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Je t’aime (Nicolas), moi non plus (Angela)
Le rapprochement franco allemand opéré en cette fin de mandat de Nicolas relève incontestablement d’un sens tactique qui ne peut que discréditer son auteur sur ses intentions opportunistes et électoralistes.
Comment peut-il déplacer le curseur de la politique internationale de la France aussi rapidement ? Souvenons-nous de ses paroles en nov. 2010 alors qu’il scellait un accord historique avec le Royaume Uni de J. Cameron dans la défense. Hissé au statut de « partenaire de confiance inégalé » selon ses termes, Nicolas entendait « peser davantage » dans le rapport de force avec les Etats-Unis et cela passait par l’entente franco-britannique. Le temps de l’attelage dominant Franco-allemand avait sonné ! Agacé par l’inprinting social démocrate transmis par le couple Mitterrand dans les consciences européennes, Nicolas ne pouvait se contenter d’écrire un nouveau chapitre, il se devait de tordre le bon sens de l’histoire et tenter de séduire le pays européen le plus consanguin avec l’hyper puissance. Reconnaissons que le tandem Tony-George W. faisait de l’ombre à la vieille Europe et qu’il fallait bien trouver une parade pour faire apparaitre la France dans les radars de la politique internationale. Bien avant son élection, Nicolas surnommé « l’américain », avait labouré le nouveau continent multipliant les rencontres avec les élites du pays en vue de supplanter le Royaume Uni comme partenaire privilégié des USA. Soucieux de conserver la bonne image qu’il avait su créer avec l’administration américaine sous le mandat de Georges W., il fut le premier président européen à se rendre à Washington aussitôt Barak élu en février 2008. Etre « Copain » des américains était inscrit dans sa feuille de route en ce début de mandat. Malheureusement une fois Barak élu, tout s’est compliqué pour Nicolas, dont le comportement de gamin capricieux a instantanément repris le dessus, déterminé à forcer la ronde des grands de ce monde ; Sauf que Barak n’était pas Georges W., et la France pas le Royaume Uni ! Changement de tactique : quand on ne peut être copain en direct avec les US, on devient copain avec son fidèle allié, on explique que la France a tout à gagner a faire ce que Margareth a déjà fait, que leur taux de croissance en 2007 est encore supérieur au notre etc. Ce n’est rien d’autre que du billard, la technique de « la triangularisation », diront plus tard les chroniqueurs avisés.
Septembre 2008, c’est le pic dans la crise des Subprimes, la capitale financière européenne commence à sentir mauvais, sus aux financiers, aux banquiers, aux traders, et aux agences de notation, a bas les pays qui hébergent les paradis fiscaux ! Le retournement de veste de Nicolas fût total en faveur du modèle Allemand avec Angela promu « juge arbitre et capitaine exemplaire ». Nicolas a tout pour agacer Angela : question de culture, de vision, de méthode, de sens, tous les opposent ! Elle, imperturbable, infusée aux méthodes universitaires de L’est, dépositaire d’une vision européenne vertueuse, Lui agité, rompu aux combats de rue, metteur en scène politique, acteur et spectateur, lorsque Angela lui montre l’horizon avec son doigt, lui, regarde le doigt, (cf. proverbe Bouddhiste). On ne peut pas effacer aussi précipitamment les nombreux clash entre ces deux personnalités extrêmes, comme cette déclaration au cours d’une réunion a Bruxelles en 2010 lors d’une conférence de presse, Nicolas affirmant que la chancelière allemande lui avait fait part de son intention de procéder elle aussi, dans les prochaines semaines, à "des évacuations de camps" à propos des Roms. Cette information vite démentie par le porte-parole du gouvernement allemand devint selon Berlin : « un malentendu », merci pour lui Angela ! a charge de revanche voudrait on dire mais les occasions sont trop rare pour Nicolas de faire briller Angela, reste alors à répéter inlassablement depuis 1 an que l’Allemagne a su faire les réformes structurelles, que l’opposition s’est pliée sagement à la responsabilité collective etc.
Cette séquence ne durera qu’un temps car Nicolas se contrefiche de l’Allemagne comme il s’est contre fichu de la Hongrie après son élection, pourtant héritier d’un grand parent dont il s’est souvenu pendant la campagne présidentielle que cela valait bien un Story telling. Après le Royaume Uni, les Etats Unis, l’Italie de Berlusconi, l’Allemagne est bien le seul pays auquel Nicolas a intérêt à se référer. A chacun sa formule : les joueurs de belotte diront qu’il se met « sous la gouttière », les pêcheurs de gros qu’il nage comme « un poisson pilote », les enseignants qu’il « fayote », les socialistes qu’il est prêt a tout, les Sympathisants UMP qu’il a le sens du sacrifice.
On n’entre pas dans l’histoire parce qu’on décide d’y entrer, le volontarisme est une vertu, l’opportunisme mimétique en est une autre. La combinaison des deux est souvent un jeu a somme nulle.

