A pouvoir illégitime, rupture unilatérale
«Une révolte?» «Non, sire, une révolution!». En océanographie, cela s'appelle une «remontée d'eau» (upwelling en anglais). La métaphore est séduisante et qualifiante, concernant l'actuelle situation politico-sociale de la France. Lorsque de forts vents marins poussent les eaux de surface, un vide se crée qui permet aux eaux de fond de remonter, chargées d'une grande quantité de nutriments.On l'aura compris, la puissante mobilisation contre la «contre-réforme» des retraites permet la remontée à l'air libre des aspirations républicaines, sociales, démocratiques, égalitaires et solidaires de notre peuple, forgées dans son Histoire depuis 1789 et qui constituent en quelque sorte son génome historico-politique.
Lorsque la révolte passe du stade de la contingence à celui de la nécessité, c'est d'une révolution qu'il s'agit, à tout le moins copernicienne. Et c'est bien ce que nous vivons avec la confrontation violente entre la France des citoyens qui refuse une mutation génétique (politique, sociale, historique et culturelle) et un groupuscule «illégitime» au pouvoir qui tente de la lui imposer.
Expliquons-nous sur l'emploi du grave qualificatif «illégitime». «Mais il a été élu...», dit-on. Certes, mais le suffrage universel n'est pas un vulgaire jeu de Loto. Il donne évidemment à son vainqueur des droits, mais aussi des devoirs. Il ne constitue en aucun cas un chèque en blanc signé par le peuple sur le couvercle de la sacro-sainte urne.
«Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer», proclamait-il quatre mois avant d'être élu, comme le rappelle Serge Halimi dans le Monde diplomatique. Puis, un an après son élection, il enfonçait le clou du mensonge en évoquant l'éventuel report de ce droit: «Je ne le ferai pas (...) Ce n'est pas un engagement que j'ai pris devant les Français. Je n'ai donc pas de mandat pour faire cela», rappelle aussi Halimi.
Oui, s'il ne l'est pas dans la lettre, l'actuel pouvoir est devenu de facto illégitime dans l'esprit de notre démocratie républicaine.
Mais la question de l'âge de la cessation d'activité professionnelle n'est qu'un des éléments du parjure sarkozien, de son mépris du fait démocratique. La question est certes d'importance, mais n'est que l'arbre qui cache la forêt du tournant historique que l'histrion de Neuilly tente –aux ordres de la fraction la moins éclairée de la bourgeoisie– de faire prendre à notre pays au nom d'une idéologie bushiste que les étatsuniens ont renvoyée aux poubelles de l'Histoire.
«Hyper présidence», disent par euphémisme les «bonnes» âmes. Non, pouvoir personnel, autoritaire qui foule aux pieds les piliers de la démocratie que sont la Justice (affaire Bettencourt) et la Presse (contrôle et concentration des médias aux mains des «amis» de l'industrie et du Fouquet's, et barbouzeries quand ça ne marche pas ou plus).
En finir avec l'idéologie soixante-huitarde, comme il l'appelait de ses vœux? Non, en finir tout simplement avec la République Sociale, avec 36, avec les résolutions du Conseil National de la Résistance, nos héros des maquis anti-nazis, tout en invoquant de façon perverse, répétée et donc intrinsèquement injurieuse, la Résistance, les Guy Moquet et l'holocauste.
Oui, ce «président» est indigne du pays qu'il prétend diriger, de son peuple, de son Histoire. Les transfuges et les médiocres, autant d'hommes et femmes de paille qu'il a choisi pour mettre en application ses contre-réformes régressives, obéissent au doigt et à l'œil. Mais ils n'ont pas le choix. Leur peu d'envergure politique les rend inemployables dans un autre cabinet, y compris d'une droite un peu plus éclairée comme peuvent l'incarner un Villepin ou un Bayrou. Non, de Fillon à Kouchner, l'avenir politique des ces gens-là est étroitement lié à celui de leur petit maître et mentor. Ils ne peuvent naviguer qu'avec lui, ils couleront avec lui.
Le problème est à «gauche»
En juillet 2010, j'ai commis ici, au plus fort de l'affaire Bettencourt, un texte intitulé «Législatives anticipées?», estimant que c'était la voie dans laquelle devait s'engager la gauche sans attendre 2012 et 18 mois supplémentaires d'effondrement de la République. J'y soutenais que la réalité politique et sociale de la France était en parfaite inadéquation avec sa représentation parlementaire et qu'il convenait que l'opposition exigeat une dissolution de l'Assemblée nationale, selon une stratégie politique de rupture avec le pouvoir.
Dois-je préciser que ma naïveté n'allait pas jusqu'à envisager une acceptation d'une telle dissolution par Sarkozy, mais que cette stratégie avait le mérite de placer le pouvoir devant ses contradictions politiques, qui confinent à l'aporie. Comment aurait-il pu justifier de son refus d'une dissolution que rend possible notre constitution (cf le précédent de Chirac et Villepin)? Je ne suis pas un inconditionnel des sondages d'opinion, mais tous convergent pour dire la condamnation par une large majorité , des turpitudes, «affaires» et en général mal-gouvernance de la fraction, pour ne pas dire faction, au pouvoir.
Exceptées quelques personnalités (et le MRG), l'idée de dissolution est restée lettre morte dans l'opposition de gauche, du PS au NPA.
Evidemment, depuis juillet, la situation catastrophique de la France n'a fait que croître et enlaidir. Et la «gauche» n'en peut mais !
Ne pouvant détacher ses yeux du calendrier électoral (des cantonales de 2011 aux présidentielles et législatives de 2012), hormis ici et là quelques déclarations verbales plus morales que politiques pour fustiger la clique qui nous dirige, ainsi que l'apparition théâtrale de quelques dirigeants dans les manifestations de masse, elle regarde et attend. Convenons qu'à tout le moins, elle ne remplit pas son rôle, désespère Billancourt et le peuple en quête d'un encadrement politique à son action rebelle et revendicative, et contribue largement du même coup à maintenir au pouvoir, au-delà du supportable, cette droite extrême.
Elle se défend de prendre la moindre initiative politique de rupture avec ce pouvoir qui a dépassé toutes les bornes (depuis l'avènement de Ve République) de la bienséance républicaine et démocratique et qui flirte maintenant (provocations policières dans les manifs, cambriolages barbouzards, utilisation de services de police contre la liberté de la presse et des journalistes, mise au pas de la Justice) avec des pratiques d'un autre âge. Qui emploie des méthodes «fascistes», MM. Bertrand, Hortefeux et consorts ? Médiapart et quelques confrères qui font leur travail d'information courageusement et honnêtement ou vos sbires qui rodent la nuit équipés de passe-partout et les mains gantées pour ne pas laisser de traces, dans certaines salles de rédaction?
Oui, le problème central est à gauche. La droite, elle, aux ordres des puissances d'argent, ne fait que son sale boulot, mais son boulot tout de même. Elle est, en dépit de ses outrances, en accord avec elle-même.
Mais ladite «gauche», dont les dirigeants sont avant tout soucieux de leur propre objet et de leur avenir politique personnel, ne remplit pas son contrat. Et ne pas faire, à une droite aussi dure et rétrograde, ce pourquoi on a été désigné ou élu dans l'opposition, c'est en définitive trahir.
Votre idéal aujourd'hui, responsables du PS toutes tendances confondues, c'est vous mêmes. La lutte des places contre la lutte des classes... cette lutte des classes qui remonte du fond des océans avec tous ses nutriments politiques, culturels, syndicaux, libertaires, anti-autoritaires qui ont nourri notre peuple depuis le siècle des Lumières.
Alors il vous reste encore une chance, une toute petite, de justifier votre existence. Rompez ! Rompez unilatéralement avec ce pouvoir corrompu et corrupteur. Ne discutez plus, agissez. Ouvrez comme vous le demandent in fine les Français, avec leurs grèves et leurs manifs, une crise politique et institutionnelle profonde dont l'issue ne pourra être que l'effondrement de ce régime, sans attendre les urnes de 2012. Attendre, c'est reculer.
Faites ce que vous avez à faire, dites ce que vous avez à dire, écrivez ce que vous avez à écrire en prenant pour seul témoin ce peuple qui espère encore. Mais plus d'échanges pseudo-démocratiques, à l'Assemblée, au Sénat, dans toutes les institutions de la République, avec cette anti-France au pouvoir.
Les «conditions objectives», comme on dit en vulgate marxiste, sont réunies.
Battez le fer tant qu'il est chaud. Soyez réalistes, demandez l'impossible !


Tous les commentaires
Je partage votre analyse quant à l'abscence d'une VRAI opposition VRAIMENT de gauche dans ce pays.
Mais n'est-ce pas déjà trop tard pour demander au PS et consorts de rompre avec l'ultra-libéralisme de la droite ? Un des candidats aux primaires n'est-il pas un excellent (si on se réfère aux principes libéraux) directeur du FMI ? Je suis assez pessimiste quant à leur capacité de réaction, y compris dans la relève : il n'y a qu'à voir les jeunes pousses socialistes au MJS ou à l'UNEF pour s'en faire une idée...
Peut-être devrions nous plutôt sortir du paradigme démocratique de la 5ème république qui veut que le peuple délègue quasimment tous ses pouvoirs à des représentants qui, quels qu'ils soient, privilégient d'abord leurs intérêts personnels et de classe. Sans rester dans le registre "tous pourris", il y a véritablement urgence à ce que le peuple (et à mon avis cela ne peut venir que du peuple à travers un mouvement social très fort) exige une nouvelle république plus juste, démocratique et surtout participative (certains parlent de 6ème république), premier préalable à un changement de société plus profond, conforme à la volonté de la majorité des français.
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Beau texte,
Ce pouvoir est illégitime, comme Jacques Sapir l'expliquefort bien dans Marianne Retraites :Sarko n’a pas gagné, Aubry non plus ." Le conflit de légitimité ne saurait pourtant exister quedans la tête de quelques-uns. Il relève en fait de l’ignorance dans laquelle setrouvent nombre de commentateurs."..."
L’élection ne garantit pas en effet la légitimité pour la totalité du mandat,ainsi que le prétendent tant les porte-paroles du gouvernement que ceux duprésident. Ceci revient à oublier, ou à ignorer, la différence qui existe entre le «Tyrannus absque titulo » etle « Tyrannus ab exertitio »..."Quand le candidat désormais élu doit faire face à des éléments imprévus, ou doit prendre desdécisions par rapport auxquelles il ne s’est engagé que de manière très vague,il doit nécessairement faire la preuve de nouveau de sa légitimité et nesaurait la tenir pour acquise du simple fait de son élection...
"Le débat sur la « justice », qui renvoie auxprincipes mêmes de notre Constitution, tels qu’ils sont exprimés dans sonpréambule."..."En cherchant à passer «en force », en refusant le débat sur le fond, le pouvoir a étécontraint d’exercer des moyens qui, étant dès lors dépourvus de légitimité,sont devenus par eux-mêmes des facteurs de trouble et de désordre."
"Dans ce mouvement s’est exprimée très profondément l’illégitimité dupouvoir et le refus de cette illégitimité par le peuple."
Le Ps doit sortir du marketing politique etoser affronter la réalité et la profondeur du rejet du système néolibéral,rétrograde et régressif. Cela passe par des remises en cause d'idées, d'hommes, mais c'est à ce prix que le PS retrouvera sa crédibilité etpourra gagner les élections.
Il doit remettre en cause son penchant, pourla mondialisation, la concurrence libre et non faussée, l'orthodoxie financièrequi nous vient du XIX siècle et qui connut son apogée avec le plan Laval audébut des années trente.
Le PS doit admettre qu'il a pris les vessiesdu néolibéralisme et de ces chantres pour des lanternes, il y a perdu son âmeet sa crédibilité.
Son avenir est entre ses mains. Il doitprendre ce virage historique.
Jean Bachèlerie
Comment ne pas etre d'accord avec ce qui est dit ci-dessus.
Il faut obliger la gauche et plus particulièrement le PS (n'est-il pas supposé représenter l'Opposition?) à enfin se découvrir et assumer son rôle.
Il faut, dès samedi 6 novembre, dans la rue, interpeller la gauche et plus particulièrement le PS, afin qu'ils prennent toutes leurs responsabilités.
Si la gauche et le PS restaient dans l'inaction, cela les disqualifieraient définitivement aux yeux de l'opinion, compromettant ainsi leur légitimité à représenter une alternative crédible à la Sarkozie et la droite en 2012.
Le pouvoir en place est décrédibilisé et aux abois, il faut continuer et amplifier les manifestations, trouver de nouvelles voies de contestation (j'ai déjà proposé de s'inspirer des "folles de Mai" Argentines et de faire des manifestations devant toutes les préfectures, par petits groupes, mais 24h/24) et ne pas cesser jusqu'à la chute du pouvoir.
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Mais concrètement que pouvons-nous faire ? Comment s'organiser ?
Nous ne somme pas si nombreux à avoir décidé de ne pas s'arrêter ...
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Vous avez raison la gauche est largement démissionnaire n'en déplaise à ceux qui arguent de son combat à l'Assemblée ou au Sénat.on ne peut gagner si on ne joue pas avec les memes règles.
Au regard des régressions que nous subissons depuis l'arrivée de ce despote je n'entend que des murmures de l'opposition alors que nous devrions entendre des cris d'alarme.
De meme pour les intellectuels,les artistes,les ecrivains qui devraient tous aussi etre dans la rue pour dénoncer ce pouvoir corrompu qui nous méprise et qui nous assassine.
REVEILLEZ VOUS BORDEL DE MERDE!
Bravo pour votre texte.
Beaucoup de ceux qui se font habituelement les défenseurs des nobles causes...sont achetés rubis sur l'ongle !
Les journaux bruissent des fromages de la République, distribués à loisir pour faire des obligés, qui ferment les yeux opportunément !
Où est le conflit central, qui tire les ficelles, et comme disait Dear Old Agatha, à qui profite le crime ?
"Oui, le problème central est à gauche."
"Votre idéal aujourd'hui, responsables du PS toutes tendances confondues, c'est vous mêmes."
Plus aucune idée centrale qui fédère ce parti divisé entre ses leaders, avant tout clientèliste, électoraliste, incapable d'élaborer un programme. Voilà ce qui va faire perdre à ce parti clientéliste l'élection centrale sous cette constitution.
Le PS a perdu sa capacité de réflexion. "Résistant", il reste soumis à toutes les initiatives de la droite. Le PS a perdu l'initiative du combat.
La rue ne la lui rendra pas.
Bien dit, PF, et trés juste. Que la droite, et en son sein, la frange "catho", ait choisi une bande de voyous pour la représenter, c'est son probléme. Mais que cette bande de voyous amplifie brutalement le naufrage de notre civilisation, c'est notre probléme à tous. Et si les "socialistes", adhérents, militants, sympathisants du PS qui supportent les caciques de leur parti, s'imaginent qu'il suffit d'attendre patiemment les échéances électorales pour prendre les commandes d'un navire en train de couler, c'est qu'ils font preuve, une fois de plus, d'un manque de clairvoyance et de courage patent, pour le moins.
Et, pour le mieux, ils devraient prendre conscience que le peuple n'est pas aussi stupide qu'ils semblent le croire : je le vois mal confier son destin à une équipe aussi rompue. Qu'attendre d'une bande d'incompétents qui nous a déjà fait avaler tant de couleuvres ? Une frange d'entre eux -représentée par JL Mélenchon, ce que signifie sa démarche- a choisi de s'engager clairement. Les plus lucides des autres "socialistes" devraient en faire autant.
Le Parti Socialiste devrait, s'il avait un peu de courage, se saborder. Il y aurait de nouveau un champ libre pour le progrés social.
Je vous suis ... mais je crains que nous n'allions pas aussi loin.
Article très intéressant.
Mais au delà du manque de réaction du PS, qui augure mal de son avenir politique à mon avis, c'est en fait la Vème République qui agonise.
Quand on revoit les évènements de 58 (documentaire de Moati cette semaine), et en faisant abstraction de la crise algérienne (ici et maintenant c'est la crise économique et sociale), les éléments de fin de régime sont les mêmes. Une constitution qui correspondait à une réalité quand elle a été promulguée, qui s'est petit à petit désolidarisée de la réalité, et des pseudo élites qui ont trouvé toutes les failles, fussent elles minuscules, où faire passer leurs intérêts personnels. Le fruit est mur. Reste à trouver celui(celle) ou ceux qui sauront transformer le couirant profond qui se met en place en force de changement légitime, faire plier gouvernement et parlement, et mettre en place une nouvelle constituante.
Je sais, c'est radical, mais a t'on un autre choix ?
"On l'aura compris, la puissante mobilisation contre la «contre-réforme» des retraites permet la remontée à l'air libre des aspirations républicaines, sociales, démocratiques, égalitaires et solidaires de notre peuple, forgées dans son Histoire depuis 1789 et qui constituent en quelque sorte son génome historico-politique."
Merci de le dire, c'est vraiment essentiel et profondément vrai...
Vous avez explicité l'évidence. Mais vous savez que malgré celle-ci, cette opposition ne veut pas la reconnaitre, ne veut pas l'accepter parce qu'elle la dépasse car elle n'a pas les moyens donc elle utilise ces qu'elle a en dépit du résultat catastrophique. J'ai quitté le PS à cause de cela: de son conservatisme et de sa complicité objective avec ce gouvernement. Il est "insupportable" vivre avec des dirigeants qui nous trahissent.En bon parti bureaucratique et élitiste le PS a peur de ces manifestations de français qui restent très sages.Écoutez le discours de Hollande? Il est désespérant. Mais en quel société vit-il???
Or, comme disais quelqu'un:: que faire ? un appel aux signatures?une lettre envoyée à toute l'opposition?
Enfin je reste très dubitatif pour pas écrire pessimiste!
Cependant, j'ai apprécie la justesse de votre article et je vous en remercie
Idem
Excellent article, merci.
Les députés et sénateurs de l'opposition devraient immédiatement se mettre en grève illimitée.
Une telle attitude de refus du système mettrait rapidement à terre le système sarkoziste, qui marche uniquement parce que l'opposition, ainsi que vous l'écrivez fort bien, joue le jeu pseudo démocratique de ce gouvernement autocrate, en participant à des débats formels et factices.
Excellent article ? Pas tout à fait, l'appel au PS pour qu'il se radicalise est sans espoir. Mieux vaut se référer à l'article 35 de la déclaration dse droits de l'homme et du citoyen, préambule de la Constitution de 1793 :
Quand un gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.
Il y a ,avant tout, à agir pour que le PS ne soit plus hégémonique dans l'opposition.
L'insurrection sans encadrement politique ?
L'aventure est très aventureuse nonobstant le fait que l'article 35 est fort salubre. Et puis, le "grand soir" n'est qu'une savoureuse utopie.
Cherchez la complémentarité entre ce que je préconise et ce que vous soulignez. Là est peut-être le chemin.
Merci à tous de vos réactions
PF
Lamobilisation ne débouche pas sur l'insurrection, il n'est pas non plus questionde se passer des syndicats, en tout cas la CGT, SUD Solidaires, FSU, et lesautres s'ils le veulent.
mais làencore la base peut en s'organisant en Comité d'Action et Résistance regrouperdes salariés, des militants et des mécontents, pour faire vivre localementle mouvement social, sa contestation légitime du système devenuillégitime qu'est la mondialisation libérales et ses représentants comme Sarkole petit, ses partisans, une partie du PS, des centristes etécologistes.
Ces comitésregrouperaient hors partis politiques des personnes de toutes tendances allantdes gaullistes sociaux, chrétiens progressistes, les mouvements associatifs etles différentes tendances syndicales et de gauche.
S'organiserdonne de la force et du courage, et permet de faire vivre la flamme du rejet dece monde rétrograde, qui poursuit sans relâche la grande régression.
Enfin ilpermettrait au delà des engagements partisans, de faire comprendre au PS, ceque le peuple veut vraiment, ces comités rendraient le rejet de mamondialisation rétrograde inéluctable, pour qui se veut progressiste,républicain et démocrate.
Ce typed'initiative redonnerait de l'élan et de la force à la démocratie, que lagrande régression s'efforce de disqualifier et de faire disparaître ensilence.
Lemouvement social doit conserver son élan, faire vivre ses revendicationset les diffuser dans la population. L’objectif n’est pas l’insurrection, mais la« révolution tranquille des salariés et citoyens ».
Pour que la France d'en bas aie de l'espoir, puisse croire au matin, il faut réduire le PS à 5% des suffrages dans un premier temps comme au temps de DEFERRE, de sa défroque de " Mr. X " et de sa 3° voie, sa Gauche moderne etc.....c'est à dire la Droite, comme actuellement E.VALLS d'ailleurs.
Comment imaginer qu'un Smigard puisse attendre quelque chose de chefs " Socialistes " payant l'ISF, patrons de sociétés de manutention portuaire ou gérant le fric de la Bourgeoisie au FMI ? Eux-même de grands bourgeois
Avec une telle Gauche pas besoin de Droite !
L'ennemi principal c'est la Droite,l'ennemi immédiat c'est son glacis, sa roue de secours : :Le PS.
Merci pour ce très bel article! J'y souscris totalement.
Que la gauche saisisse cette occasion de redevenir la gauche, et qu'elle n'ait qu'un seul but: rendre au peuple la démocratie. Et vite!
Bravo
C'est exactement ce que je voulais dire, mais je ne l'aurais pas si bien formulé. Il existe dans la constitution le moyen de déstituer le président:
Article 68
Modifié par Loi constitutionnelle n°2007-238 du 23 février ... - art. 1
Le Président de la République ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour.
La proposition de réunion de la Haute Cour adoptée par une des assemblées du Parlement est aussitôt transmise à l'autre qui se prononce dans les quinze jours.
La Haute Cour est présidée par le président de l'Assemblée nationale. Elle statue dans un délai d'un mois, à bulletins secrets, sur la destitution. Sa décision est d'effet immédiat.
Les décisions prises en application du présent article le sont à la majorité des deux tiers des membres composant l'assemblée concernée ou la Haute Cour. Toute délégation de vote est interdite. Seuls sont recensés les votes favorables à la proposition de réunion de la Haute Cour ou à la destitution.
Une loi organique fixe les conditions d'application du présent article.
Elle n'aurait aucune chance d'aboutir puisque le parlement est à la botte du président mais si l'oppostion réunie faisait une telle requête, relayée par l'opinion,le pouvoir serait sacrément dans l'embarras.
C'est ça le problème justement : tous les pouvoirs (sf les locaux et les régionaux) sont entre les mains de l'UMP ... et en France, la procédure "d'empechment" n'existe malheureusement pas (contrairement aux Etats Unis).
On n'arrivera donc jamais à réunir les 2/3 de l'Assemblée pour déloger le gugus en place ... pas la peine de rêver !
Par contre, je trouve que le PS agit et s'exprime, dans la mesure de ses moyens, et particulièrement Ségolène Royal dont les media (curieusement d'ailleurs ... on se demande bien pourquoi ?!) parlent très peu : ses UPP (Universités Populaires Participatives), ses Fêtes annuelles de la Fraternité : cette anée à Arcueil, l'année dernière à Montpellier, celle d'avant à Bercy ... qui rassemblent des milliers de mùilitants de gauche, ses interventions offensives dans les débats télévisés et sur les radios publiques, et j'en passe .... ça compte pour du beurre, tout ça alors ???? Qu'est-ce que vous avez donc dans les oreilles ?
Que voulez-vous qu'elle fasse de plus ? C'était aux Français de ne pas être aussi conservateurs ... et surtout aussi misogynes en 2007 !!! CE SONT EUX tout de même qui ont voté à 53 % pour cet hurluberlu, ou je me trompe ?
Nous, ce qu'on peut faire maintenant, c'est continuer la lutte jusqu'en 2012, afin que le gugus qui nous sert de président continue de perdre pied ... et surtout, surtout NE PAS REFAIRE LA MÊME CONN ... EN 2012 !!!!!
at si , une bonne fois pour toutes , on admettait que seul le Ps a les moyens démocratiques de reprendre le pouvoir ;
Et si tous les intervenants ci dessus en prenaient conscience
et si ces intervenants prenaient leurs cartes au Ps , ils pourraient , fort de leurs idées , orientaient quelque part le Ps , vers ce qu'ils attendent
Ne serait ce pas mieux que d 'user , à force de ctitiques , la seule altenative démocratique crédible et potentiellement victorieuse pour les presidentielles
Que l'attitude du Ps ne vous plaise pas , c'est votre liberté de penser ; elle ne me plait pas non plus .Mais n'oublions pas que seul le Ps représente une alternative de pouvoir susceptible de gagner plus tard .
Alors evitons les querelles à gauche ; cherchons plutot des passerelles entre nous .
Le PS ? Quel PS ? Celui qui a vendu son âme au capitalisme ? Celui qu'on ne nomme même plus "parti socialiste", mais "post-scriptum" ? Le PS de Valls ? Celui de DSK ? Le PS de Fabius, le génie "écologiste" qui a supprimé la "vignette auto" ? Le PS de Lang, dont on ne sait toujours pas quel langage il parle ? Le PS de Hollande, qui n'est pas l'image même du courage politique, c'est le moins qu'on puisse dire ? Le PS de Quilés, qui a initié la privatisation de la Poste ? Un PS tellement habitué aux dorures des palais de la république qu'il semble ne plus rêver que de ça. Un PS qui a oublié qui l'a élu. Un PS loin du peuple, loin de la réalité de ce que nous vivons tous les jours, nous, en bas, dans les soutes de la galére. Un PS qui devrait hurler chaque jour sa haine de ce systéme inique et mortifére, dont il semble s'accommoder.
Les caciques devraient retourner au charbon, ça leur redonnerait le sens des réalités.
Très bel article, que je partage bien sûr, l'opposition est inexistante...mais qui est donc PF, l'auteur de cette belle analyse?
R . PF ?
Les pseudonymes sur Médiapart me gènent. Ils donnent des arguments aux détracteurs du site. Si nous défendons la liberté d'opinion, assumons la et ayons le courage de ne pas se cacher.
gip qu'en pensez vous ?
Tout a fait d'accord, je n'aime pas les articles, si bons qu'ils soient, sans source nominative, nous sommes en république,
on est d'accord Gilles,
JP Chatain