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May

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LAPSUS

 

 

Peu de gens ont relevé la brève digression de N. Sarkozy, probablement improvisée et vite abandonnée, au sujet de l’affaire du Carlton de Lille. En substance le président s’est demandé tout haut pourquoi cette affaire était justement sortie à Lille et non dans les Hauts de Seine : « Vous voyez ce que je veux dire ? » a-t-il lancé au journaliste Yves Calvi qui n’a rien répondu. Que fallait-il comprendre ? Ecartons la mauvaise blague qui peut venir à l’esprit : çà ne risquait pas de se produire dans les Hauts de Seine, non que ce lieu soit exempt de toute forme de corruption, du moins selon toute probabilité, mais simplement parce que l’on peut penser que le pouvoir dispose là des moyens de permettre ou non qu’un scandale « sorte », comme le Président suppose ou feint de supposer que ces moyens sont disponibles pour certains à Lille. Certains ? Qui cela peut-il être ? La région du Nord et sa capitale sont un fief socialiste. Cette digression paraît donc entrer dans l’offensive anti-socialiste développée dans le show de jeudi soir, contre les 35 heures, etc. etc. Cette digression est probablement un lapsus. Elle est aberrante, à moins qu’il soit permis de généraliser et de supposer que le scandale Neyret a quelque chose à voir avec le fait que l’exécutif local, à Lyon, est aussi socialiste. Ce qui est étrange, c’est que, comme par hasard, cette affaire lilloise rejaillit sur un homme déjà bien chargé de malchance, DSK. De quoi Sarkozy se plaignait-il donc ? Du discrédit dont on veut accabler sa police ? D’une calomnie odieuse visant son frère DSK ? A quoi au juste a-t-il pensé ? C’est bien confus. Ce lapsus presque passé inaperçu, soit parce qu’il était trop bref, soit parce qu’il était trop sybillin, soit enfin et surtout parce que les auditeurs se sont concentrés sur bien autre chose, autrement plus lourd et sérieux dans les hâbleries sarkoziennes, ce lapsus donc est un symptôme, comme tout lapsus. Pour le moins un signe de fatigue.

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