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La clarinette de Woody Allen

Quelques photos de Woody Allen à la clarinette dans un bar à Manhattan le 30 mars 2009…
J’ai ri, adolescent, aux premiers films que j’ai pu voir de Woody Allen (Prends l’oseille et tires-toi – Take the Money and Run, 1969 ou Bananas, 1971) ou seulement avec Woody Allen (Tombes les filles et tais-toi – Play it Again Sam d’Herbert Ross, 1972). Puis j’ai été ébloui par Annie Hall (1977) et Manhattan (1979). Intérieurs (Interiors, 1978) nous a offert un hommage sombre au cinéma d’Ingmar Bergman. Hannah et ses sœurs (1986), September (1987) et Une autre femme (Another Woman, 1988) ont donné des teintes tragiques à nos vaudevilles tellement humains. Tout le monde dit I Love you (Everyone Says I Love You, 1996) s’est présenté comme un enchantement de comédie musicale espiègle. Match Point (2005), avec ses couleurs londoniennes, est peut-être le film le plus marxiste (au sens de Karl, et non de la figure chérie de Groucho) de Woody Allen, tant les rapports de classes y sont structurants. Le rêve de Cassandre (Cassandra’s Dream, 2007) nous a introduit à des interrogations éthiques fortes. Vicky Cristina Barcelona (2008) nous a embarqués avec une légèreté percée de gravité dans les confrontations contemporaines aux incertitudes de notre « société de verre ». Ces balades cinématographiques drôles, dramatiques, tragi-comiques ont souvent été accompagnées d’une bande-son puisée dans le vieux jazz américain.



C’est en pensant à tout cela que je me suis rendu le 30 mars 2009 dans le bar de l’hôtel The Carlyle, dans le fort huppé Upper East Side de Manhattan à New York City. Woody Allen y joue de la clarinette avec The Eddy Davis New Orleans Jazz Band tous les lundis soir entre début janvier et début juin depuis de nombreuses années (http://www.thecarlyle.com/entertainment.cfm). Arrivée à 18h pour un show ne commençant qu’à 20h45 : il y a huit places au bar non réservables à l’avance, qui limitent les frais du projet (on peut tenir avec une ou deux bières sans avoir besoin de dîner, à la différence des tables de la petite salle).


Quelques photos demeurent de cette belle soirée. Woody Allen, 73 ans, myope ne semblant pas voir grand-chose de ce qu’il y a autour de lui, concentré sur son instrument, ne se la jouant pas et ne jouant à pas à Woody Allen. Une musique proche des bandes-son de ses films…

Il n’y a plus, après, qu’à retourner mélancoliquement à proximité des lieux de Manhattan, mais cette fois sans Woody Allen et Diane Keaton…


Tous les commentaires
Merci pour cette balade New Yorkaise sur les pas de Woody et de sa clarinette. Quelle chance vous avez!
Oui, et j'aime beaucoup le traitement des photos, merci .
Sympa cette promenade dans Manhattan en compagnie d'un guide touche-à-tout touchant et anti-héros. j'ai particulièrement apprécié sa parodie d'Humphrey Bogart dans "tombe les filles et tire-toi". Le bar du Carlisle c'est un peu comme le Diable des lombards à Paris ?
Ce bar d'hôtel est plus "huppé" que les bars de jazz classiques, et il vaut mieux se tenir à distance (sur un des huit sièges disponibles au bar et non-réservables) des quelques "riches" occupant les tables où l'on dîne...
Ce billet rend bien nostalgique... New York , plutôt Manhattan et Woody Allen, indissociables! J'ai longtemps imaginé NY à travers les yeux de ce cinéaste amoureux de sa ville , la réalité comme toujours, était bien différente et lors de ma première visite, j'ai cherché ses traces, dans tous les lieux où il avait filmé; mais lui je ne l'ai pas rencontré las! :) Alors quelle chance vous avez eu Philippe! Merci pour le billet. Magnifique "scène d'ouverture" avec la musique de Gershwin http://www.youtube.com/watch?v=0o6QKpNK9Cc
J'ai été absent quelques jours...Merci pour la scène d'ouverture de Manhattan sur youtube!