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Je doute, donc je suis…moderne - Le casse-tête Shutter Island

Un trajet se faufilant de Shutter Island (le roman de Lehane* et le film de Scorsese) à la politique postcapitaliste, en passant par les philosophies de Wittgenstein et de Cavell comme par la critique compréhensive des théories du complot...
Paru initialement dans Libération, 2 avril 2010
Je doute, donc je suis...moderne
Shutter Island, le film de Martin Scorsese et surtout le magistral roman noir de Dennis Lehane, nous entraîne dans les méandres extrêmes des incertitudes humaines, aux confins de la paranoïa, là où les théories du complot prospèrent. 11 septembre 2001, grippe A... : les conspirationnismes les plus extravagants font ainsi florès sur internet.
Le doute participe bien de la constitution de la figure de l'individu occidental moderne. En témoigne un des premiers « préceptes » énoncé par Descartes : « ne recevoir jamais aucune chose pour vraie [...] que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute » [1]. Or ce doute est susceptible de révéler des pouvoirs envahissants, voire auto-dévorants. Où poser la limite suggérée par Descartes mettant en garde contre les sceptiques, « qui ne doutent que pour douter » ? Où se déploie la légitime mise en doute des préjugés dominants et où commence le délire paranoïaque ?
Les cheminements narratifs ciselés par Lehane épousent tout d'abord ces interrogations :
« Si on vous juge dément, alors tous les actes qui devraient prouver le contraire sont interprétés comme ceux d'un dément. Vos saines protestations constituent un déni. Vos craintes légitimes deviennent de la paranoïa. Votre instinct de survie est qualifié de mécanisme de défense. »
Pendant la plus grande partie du récit, le héros semble avoir raison contre les accusations de paranoïa portées contre lui. Mais, dans les plis du roman et dans les plans du film, perce timidement une autre (petite) voix, qui prendra le dessus dans le dénouement : et si cet homme était vraiment fou ? Car Shutter Island apparaît, au bout du compte, comme une critique des théories du complot et de leur circularité :
« Vous avez réussi à vous convaincre que vous étiez toujours marshal et qu'à ce titre vous étiez venu enquêter à Shutter Island. Á cette occasion, vous avez découvert une vaste conspiration ; par conséquent, tout ce que nous pouvons dire ou faire pour vous prouver le contraire ne sert qu'à entretenir l'illusion du complot. »
Sans que le trouble ne soit tout à fait éteint, une vérité probable se fait jour au final : un auto-illusionnement aurait servi à recouvrir un drame intime chez notre (ancien) marshal. Le récit ne débouche-t-il pas alors sur la possibilité d'un doute plus raisonné, freinant les dérives d'un doute absolu tout en laissant ouvertes des zones floues qu'aucune règle rationnelle ne pourrait régenter par avance ? On a là quelques convergences avec des pistes livrées en philosophie par Ludwig Wittgenstein [2].
Le doute illimité revêtirait selon lui un caractère auto-réfutant, la prétention de « douter de tout » supposant de douter aussi du doute. Plus largement, tant nos doutes que nos certitudes auraient besoin d'appuis sur du non-interrogé, « comme des gonds sur lesquels tournent nos questions et nos doutes ». Cette double fragilité pratique, dans nos doutes et nos certitudes, ne mènerait pas nécessairement au nihilisme, ce dernier ayant lui-même des chausse-trappes. Et puis tout doute ne serait pas « raisonnable ».
L'Américain Stanley Cavell a prolongé l'inspiration wittgensteinienne dans une direction stimulante : « l'enseignement de Wittgenstein est partout dirigé par le souci de réagir au scepticisme [...] On manque ce qu'on pourrait appeler l'"effet Wittgenstein", si [...] on ne s'ouvre pas à la menace du scepticisme (i.e., au sceptique que l'on a en soi) » [3]. Endiguer le scepticisme ne passerait pas par sa négation, mais par une confrontation avec les doutes et les incertitudes tiraillant la condition humaine. Le scepticisme serait à contenir, au double sens d'intégrer et d'empêcher que cela déborde. « Une marche sur la corde raide », ajoute Cavell.
Cette position d'équilibriste apparaît comme un trait particulièrement prégnant de la mobilité individualiste promue par le capitalisme contemporain. N'y a-t-on pas affaire à des individus plus autonomes, mais soumis aux pressions de la logique marchande dans un univers pétri d'inégalités et de précarisations ? L'autonomie personnelle donne accès à des marges supplémentaires de liberté, mais accroît les zones d'incertitude. La commercialisation des désirs s'engouffre dans cette incertitude, mais en avivant les frustrations. Le management prétend solliciter les personnalités de chacun, mais la loi du profit dans le cadre demeuré hiérarchique de l'entreprise capitaliste écorche les demandes de reconnaissance, renforçant les indécisions sur soi et sur les autres.
La politique officielle n'arrive pas à se coltiner ces fragilités actuelles, sises dans les flottements entre doutes et certitudes. Elle préfère se caler unilatéralement sur les fermetures rassurantes du langage de « la sécurité » et de « la protection » : « Ne vos inquiétez pas, on s'occupe de tout ! ». Sans d'ailleurs vraiment remettre en cause le cadre si manifestement instabilisant du néocapitalisme globalisé. Le discours d'ordre de la droite entretient des fantasmes sécuritaires ethnicisés, attisant les peurs et érodant les libertés individuelles. Dans les moments électoraux, le PS retrouve, quant à lui, une rhétorique de la protection sociale, bien qu'acceptant au nom d'un supposé « réalisme » un certain recul. Mais il ne sait pas quoi faire des individualités hésitantes dans un tel aménagement social-libéral du capitalisme. Deux conservatismes distincts, mais qui ne prennent pas à bras le corps une des tensions travaillant les expériences contemporaines, dont Shutter Island présente une forme limite : entre un besoin de repères stabilisés et une aspiration à l'ouverture de terrains pour les pérégrinations singulières de nos inconstances. Qui invitera les individus du XXIème siècle aux aventures postcapitalistes des solidarités stabilisantes et des subjectivités tâtonnantes ? Entre certitudes et doutes, en assumant les fluctuations et les perplexités.
Philippe Corcuff
Notes :
* D. Lehane, Shutter Island, trad. franç., Paris, Rivages/Thriller, 2003 (réédition en poche Rivages/noir) ; voir aussi l'adaptation à la BD par Christian De Metter (Paris, Rivages/Casterman/Noir, 2008).
[1] Discours de la méthode, 1637.
[2] De la certitude, 1949-1951.
[3] Les voix de la raison. Wittgenstein, le scepticisme, la moralité et la tragédie, 1979.

Tous les commentaires
J'ai été sensible d'une autre façon, non contradictoire à la vôtre, à ce film et à ce livre.
Le livre se termine par une ambiguité, ce que Scorcese dépasse à sa façon.
Dans le film, lors de la scène finale (supplémentaire à la fin de l'histoire dans l'oeuvre écrite), le héros dit qu'il vaut mieux mourir comme un type bien que vivre comme un monstre. Il suit ensuite ceux qui vont lui enlever sa vie psychique (dans la cohérence du film). En quelque sorte, il se suicide.
Les deux psychiatres adeptes de la cure par la parole ont, en fait, réussi leur pari de l'arracher à son délire et aux conséquences hyper-violentes de sa croyance en ce délire. L'homme reste alors avec ce souvenir horrible: il a tué celle qu'il aimait, il n'a pas su sauver ses trois enfants de la mort, c'est celle qu'il aimait qui a tué leurs enfants. Le délire apparait alors comme ayant été une tentative désespérée d'échapper à un souvenir inassumable. Le délire évanoui, il ne lui reste rien que l'horreur, un présent d'horreur, puis une acceptation de la mort.
Ce film et ce livre peuvent être lus, selon moi, comme une défense de la cure par la parole et aussi comme une reconnaisance de la fonction de création et de protection d'un délire. Le passage de la certitude délirante qu'il est en chasse de cet assassin auquel il a donné son patronyme et qui est ce salaud qu'il hait, au doute quant au délire et à l'acceptation d'une rationnalité plus commune est ravageur.
Ce film permet de s'identifier à un personnage et à son délire paranoïaque, sans savoir que c'est un délire, tout en ayant quelques doutes, mais nous sommes dans un univers aux repères "anormaux". Nous ressentons combien le délire est un aspect de l'humaine condition. Mais le délire dont il s'agit ne connait nulle rédemption et la solitude y est radicale. Quant à nous, nous sortons du spectacle et reprenons nos esprits.
C'est une approche du doute autre que la vôtre que j'ai donc vécue à travers ce film. Non contradictoire, sans doute.
Un éclairage complémentaire du fil Wittgenstein-Cavell, qui me semble également passionnant. Merci! Qui met bien en valeur ce qu'apporte la scène rajoutée par Scorsese vis-à-vis du livre. la fin scorsesienne pourrait même avoir, dans cette perspective, la tonalité d'un hara-kiri de samouraï. Ce qui pourrait résonner avec d'autres films de Scorsese.
Je n'avais pas pensé à un hara-kiri de samouraï.
Mais cela vient éclairer cette scène énigmatique, présente dans le livre de Lehane, aussi où un infirmier se présente devant le héros dans le parc, portant le pic qui va servir à l' "opération" de façon voyante, ce qui est une scène non réaliste.
C'est à un cérémonial de mort volontaire que consentirait alors le héros, un hara-kiri. Scène cauchemardesque de victoire d'une psychiatrie chirurgicale et de mort dans l'honneur d'un désespéré.
Je te suis, pascal.
Cependant, je n'ai vu que le film.
très grand film, c'est d'ailleurs marrant car on est tellement habitué à la théorie du complot qu'on en est presque déçu de voir qu'il est effectivement fou...travailler sur les racines de cette décéption est important...
Effectivement, j'ai rencontré tout une série de spectateurs déçus que la version conspirationniste ne soit pas la bonne. Comme j'avais lu le roman (et la BD adaptée) avant, je ne me suis pas retrouvé dans ce cas de figure en voyant le film.
Je crois savoir que du côté d'Avignon et du NPA du Vaucluse (s'il en reste quelque chose dans ses déchirements internes pré et post-foulard), on n'en est pas encore à la déception vis-à-vis de la théorie du complot ("communautariste", "islamiste"...), mais encore en plein dans les délectations et les affrontements passionnés qu'elle tend à générer...et je crains que cette dynamique déraisonnable et déraisonnée ne s'étende à l'ensemble du NPA dans la perspective de son congrès de novembre...les difficultés électorales appelant la constitution de boucs-émissaires commodes. Les bûchers laïcardo-féministes intégristes vont pouvoir follement s'allumer...
Merci pour ce billet. Sans lui, je serais passé à côté de ce grand film. Un saisissant jeu de miroirs. Il m’a fallu un certain temps avant de reconstituer le puzzle, grandement aidé il est vrai par les commentaires de Patrick B...
Chose qui retient l’attention dans ce film et qui aide à le décrypter, c’est que tous les personnages revêtent plusieurs identités. Deux exceptions notables, m’a-t-il semblé - trois si l’on y inclut le psychiatre à l’accent allemand.
Deux personnage "mutants" sont importants du point de vue de l’analyse de la théorie des complots car ils sont censés apporter des témoignages de l’intérieur du "système" : le socialiste/patient et la patiente/psychiatre (celle-ci n’existant d’ailleurs qu’aux yeux du marshal/patient). Ils constituent en quelque sorte les "cautions" idéologique et scientifique des divagations de ce dernier.
Il y aurait encore beaucoup de choses à dire de ce film envoûtant.
Edité - Comment ai-je pu? Au lieu de "Patrick B", lire "Pascal B".
Patrick c'est mon oncle.
Ce que vous dites est très intéressant. Sur les doubles hallucinés en des personnages autres.
Bref, je crois que ce film dit des choses fortes sur la folie, sur le délire. Et pas sur la sociologie, ni le langage commun. Il faudrait recueillir les critiques intelligentes faites sur ce film et les mettre en ligne.
Patrick, c’est votre oncle? Je ne l’avais donc pas imaginé? Merci docteur, me voilà franchement rassuré.
A bientôt, peut-être, pour reprendre le fil de la discussion (et de ma fixation).
Comme quoi il faut quand même douter des bandes annonces...
Je vais peut-être aller voir le film, finalement.
Et si comme dans l'histoire il n'y avait pas de complot... et qu'il était vraiment illuminé ?
C'est à dire dans le déni.
Quand la pyramide de Ponzi de la parole et de l'incantation échafaudée avec maestria par N Sarkozi se dégonfle, le roi est nu.
Que reste-t-il si ce n'est guerres et complots et boucs-émissaires ?
C'est vrai à l'Elysée, c'est vrai ailleurs après l'échec. Du Modem débranché au NPA mal ... fichu.
Puisse votre lucidité, Philippe Corcuff, faire école et contre-battre les mauvaises pentes.
La citation exacte de Descartes est : "Le premier (principe) étoit de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle; c'est-à-dire, d'éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenteroit si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute."
Ce qui me paraît être plutôt une réaction contre le scepticisme (de Montaigne) et contre le dogmatisme scolastique ("pour la logique, ses syllogismes et la plupart de ses autres instructions servent plutôt à expliquer à autrui les choses qu'on sait, ou même, comme l'art de Lulle, à parler sans jugement de celles qu'on ignore, qu'à les apprendre"), d'où la méthode, qui ne consiste pas à douter, mais à partir des choses connues pour vraies (puis 2. à analyser, 3. à ordonner et 4. à dénombrer, cf. Méthode).
Ce qui peut avoir des incidences sur le raisonnement de l'article:
La méthode n'a jamais été le doute et la situation actuelle est davantage la certitude. C'est la situation des siècles passés qui était incertaine (maladie, mort): c'est avec Newton que le monde est apparu ordonné.
Sociologiquement parlant, la rupture du contrat social démocrate est ce qui rend l'avenir incertain parce qu'on rejette la précarité sur certains et qu'on veut y échapper soi-même (parce qu'on ne veut pas partager).
Ca doit être plutôt sympa de dire, comme le fait ici notre ami Corcuff, agent patenté du NPA au sein du monde universitaire français, à quelques 400 familles de victimes des attentats du 11 septembre, qui ont refusé de signer en mémoire de leurs proches, « la renonciation officielle à tout recours contre l'état US" qu'elles baignent en fait dans la paranoïa la plus complète, et ce alors même que ces familles ne demandent qu'à accomplir leur deuil en bonne et due forme, avec des réponses claires à des questions, qui n'ont, d’une part, jamais été posées, et même, d’autre part, totalement écartées témoins inclus, par les multiples commissions d'enquêtes, qui se sont succédées depuis 2002.
Ca doit être plutôt sympa, du haut de sa position universitaire, de proclamer, pourquoi pas soyons fous, que les familles des victimes françaises de l'attentat de la DCN à Karachi sont également en pleine paranoïa, lorsqu'on découvre des années après les faits, avec stupéfaction et effroi, grâce notamment aux travaux de médiapart, que les services secrets Pakistanais étaient en fait derrière toute cette tragédie en représailles d'une parole non tenue par l'état français, de rétrocessions de commissions sur des ventes d'armes datant de 1993.
Bref, cracher sur des victimes, ou sur leurs familles est somme toute assez facile, car il ne s'agit toujours que du plus petit dans toutes ces affaires et bien terribles tragédies.
A l'image en quelque sorte de l'association française "Sos Attentats", créée de toute pièce à l’exclusive initiative des victimes, au lendemain des tragiques attentats de la rue de Rennes et du métro Saint-Michel à Paris dans les années 80, et qu'on laisse comme de bien entendu crever de sa plus belle et très lente mort par défaut de subventions et d’aide, car bien trop gênante pour les pouvoirs publics ce genre d'officine, qui n'est que trop en quête de vérité et de rien d’autre, et surtout pas de basses et viles compromissions, si propres à nos hommes et femmes politiques.
Mais cracher sur le plus petit n’a strictement aucune valeur scientifique ni même universitaire, ce n’est que faire preuve à la fois de lâcheté et de servilité vis-à-vis du système.
1 - Qu’est-ce qu’un doute, et quelle peut être sa validité dans tout processus humain ??
L’homme ne progresse que dans un seul but, sa propre conservation, et rien d’autre.
Et en cela, tout homme est à la fois un progressiste et un conservateur en puissance.
Pour progresser l’homme doit lever l’un après l’autre les doutes qui l’environnent ainsi que ceux qui sont en lui même, en son propre cœur, et cela n’est pas en tentant d’y échapper ou bien de les contourner qu’il réussit à progresser. En traitant les doutes, il passe ainsi de la nuit au jour, et de l’ignorance à la connaissance.
Le progrès et la science sont un continuum perpétuellement alimenté par le couple « doute et certitude » qui leur est consubstantiel. C’est d’ailleurs bel et bien ce couple qui rythme tous les sauts qualitatifs qui se succèdent dans les sciences depuis la nuit des temps. Le doute mettant à l’épreuve les certitudes, et une fois validé ou bien invalidé en fonction d’éléments probants, les « canons » sont redéfinis ou non, et ainsi de suite.
2 - Hygiène du doute (certains sont valablement fondés à douter, c’est d’ailleurs leur métier, et ont du reste parfois même un mandat pour se faire, mais le gueux ou l’opposant n’ont eux bien sûr pas le droit de douter = douceur de la Main de fer du politiquement correct et de la pensée « unidimensionnelle » réunis).
Insérer un « commencement » et une « fin » à tout doute, est déjà en soi une notion d’arbitraire, qui ne peut s’entendre qu’à l’aune de la morale (nous sommes tous évidemment des hypocrites à des degrés divers, qui avons bien sûr des choses à cacher, et fort heureusement d’ailleurs, car cela prouve bel et bien que nous sommes des humains, et il n’est nullement ici question de creuser le cœur de chaque homme sur cette terre, ainsi que les raisons les plus intimes qu'il le font agir au jour le jour) et des preuves de la connaissance, en matière scientifique, historique, politique et sociétale.
Ainsi, le doute émis par un seul, qui souhaite débuter ou en finir avec un savoir établi, est tout d’abord et d’emblée rejeté par l’ensemble des très nombreux cancrelats qui bouffent à la mangeoire des puissants, et qui sont depuis fort longtemps atteints de la tristement célèbre loi de Peter et bien sûr devenus les seuls bénéficiaires du savoir établi dont il s’agit, trois exemples parmi tant d’autres :
-Galilée (un seul contre mille), « et pourtant elle tourne » (sic) ;
-La révolution française, doute du bien fondé de l’ordre établi sur une base de droit Divin, par un grand nombre de gueux affamés composant la population française de l’époque ;
-Annie Lacroix-Riz, qualifiée de « farfelue » depuis tant d’années en tant qu’historienne par nombre de ses collègues historiens, et qui vient enfin d’apporter toutes les preuves à ses assertions de chercheuse, grâce à l’ouverture officielle des archives des années 30 et 40 confirmant enfin tous ses dires.
Les puissants, qui sont détenteurs du pouvoir financier, ont tout intérêt à ce que les doutes qui ne sont pas issus de leurs propres et surtout exclusives initiatives n’émergent pas, car dans cette compétition là, comme dans bien d’autres, le puissant veut toujours rester le premier.
Le doute comme le reste doit donc toujours lui profiter à lui et à sa caste, et à nul autre bien sûr.
L’autorité, donc les politiques, a tout intérêt à ce que les puissants ne soient pas fâchés et maintient donc les gueux à distance de la connaissance et les opposants commettant l’outrage d’être un peu plus éduqués sous l’appellation de « fous à liés » ou bien d’adeptes de la « paranoïa permanente ».
Les puissants et l’autorité ne tolèrent le doute que dans un seul domaine, c’est celui de l’entreprise où le salarié ainsi que l’ouvrier depuis le milieu des années 80, doivent sans cesse se remettre en cause et douter en permanence de leurs propres capacités en se soumettant à des auto-évaluations à périodicités régulières par lesquelles ils acceptent de facto l’autoflagellation qui justifiera pleinement le bien fondé de la perte de leur emploi à terme. Alors qu’il ne s’agit bien souvent en fait, que de délocalisation pure et simple dans un exclusif souci de profit financier où les compétences des uns et des autres n’ont strictement rien à voir.
Ce « despotisme du doute » qui existe dans le monde de l’entreprise, il est bien entendu inconcevable que des citoyens puissent au moins moralement l’exercer vis-à-vis de leurs autorités et des puissants, que ces mêmes autorités servent au jour le jour, y compris pour des évènements aussi importants sur le plan géopolitique que le 11septembre, cela fait bien longtemps que cela ne se fait plus ma bonne dame nous dit en substance l’ami Corcuff.
Or douter de la version officielle du 11septembre, à savoir un complot d’intégristes musulmans faisant des coloriages au fin fond d’une grotte de Tora Bora puis visant et atteignant finalement avec succès le sanctuaire qu’est l’amérique, est une démarche éminemment morale.
D'ailleurs, même un enfant de 12 ans aujourd'hui, malgré le "Bip Bip" de la censure ambiante, lancinante et progressive dans tous les domaines de la société, sait pertinemment que Ben Laden était en fait un acteur des studios de Bollywood et Hollywood réunis et qu'il est mort depuis lurette et sûrement enterré du côté de Beverly Hills.
@ +NEO-
Dylan Avery :
Dylan Avery
@ +NEO-
Lui aussi, il faut vite l'interner à Shutter Island :
Badillo_ membre des familles de victimes du 11_9 sur Fr24
Les militants du NPA, comme Corcuff, me surprendront toujours dans leur alignement inconditionnel aux thèses officielles US.......surprenant quand même pour des anticapitalistes, non ??
@ +ENO-
Monsieur Vertubleu,
votre séjour a Shutter Island ne semble pas encore terminé.
Non, effectivement Mars 7 .
Mais ici à Sainte-Anne, j'ai fort heureusement un accès illimité à la salle informatique.
Cela étant, je me demande toujours pourquoi certains dirigeants politiques et d'entreprises ne sont pas encore à mes côtés en pyjama rayé à siroter des médocs avec moi du matin au soir.
Alors pour me faire une raison, je relis en boucle du La Bruyère et sa fameuse description des caractères où l'on apprend que la multitude aime surtout être dirigée par les plus fous d'entre elle, car elle ne les comprend pas et bien sûr elle les craint par dessus tout.
Les plus fous accepteront toujours de procéder sans scrupules et sans retenue aux sacrifices de toute sorte que la multitude répugne à accomplir elle même, cette capacité est inné chez les "fous".
C'est quand il faut en payer le prix, le vrai prix, que les choses se gâtent alors vraiment pour la multitude.
Bon faut que je te laisse là, j'ai médocs.
@ +ENO-
Hey !!! Les amis, je viens d'en repérer un autre, lui aussi, il faut l'interner fissa, il ne rentre pas dans le moule :
Campagne "Quel bâtiment ?!" de NYC CAN (11 septembre 2001)
@ +NOE-
Silence on tourne, toujours mélanger le cinéma et la vie réelle, à dessein.
Autrement, ça se vend bien Libération en ce moment ??
Otez moi d'un doute, c'est toujours un fanzine de gauche au moins ??
@ +ONE-