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May

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LE PETIT PRINCE

Machiavel demande: le prince doit-il être aimé ou craint, puisqu'il ne peut être l'un et l'autre? Contrairement à ce que l'on pourrait être tenté de penser, il vaut mieux qu'il soit craint qu'aimé, car s'il peut maitriser les moyens de la crainte, il ne maitrise pas ceux de l'amour. Il vaut mieux qu'il soit craint, mais seulement à condition de n'être ni méprisé ni haï. Celui qui nous sert de prince et y prétend derechef ne répond pas à ces conditions. Craint, il le fut de beaucoup dès avant son arrivée, non pas craint de cette crainte qu'inspire une autorité respectée, mais redouté comme une menace déguisée. Méprisé aussi il le fut très tôt et de plus en plus, jusqu'à faire l'objet d'un rejet profond, en réponse à son propre mépris si évident et même affiché. Il n'a pas cru si bien dire en rappelant que le "tout sauf lui" était déjà présent dès sa première élection. Voulait-il dire que cette posture était alors encore minoritaire? Ou qu'il serait aujourd'hui élu malgré tout? La déclaration sonne de toute manière comme une menace sourde : ce que j'ai déjà fait, je peux le refaire. Pour conserver le pouvoir qu'il avait su conquérir dans les formes, mais au moyen d'artifices trop gros, si gros que plus gros tu meurs, il lui faut pourtant aujourd'hui surenchérir, mais s'il ignore qu'il ne réussira pas sans que ce rejet ne s'aggrave, ou s'il s'en moque, il n'est du "prince" qu'une faible approximation.

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