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De l’art d’utiliser les restes (de la Constitution)
On apprend que Nicolas Sarkozy vient d’obtenir les grâces du Nouveau Centre en congrès à Nîmes en lui promettant « par un coup de téléphone » d’inscrire dans la Constitution « l’obligation d’avoir des finances publiques équilibrées » à l’occasion de la prochaine révision de celle-ci. Dans le même registre Bernard Accoyer, président UMP de l’Assemblée nationale, annonce dans Sud Ouest Dimanche de ce dimanche 18 mai, la mise en place de sanctions financières pour les députés trop souvent absents.
Voilà des effets d’annonce qui ne mangent pas de pain. Exemple : le non-respect du vote personnel sensé être un principe de notre régime parlementaire.
Le vote personnel des parlementaires est un vrai « marronnier » de l’histoire des assemblées. Déjà en 1909 le député Louis Marin, grande figure de la droite catholique, protestait contre le « vote des absents » camouflé par divers procédés dans l’ordinaire du Palais Bourbon. Le mardi 14 mai 2008 ce vote connut quelques ratés et la majorité se retrouva minoritaire sur la motion de procédure contre la loi OGM. D’évidence les successifs procédés, depuis le « vote des clés » jusqu’aux boîtiers électroniques si minutieusement réglementés par Edgar Faure en 1973, n’ont pas suffi à pallier l’absentéisme chronique de députés pourtant assurés de leur nombre par principe (le postulat veut en France que « les Assemblées sont toujours en nombre pour délibérer » sauf vérification du quorum dans leur enceinte). La Constitution elle-même n’est pas en cause : son article 27 alinéa 2 proclame depuis 1958 que « le droit de vote des membres du Parlement est personnel », à tous les scrutins sans exception. Le règlement intérieur de l’Assemblée nationale confirme (art. 62-1) cette règle confortée par une décision du Conseil Constitutionnel du 22 décembre 1961. Malgré ce toutes les législatures ont connu le viol de ce beau principe. En 1994, Philippe Seguin président de l’Assemblée piqua une grosse colère pour annoncer un renforcement des sanctions. Celles-ci existent pourtant depuis longtemps : au début de chaque session, les questeurs de l’Assemblée se fendent d’une missive aux députés pour leur rappeler les dispositions en vigueur, à savoir une réduction de l’indemnité de fonction pour non-participation aux scrutins (en vertu de l’article 162 du règlement intérieur). Alors ?
En l’occurrence on laissera de côté la division d’une majorité lassée de devoir voter aux ordres de l’Elysée des textes dont ses électeurs ne veulent pas. C’est finalement assez banal. Plus grave est le vide politique que révèle cette pratique. Elle tient à la vacuité du parlementarisme dans la V° République. Finalement les députés majoritaires n’ont les moyens de se faire entendre de leur « exécutif » qu’en faisant la grève du vote. On pourrait imaginer d’autres procédures qui existent d’ailleurs chez nos voisins : par exemple que des commissions fortes et assez nombreuses puissent voter directement des textes de loi. Car une vraie vie parlementaire se passe de nos jours plus en commission qu’en séance plénière. Mais il faudrait pour cela que les parlementaires eux-mêmes soient effectivement présents. Or le cumul des mandats pratiqué à une échelle industrielle et en France seulement, interdit de telles reformes. Le centre nerveux de l’activité des élus est dans l’exécutif local ou régional qu’ils président et non pas à l’Assemblée nationale. On a donc affaire à une double hypocrisie : celle d’un régime, la V° République qui a complètement dévitalisé le Parlement ; et celle d’un système républicain qui repose sur l’accumulation de mandats pour la bonne gestion de carrière de ses représentants.
On comprendra que la dernière fantaisie sarkozyste d’inscrire l’équilibre budgétaire dans le marbre constitutionnel soit l’illustration du mépris dans lequel le chef de l’Etat pourtant chargé de « veiller au respect de la Constitution » (art. 5) tient celle-ci. Elle est une variable d’ajustement dans les combinaisons au jour le jour du microcosme politique. La France va se faire condamner par l’Union Européenne pour ses déficits mais elle aura, grâce aux transfuges du « Nouveau Centre » une Constitution qui la protège de telles sanctions. C’est bien là un art d’utiliser les restes d’une Constitution déconsidérée par ses maîtres.
Paradoxalement les tenants d’une autre République n’ont pas la même conception de la « loi fondamentale ». Elle devra être en harmonie avec la société et respecter celle-ci. Pour cela il faudra non seulement changer de texte mais de mœurs et de culture démocratique.

Tous les commentaires
Vivement la VIème République, la Vème a vécu.... En changeant de moeurs et de culture démocratique, comme vous le soulignez si bien.... Le cumul des mandats est une catastrophe démocratique, on ne le dit jamais assez....Merci de le rappeller.
Oui et il ne faut pas lasser de le rappeler à la moindre occasion.
Oui, vivement la 6è République en effet.
Ce petit coup du Nouveau Centre, de toutes manières, est aussi une façon de montrer qu'il a l'air de servir à quelque-chose, alors qu'il n'est là, inféodé et tenu en laisse, que pour participer à la multiplication "des centres" dans le cadre de l'élimination de François Bayrou.
Que Sarkozy, dans son mépris de la constitution, soit capable de mêler ces mesures avec ces petites considérations politiciennes, hélas n'est que trop plausible.
(sinon, cher Monsieur Alliès, on voit que vous ne faites pas souvent la cuisine, ou vous auriez titré: "De l’art d’accomoder les restes") :-)
Ah que si, j'aime beaucoup faire (de) la cuisine ! Mais le terme "accommoder" , qui vient en effet spontanément à l'esprit pour tout ce qui est culinaire, est-il adapté à ces faits ? Ne signifie-t-il pas "préparer pour la consommation" ? Ce qui nous éloigne un peu du sujet de fond (sauf s'il est de sauce), Sarkozy étant réputé pour sa frugalité. Et puis disait (Corneille) "le reste ne vaut pas d'être nommé" ce qui vaut bien alors pour évoquer ce petit coup d'eau plate du 'nouveau centre".
"l'obligation d'avoir des finances publiques équilibrée" : gravé dans le marbre de la constitution. Qu'entend-on par là exactement. Imaginons que les finances publiques soient un jour équilibrée, n'est ce pas le moyen d'imposer un politique et de couper l'herbe sous le pied à toute majorité qui souhaiterait à un moment donner mener une autre politique pour des raisons conjoncturelles. Faudrait-il alors à nouveau changer la constitution. Est le rôle d'une constitution d'imposer et de boucler ainsi un type de gouvernance. Par cette question, je n'énonce pas un avis personnel sur le principe d'avoir ou non des finances publiques équilibrées. Mais je m'étonne que cette obligation puisse être gravée dans le marbre. Ou alors sans doute n'ai-je pas bien compris le sens de cette demande du centre ?
Vous avez parfaitement bien compris. L'interprétation stricte de cette obligation pourrait être prise pour une nouvelle arme anti-keynesienne corsetant une future majorité de gauche. Mais en l'occurrence elle ne sert qu'à donner un os à ronger à des centristes qui n'ont même pas obtenu un zeste de proportionnelle pour assurer leur indépendance et leur survie.
De plus il se prépare (si cela se confirme) une réforme du mode de scrutin pour les régionales qui tend également à assécher encore plus les partis marginaux. Là les centristes en seront pour leurs frais. N'est-ce pas une forme douce de régime autoritaire qui se prépare, une évolution en sourdine adaptée aux démocraties d'aujourd'hui avec lesquelles on ne peut se permettre imposer brutalement une vision ou un mode de gouvernance. Mais petit à petit, sur des mesures qui n'intéressent que peu l'ensemble de la population on impose aux citoyens des systèmes qui vont peu à peu les corseter. Les grands partis s'en accommodent car cela les sert. D'où peu de réaction de l'opposition. La mesure donne peut être un os à ronger au centre mais elle nous fait perdre en démocratie. Peut-on s'amuser ainsi avec une constitution ? Bien à vous Dominique Gautier
Je ne suis pas certain qu'il soit pertinent de mettre en avant le changement de numéro de République. Par contre, il y a urgence à établir un nouveau consensus républicain sur quelques principes afin de construire progressivement un système de gouvernement qui réponde aux terribles enjeux d'aujourd'hui. Les rappels historiques et les réflexions de Paul Alliès démontrent s'il en était besoin que ce n'est pas en règlementant que les pratiques évoluent, dans la mesure où ceux qui sont concernés par ces règlements, soient les ignorent, soient les violent délibérément. Nos députés respectent le règlement de l'AN comme nous respectons les limitations de vitesse... Mille fois d'accord sur la multiplication des mandats des politiques. C'est inacceptable , tant que le statut d'élu ne confère pas le don d'ubiquité (vive le clonage!!!) . Ce qui est vrai du règlement, l'est encore plus de la Loi. Gouverner aujourd'hui c'est proclamer des principes aussi irréalistes qu'inapplicables si les moyens correspondant ne sont pas là. Une loi constitutionnelle sur les déficits budgétaires? Pourquoi pas sur les horaires des marées!!! Dans le même style, légiférer sur l'emploi acceptable est loufoque. Rendre obligatoire l'acceptation d'un contrat de travail, c'est totalement oublié que pour qu'il y ait contrat, il faut deux partie, le salarié et le patron. Quel patron prendra dans son entreprise une personne obligée par la loi d'accepter l'emploi qu'il propose : aucun, sauf l'État, et encore!
Soit, Daniel, et pour votre "nouveau consensus républicain sur quelques principes afin de construire progressivement un système de gouvernement qui réponde aux terribles enjeux d'aujourd'hui", vous voyez quoi? La Vème République? "Changement de numéro", tout le monde avait compris, non, que ce n'était que la conséquence de changements constitutionnels assez profonds?
"Nos députés respectent le règlement de l'Assemblée Nationale comme nous respectons les limitations de vitesse..."
Mais nous respectons les limitations de vitesse, cher monsieur. Votre exemple est cynique et dangereux car il montre, par sa manière de poser comme acquise et normale, l'habitude de rouler n'importe-comment et de se foutre des limitations de vitesse, il montre que c'est comme ça que vous pensez que la politique fonctionne dans son fonctionnement normal. Et vous chercheriez à penser des systèmes et des méthodes, en fonction du non-respect, en fonction des mauvais comportements.
Je sais que votre cas est répandu, cependant c'est une perversion et même une cause de ce que la politique et le pays plongent de plus en plus vite et de plus en plus profond. Il faut absolument penser en termes positifs, partir de ce qui devrait idéalement être, et ensuite, essayer de s'y tenir. On va bien parfois dépasser la limitation de vitesse de quelques petits km/h, pendant quelques secondes, mais on en sera conscient et on gardera toujours comme ligne la règle générale d'adaptation à l'environnement, règle bénéfique et assistée par la limitation.
L'image de la circulation et de la limitation de vitesse est excellente pour penser la politique, merci de l'avoir choisie: Vous ne pouvez pas considérer les députés et l'Assemblée Nationale comme un grand n'importe-quoi sans foi ni loi, juste parce que parfois, une petite entorse pas grave et sans conséquence, pourra se faire sur un système pensé positivement au plan général.
Calmons-nous et décidément méfions nous des métaphores. Concernant le système politique il est fait grands écarts entre le droit et le fait qui l'humanisent peut-être, ce qui n'est pas une raison pour s'accommoder des abus constants et répétés.
OK, les métaphores sont dangereuses au premier degré...je suis bien d'accord Mais elles entraînent des rebondissements, par effet de provocation, qui peuvent faire émerger d'autre idées . Ce que je voulais dire est le constat suivant. Le comportement des politiques dans leurs pratiques d'exercice de pouvoir les conduits à des dérapages comparables à nos comportements de conducteurs. Ils savent qu'il y a des codes à respecter. Mais 70 au lieu de 50 sur cette ligne droite, pas grave... La situation actuelle conduit à une professionnalisation de l'"état de politique". Je n'ai pas d'état d'âme devant ce fait, à condition d'entenir compte dans les normes de relation entre l'élu et le citoyen. Le refus du cumul est une étape essentielle dans l'évolution des recrutements d'élus responsables, devant ceux qui les ont choisi. J'évoquais par dérision le don d'ubiquité pour dénoncer l'omniprésence du chef qui est le seul à décider. Le Président, le Maire pense que, sont les prolégomènes du discours courtisan puis de prise de décision par rapport à des critères figés par l'image que projette le chef. Une solution réaliste serait de partager les indemnisations au prorata des mandats exercés, càd pour le cas où un élu cumule député + maire + conseiller général, cela lui donnerait droit à une indemnité 1/3 député +1/3 maire + 1/3 conseiller général...en voila une bonne idée!!! Je vais me faire mal voir des élus qui me connaissent???
Une seule solution: le mandat législatif unique. Et vous avez bien raison: une moralisation du cumul des indemnités des mandats locaux. Même l'écrêtage aujourd'hui en vigueur (possibilité de redistribuer le surplus de ses indemnités au-delà du plafond autorisé) est source de corruption "grise" (c'est-à-dire légale mais non conforme aux règles imposées aux citoyens "ordinaires").
Parfaitement d'accord avec vous y compris sur la question du numéro de la République. Mais revendiquer une 6° du nom est utile pour fixer l'attention de milieux politiques qui n'en finissent pas de nous dire que ces "question institutionnelles n'intéressent pas les français"; alors que ce sont des questions démocratiques essentielles qui concernent un grand nombre de personnes (voir la passion qui les a saisi en 2005 sur un texte pourtant abscons: le projet de TCE). Et puis la revendication d'une 6° République à l'avantage de mettre à nu la cohérence qui devrait aller avec une construction fondamentale: parlementaire ou bonapartiste?. On n'échappe pas aussi facilement à notre histoire.
Il me semble que les français se sont emparés de la constitution européenne car certains leaders politiques ont su en jouer et réveiller des questions. La réforme actuellement en cours de la constitution française semble loin de soulever les mêmes débats. Le pouvoir d'achat, qui j'en conviens est très important et de plus en plus, occupe les esprits. La réforme actuelle semble plus faire l'objet de négociation :"je te donne ci, tu me donnes ça" qu'être réellement porté au devant de l'actualité. Les partis semblent plus résignés à jouer le jeu qu'à en débattre sérieusement.
Absolument. Le PS est tout particulièrement responsable de cette inertie sur les institutions depuis trés longtemps (je me permets de vous renvoyer à mon ouvrage: "Le grand renoncement: la gauche et les institutions de la V° République" . Textuel, 2007). Et çà continue...
Bonjour, Vous soulignez le fait Nicolas Sarkozy se propose d'inscrire dans la Constitution « l’obligation d’avoir des finances publiques équilibrées » à l’occasion de la prochaine révision de celle-ci. J'aurais juste voulu savoir s'il s'est déjà vu en France une constitution qui gravait dans le marbre des orientations économiques. Si ce n'est le cas, quelle analyse pourrait-on faire d'un tel changement du cours des choses?... Quelles réactions une telle orientation a-t-elle suscité dans les partis politiques? Ce seraient-ils alarmés d'une mise en cause de la démocratie ( qui suppose que débat sur les choix économiques, et politiques économiques différentes possibles, à moins de penser qu'"il n'est pas d'alternative" comme le disait Margaret Thatcher...) Par ailleurs, je n'ai peut-être pas suivi d'assez près la question, mais quels changements de la Constitution vont-ils être proposés par Nicolas Sarkozy? A quelle logique répondent-ils? Quelles sont les réactions des différents partis? Bien sûr, je n'attends pas une réponse directe à mon commentaire. mais si pouviez m'apporter quelques réponses dans de futurs billets, je les lirais avec beaucoup d'intérêt. Merci par avance, Pascale Fourier
Je me permets de vous renvoyer aux articles déjà publiés sur Mediapart dans l'édition "Changer de République". Le dernier analysait le texte à son entrée au Conseil d'Etat; mais il n'a pas beaucoup varié depuis.
Bonjour, Merci à M. ALLIES pour la pertinence de son analyse et des commentaires qui accompagnent (accomodent ?) son article ! Une première tentative d'imposer en France une constitution "qui gravait dans le marbre des orientations économiques" (demande Pascale FOURIER) n'a-t-elle pas eu lieu avec le projet de constitution européenne que les Français ont rejeté, certes pour diverses raisons, mais aussi parce que l'un de ses grands chapitres imposait une vision libérale de l'économie, ce qu'une constitution n'aurait JAMAIS dû contenir ? On sait malheureusement ce qu'il en est advenu (en grande partie mais pas uniquement, grâce à l'activisme du président) : Toilettage de façade d'un texte entre européens de bonne compagnie (aussi constitutionnalistes que je suis pape), convocation à Versailles du Congrés pour une révision constitutionnelle visant à contourner la voix des Français, démission des responsables politiques socialistes faisant le choix de renoncer à respecter le peuple en renonçant à leur pouvoir de blocage au nom d'intérêts strictement internes à leur parti... Alors certes, la "crise" ouverte par le rejet de cette arnaque démocratique que représentait le "traité constitutionnel" par au moins deux peuples européens méritait-elle que tous les moyens soient trouvés pour remettre la construction européenne en marche. Mais, pour le président actuel, le coup d'essai valait exemple parfait : et aujourd'hui encore, une révision constitutionnelle prétendant rééquilibrer les pouvoirs relatifs de l'exécutif et du législatif ne vise en fait qu'à bétonner les pouvoirs d'un omni-président incapable de quitter ses habits de champion de son camp pour celui de garant absolu de l'intérêt général. Nul étonnement dès lors à avoir, en constatant qu'une option économique aussi politiquement marquée que cette "obligation d'avoir à respecter des finances publiques équilibrées" puisse être intégrée dans la constitution. Au lieu d'être le socle sur lequel s'organisent et s'articulent les différents pouvoirs qui structurent notre communauté, celle-ci devient progressivement un "outil politique" permettant à un camp politique de mettre progressivement la main sur les leviers de son pouvoir. Voilà pourquoi, à mon tour, moi aussi j'appelle de mes voeux l'apparition d'une nouvelle république. Bien entendu, tout ceci n'est qu'une opinion personnelle, que seules la richesse et la qualité des interventions des médiapartistes me permettent d'exprimer et de soumettre à la critique... en toute liberté. Bien à vous, Hubert MERCIER
Pleinement d'accord avec vous: les traités européens (et donc celui de Lisbonne qui reprend le TCE de 2005) constitutionnalisent "la concurrence libre et non faussée" et toute une série de dispositifs déployés silencieusement par la Cour de Justice de l'Union Européenne. Tant que l'UE ne sera pas une structure politique démocratique et sociale, il en sera ainsi. Mais cela vient de loin: voir ce que Michel Foucault en disait dans ses cours au Collège de France (je publierai sur l'édition "Changer de République" une note sur ce point).
Je prends le risque d'étaler une ignorance "crade", mais qu'importe le courage , c'est peut-être cela! Je suis incapable de faire oeuvre de références. Il me semble qu'une société qui aurait "des finances publiques équilibrées"serait une société saine, responsable, animée par des projets à longs termes, une vision globale des équilibres entre les besoins, les investissements, les impots........ . Cela nécessite de déterminer une politique précise , dans une éthique de vie clairement énoncée. Or, comment la droite pourra-t-elle équilibrer les budgets , alors qu'elle a gaspillé ce qu'elle a trouvé dans les caisses en arrivant? Le fera-t-elle en démantelant le service public et en vendant les biens collectifs? Comment peut-on être cohérent et responsable quand on s'hyper active , en toutes directions, sur tous les plans,sans concertation? La Vième République ressemble à un patchwork rapiécé, elle a vécu; mais faudra-t-il un très gros chahut pour pouvoir construire autrement. Et quoi? Citoyenneté et solidarité me semblent les antidotes à la débacle qui s'avance.
Merci de votre aide Orchischris, je n'osais pas avancer ici sur cette piste, intimidé que j'étais, non par Paul Alliès lui-même qui, je crois, a beaucoup à apporter politiquement, techniquement, et beaucoup d'humanité en même temps, mais par cette sorte de consensus entre Socialistes qui acceptent assez complaisamment de l'UMP, tout ce qui arrange leurs propres affaires politiciennes et surtout le sacro-saint bipartisme "une moitié de la France haïssant l'autre moitié", ceci tout autant au détriment de la France que cette droite qu'il attaquent sans cesse.
Pauvre travailleur sans esprit et sans culture, je me contentais de ce que Paul Alliès semblait admettre que ce "geste" de Sarkozy vers le Nouveau Centre, n'était qu'un os à ronger cynique et sans lendemain politique ni technique.
Maintenant que je me sens un peu moins seul, je peux continuer sur ce sujet des finances équilibrées pour notre pays, qui était central dans le programme de "mon champion" François Bayrou, qui bien entendu n'aurait été applicable que sous les conditions que vous évoquez assez bien, et qui est maintenant détourné et dénaturé, comme tant d'autres plagiats et pillages du programme de Bayrou, par le gouvernement "bokassesque" au service de Wall Street que "nous" avons choisi en Mai 2007 pour "nous" représenter au Fouquet's.
Citoyenneté et solidarité, oui, car en effet, pour ce qui est de la responsabilité de chacun, l'espérer tiendrait tellement de l'utopie, que ça hisserait des notions comme "la laïcité positive" ou je ne sais quelle "civilisation" encore, au rang des possibilités, par comparaison...
L'équilibre en effet ni ne se décrète ni ne se constitutionnalise. Voyez l'excellent article de Laurent Mauduit sur cette question.
La référence à l'équilibre des finances publiques est effectivement une concession faite au groupe Nouveau centre, en échange du renoncement à d’autres amendements plus immédiatement contraignants pour les finances de l’État ou de la sécurité sociale. Ironie de l’histoire, l’équilibre des finances publiques fait ainsi irruption dans la Constitution au moment où leur situation est au plus mal, ce qui place le gouvernement en situation de « pyromane favorable à des règles anti-incendies » comme l'a joliment écrit Philippe Martin dans Libération. Sur le fond, il s’agit d’un détonant mélange d’hypocrisie à court terme (parce qu’il ne s’agit que d’un « objectif », portant non sur le seul État mais embrassant aussi les comptes sociaux et les collectivités locales, aucune réelle contrainte ne pèsera sur la politique sarkozyste) et d’irresponsabilité à plus longue échéance (en inscrivant une nouvelle norme dans la Constitution, on donne au Conseil constitutionnel la possibilité de juger et, un jour, de sanctionner la politique budgétaire). Pour une analyse critique de l'ensemble du projet de révision constitutionnelle, voir: www.alter-reformeconstitutionnelle.com
La référence à l'équilibre des finances publiques est effectivement une concession faite au groupe Nouveau centre, en échange du renoncement à d’autres amendements plus immédiatement contraignants pour les finances de l’État ou de la sécurité sociale. Ironie de l’histoire, l’équilibre des finances publiques fait ainsi irruption dans la Constitution au moment où leur situation est au plus mal, ce qui place le gouvernement en situation de « pyromane favorable à des règles anti-incendies » comme l'a joliment écrit Philippe Martin dans Libération. Sur le fond, il s’agit d’un détonant mélange d’hypocrisie à court terme (parce qu’il ne s’agit que d’un « objectif », portant non sur le seul État mais embrassant aussi les comptes sociaux et les collectivités locales, aucune réelle contrainte ne pèsera sur la politique sarkozyste) et d’irresponsabilité à plus longue échéance (en inscrivant une nouvelle norme dans la Constitution, on donne au Conseil constitutionnel la possibilité de juger et, un jour, de sanctionner la politique budgétaire). Pour une analyse critique de l'ensemble du projet de révision constitutionnelle, voir: www.alter-reformeconstitutionnelle.com