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Politique polynésienne, un laborantin typique des jeunes démocraties

 

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écrit un 29 février...

Foire, gabegie, crime de lèse-démocratie… Ainsi pourraient être qualifiés les derniers soubresauts de la scène politique locale, qui a encore une fois vu la mise en œuvre des manœuvres politiques les plus farfelues et les plus honteuses. Samedi 23 février, les électeurs polynésiens ont pu ainsi découvrir à leur grande stupeur (comme toujours, le résultat des multiples et complexes tractations est improbable jusqu’à la fin), la victoire de Gaston Flosse, au prix d’une alliance contre nature avec son ennemi juré Oscar Temaru ; le but unique justifiant cette stratégie étant la mise en touche de leur ennemi commun du moment, Gaston Tang Song, qui a su remettre de l’ordre dans la vie politique du Fenua ces derniers mois, à l’aide d’un moyen simple finalement : un minimum de sincérité et de décence. En témoigne le vote les résultats du scrutin, théoriquement majoritaires en sa faveur, mais rendus caduques par l’alliance de ses deux opposants.

 

Si les hommes politiques locaux ne réagissent qu’avec des sentiments le plus souvent guidés par leurs propres intérêts politiques, il est cependant soulageant de constater la présence de mots plus durs dans la bouche de nombreux polynésiens qui, souvent indulgents envers les frasques de leurs représentants, n’en ressentent pas moins aujourd’hui la gravité de ces pratiques toujours plus ubuesques. Il est intéressant de constater à quel point cet absurde démocratique, qui pèse de tout son poids sur nos compatriotes, dans notre indifférence la plus totale, est typique des jeunes démocraties au point de prendre des allures de cliché grotesque et aberrant.

 

Y’a-t-il donc une règle, une loi de Murphy qui ferai que les jeunes démocraties sont condamnées à en passer par ces errements avant d’en arriver à une pratique saine et (à peu près) raisonnable de leurs institutions ? Un esprit mystique (« mana » en polynésien), unegrande compréhension du concept, qui se développe avec l’habitude, ou bien une illumination, ou bien encore une disposition originelle des peuples à fonctionner librement…?

 

Le réel problème n’en réside cependant pas moins dans un processus plus profond, et de plus longue haleine, celui de l’accoutumance et de l’acquisition de ce que Toqueville appelait « l’esprit de la liberté » (principalement dans « De la démocratie en Amérique »), une foi en ce système : au citoyen de faire preuve de civisme démocratique, et de vouloir la liberté.

Aux polynésiens, donc, de réagir face à ce qui s’annonce comme une nouvelle période de politique politicienne du bout du monde.

 

 

P.S. ce billet est celui d’un citoyen, en aucun cas celui d’un métropolitain voulant donner des leçons (j’en serai d’ailleurs bien incapable, puisqu’alors que je m’apprête à poster cet article écrit il y a quelques jours, les manœuvres les plus improbables sont à l’œuvre un peu partout en France pour remporter les municipales !)

 

 

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