que le saluer ! ________ cordialement Grain de SEL : Commentaires et états d'âme à l'adresse suivante : http://graindesel.desucre.oudefiel.com

Cher patrick rodel, Si votre billet a du succès (jusqu'à présent, 65 réactions), c'est, il me semble, parce déjà il respire le calme. Lorsque l'on sent dans l'écriture, non pas quelqu'un courant après quelque chimère, ou difficile à lire, ou peu structuré, et même aux accents parfois provocateurs, mais l'auteur au contraire posé, ayant réfléchi et qui, pour nous, a pris le temps de faire le point à la suite de commentaires où l'on sent que ''beaucoup trop c'est trop'' par exemple, cela tout simplement apaise enfin les tensions. Le titre y est certainement pour beaucoup : ''de l'intérêt de la frustration'' : Cela ne pouvait qu'attirer la curiosité. Mais ce billet - par la générosité qui s'exprime toujours lorsqu'on nous donne une bonne analyse des choses -, tient à mon avis surtout son succès, précisément parce qu'il nous comble et nous gratifie. Les réactions qui fusent un peu tous azimuts, les tout feu tout flamme, c'est le monde de nos sentiments bien souvent inconscients, c'est le monde de l'émotion et de l'impulsivité, comme ça sans réfléchir, et cela reste des paroles qui ne s’entendent pas, jetées au gré de notre imaginaire, et ne s'inscrivant nulle part. C’est de notre vie ordinaire qui s’exprime là, souvent un peu sans queue ni tête - sans chercher non plus midi à quatorze heures -, mais cela nous est-il bienfaisant et fructueux ? Plus l'écriture évoque notre présent au contraire, en nous donnant à lire une réflexion juste et qui nous concerne - nous permettant de nous rassembler en simplement exposant les dissonances -, moins justement, elle suscite de frustration, mais au contraire nous donne le plaisir de voir ce qui peut nous mettre d’accord. Reste que, tout ce qui est su étant perdu pour le désir, ne nous faut-il pas toujours recommencer, et poser à nouveau des questions et susciter d'autres débats, si l’on ne veut pas, si j'ose dire, rester prisonniers des eaux ? Mais ceci n'étant pas le sujet, vous écrivez alors encore que l'intention de Mediapart est de ne pas se laisser enfermer dans et par l'agenda présidentiel, et la mode omniprésente du zapping, et vous conseillez donc aux bloggeurs de suivre ce projet. Oui, je vous rejoins. Il nous faudrait maintenant davantage nous défendre, et donc défendre le projet démocratique de Mediapart. Je ne dis pas qu'il faudrait interdire - ne surtout jamais interdire -, mais je pose la question : Ne nous faudrait-il pas davantage nous défendre ? Bien à vous, Agnès de Kergorlay

Bien. . Bon. . __________ Cordialement. . Serge ULESKI : Litérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com . The worst is yet to come !

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J'ai découvert ce billet avec retard, suite à des chemins en bifurcations diverses. Davantage que le mot de " frustration", qui est dans le titre et qui a déjà fait discuter ici, je me suis retrouvée dans le mot de "reconnaissance" qu'emploie Patrick Rödel.
N'est-ce pas que nous cherchons de la reconnaissance, en participant à un club ? Et en participant à toute vie sociale.
Après on est bien obligés de faire des constats : il y a ceux qui semblent en obtenir ; et les autres. Ces constats peuvent provoquer un retour sur soi, comme le propose Patrick Rödel. Avec frustration (modérée ou pas) ou acceptation (sereine, ou mélancolique). Ou bien, un "retour sur les autres", si j'ose dire (modéré...ou non).
Mais on peut aussi penser à une troisième dimension, celles des interactions. Les interactiosn étant elles mêmes insérées dans un cadre qui les permet ou qu'elles ont établi sans parfois le savoir (comme le dirait à peu près E. Goffman).
A ce propos ou presque, une jolie phrase pour qualifier Mediapart : "L'essentiel étant que des rencontres puissent avoir lieu, se faire et se défaire au gré des discussions amorcées. " (Patrick Rödel) Oui, ce serait un début, et même un objectif, et une manière de vivre.

Oui, c'est ce que disait Vitez en parlant de son école et de ses élèves : "ils se seront au moins "rencontrés" là. A un, deux, trois, quatre..si ce n'est à trente, cent, ou 10 000.

Retrouvé ce jour un peu par hasard grâce au nouveau moteur de recherche ... Eu envie de faire remonter. Deux ans bientôt !

oui, j'avais totalement oublié ce billet et les réactions qu'il avait suscitées et grâce à vous je viens de le relire, le temps a passé finalement vite. Beaucoup de gens sont partis, beaucoup de nouveaux sont arrivés - qui reproduisent les errements qui furent les nôtres, au début - il faut sans doute en passer par là.

Il y a au moins une immense satisfaction : avoir tenu bon jusqu'à ce jour où le rôle de Mediapart devient chaque jour plus irremplaçable

Et dans ma partie de spéléo dans les entrailles du Club, Patrick, retrouvé aussi ça : http://www.mediapart.fr/club/blog/patrick-rodel/291108/petit-lamento-d-automne dont je crois que je ne vous ai jamais remercié. Je m'étais sentie touchée-coulée à le découvrir et quasi émue aux larmes à le relire cette nuit !

Merci !

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