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Antiproductivisme et anticapitalisme : de nouvelles convergences

Une intervention en tant que membre du NPA lors du Contre-Grenelle 2 « Non au capitalisme vert », organisé par le journal La Décroissance le samedi 2 mai 2009 à Lyon…

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Introduction

 

Je m’appelle Philippe Corcuff : je suis membre du Nouveau Parti Anticapitaliste et sociologue. Je suis content de participer à cette journée qui me semble être une amorce prometteuse de convergences des anticapitalistes et des antiproductivistes sur le thème de la critique du « capitalisme vert ».

 

Je remercie tout particulièrement l’équipe du journal La Décroissance de cette initiative. Parce que souvent les objecteurs de croissance sont caricaturés et diabolisés de manière fort injuste, y compris dans les gauches radicales. Or cette initiative est une réponse en acte beaucoup plus percutante à l’imbécillité et aux stéréotypes de certains qu’un énervement et qu’une agressivité en général fort peu utiles face aux imbéciles.

 

Je suis particulièrement attaché à cet espace de débat et de convergences, parce qu’avant d’être militant du NPA j’ai été militant ici à Lyon des Verts. Le lien anticapitalisme/antiproductivisme m’importe alors beaucoup. Or l’institutionnalisation des Verts dans la politique professionnelle dominante, leur ralliement à une version verte du social-libéralisme porté par le PS, sous la bannière de Daniel Cohn-Bendit et malheureusement - tristement je dirai -, du fait de l’admiration que suscite encore légitimement le courage du militant, derrière José Bové, ce social-libéralisme vert donc nous oblige à aller chercher les forces dynamiques de l’antiproductivisme et de l’écologie politique ailleurs que chez les Verts. Notre rencontre constitue un premier pas significatif en ce sens.

 

Certes, nous pouvons être inscrits les uns et les autres dans des logiques électorales différentes, et parfois anti-électorales pour nos camarades anarchistes, mais cela ne doit pas nous empêcher de converger dans les luttes comme dans la réflexion.

 

Une double révolution culturelle

 

Il me semble qu’on se doit d’avancer dans la voie d’une double révolution culturelle du côté des anticapitalistes comme des antiproductivistes. D’une certaine façon, chacun a à amorcer une auto-analyse critique de ses propres impensés, et pas seulement des impensés des autres comme on le fait habituellement, et ainsi à impulser des changements quant à sa propre vision du monde.

 

Révolution culturelle antiproductiviste des anticapitalistes

 

Tout d’abord les anticapitalistes que nous sommes doivent savoir faire preuve d’humilité et d’auto-analyse critique. C’est-à-dire qu’il doit y avoir une révolution culturelle antiproductiviste des anticapitalistes. Depuis le XIXe siècle, les différentes variantes de socialismes anticapitalistes ont souvent été imbibées de productivisme, d’une orientation au sein d’une logique de la production pour la production, d’une croyance que le plus équivaut nécessairement au mieux, d’une illusion qu’il n’y aurait pas de limites naturelles au développement industriel, qu’il suffisait alors de se débarrasser des chaînes de l’exploitation capitaliste pour résoudre tous les problèmes. Ce productivisme a été particulièrement marquant dans les courants dominants du mouvement ouvrier, la social-démocratie (à l’époque où elle était encore anticapitaliste !) et le stalinisme.

 

Mais ce productivisme des courants anticapitalistes prenait déjà racine dans des ambivalences de Marx lui-même quant à sa critique du capitalisme. Car, d’une part, Marx semblait marqué par une fascination productiviste pour le développement industriel qu’il avait sous les yeux à l’époque en Angleterre. C’est notamment le thème chez lui du « développement des forces productives ». Et puis, d’autre part, il a amorcé une critique écologiste du capitalisme. Par exemple, quand il notait dans le livre 1 du Capital en 1867 que :

 

« La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du processus de production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : La terre et le travailleur. »

 

Cette ambivalence de Marx n’est pas sans liens avec le fait que les héritiers des Lumières du XVIIIe siècle, comme lui, ont souvent été affectés par une vision non critique d’un « Progrès » scientifique et technique supposé intrinsèquement positif. Il ne s’agit certes pas d’abandonner des pans importants des valeurs des Lumières : la raison, la science ou le progrès, mais de leur ôter leurs Majuscules, leur position surplombante et absolue, pour en faire seulement des paris confrontés à l’inquiétude écologiste. Ce que j’ai appelé ailleurs des Lumières tamisées.

 

Le NPA, lors de son congrès constitutif, a justement mis en exergue cette révolution culturelle antiproductiviste des anticapitalistes sous le terme « écosocialisme », qui pointe bien que les héritages socialistes des XIXe et XXe siècles les plus actuels et les plus préservés des dérives autoritaires ne sont pas suffisants, à eux seuls, pour répondre aux enjeux du XXIe siècle. C’est notamment notre ami l’altermondialiste Raoul Marc Jennar qui a porté avec conviction et détermination cet élan écosocialiste au sein du NPA. C’est pourquoi il apparaît particulièrement important, pour moi, qu’il ait été choisi comme une de nos têtes de liste pour les élections européennes, celle du grand Sud-Est. Et c’est une bonne chose qu’il ait pu se libérer pour passer un peu de temps parmi nous aujourd’hui.

 

Révolution culturelle anticapitaliste des antiproductivistes

 

Mais l’humilité des anticapitalistes vis-à-vis de leurs retards antiproductivistes, tout ce qu’ils ont à apprendre des antiproductivistes de plus longue date, et en particulier des objecteurs de croissance, devrait avoir comme pendant une révolution culturelle anticapitaliste des antiproductivistes.

 

Il faut alors se débarrasser des mirages de « la croissance verte » et du « capitalisme vert », bien mis en évidence par Hervé Kempf dans son dernier livre, Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (Seuil, 2009). C’est un mirage qui relève de la pensée magique chez les bien peu antiproductivistes que sont Sarkozy ou Obama, par exemple. Cette histoire de « croissance verte » ou de « capitalisme vert » c’est comme un tour de passe-passe qui permettrait, comme par enchantement et en même temps, de sortir le capitalisme de sa crise financière et la planète de sa crise écologique. Un nouveau conte de Noël ! Ici on a bien besoin de la tradition de la raison critique des Lumières contre l’obscurantisme de la pensée technocratique et néolibérale.

 

Mais les Verts européens peuvent aussi se laisser prendre, sous des formes différentes, à ces mirages, et tenter de bricoler une alliance entre un antiproductivisme modéré et un capitalisme verdi…Capitalisme verdi que la plupart des courants du PS ont constitué en référence. Je rappelle que sa dernière « Déclaration de principes » de 2008, votée par l’ensemble de ses grands courants, explique : « Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché ».

 

Par ailleurs, les pratiques individuelles de la simplicité volontaire sont, comme les expérimentations locales, nécessaires à l’invention d’une nouvelle politique émancipatrice et écologiste. Mais cela suppose de ne pas demeurer au niveau individuel et local pour accrocher une micro-politique et une politique globale. Autrement, si on en restait à un niveau individuel et local, cela pourrait constituer une autre façon de faire cohabiter antiproductivisme et capitalisme.

 

Ainsi l’antiproductivisme est trop important pour servir à un toilettage rhétorique du capitalisme en crise. Donc révolution culturelle antiproductiviste des anticapitalistes et révolution culturelle anticapitaliste des antiproductivistes !

 

Pistes

 

Cette nouvelle alliance de l’antiproductivisme et de l’anticapitalisme à promouvoir suppose peut-être plusieurs conditions. En tout cas, ce sont des pistes qu’on peut amorcer du côté des anticapitalistes :

 

1) Cela suppose une vision élargie du capitalisme par rapport à nombre de visions classiques des socialistes et des marxistes. Cela appelle une prise en compte pas simplement de la contradiction capital/travail (et de l’exploitation capitaliste du travail) – il faut la prendre en compte, mais ne pas le faire de manière exclusive -, mais aussi de ce qu’on pourrait appeler la contradiction capital/nature (et l’exploitation capitaliste de la nature), comme une des dimensions fondamentales du fonctionnement du capitalisme. Il faut d’ailleurs réévaluer des figures de la pensée critique comme André Gorz ou Cornélius Castoriadis qui ont fourni des outils intellectuels pour aller dans le sens d’une telle alliance entre antiproductivisme et anticapitalisme.

 

2) Il faut ouvrir un débat critique, nuancé, argumenté - qui ne prétende pas donner des leçons du point de vue de vérités supposées intangibles, mais qui s’efforce aussi d’apprendre dans le débat -, ouvrir un débat critique donc avec les objecteurs de croissance. Comme le disait Marx, dans ses Thèses sur Feuerbach en 1845 : « l’éducateur doit lui-même être éduqué ». Ainsi la nouvelle forme politique à inventer ne doit pas nous conduire à continuer à dire seulement « Je viens vous apporter la vérité. Je sais des choses et je viens vous les apporter ». Ça c’est la figure de la gauche républicaine classique, l’instituteur républicain ou socialiste qui vient apporter la vérité aux masses. C’est aussi la figure de l’avant-garde léniniste qui vient apporter la vérité aux masses de l’extérieur, des masses supposées simplement aliénées. La nouvelle politique doit aussi savoir écouter, comme l’a mis en avant le sous-commandant Marcos. Elle doit pouvoir apprendre des gens. Et les anticapitalistes ont notamment à apprendre des objecteurs de croissance.

 

Lors justement de son congrès constitutif en février dernier, le NPA a énoncé une série de « Principes fondateurs », qui constituent un peu la matrice de ce premier pas naissante d’une nouvelle force politique. Et le NPA a essayé d’y lancer ce type de débat. Je cite un passage de ces « Principes fondateurs » :

 

« L’urgence écologique implique de rejeter l’idée d’une expansion illimitée et dévastatrice de la domination de l’humanité sur la planète et par conséquent de toute forme de productivisme. (…) En opposition aux modes de production et de consommation actuels, nous proposons la relocalisation de l’économie, la redistribution des richesses, la décroissance de la consommation des ressources non renouvelables et la remise en cause des secteurs d’activité énergétivores, inutiles, polluants ou dangereux, en particulier le nucléaire. »

 

On a là une piste, dans nos « Principes fondateurs » mêmes, de direction de dialogue critique avec les objecteurs de croissance. Après les déconvenues et les impasses autoritaires du XXe siècle, on se doit d’être méfiants à l’égard des prétentions concurrentes à posséder « la » solution unique et clé en main, qu’on utilise le terme de « communisme » ou celui de « décroissance » d’ailleurs. Et il ne faudrait pas qu’on fasse avec le terme de « décroissance », ce que certains ont fait dans le passé avec le terme de « communisme ». Dès que vous entendez quelqu’un qui dit aujourd’hui « J’ai la solution… » : fuyez, après toutes les déconvenues du XXe siècle !

 

3) Il faut peut-être envisager un processus multidimensionnel de transformation sociale. Certes, il faut qu’il y ait un travail sur soi des individus sur eux-mêmes, comme le pointe la simplicité volontaire. Il faut aussi qu’il y ait des expérimentations locales, puisque nous voulons inventer de nouvelles façons de vivre, de travailler, de décider, etc., mais que nous sommes situés à l’intérieur de cette société capitaliste, et que nous n’en avons, tout au plus, qu’une plus ou moins vague intuition. Or si on n’expérimente pas dès maintenant d’autres solutions, je ne vois pas comment on pourrait les trouver. Les élections constituent également un élément important dans ce processus. Toutefois on ne voit pas comment on pourrait transformer radicalement une société seulement au moyen des élections. Comment transformer une société, sans des formes de mobilisation large de la population, sans l’émergence de formes d’auto-organisation populaire, sans l’invention de formes inédites de pouvoir citoyen. C’est-à-dire un ensemble de dispositifs limitant drastiquement la possibilité que la révolution sociale et écologiste ne soit confisquée par les professionnels de la politique, par les représentants, par ceux dont la politique est le métier. Historiquement, cette pente à la monopolisation du pouvoir constitue un des écueils sur lesquels ont le plus fortement butés les perspectives émancipatrices au XXe siècle. N’oublions pas que l’anticapitalisme est né au XIXe siècle, ça fait presque deux siècles, et ça fait presque deux siècles que l’espérance de la construction d’une société non-capitaliste basée sur l’émancipation individuelle et collective a échoué. Ainsi on ne peut pas faire comme si, au bout du compte, ces deux siècles n’avaient pas conduit à des échecs, même s’il y a eu quelques acquis démocratiques et sociaux limités.

 

Il me semble donc que personne ne peut prétendre avoir la solution unique, que le débat est très important, que l’écoute des autres points de vue est nécessaire. Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres. Ce n’est qu’un début, nous avons tant à lutter, à expérimenter pratiquement, à explorer, à relire de manière critique les traditions émancipatrices du passé, à inventer, à nous confronter aux défis renouvelés du temps, à débattre, à apprendre donc les uns des autres, etc. pour faire émerger une nouvelle politique radicale pour le XXIe siècle, associant notamment antiproductivisme et anticapitalisme.

 

Je vous remercie de votre attention.

 

Philippe Corcuff (NPA)

Lyon, 2 mai 2009

 

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Sont intervenus au Contre-Grenelle 2 : Paul Ariès (journal, Le Sarkophage), Aurélien Bernier (secrétaire national du Mouvement politique d’éducation populaire-M’PEP), Maurice Charrier (ex-militant communiste, ancien maire de Vaulx-en-Velin), Vincent Cheynet (journal La Décroissance), Philippe Corcuff (Nouveau Parti Anticapitaliste), Sophie Divry (journal La Décroissance), Gilbert Dumas (ex-militant Verts, co-animateur de la liste municipale AUDACES à Lyon), Véronique Gallais (association Action Consommation), Philippe Godard (écrivain), Catherine Levraud (médecin, membre de l’Association Santé Environnement Provence), Cédric Lucas (Réseau Sortir du nucléaire), Corinne Morel-Darleux (Parti de gauche), Laure Pascarel (Mouvement Utopia) et Yannis Youlountas (philosophe, ancien porte-parole de la candidature présidentielle de José Bové en 2007).

 

Les interventions peuvent être écoutées en format mp3 sur http://www.contre-grenelle.org/.

 

Tous les commentaires

Dès que vous entendez quelqu’un qui dit aujourd’hui « J’ai la solution… » : fuyez, après toutes les déconvenues du XXe siècle j'ai la solution , vous vous n'avez aucune motivation et réelle volonté d'aider les autres, vous faites finalement le jeu du sarkozysme avec besancennot en feignant de ne pas avoir d'idées peut-être n'en avez vous pas réellement

Si vous croyez avoir "la solution" : c'est votre affaire, mais comme beaucoup d'autres échaudés par deux siècles d'erreurs, d'échecs et d'impasses, je me tiendrai à l'écart, par exemple en écoutant "Les gens qui doutent" d'Anne Sylvestre (voir http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/230109/anne-sylvestre-et-les-gens-qui-doutent-1 et http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/020209/les-gens-qui-doutent-par-anne-sylvestre-suite )... S'il n'y avait que deux possibilités : 1) "avoir la solution", ou 2) "faire le jeu du sarkozsyme", ça serait vraiment désespérant... "Ne pas avoir d'idées" et récuser l'idée de "la solution unique et clé en main", ce n'est pas la même chose. On peut avoir quelques idées, faire même une série de propositions alternatives concrètes, tout en réclamant "un droit au doute" (à cause des points noirs du passé) et en pensant qu'on n'a pas toutes les réponses tout seul, et qu'il faut donc aussi débattre et écouter, comme tente de le faire Olivier Besancenot. Non? Peut-on "aider les autres" en leur apportant "la solution" de l'extérieur, sans les écouter et donc sans prendre en compte les apports de leurs expériences et de leurs savoirs propres (par exemple, l'expérience récente du LKP en Guadeloupe et les savoirs qu'elle a générés apparaissent beaucoup plus riches que nos supposées certitudes sur ce que serait ou ne serait pas une "grève générale").

ouai chai pas moi j'habite pas en guadeloupe et besancennot je le connais pas donc d'ici là à ce qu'il m'écoute ça fait une marge tu vois enfin, continuez de lire vos bouquins avec badiou de réflechir et de disserter pdt que les gens crévent ici ou là dans le monde vous êtes mignons

Réfléchir, ce serait pas mal quand même, hein jlamo? Ca évite de se cogner tout le temps la tête sur les mêmes murs. Et puis, c'est pas mal non plus d'écouter ce que les autres ont à dire, surtout quand on réclame sur tous les fils une sorte de forum d'idées... A moins d'être un futur "conducator". On réclame un forum, et on se met en haut? Lisez, jlamo, d'autres ont réfléchi avant vous.

Le droit au doute me semble être un beau programme et une attitude de vie propice à l'expérimentation. Ce que l'on appelle "avoir des idées" ne consiste bien souvent qu'à réciter des paquets de discours tout faits auxquels il n'y a plus qu'à se coller - Deleuze dit "avoir une idée, c'est un événement". Merci pour la chanson d'Anne Sylvestre, si intemporelle, bel antidote pour jours présents. Inventons, hésitons, dialoguons, construisons, résistons (c'est le 8 mai aujourd'hui) !

d'façon, c'est pas vraiment que j'apprécie outre mesure jospin, mais c'est un peu à cause de votre obstination, volontaire ? dogmatisme, qu'on a eut le pen au second tour en 2002, et qu'on s'est tapé chirac et idem pour royale et bayrou qu'on se tape sarko alors merci bien de vos discours pontifiants.

L'expression "dogmatisme" renvoie à "dogmes", donc à de supposées vérités uniques et intangibles, dont la prétention à "la solution". Mais l'ouverture au débat, l'écoute d'autres points de vue, "le droit au doute" (selon l'expression de Besancenot) sont plutôt des dispositifs anti-dogmatiques de ce point de vue. Mais anti-dogmatique ne signifie qu'on n'est pas amenés à faire des choix dans telle ou telle conjoncture (critiquer ou soutenir la politique sociale-libérale du gouvernement Jospin? voter ou pas pour Chirac au second tour de l'élection de 2002?, etc.).

votre dogme c'est que vous prétendez ne pas en avoir mais c'est dejà un dogme si le monde était parfait vous n'existeriez pas, et si un jour le monde devient juste vous risquez de devenir déçus votre fond de commerce c'est d'avoir l'impression de défendre la veuve et l'orphelin et vous ne faites que ça en attendant, vous donnez l'impression de disserter plus qu'autre chose, de faire là ou on vous dit, rien de bien révolutionnaire. ou de rénovateur

je vais acheter des clopes chui vener là salut, c'est quoi ton programme ? j'ai pas de solution ok, moi non plus ... cool, le combat continue

Merci Philippe pour cet apport autour de deux "anti-dogmes": - le doute perpétuel - l'humilité permanente Comme tu le dis "l’humilité des anticapitalistes vis-à-vis de leurs retards antiproductivistes, tout ce qu’ils ont à apprendre des antiproductivistes de plus longue date, et en particulier des objecteurs de croissance, devrait avoir comme pendant une révolution culturelle anticapitaliste des antiproductivistes." Il y a tant à défaire dans nos têtes que cela semble donner le tournis à quelques uns !

D'accord avec ce que vous dites sur la nécessaire convergence entre antiproductivisme et anticapitalisme. Le seul bémol que j'apporterai à votre texte est votre équation Verts = capitalisme vert qui me semble plus correspondre à une affirmation nécessaire pour le NPA pour cause de compétition électorale qu'à une réalité. Même si je suis d'accord que le spectre chez les verts est large.

OK pour la diversité des Verts (que je connais pratiquement, car j'en ai été membre de 1994 à 1997), comme du NPA d'ailleurs. Mais je parlais de l'axe politique des Verts aujourd'hui, tel qu'il se manifeste dans leur campagne européenne sous la houlette de DCB. Sur ce point, il ne s'agit pas d'une spécificité de l'analyse du NPA : la plupart des antiproductivistes et des objecteurs de croissance présents au Contre-Grenelle 2 (qui n'était pas organisé par le NPA mais par le journal La Décroissance, dont les rédacteurs ont été les plus virulents à propos de DCB et des Verts) ont été dans ce sens.

Hmmm ... Dans la plateforme d'Europe Ecologie, je ne vois guère d'encouragement au capitalisme vert. La virulence des rédacteurs des milieux décroissants me parait plus une réaction épidermique à la personne de DCB (que je peux en partie comprendre... on ne va pas refaire l'histoire de la campagne du TCE ici) que du à une analyse rigoureuse de la plateforme d'Europe Ecologie.

Le facteur DCB joue effectivement, et pas seulement à cause du TCE, mais aussi de ses prises de position "pour le capitalisme" dans son livre "Une envie de politique" (1998). Mais dans le cadre du Contre-Grenelle, l'idée de pouvoir apporter des réponses durables aux questions écologiques sans mettre en cause "l'économie de marché" (c'est-à-dire une économie où le régulateur principal est censé relever du marché), expression euphémisée du capitalisme, était souvent renvoyée aussi au thème du "capitalisme vert".

un converge deux converges trois converges 10 verges ? 70 vierges ? un verger ? pourquoi ne pas le verge plus tot dans quel état verge ?

super le programme NPA j'ai pas de solutions, mais on va en débattre aucun projet politique donc, juste des revendications, des pleurnicheries , de l'enfantillage des révolutionnaires de pacotille - vous regardez passez les trains, finalement le monde tel qu'il est il vous convient, du moment qu'on parle un peu de vous et que vous passez un peu à la télé bref, perso, moi le sarkozysme me fait vomir, les gens qui le soutiennent me donnent envie de me suicider, le monde qu'il anonce me donne envie de partir sur une autre planète si je faisais de la politique, j'attendrais pas qu'on me donne l'occasion de saisir ma chance de changer le monde, je la prendrais - vous on dirait que vous attendez votre tour, le grand soir , un jour viendra, enfin jamais vous êtes bien utile a focaliser une quelconque révolte sociale mais vous n'en êtes pas un quelconque moyen de transformer cela en une quelconque amélioration c'est la limite indépassable de votre discours, sans aucune réelle vision politique, vous êtes des pantins.

Ben moi Philippe je trouve votre intervention tout à fait intéressante. On avance, on avance.

Merci! Un peu de franche simplicité dans un monde aux brutales et obscures solutions uniques ne fait pas de mal...

Ton intervention, sans ju de mots, est capitale sur, principalement, deux points clé: - le doute - l'humilité Je partage totalement ton avis sur "l’humilité des anticapitalistes vis-à-vis de leurs retards antiproductivistes, tout ce qu’ils ont à apprendre des antiproductivistes de plus longue date, et en particulier des objecteurs de croissance, devrait avoir comme pendant une révolution culturelle anticapitaliste des antiproductivistes." Nous avons tant à faire (et à défaire dans nos têtes) que, parfois, le tournis me prend. Merci Philippe.

je peux pas vous répondre, je peux pas vous lire c'est honteux.

"Ce dont on ne peut parler, il faut le taire." Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus

Bonjour, L'humilité est effectivement une bonne carte d'entrée et le doute une preuve d'intelligence, pas les certitudes. En revanche, je serai plus nuancé sur votre affirmation rapportée à l'école républicaine : « Je viens vous apporter la vérité. Je sais des choses et je viens vous les apporter ». Pour ma part, j'ai plutôt entendu : "voici l'état des connaissances tel qu'on peut le formuler pour aller plus plus loin", ou encore : "il n'y a pas de vérité absolue", ou encore, "ce qui n'est pas démontré reste une hypothèse"

Mediapart n'est pas une cour de récré. Votre acharnement contre Philippe Corcuff (son billet, ses idées, sa personne) me semble bien étrange

Merci pour votre billet qui est une contribution forte au débat. Je vous suis sur la nécessaire alliance entre antiproductivisme et anticapitalisme et sur la notion de transformation multidimensionnelle. Je vous suis aussi sur l'impossibilité de se baser sur les seules élections (je pense en vous lisant au dernier livre de François Jullien : la transformation silencieuse). J'ai plus de mal à comprendre le positionnement du NPA par rapport aux Européennes. Simple tribune, souhait d'envoyer un message clair ("le social doit être dignement représenté" comme le dit Velveth), souhait d'avoir des députés qui puisse intervenir et rendre compte sur les travaux du parlement européen,...? Pourquoi, alors que vous ouvrez large dans votre billet, le NPA semble-t-il se replier sur lui même aujourd'hui ?

Erreur de manipulation : voir commentaire suivant...

Je comprends qu'on puisse penser qu'il y aurait quelque chose comme un "repli sur lui-même" du NPA, à écouter la plupart des ténors de la gauche de la gauche (PCF; Parti de Gauche, Fédération...) comme des médias. Mais, ce faisant, on loupe des composantes importantes de la position majoritaire au sein du NPA à propos de l'unité et des élections européennes. Le NPA a ainsi proposé lors de son congrès fondateur les chemins d'une "unité durable", caractérisée par deux grandes conditions : 1) une unité dans les urnes ET dans les luttes; 2) une unité pas seulement pour un "coup" électoral ponctuel, mais couplant plusieurs élections, et en particulier les Européennes et les suivantes (les Régionales). C'est la 2° condition qui a été refusée par le PCF. Lors de la première rencontre nationale NPA/PG, ce dernier a semblé accepté ces deux conditions. Toutefois, comme il avait fait au préalable du PCF son partenaire privilégié au sein du Front de Gauche, et que ce dernier récusait la 2° condition, il a reculé. Pourquoi la 2° condition? Chat échaudé craint l'eau froide, pourrait-on dire dans une premier temps...Pour que l'unité ne consiste pas en un "coup" électoraliste éphémère, mais qu'elle se propose d'ouvrir une nouvelle perspective de transformation sociale à moyen terme. Et donc pour que le PCF ne reparte pas avec le PS aux Régionales, après avoir joué l'unité avec la gauche de la gauche aux Européennes, dans des oscillations permanentes associées à la quête erratique de la survie d'un appareil (mais pour quoi faire, en dehors de cette simple survie?). Pour que l'unité aux Européennes ne soit pas un simple acte ponctuel de sauvegarde des intérêts électoraux du PCF lors d'un scrutin difficile pour lui (Mélenchon apparaît d'ailleurs comme le nom magique de cette possible sauvegarde ponctuelle, si l'on en croit les affiches du Front de Gauche qui fleurissent ici et là...). Bref pour consolider la possibilité d'une "unité durable" pour un projet de transformation sociale plus crédible. Et les intérêts électoraux du NPA? Quand notre position a été prise lors de notre congrès en février, nous ne pensions pas avoir d'élus, pensant que ce scrutin, avec ses "grandes régions" (et une barre plus importante pour avoir des élus) nous était peu favorable, surtout avec des têtes de listes probablement pas ou peu connues. Ce n'est que récemment que les sondages laissent entrevoir la possibilité d'avoir des élus. On peut se référer sur ces questions à plusieurs textes : - Résolution votée au congrès constitutif du NPA en février 2009 : http://www.npa2009.org/content/r%C3%A9solution-%C3%A9lections-europ%C3%A9ennes-2009-adopt%C3%A9e-au-congr%C3%A8s-de-fondation-du-npa - "Le NPA et l'unité à gauche du PS...", par Sandra Demarcq, Pierre-François Grond et Raoul Jennar (membres de l'exécutif national du NPA), 7 mai 2009, http://www.npa2009.org/content/le-npa-et-l%E2%80%99unit%C3%A9-%C3%A0-la-gauche-du-ps - "Pourquoi le NPA ne participe pas au Front de Gauche ?", entretien avec Slim Mazni, lyoncapitale.fr, 10 mars 2009, http://www.lyoncapitale.fr/index.php?menu=02&article=7402 Dans ce dernier entretien fait avec un journal lyonnais, je réinscris aussi notre position dans une certaine conception de la transformation sociale, mettant en tension participation institutionnelle et critique libertaire de la professionnalisation politique, pied dans les élections et pied dans les mobilisations sociales et les expérimentations locales. Mon expérience à la fin des années 1970 au sein du PS (et en son sein au sein du CERES) me laisse entendre que la surévaluation du premier pied et la sous-évaluation du deuxième pied (le pied libertaire, qu'il faut peut-être sensiblement privilégier face aux risques récurrents de monopolisation du pouvoir par les représentants) ne sont pas pour rien dans l'échec de notre pari d'alors d'un socialisme autogestionnaire non-capitaliste. Mais le NPA n'en est qu'à ses débuts avec pas mal d'interrogations, de doutes, d'incertitudes. Il a besoin du débat et de l'écoute. Il n'a d'ailleurs pas vocation à durer éternellement. Ce n'est qu'une étape, appelant d'autres étapes avec d'autres composantes encore plus diversifiées. Mais cette dynamique de recompositions successives doit se tenir à une stricte indépendance par rapport au PS, avec le souci de ne pas se laisser absorber par les institutions avant même que l'aventure ne commence... Ces différentes composantes de notre vision de "l'unité durable" (et notamment la demande de couplage entre les Européennes et les Régionales, et son refus par le PCF) sont le plus souvent absentes des discours des ténors de la gauche de la gauche comme de nombre de médias. Pas plus que sur d'autres questions, je ne crois ici à un "complot" unifié, mais plutôt à une conjonction circonstancielle de logiques diverses : - le PCF joue élection après élection sa survie électorale et, partant, la survie de son appareil; frileux, il n'a pas su prendre le vent de l'aventure (avec ses risques et ses nouvelles possibilités) après le non au TCE; - le PG, qui émerge juste, suit pour l'instant le tuteur du PCF, mais cela peut être simplement provisoire; - les journalistes, pris dans leurs urgences et prisonniers du jeu des étiquettes stabilisées, se calent assez facilement sur le stéréotype de "l'extrême-gauche enfermée dans la pureté et dans la protestation exclusive"; plus que des manipulateurs intentionnels (comme le croit une certaine critique manichéenne des médias) ils sont plus souvent manipulés eux-mêmes par leurs propres lieux communs...

Merci pour cette réponse très précise et qui m'éclaire.

Je regrette que le PG utilise le refus du NPA d'alliance pour les Européennes comme un argument de campagne en faveur du front de gauche. Surtout que je me demande combien regrettent sincèrement l'impossibilité de cette alliance au PG. Or le front de gauche monte dans les sondages et peut passer devant le NPA. Qu'adviendra-t-il ensuite pour les gauches anticapitalistes ? Le PG , peut se dire : "on va pas s'emmerder avec le NPA qui veut pas gouverner." ( je sais , le NPA veut bien gouverner mais à certaines conditions, là n'est pas le sujet de ma question.) Imaginez-vous dans l'avenir que le PG vous passe devant, renforce son audience et s'avère plus capable que vous de séduire un électorat en rupture avec le PS ? Le PG veut occuper la place entre le PS , devenu socio-libéral et le NPA . Allons-nous assister , dans l'avenir à une concurrence totale entre le NPA et le PG , qui entraînera haine farouche , comme entre l'ex- LCR et le PC , et impossible alliance ? Ce n'est pas très positif comme avenir. Le PS , dans ce cas , peut être tranquille. Le PG , tenu en majorité par des ex-PS , qui ont l'habitude du combat politique , peuvent vous faire du tort. Votre avantage , c'est que vous attirez les jeunes, mais est-ce que cela sera suffisant ? Ce que je veux dire , c'est qu'une fois que le PG vous sera passé devant , ça va être dur de revenir . Ne vaut-il pas mieux essayer de trouver des convergences avec le PG , (et il y en a sur le fond) et faire des alliances pour les élections que de s'en faire des ennemis intimes en les boudant ? Il me semble que le PG ne va pas retourner vers le PS .

Vous faites un procès d'intention au PG. Celui-ci a fait des appels vibrants au NPA, pour que ce dernier participe à une dynamique unitaire, seule solution raisonnable pour envisager une recomposition des forces de la gauche vers une vraie gauche. Le NPA, dans sa conjoncture propre (une jeune formation), évoque une divergence politique : l'opportunisme du PCF et son manque de vrai désir de rupture avec le social-libéralisme incarné par le PS. Pour combattre la dérive social-libérale, il nous propose quoi ? Son organisation. Il croit à lui seul être la solution. Et M. Corcuff parle d'"humilité"… Non, tout cela n'est pas sérieux, au regard de ceux-celles qui n'en peuvent d'attendre que le camp antilibéral parle d'une même voix dans sa diversité. Les élections européennes sont une occasion. Après les présidentielles, le NPA réitère son positionnement dilatoire, en faveur de sa propre chapelle. Besnacenot a à voir avec l'indigence, mais pas de la façon qu'on croit. Après ce tour sectaire et uilatéral, on retrouve des accents unitaires, la main sur le coeur… J'appelle cela du sectarisme et de l'opportunisme. Et un manque d'honnêteté Rien de neuf.

c'est le manque de pragmatisme qui me révolte la politique politicienne, le manque de volonté finalement, le fait de dire en permanence nous n'avons pas de solution et que quiconque aurait le début d'une solution serait UN DANGER alors on fait quoi ? si tout début de solution via des propositions se traduit par une diabolisation on est dans la conjecture, la masturbation intellectuelle, je ne dis pas que réfléchir est inutile , bien entendu quel e débat est nécessaire, mais pour que ce débat soit utile il faut qu'il aboutisse à des décisions concrêtes, des engagements quand une personne est malade, il faut la soigner, on ne lui répond pas tout début de solution représente un danger

Intéressant, merci Philippe. Une des choses qui me paraissent importantes est de faire droit à d'autres perspectives que cette fatalité du monde comme marché, de bouger les représentations figées, de questionner ...de lutter aussi, bien que ce soit un peu (beaucoup) le pot de terre contre le pot de fer !

Bonjour, je trouve aussi que l'humilité favorise la réflexion, donc que le doute est une preuve d'intelligence et la certitude de bêtise. "Je viens vous apporter la vérité" = là, par contre, je serai plus nuancé car ce n'est pas ce que j'ai entendu à l'école républicaine mais plutôt : "voilà où en est l'état des connaissances pour que vous puissiez aller plus loin" ou encore : "il n'y a pas de vérité absolue" ou encore : "il ne suffit pas de croire, il faut pouvoir démontrer". Donc, pour résumer, l'école républicaine m'a fait développer l'esprit critique : - qu'est ce que la capitalisme ? Faut-il ou ne faut-il pas le réformer ? (je pense que oui). Faut-il le supprimer et si oui, par quoi le remplacer (je pense qu'il ne faut pas le supprimer). - qu'est-ce que le productivisme (vert, bleu ou rouge) ? Je pense qu'il est inutile de produire trop ce qui pose un problème de stocks. Peut-on vivre ses désirs ou faut-il y renoncer ? peut-on vivre de la terre ou doit-on se contenter du nécessaire ? La ressource est-elle gérable ou ingérable ? La constitution de stocks est-elle légitime. Le profit est-il condamnable ? L'explosion démographique de l'humanité est-elle compatible avec la perte de biodiversité ? etc...etc...

Il me semble qu'il y a des usages fort diversifiés de l'école républicaine, dans l'espace et dans le temps. Et, dans cette perspective, il y a souvent eu loin de l'idéal des Lumières à certaines pratiques dogmatiques. Il y a ainsi eu des usages assez autoritaires et dogmatiques qui ont marqué l'école de Jules Ferry, fort éloignés des pratiques libertaires (mais minoritaires) à la Freinet. Ces pratiques de la raison critique libertaire étaient encore fortement minoritaires quand j'étais élève dans les années 1960 et 1970, et elles le sont, semble-t-il, demeurées. Si les Lumières de la raison critique avaient largement ouvert les esprits, et stimulé des dispostifs d'auto-analyse critique, on ne comprendait pas comment les formes les plus hiérarchiques et les plus autoritaires aient pu avoir tant d'écho à gauche (y compris dans les milieux enseignants), et comment les formes libertaires aient pu être si marginalisées? Mais vous avez raison : il peut y avoir des expériences diversifiées de la chose et il faut éviter de les homogénéiser trop vite.

Il me semble que Jules Ferry et Célestin Freinet, ce n'est pas tout à fait la même époque... D'autre part la coexistence de pratiques très autoritaires et réactionnaires et d'orientations proches de la non-directivité déborde largement la sphère de l'école d'Etat.

Je sais qu'il y a un espace temporel entre Jules Ferry (1832-1893) et Célestin Freinet (1896-1966). Mais dans l'imaginaire républicain réactivé ces dernières années autour du thème de "la défense de l'école républicaine contre la pédagogie" (Alain Finkielkraut, etc.), c'est Ferry qui est porté au pinacle et Freinet qui est oublié.. Je voulais simplement suggérer que l'école républicaine avait ouvert en pratique de manière contradictoire et assez diversifiée la question des Lumières du "penser par soi-même", et que de ce point de vue elle avait bien besoin du lubrifiant de pratiques libertaires à la Freinet (bien que militant communiste - ce qui nous renvoie aux contradictions des réalités communistes d'un point de vue historique -, mais il sera poussé hors du PCF en 1952, ce dernier dénonçant ses pratiques pédagogiques comme relevant de "la pédagogie bourgeoise"...). D'où la figure idéal-typique (et fausse, certes, dans son homogénéisation de la réalité) de "l'instituteur républicain" (comme prototype du rapport de la gauche aux "masses"), rapprochée de celle de "l'avant-garde léniniste" (les deux ayant pu être historiquement associées dans une configuration stalinienne à l'époque de l'apogée politique du PCF dans les années 1950), dans mon intervention au Contre-Grenelle 2. Tout à fait d'accord pour dire que ces questions dépassent largement la sphère de l'école d'Etat (c'est d'ailleurs en ce sens que j'avais recouru à la figure idéal-typique de "l'instituteur républicain").

Bonjour, L'humilité est effectivement une bonne carte d'entrée et le doute une preuve d'intelligence, pas les certitudes. En revanche, je serai plus nuancé sur votre affirmation rapportée à l'école républicaine : « Je viens vous apporter la vérité. Je sais des choses et je viens vous les apporter ». Pour ma part, j'ai plutôt entendu : "voici l'état des connaissances tel qu'on peut le formuler pour aller plus plus loin", ou encore : "il n'y a pas de vérité absolue", ou encore, "ce qui n'est pas démontré reste une hypothèse"

Bonjour, L'humilité est effectivement une bonne carte d'entrée et le doute une preuve d'intelligence, pas les certitudes. En revanche, je serai plus nuancé sur votre affirmation rapportée à l'école républicaine : « Je viens vous apporter la vérité. Je sais des choses et je viens vous les apporter ». Pour ma part, j'ai plutôt entendu : "voici l'état des connaissances tel qu'on peut le formuler pour aller plus plus loin", ou encore : "il n'y a pas de vérité absolue", ou encore, "ce qui n'est pas démontré reste une hypothèse" Format d'entrée

L'humilité est effectivement une bonne carte d'entrée et le doute une preuve d'intelligence, pas les certitudes. En revanche, je serai plus nuancé sur votre affirmation rapportée à l'école républicaine : « Je viens vous apporter la vérité. Je sais des choses et je viens vous les apporter ». Pour ma part, j'ai plutôt entendu : "voici l'état des connaissances tel qu'on peut le formuler pour aller plus plus loin", ou encore : "il n'y a pas de vérité absolue", ou encore, "ce qui n'est pas démontré reste une hypothèse"

ça marche pas c'forum ça devient compliqué de débattre du contrat social dans ces conditions

Merci Philippe d'avoir brillament rappeler ce double impératif: - le doute perpétuel - l'humilité permanente qui doit guider notre réflexion sur les contours de l'éco-socialisme.

"Mais l’humilité des anticapitalistes vis-à-vis de leurs retards antiproductivistes, tout ce qu’ils ont à apprendre des antiproductivistes de plus longue date, et en particulier des objecteurs de croissance, devrait avoir comme pendant une révolution culturelle anticapitaliste des antiproductivistes." Une impression de 'donnant donnant', plutôt étrange : on se demande en quoi une 'révolution culturelle' serait à opérer de la part des 'objecteurs de croissance antiproductivistes', puisque par définition, elle a déjà été opérée de leur côté ! Ensuite, faire cohabiter dans une même argutie à visée un peu dénonciatrice de méfaits supposés, croissance verte et capitalisme vert est un peu douteux, le capitalisme vert ayant été nommé ainsi par les anticapitalistes. Cela dit, votre souci de chercher une voie est louable.

Ces deux dernières années, j'ai eu une série de débats publics avec des objecteurs de croissance et des praticiens de la simplicité volontaire à Nîmes, Montpellier, dans les Cévennes, à Lyon, Montréal ou Québec, j'ai également été militant des Verts entre 1994 et 1997, et je ne crois pas, à l'aune de cette expérience, que la révolution culturelle anticapitaliste est "opérée par définition" par tous les antiproductivistes de manière nette. La notion de "capitalisme" n'est d'ailleurs pas toujours claire dans ces milieux, ni l'importance de "la contradiction capital/travail" et de ses interactions avec "la contradiction capital/nature". Certes, il y a des antiproductivistes qui sont, depuis longtemps, clairement anticapitalistes. Et des anticapitalistes qui sont, depuis longtemps, antiproductivistes. Mais, dans l'ensemble de ces pôles mouvants, il ne me semble pas que la double révolution culturelle soit pleinement opérée. Par ailleurs, quand la raison critique se pose principalement la question des impensés et des retards des autres, cela m'inquiète car j'ai l'impression qu'on n'a pas beaucoup avancé, de ce point de vue, depuis quelques siècles...Une des dimensions les plus intéressantes de l'idéal des Lumières du 18° siècle, assez éloignée de certains usages dogmatiques de la référence aux Lumières, n'est-elle pas de considérer que le "penser par soi-même" passe aussi par le "penser contre soi-même" (contre ses propres évidences, stéréotypes, arrogances, etc.)? C'est dans cette perspective que j'ai commencé mon intervention au Contre-Grenelle 2 par les impensés productivistes de ma propre famille politique. Quant au lien entre "croissance verte" et "capitalisme vert", il n'a pas surtout été mis en avant par les anticapitalistes "classiques" (même s'il a été aussi ) ces derniers temps, mais principalement par les antiproductivistes du journal La Décroissance, qui en ont ainsi fait le thème principal de ce Contre-Grenelle 2. Il a aussi récemment été fait par le journaliste Hervé Kempf dans son livre Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (Seuil, 2009); je renvoie ici à un échange avec Hervé Kempf mis en ligne par un site écologiste : "Ecologie, productivisme, et post-capitalisme", Reporterre.net, 7 mai 2009, http://www.reporterre.net/spip.php?article339 . Daniel Cohn-Bendit a vraisemblablement été un précurseur du "capitalisme vert", et d'une association antiproductivisme modéré/capitalisme verdi dans son livre Une envie de politique (Paris, La Découverte/Le Monde, 1998) : - "Ce que la gauche doit donc faire valoir aujourd'hui, c'est que cette évolution a des aspects destructeurs, car la production menace de détruire la planète. Faire cette démonstration n'est pas facile, mais on peut la faire au nom même de l'économie de marché, car je suis pour le capitalisme et l'économie de marché." (pp.64-65) - à l'heure des mobilisations contre les contre-réformes universitaires, il est savoureux de rappeler cette autre citation : "Naturellement, l'industrie participerait aussi à la définition des contenus de l'enseignement, contrairement à ce que nous disions en 1968." (p.175) - Ou encore à l'heure des mobilisations anti-OTAN: "L'OTAN doit devenir le gendarme au service de l'ONU." (p.227) - Quant à la défense des services publics face à la dérégulation néolibérale : "La santé, l'éducation sont évidemment de la responsabilité de l'Etat, même lorsqu'elles sont assurées sous contrat. Elles doivent le rester. En revanche, des services comme le téléphone, les chemins de fer, la poste, l'électricité n'ont pas de raison de rester dans les mains de l'Etat." (p.171) Comme quoi certains anciens anticapitalistes peuvent faire une révolution culturelle pro-capitaliste tout en l'accompagnant d'un antiproductivisme modéré...

Merci pour vos explications, et pour le lien, qui me donne envie de lire le livre de Kempf. Pour ma part, je suis de ceux qui pensent que la solution n'est pas dans le jeter du capitalisme avec les eaux sales de ses dérives. Il est des plus difficiles de mettre en place des régulations efficaces, et pourtant, c'est bien ce travail qui nous attend, tous partis confondus, car un consensus finit par se dégager, autour de cette question. Dans votre lien, j'ai relevé : "Or, justement, le troisième chapitre du livre de Kempf est consacré au « mirage de la croissance verte ». Pour lui, le capitalisme aborde de manière inadéquate la question du changement climatique, en tentant de faire croire « que l’on pourra pérenniser le système économique actuel sans en changer les déterminants » (p.84). Un exemple ? « L’effet pervers de la hausse des prix de l’énergie dans le système capitaliste est qu’elle stimule l’exploitation de réserves jusque-là marginales de pétrole, et va donc accroître les émissions de gaz à effet de serre. » (p.98)" "Changer les déterminants", comme le suggère Kempf, ce n'est pas rien. Pourquoi ne pas s'attacher à cette question, au NPA, et faire des propositions, au lieu de pointer des "contradictions"? Ce pourrait être utile à l'ensemble de la société, alors que j'ai l'impression que le NPA reste dans le contestataire, l'anti ... C'est négatif, d'être anti, on peut rien faire avec ça ... Bonne continuation à vous.

Quelques précisions complémentaires dans cette dynamique de discussion : 1) De mon point de vue (comme du point de vue du NPA et de Kempf d'ailleurs), ce ne sont pas "les dérives" du capitalisme qu'il faut mettre en cause, mais sa structure : la dynamique d'accumulation du capital nourrie par la logique du profit dans le cadre d'une propriété privée des grands moyens de production, d'échange et de communication, exploitant le travail et la nature, mais aussi aplatissant l'individualité (ce que j'appelle la "contradiction capital/individualité"). L'horizon consiste donc dans l'exploration et l'invention d'une société non-capitaliste. 2) Le combat contre le capitalisme comme les expérimentations locales s'efforçant d'inventer autre chose pourront produire des avancées dans le cadre de cette société là (comme le combat contre le capitalisme a donné naissance au 19° et 20° siècles à l'Etat social et aux services publics dans une société capitaliste). Historiquement, les plus "révolutionnaires" ont ainsi contribué à ce que des "réformes" adviennent. Ce qui correspond guère aux stéréotypes qui trainent dans les médias sur "ceux qui s'enferment dans la protestation et refusent de mettre les mains dans le cambouis"... 3) Envisager le monde avec l'horizon d'une société non-capitaliste ou avec le fatalisme du caractère inéluctable du capitalisme, ça change pas mal les choses. L'expérience historique a montré que la première attitude peut permettre de faire naître des réformes significatives (point 2, en attendant l'invention du société non-capitaliste, point 3) et que la deuxième attitude peut contribuer à une auto-limitation mentale qui conduit à ne plus réformer grand-chose (par exemple, les propos de Cohn-Bendit de 1998 n'apparaissent-ils pas profondément conservateurs en une période où le capitalisme va moins nettement de soi? Sans parler de la gauche en France dans ses pratiques gouvernementales à partir de 1983...). 4) La notion de "contradiction du capitalisme" ne pointe pas seulement "l'anti", mais aussi des possibilités émancipatrices. Cela signifie dans les traditions marxienne et marxistes que le monde capitaliste n'est pas homogène, n'est seulement marqué par l'exploitation et l'oppression, mais qu'il révèle aussi des contradictions, laissant ouvertes des possibilités d'émancipation (voir sur ce blog mon texte "Renaissance de l'anticapitalisme en France", http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/200409/renaissance-de-l-anticapitalisme-en-france ). Je suis d'accord avec vous que le champ des propositions doit nourrir cette action anticapitaliste, et que beaucoup reste à explorer et à inventer...

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"la dynamique d'accumulation du capital nourrie par la logique du profit dans le cadre d'une propriété privée des grands moyens de production" ne m'apparaît pas comme un problème, dès lors que la 'redistribution' est efficiente. C'est ce qu'on lui demande, et c'est ce qui n'est pas réalisé correctement. D'accord en ce qui concerne "les possibilités d'émancipation", qui tiennent à la capacité critique, et s'appliquent pour tout 'dogme', de toutes façons. Bonne chance pour 'le champ des propositions', il ne faudra pas longtemps en faire une impasse commode.

"c'est ce qu'on lui demande" + "Redistribution efficiente" ? Cela semble prendre le problème trop en aval : - c'est considérer que la redistribution peut être indépendante d'une logique inégalitaire inscrite dans le rapport de propriété et dans le rapport social propre au contrat de travail salariés/capital; - c'est considérer que la définition même des biens communs et personnels de l'humanité peut convenablement être orientée par l'accumulation du capital orientée par une logique privative de profit; - c'est considérer que cette logique peut convenablement traiter la nature et l'avenir de la planète; - c'est considérer qu'un enrichissement de nos individualités respectives peut accompagner cette logique; - c'est considérer que le pouvoir du capital dans l'entreprise et l'aspiration démocratique ne sont pas de contradictoires.. Bref beaucoup de suppositions correspondant mal à nombre d'observations qu'on peut faire, qui nous laissent plutôt entendre que la poursuite de cette logique (même corrigée par une meilleure redistribution) risque plutôt de mettre mal en point les idéaux de justice sociale et de démocratie comme appauvrir nos individualités respectives et conduire la planète dans le mur. Une de nos difficultés, certes pas la moindre, c'est que des expériences qui ont été présentées comme des alternatives à cette logique ont conduit à des situations aussi médiocres, voire pires. Ce qui nous pousserait plutôt à associer combat anticapitaliste et vigilance antitotalitaire, et à s'ouvrir aux doutes, au débat, à l'écoute et à l'auto-analyse critique...

"Ce qui nous pousserait plutôt à associer combat anticapitaliste et vigilance antitotalitaire, et à s'ouvrir aux doutes, au débat, à l'écoute et à l'auto-analyse critique..."
Reste à savoir qui exercerait la vigilance antitotalitaire, et comment. J'aimerais le savoir avant le Grand Soir, craignant qu'après il ne soit un peu trop tard.

Ca suppose justement de ne plus attendre un quelconque "Grand soir", et de développer dès maintenant dans le combat anticapitaliste des dispositifs démocratiques, pluralistes, libertaires, d'autonomie des personnes et des collectifs locaux face aux appareils, de stimulation de la critique et de l'auto-analyse critique (plutôt que d'obéissance et de conformisme : le conformisme à l'égard de ses propres préjugés et évidences - les tyrannies du je - devant être pris en compte, dans nos sociétés individualistes, comme les tyrannies du nous), etc. Ce qui nous renvoie à Freinet, ou aux expérimentations tâtonnantes aujourd'hui dans les nouvelles universités populaires (je participe à celle de Lyon et à celle de Nîmes). Par ailleurs, il faut des syndicats et des associations indépendantes, qui ne soient pas chapeautées par un parti (comme dans les modèles sociaux-démocrates et léninistes), mais stimule l'équilibre des pouvoirs au sein du camp émancipateur, dès maintenant... Cela suppose aussi que l'histoire critique des impasses autoritaires, voire totalitaires, qui ont recouru au nom de "socialisme", comme l'histoire des luttes démocratiques contre ces impasses fassent partie du patrimoine du camp émancipateur. Bref il faudrait commencer à apprendre des erreurs et des impasses du passé, plutôt que de tendre à les répéter.

Bonjour Philippe, Après une petite intervention, plutôt « complaisante », qui voulait saluer l’intention, je reviens vers vous sur un mode critique. Je trouve en effet intéressant le principe de convergence qui peut d’ailleurs apparaître comme un leit motiv dans le discours NPA, ancré vraisemblablement à, ou dans, l’aventure référendaire de 2005. Derrière le concept, se profile peut-être une ambition nouvelle qui pourrait être en fait une réévaluation de l’ambition révolutionnaire, illustrée par l’association antiproductivisme/anticapitalisme, et c’est ce qui m’intéresse, j’y vois pour ma part une piste féconde. Selon votre billet et vos différentes interventions sur le fil, je perçois assez bien une volonté d’enrichissement de la pensée ou de la philosophie politique du courant « révolutionnaire » dont pourrait être porteuse cette dynamique de convergence, par « appropriation » de la thématique écologiste. Ce qui n’est pas lisible toutefois c’est en quoi cet enrichissement se traduit au plan de la philosophie politique, quelles sont ses conséquences doctrinales, en quoi pourrions nous espérer trouver là une relance du politique ? Vous parlez de « révolutions culturelles » à accomplir simultanément, (comme marqueurs de cette convergence), quelle est le périmètre de la pensée anticapitaliste que cette révolution culturelle pourrait ou devrait élargir ?

C'est une vaste question, compliquée, trop vaste et trop compliquée pour une personne comme moi, une question encore largement ouverte, qui ne pourra voir apporter des réponses provisoires que par l'interaction de pas mal de groupes et d'individus, dans des échanges entre des lectures critiques des expériences passées, des expériences nouvelles, des savoirs militants, des ressources philosophiques et sociologiques notamment. J'ai simplement quelques idées sur les enjeux (ce sont mes idées, pas celles du NPA, les points de vue au sein du NPA étant fort diversifiés sur ces questions) : - Je fais l'hypothèse qu'on se trouve à une période où l'on peut (c'est une possibilité, pas une nécessité) être amenés à inventer une 3° politique d'émancipation moderne (après la politique républicaine-démocratique des 18°/19° siècles et la politique socialiste des 19°/20° siècles). Cette 3° politique hériterait de manière critique des deux premières, mais serait aussi conduite à inventer par rapport à des enjeux renouvelés : elle pourrait être à la fois républicaine et socialiste, mais aussi post-républicaine et post-socialiste (comme le logiciel socialiste a été à la fois républicain et post-républicain). Si l'on suit cette hypothèse on se situerait dans une époque analogue au 18° siècle des Lumières et aux débuts des espérances socialistes du 19° siècle. A la différence de ce point de vue, une partie importante de mes camarades du NPA pense qu'on se situe dans une nouvelle phase du logiciel socialiste, avec la possibilité de l'invention d'une nouvelle politique d'émancipation socialiste, innovant par rapport aux impasses des stalinismes et des social-démocraties. - Qu'on se situe dans une phase nouvelle du logiciel socialiste ou face à la possibilité d'inventer un nouveau logiciel, il faudrait redécouper autrement les étiquettes politiques et idéologiques telles qu'elles se sont stabilisées antérieurement : la composante libertaire doit sortir de sa marginalisation pour se confronter davantage à des exigences pragmatiques, les composantes marxistes doivent s'ouvrir à de nouveaux outils et questions, la composante expérimentale (coopératives, économie sociale et solidaire, pédagogie libertaire, squats autogérés, universités populaires, etc.) doit être réévaluée, la composante féministe être moins tenue à la périphérie, etc. - La question écologiste constituerait un des nouveaux axes centraux par rapport auxquels un éventuel nouveau logiciel devrait se constituer.Je m'y suis particulièrement intéressé à partir de 1994 alors que j'ai adhéré aux Verts. J'ai alors amorcé un travail de philosophie politique sur "le principe responsabilité" d'Hans Jonas, puis sur la question du "risque" chez Ulrich Beck. La question tant de l'élargissement de l'horizon temporel de l'action politique à la considération des générations futures, que la question du risque me sont apparues importantes. Voilà quelques indications, mais ces questions ne relèvent pas que du NPA, sont beaucoup plus larges. Avec des amis venant notamment du PS, des Verts et de la Fédération Anarchiste, nous avons d'ailleurs créé un petit réseau politico-intellectuel en 1997, qui s'est alors rapproché de la LCR : le réseau SELS (Sensibilité Ecologiste Libertaire et radicalement Sociale-démocrate). Pour ma part, je mène ces recherches dans des interactions entre mes engagements militants et un travail proprement intellectuel (dans le cadre universitaire), mais avec une autonomie de chaque pôle (je ne crois pas qu'il soit bon, eu égard aux errements du passé, qu'un travail intellectuel soit dépendant de logiques partisanes : il peut nourrir des engagements militants et des expériences militantes peuvent le nourrir). Cela s'alimente aux ressources classiques de la philosophie politique, un petit manuel universitaire en proposant une synthèse débouchant (en conclusion) sur la possibilité de ce nouveau logiciel : "Les grands penseurs de la politique - Trajets critiques en philosophie politique" (Paris, Armand Colin, collection "128", 2005). Par ailleurs, dans mon livre "La société de verre - Pour une éthique de la fragilité" (Paris, Armand Colin, collection "Individu et Société", 2002) j'ai essayé de commencer à dégager trois niveaux de réflexion : 1) une posture globale d'analyse, s'efforçant de déplacer les oppositions traditionnelles entre pensées de l'absolu et pensées du relatif, entre pensées de la transcendance et pensées de l'immanence, en recourant à un oxymore (non pas pour donner l'impression d'une résolution magique du problème, mais pour pointer une autre piste) : "transcendances relatives"; 2) une éthique de l'inquiétude (déplacée par rapport à "l'heuristique de la peur" de Hans Jonas), mais que j'associerai aujourd'hui à la curiosité ; et 3) une politique anticapitaliste de la fragilité et de la pluralité. On trouve quelques traces, sur mon blog de Mediapart, de ce travail en cours : - "Enjeux altermondialistes et individus contemporains", 3 mai, 2008, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/030508/enjeux-altermondialistes-et-individu-contemporain-0 - "Les traditions libérales et les gauches : pistes critiques en philosophie politique", 28 mai 2008, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/280508/les-traditions-liberales-et-les-gauches-pistes-critiques-en-philos - "Galaxie altermondialiste et émancipation au XXIème siècle : l'hypothèse d'une social-démocratie libertaire", 20 août 2008, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/200808/galaxie-altermondialiste-et-emancipation-au-xxieme-siecle-l-hypoth - "Actualité de la philosophie politique de Maurice Merleau-Ponty (1908-1961)" : I - " Politique et raison critique", 5 janvier 2009, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/050109/actualite-de-la-philosophie-politique-de-maurice-merleau-ponty-190 et II - "Politique et histoire", 7 janvier 2009, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/070109/actualite-de-la-philosophie-politique-de-maurice-merleau-ponty-190 Ce ne sont que des petits cailloux sur la piste d'une longue route collective...

Je vous remercie pour votre réponse fournie. A priori des lectures auxquelles elle m’invite, je dois dire que je crois souscrire à votre hypothèse d’une analogie probable entre la période contemporaine et celle des Lumières du 18ème comme périodes de rupture et de franchissement possible (souhaitable) d’un nouveau palier de l’émancipation. Je pense que l’on peut même parler de l’émergence possible d’une nouvelle rationalité (ou représentation du monde). Mais sur ce thème je me permettrai peut être de revenir vers vous après avoir lu au moins vos billets précédents dont vous m’avez donné les liens. Par ailleurs, j’entends et comprends bien la dichotomie que vous cultivez entre votre engagement politique militant et votre travail de recherche ; néanmoins ne faut-il pas considérer la fonction éminemment « éducative » de l’action politique, en tant que relation dialectique en exercice, de l’engagement dans les mobilisations et de la conscience politique, et dès lors réinterpréter mon questionnement initial sous une forme beaucoup plus opérationnelle ? En d’autres termes, l’argumentation et les prises de positions stratégiques actuelle du NPA ne me semblent pas témoigner, de cette révolution culturelle en marche qui vous semble pourtant opportune. N’y a-t-il pas une forme assez puissante de contradiction entre, des engagements sur le terrain des luttes et dans le jeu politique, pour le moins résolus, sur la défense d’acquis sociaux hérités du productivisme (adossés à la culture politique classique LCR) d’une part, et un discours d’intention d’ouverture vers cette révolution culturelle d’autre part ? Les uns ne vous paraissent-ils pas rédhibitoires de la seconde, ou du moins l’hypothéquer singulièrement ?

Bonjour, Je trouve votre texte un peu long mais intéressant par son appel à la double révolution culturelle : celle des anticapitalistes et celle des antiproductivistes. Problème : je préfèrerai qu'on se dise pro quelque chose plutôt qu'anti. Pour ma part, je ne suis pas anticapitaliste mais contre le capitalisme sauvage. Je pense que l'accumulation de capital compense de plus en plus l'accumulation du travail, notamment avec l'automatisation et que la vraie question est plutôt celle de la distribution et de l'utilisation des richesses que de l'interdiction de son accumulation. Je ne suis pas non plus anti-productiviste mais pense que la recherche quantitative de la production et de la productivité qui permettent d'en diminuer les coûts et donc d'accroître la disponibilité des produits du plus grand nombre ne doit pas se faire au détriment de la qualité, ce qui signifie de veiller à ne pas épuiser les capacités de production en favorisant par exemple autant que nécessaire la jachère ou l'extensification. Cordialement.

Bonjour, Je trouve votre texte un peu long mais intéressant par son appel à la double révolution culturelle : celle des anticapitalistes et celle des antiproductivistes. Problème : je préfèrerai qu'on se dise pro quelque chose plutôt qu'anti. Pour ma part, je ne suis pas anticapitaliste mais contre le capitalisme sauvage. Je pense que l'accumulation de capital compense de plus en plus l'accumulation du travail, notamment avec l'automatisation et que la vraie question est plutôt celle de la distribution et de l'utilisation des richesses que de l'interdiction de son accumulation. Je ne suis pas non plus anti-productiviste mais pense que la recherche quantitative de la production et de la productivité qui permettent d'en diminuer les coûts et donc d'accroître la disponibilité des produits du plus grand nombre ne doit pas se faire au détriment de la qualité, ce qui signifie de veiller à ne pas épuiser les capacités de production en favorisant par exemple autant que nécessaire la jachère ou l'extensification. Cordialement.

Bonjour, Je trouve votre texte un peu long mais intéressant par son appel à la double révolution culturelle : celle des anticapitalistes et celle des antiproductivistes. Problème : je préfèrerai qu'on se dise pro quelque chose plutôt qu'anti. Pour ma part, je ne suis pas anticapitaliste mais contre le capitalisme sauvage. Je pense que l'accumulation de capital compense de plus en plus l'accumulation du travail, notamment avec l'automatisation et que la vraie question est plutôt celle de la distribution et de l'utilisation des richesses que de l'interdiction de son accumulation. Je ne suis pas non plus anti-productiviste mais pense que la recherche quantitative de la production et de la productivité qui permettent d'en diminuer les coûts et donc d'accroître la disponibilité des produits du plus grand nombre ne doit pas se faire au détriment de la qualité, ce qui signifie de veiller à ne pas épuiser les capacités de production en favorisant par exemple autant que nécessaire la jachère ou l'extensification. Cordialement.

Vous avez vraisemblablement raison de préférer le "pro" à "l'anti", mais après les dégâts autoritaires, voire totalitaires, de ce qui s'est souvent appelé "communisme" au 20° siècle, et plus récemment la participation de la social-démocratie européenne à la dérégulation de l'Etat social qu'elle avait contribué, portée par des luttes sociales, à mettre en place (comme des freins, limités mais effectifs, à l'exploitation capitaliste), après la domination de "la pensée unique" néolibérale à droite et à gauche dans les années 1980-1990 (qui a commencé à se fendiller un peu à partir de 1995 en France), le redémarrage de la critique sociale et des résistances n'a pas déjà été une mince affaire, et l'exploration du "pro" (d'un "pro" renouvelé par rapport au passé) apparaît encore largement devant nous...

J'aime bien votre réponse. On a raison d'être prudent et de se méfier des lendemains qui déchantent. Il n'empêche que la dénonciation du réel ne peut pas se contenter de la dénonciation. Il faut avoir un autre réel à proposer dans le champ du possible, sinon à quoi bon vouloir changer le réel et ne pas se contenter du virtuel comme substitut d'un réel opprimant...

oui ! bof! j'ai lu et ça me gonfle...... le vocabulaire a changé mais c'est toujours la même chose, l'extrême gauche me gonfle vraiment. Du discours toujours du discours, mais il y a la réalité.Vous critiquez, vos propositions c'est du flou artistique. Le PS n'est pas parfait c'est sûr, mais au moins c'est un parti de gouvernement et il peut faire avancer les choses. Il y aurait beaucoup à dire......d'autres. Anticapitalisme, Antiproductivisme, oui bien sûr , en théorie la plupart des gens sont d'accord ! (enfin je parle de la "gauche" en général) mais on a rien trouvé d'autres que le système capitaliste mâtiné d'humanisme pour que la société fonctionne et la république, une organisation qui date des grecs anciens !. Vous vous dites "sociologue" alors prenez vous en compte dans vos analyses politique le facteur humain ? L'esprit de compétition, la motivation etc. .....................

Bien dit. Le texte de Corcuff est une série de généralités, enrobées de banalités faux culs ("soyons modestes et non dogmatiques") qui marchent bien pour embobiner les gogos (le pire est quand il cite Wittgenstein, alors qu'il n'a rien à dire lui même!). Mais au fond, son beau discours se réduit à celui d'un n-ième congrès du PC qui dit "nous avons fait des erreurs, mais à la base nous avons toujours raison" (mis au goût du jour pour embobiner les intellos qui marchent toujours). Le phénomène intéressant est que cela commence à apparaître aux yeux de tous malgré tout (sans doute grâce à la possibilité de débat - non hiérarchique - due à Internet).

Vous reprochez à "l'extrême-gauche" (expression dans laquelle je ne me reconnaîs guère : bâtir de manière démocratique et pluraliste une société plus juste, plus humaine, plus soucieuse de l'épanouissement des individualités, davantage concernée pratiquement par l'avenir de la planète, davantage prise en charge par ses membres eux-mêmes, bref une société non-capitaliste et non-autoritaire, non pas parfaite, mais explorant dans d'autres conditions d'autres mondes possibles, cela n'a rien d'"extrême"?) trop de généralités (vous avez parfois raison), mais vous le faites sur le mode de la généralité ("Du discours toujours du discours, mais il y a la réalité"), de l'humeur ("ça me gonfle"), du stéréotype ("on a rien trouvé d'autres que le système capitaliste mâtiné d'humanisme"). N'est-ce pas quelque peu contradictoire? Faites ce que je dis, pas ce que je fais... Vous semblez doutez de ma qualité de "sociologue", pourtant garantie par la République dont vous parlez : d'abord par une thèse, puis par une qualification dans une instance nationale d'évaluation universitaire, puis par une commission locale donnant son feu vert à mon embauche à l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon, puis par diverses publications reconnues dans le milieu académique et diverses évaluations dont elles ont fait l'objet ...Je renvois à quelques données sur ce plan quant à mes travaux, pour vous rassurer quant à la possibilité qu'un "faux sociologue d'extrême-gauche" se soit infiltré dans l'université française (comme "l'extrême-gauche" semble s'infiltrer partout en ce moment dans un "complot" généralisé contre "le réalisme" de l'UMP et du PS, c'est-à-dire selon lequel "la réalité" de l'ordre dominant doit rester globalement en l'état) : http://www.cerlis.fr/pagesperso/permanents/corcuffphilippe.htm Quant à votre croyance dans le fait que "le facteur humain" serait marqué par une certaine intemporalité : "L'esprit de compétition, la motivation etc.", elle apparaît fort éloignée des acquis assez large des sciences sociales aujourd'hui, selon lesquels les comportements, les valeurs et les sentiments valorisés, les rapports entre les humains, les rapports entre les sexes, les conceptions et les pratiques du pouvoir, le rapport à l'argent, etc. apparaissent fort variables en fonction des sociétés et des périodes historiques. Ce que montrent : - une série de travaux ethnologiques, dont quelques-uns significatifs de ce point de vue : . Margaret Mead : Moeurs et sexualité en Océanie (1935) . Pierre Clastres : La société contre l'Etat (1974) . Cai Hua : Une société sans père ni mari - Les Na de Chine (1997) - de sociologie historique : . Norbert Elias : La civilisation des moeurs (1969) - de psychologie sociale : .Lucien Malson : Les enfants sauvages (1964) - d'histoire et d'anthropologie de l'économie : . Karl Polanyi : La grande transformation (1944) Ces divers auteurs, reconnus dans leurs domaines (certains étant devenus des classiques comme Mead, Elias ou Polanyi), ne sont pas marxistes et ne relèvent pas de ce que vous appelez "l'extrême-gauche". Si des sociétés ont fonctionné sur d'autres bases que le capitalisme (bases variables en fonction de ces sociétés et des périodes concernées), avant le capitalisme, pourquoi ne pourrait-il pas y avoir un après-capitalisme? Pourquoi le capitalisme, forme historique (succédant ou cohabitant avec une variété d'autres formes sociales), deviendrait-il alors, comme par magie, "naturel" et éternel? Il n'y que dans les manuels de management qu'on peut lire cela, pas dans les travaux des sciences sociales. Dernière interrogation sur votre "Le PS n'est pas parfait c'est sûr, mais au moins c'est un parti de gouvernement et il peut faire avancer les choses." Ce n'est pas du tout évident. C'est ainsi le PS qui a fait prendre le tournant néolibéral (notamment de la dérégulation financière dont on voit les dégâts aujourd'hui) à la France en 1983, pas la droite. Je rappelle que, dans la répartition des revenus entre capital et travail, les salaires ont perdu 10 points de PIB entre 1982 et 1988, la fin de l'ère Giscard ayant été la meilleure du point de vue des revenus des salariés dans notre pays (non pas à cause de Giscard lui-même, mais à cause des luttes des salariés : ce qui montre que "la gauche de la rue" peut avoir des effets beaucoup plus "réformistes" que "la gauche de gouvernement" : voir mon texte dans Libération repris sur Mediapart : http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/090309/du-conservatisme-du-journalisme-economique-a-liberation-et-ailleur ). Je crains que finalement (peut-être un moment de faiblesse, compréhensible, dans ce monde de bruts?) on puisse vous attribuez des qualificatifs analogues à ceux que vous attribuez à la supposée "extrême-gauche" : "Du discours toujours du discours, mais il y a la réalité"...

Moi je trouve intéressant votre "petit réseau politico-intellectuel en 1997, qui s'est alors rapproché de la LCR : le réseau SELS (Sensibilité Ecologiste Libertaire et radicalement Sociale-démocrate)" Existe t'il toujours ? D'autre part je suis frappée par l'abîme entre le discours simpliste de Besancenot, porte-parole du NPA, auquel vous appartenez aujourd'hui, et le vôtre, plutôt abscons, mais assez ouvert, en tout cas dans la forme ... Au fond, je me demande si le NPA est réellement intéressé par vos travaux.

Le réseau SELS existe sous une forme minimale de diffusion d'une liste d'informations politiques et intellectuelles irrégulières : pour la recevoir il faut envoyer un message à : sels.reseau@gmail.com . Ce minima est lié notamment au fait que si les principaux animateurs du réseau (comme moi ou Willy Pelletier et Claire Le Strat, animateurs de la Fondation Copernic, ou le sociologue de la prostitution et des mouvements sociaux Lilian Mathieu) ont adhéré à la LCR en 1999, toute une série de membres et de sympathisants sont restés en dehors, en attente d'évolutions plus significatives de la LCR. Donc cette lettre irrégulière est demeurée un lien faible entre des personnes dans la LCR (aujourd'hui le NPA) et d'autres extérieures (comme Clémentine Autain, des nôtres au départ), plus une série de personnes qui se sont ajoutées au fur et à mesure. Quand je suis rentré à la LCR, j'ai bien précisé à de nombreuses reprises que je n'étais pas "trotkyste", ni "marxiste", ni "communiste", ni "révolutionnaire". Nous n'avions pas une place centrale à la LCR, mais nous étions fort bien admis, et sur des questions comme la prise en compte d'une pluralité de formes d'oppression, l'antiproductivisme, la critique libertaire de la professionnalisation politique, le pragmatisme et la place des expérimentations ou le statut de l'individualité, cela a eu des effets sur la réflexion de la LCR bien au-delà de notre petit nombre. Je ne prendais qu'un exemple sur la question de l'individualité, le livre avec un leader historique de la LCR, Antoine Artous : "Nouveaux défis pour la gauche radicale - Emancipation et individualité", par Antoine Artous et Philippe Corcuff, suivi d'un entretien avec Olivier Besancenot ("Ma génération et l'individualisme"; entretien que j'ai fait avec Besancenot, initialement paru dans la revue proche de la LCR ContreTemps, et qui avait eu un certain écho dans la presse quand c'est sorti), éditions Le Bord de l'eau, 2004 (voir http://www.editionsbdl.com/corcuff%20emancipation.html ). L'écoute par rapport aux thèmes que nous avons pu avancer est plus importante dans le NPA, plus diversifié que la LCR (on y rencontre d'autres anciens militants PS comme moi, d'anciens anarchistes, d'anciens Verts, etc. et surtout des personnes n'ayant pas d'engagements partisans antérieurs). Quant à Olivier Besancenot, c'est quelqu'un qui lit, réfléchit par lui-même, se forme des opinions à travers la discussion et la confrontation d'arguments. Il ne faut pas confondre les quelques moments dont il dispose dans les médias pour faire passer à un plus grand nombre de personnes quelques idées et l'état de sa réflexion.

bonjour, juste une question : si demain besancenot qui se présentera sans doute au présidentielles comme il le fit en 2007 gagne les élections quel sera son programme ? l'anticapitalisme ? l'antiproductivisme ? amicalement.

Le programme du NPA en 2012 sera anticapitaliste et antiproductiviste nécessairement, puisque ce sont deux axes de ses "Principes fondateurs" votés lors de son congrès constitutif de février dernier. Besancenot sera-t-il candidat ? Ce sera un vote démocratique de l'organisation qui en décidera le moment venu. Quel sera le contenu exact du programme qui sera proposé? Là aussi ce sera la discussion démocratique de l'organisation qui en décidera. Il aura vraisemblablement des points communs avec celui de 2007, dont vous pouvez trouver une synthèse sur un site (le site officiel de la campagne 2007 de Besancenot n'existant plus) : http://www.politique.com/dossiers/france/articles/presidentielles-2007/programmes-candidats-2007-besancenot.htm

en effet, j'aurais put faire la recherche moi même, j'aurais préféré avoir votre avis simple et concrêt sur l'idée d'anti productivisme, je relirais votre article pour mieux comprendre je ne connaissais pas le programme d'olivier besancenot il semble assez radical , sans doute intéressant pour certaines questions ( énergies, sécurité, économie ), mais semble vraiment difficilement applicable et possible à mettre en oeuvre selon différentes propositions. ce sont sans doute des propositions utopiques, mais je ne comprend pas comment vouloir être crédible avec un tel programme et que vous puissiez en tant que sociologue et personne raisonnable pouvoir y apporter du crédit. amicalement.

Interrogation finale légitime (si elle est bien une question et pas un préjugé stabilisé) qui peut renvoyer à des réponses (partielles) que j'ai esquissées à diverses interpellations qui précédent...

absolument aucuns préjugés, je comprend mieux de cette façon le programme du NPA mais me semble malheureusement toujours aussi difficilement applicable.

N’oublions pas que l’anticapitalisme est né au XIXe siècle, ça fait presque deux siècles, et ça fait presque deux siècles que l’espérance de la construction d’une société non-capitaliste basée sur l’émancipation individuelle et collective a échoué. Ainsi on ne peut pas faire comme si, au bout du compte, ces deux siècles n’avaient pas conduit à des échecs, même s’il y a eu quelques acquis démocratiques et sociaux limités." Corcuff.

 

Deux siècles ? Oh punaise !!!

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