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Mai 68 autrement

De Ferry à Sarkozy

Le manichéisme philosophique de Ferry et Renaut, amalgamant négativement une diversité de courants critiques dans une protéiforme «pensée 68», s’est transformé en banale démagogie politique chez Sarkozy. Un passage du livre de Yasmina Reza sur sa campagne présidentielle (L’aube le soir ou la nuit, 2007) apparaît symptomatique :

 «Nicolas (répétant une phrase de son discours de Bercy :) Entre Jules Ferry et 68, ils ont choisi 68…Bon, c’est limite mauvaise foi…

Y. : Je suis contente de te l’entendre dire…

Nicolas : (il rit) Oui, c’est même terrifiant de mauvaise foi, mais enfin, il faut y aller !»

Le livre de Ferry et Renaut sonnait comme un rappel à l’ordre, dont Sarkozy se présente comme l’apothéose médiocre et, peut-être, la dégringolade pitoyable. Au long des années de reniement, quelques soixante-huitards vedettarisés, du côté «gauche» (Cohn-Bendit pour les anars, July pour les maos ou Goupil pour les trotskystes) comme du côté droit (Kriegel, la mao de Chirac, Glucksmann, le mao de Sarkozy, ou Ewald, le foucaldien du MEDEF) du champ politique officiel, ont accompagné rhétoriquement cette rentrée dans les rangs.


Mai 68 comme défi actuel


Mais il y aurait un manichéisme inversé à rester scotché à cette surface médiatique des choses. La chasse aux «traîtres» a certes ses petits plaisirs, en déchargeant nos aigreurs bien personnelles, mais s’avère vaine quand on s’intéresse à l’avenir de l’émancipation humaine.Travailler sur les apports comme sur les points aveugles intellectuels de Mai 68 nous aiderait à fabriquer des ressources renouvelées pour le XXIème siècle naissant. Je vois deux grandes oppositions qui peuvent être ainsi éclairées : les couples critique/liens sociaux et effervescence/institutions.


Réarticuler critique et liens sociaux


Sous des formes diverses, la critique a été en vogue en Mai 68 et juste après : critiques de l’exploitation, de l’aliénation, des dominations, des pouvoirs, de l’autorité, etc. Dans le cas des marxismes, cette critique pouvait demeurer adossée à des orientations éthiques et politiques alternatives. Mais la positivité du vivre ensemble (au moins idéal) était peu fréquemment explorée, et ce au profit de ses dimensions négatives (existantes). Dans certains cas, la mise en cause de toute normativité, stigmatisée comme «moralisme», a ouvert la voie aux tendances relativistes (au sens du «tout se vaut») de ce qu’on appelle aujourd’hui «le post-modernisme».

Á partir des années 1980, des travaux et des débats réorientés vers les liens sociaux ont eu tendance à succéder, dans les milieux intellectuels français, à cette phase hypercritique, alors que les références marxistes se démonétisaient : théories de la justice (Rawls, etc.), espace public et démocratie (Habermas, etc.), droits de l’homme et État de droit, République et/ou multiculaturalisme, intérêt plus général pour la philosophie politique (dont la figure d’Hannah Arendt, réhabilitée), souci écologiste pour les générations futures et pour les êtres non humains dans la confection d’un monde commun, philosophie morale, couple exclusion/lien social en sociologie (avec des renvois à Émile Durkheim), etc. Mais ces approches ont peu souvent été connectées à des dispositifs critiques, et dessinaient même souvent des visions consensualistes du monde social.

Un des défis que nous avons devant nous ne serait-il pas alors de relancer une critique radicale s’efforçant d’expliciter ses points d’appui éthiques et politiques ? Dénoncer des in-justices et des in-égalités, est-ce que cela n’à pas à voir avec des étalons, au moins implicites et flous, de la justice et de l’égalité ? Dans une vue réaliste, qui était celle de Marx contre certains penseurs utopistes, ne devrait-on pas chercher dans les contradictions du réel des leviers pour l’émancipation, par exemple dans des formes de sociabilité (sens ordinaires de la justice, amour, amitié, coopération, etc.) échappant à l’hypothèse d’une oppression totale et uniforme ? Ces questions nous inciteraient à mettre en rapport, dans leurs points forts comme dans leurs impensés, les années intellectuelles dominantes 1960-1970 et les années intellectuellesdominantes 1980-1990, plutôt que de choisir un pôle contre l’autre.


Mettre en tension effervescence et institutions


Un autre schéma, particulièrement actif autour de 1968 et partiellement associé au couple précédent, peut être qualifié de «gauchiste», en ce qu’il tend à mettre tout le positif du côté de l’effervescence et tout le négatif du côté des institutions. On en trouve différentes variantes dans l’histoire des idées contemporaines : la focalisation libertaire sur «la spontanéité», la valorisation du «groupe en fusion» vis-à-vis du «pratico-inerte» chez Sartre (dès la Critique de la raison dialectique en 1960), de «l’instituant» vis-à-vis de «l’institué» dans «l’analyse institutionnelle» de Lourau et Lapassade, du «constituant» vis-à-vis du «constitué» chez Negri, de «la politique» (comme jaillissement interrupteur) vis-à-vis de «la police» (la gestion et les institutions) chez Rancière, la sacralisation de «l’événement» chez Badiou, etc. D’un point de vue analogique, c’est comme si on faisait des moments passionnels le seul axe désirable des polyphonies de l’amour, en dévalorisant a priori les autres modalités de l’attachement amoureux pour les ravaler au rang de routines appauvrissantes.

Certes, les logiques institutionnelles ont la propriété de tendre à reconstituer des hiérarchies tyranniques. Mais la sociologie républicaine de Durkheim, en réfléchissant sur les formes de la solidarité sociale, et dans son sillage celle de Robert Castel, dans ses analyses de la mise en péril de l’État social par le néolibéralisme, ont aussi mis en évidence des fonctions positives de stabilité, de protection et de redistribution des institutions. Par ailleurs, l’effervescence n’apparaît pas inéluctablement émancipatrice. L’historien Marc Ferro a montré, dans Des soviets au communisme bureaucratique (1980), que le cours autoritaire de la Révolution de 1917 n’était pas issu exclusivement de la monopolisation bolchevique du pouvoir (dans la logique d’un absolutisme institutionnel soulignée fort justement par les anarchistes), mais également de pratiques uniformisatrices et répressives venant de «la base» dans des soviets où il n’y avait pas de militants bolcheviks.

Ne pourrait-on cependant pas mettre en tension la nécessaire critique libertaire des institutions avec la nécessité de stabilisations institutionnelles, dans une dynamique infinie d’améliorations et de transformations ? Contre la répétition dogmatique des vieilles recettes et le jeu des (contre-)mythologies, Mai 68 nous inviterait ainsi à penser, avec Mai 68, contre Mai 68, après Mai 68.


* Texte paru dans Le Sarkophage (journal bimestriel d’analyse politique), n°5, 22 mars-17 mai 2008

Tous les commentaires

20/05/2008, 11:23 | Par Serge ULESKI

Bonjour à vous ! Intéressant votre article ; ouvert et volontariste, optimiste donc. Néanmoins, une autre écriture était - et demeure - toujours possible, laquelle aurait sans aucun doute permis à votre article de toucher une audience plus large. Vous écrivez : "Travailler sur les apports comme sur les points aveugles intellectuels de Mai 68 nous aiderait à fabriquer des ressources renouvelées pour le XXIème siècle naissant." Travaillez ! Travaillez ! Mais n'oubliez pas de vous faire et entendre et comprendre de et par ceux dont la gauche pourrait bien avoir besoin dans les années à venir ; une gauche qui devra être capable de mobiliser de nouvelles forces pour gagner. (Une participation en hausse lors des dernières élections a trouvé comme responsable, la candidature de Sarkozy ; pas celle de Royal ni celle de Besancenot) _________________ Cordialement. Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com

20/05/2008, 11:23 | Par Philippe Corcuff en réponse au commentaire de Serge ULESKI le 20/05/2008 à 11:23

Merci pour votre réaction. Le texte exprimait à destination d'un public militant et sympathisant de la gauche (dans le journal Le Sarkophage) quelques questions intellectuelles. C'est l'aspect recherche et exploration, indispensable à mon sens, mais qui n'est pas le principal dans la réinvention d'une gauche radicale et pragmatique (j'essaye de ne pas être idéaliste et intellectualiste, ce qui est difficile pour un professionnel de l'acticité intellectuelle). Et puis il y a la question de l'action, de la mobilisation, des rapports de force...j'y particpe à une modeste place, à Attac, la LCR, SUD...mais dans ce cas je n'ai pas de compétences particulières par rapport aux autres militants et citoyens (et j'ai même commme "intellectuel" quelques incompétences spécifiques...). J'essaye de faire le lien entre les deux pôles par mon engagement dans l'expérience de l'Université Populaire de Lyon (où je travaille), et bientôt j'espère de celle de Nîmes (où j'habite). bien à vous

23/05/2008, 09:08 | Par baaltik

Je trouve votre article "passionnant"... - Je suis particulièrement sensible à votre regard sur la routine, la dévalorisation de celle-ci. La logique évènementielle, pour reprendre un terme de la comm' triomphante. Je suis particulièrement sensible à ce que vous rappellez du travail de Ferro. - Je suis allé voir hier le film de Ducastel et Martineau, Né en 68, et sortant de la salle, ému, conscient des mille défauts de ce film, mais ému, je disais à mon compagnon que c'était-là un film "national", ce qui est probablement le pire compliment que je pouvais faire. Ceci, ce que les soixante-huitards ont été, ont tenté d'être, ont parfois trahi, tout ceci nous appartient en héritage, et je ne crois pas en conséquence qu'il faille, en effet, "choisir un pôle contre l'autre". Le film de ce point de vue ne me semble pas très éloigné (même s'il n'est pas intellectuel) de votre démarche. Tout ceci, ces époques et ces pensées, se tricote, s'oppose et se perpétue. Là, où je pense différer profondément de ce que vous exprimez, c'est que je pense que ce tricotage ne se comprend tout à fait, dans son ambition à la générosité, non pas forcément en regard exclusif de grands concepts (que vous rappelez avec tact et pertinence), mais plutôt aussi dans un être ensemble qu'on peut appeller nation, pays, peuple.

26/05/2008, 02:54 | Par Philippe Corcuff en réponse au commentaire de baaltik le 23/05/2008 à 09:08

Une réaction et des prolongements après quelques jours d'absence. D'accord pour éviter l'intellectualisme qui ne verrait que les "grands concepts". Il y a bien plusieurs niveaux dans les réalités humaines, dont également le pôle des émotions, des affects, du corps, etc. C'est un apport du philosophe Maurice Merleau-Ponty (dont ont fête cette année le centenaire de la naissance) d'avoir tenté d'articuler les deux niveaux de la raison conceptualisatrice et de la chair, en accordant à la raison réfléchissante une validité localisée mais effective sur fond d'expérience corporelle de "l'irréfléchi". Il écrit notamment dans "La phénoménologie de la perception" (1945) : "La tâche d'une réflexion radicale, c'est-à-dire de celle qui veut se comprendre elle-même, consiste, d'une manière paradoxale, à retrouver l'expérience irréfléchie du monde, pour replacer en elle l'attitude de vérification et les opérations réflexives, et pour faire apparaître la réflexion comme une des possibilités de mon être". Une raison non intellectualiste, qui penserait ses propres limites, ne s'appréhenderait que comme "une des possibilités", à partir d'un rapport corporel à un monde "déjà là" qui serait premier. Le pôle des émotions et des affects peut se vivre dans des modalités individuelles et/ou collectives. Et dans les dimensions émotionnelles et affectives du "vivre ensemble", les formes "nation, pays, peuple" ne constituent qu'une partie des formes historiques possibles. "Classe" en fut une autre particulièrement prégnante et pourrait encore l'être. "Genre humain" peut en constituer une autre encore : de pratiques existantes (dans l'action humanitaire, les activités de solidarité internationale, le soutien aux sans-papiers, la conscience écologiste de l'avenir de la planète, etc.) à un horizon émancipateur (du cosmopolitisme de Kant à "l'Internationale sera le genre humain" de la chanson).

27/05/2008, 05:24 | Par baaltik en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 26/05/2008 à 02:54

Je vous ai lu. Juste deux pistes que je vous propose (mais je ne voudrais pas faire dériver votre propos vers "mes terres", et pardonnez-moi) : interroger la manière très nationale de se revendiquer de combats globaux. Sans frontières, disent-ils, enfants, médecins, journalistes, et pourtant si français qu'ils ne s'en aperçoivent même pas... / Il y a un "horizon émancipateur" qui n'est pas internationaliste, on appelle ça l'ambition d'une souveraineté populaire.

27/05/2008, 16:05 | Par Philippe Corcuff en réponse au commentaire de baaltik le 27/05/2008 à 05:24

D'accord, sur les effets culturels des cadres nationaux, effets non nécessairement conscients et revendiqués, mais le sociologue que je suis observe aussi des effets culturels de classe, de genre, de génération, de cultures d'origines (pour les personnes issues de l'immigration), etc. non nécessairement conscients et revendiqués comme tels. Ce qui fait alors, pour toute une série de sociologues en tout cas, la singularité de chaque personne, c'est justement le croisement unique d'une diversité d'effets de ce type au sein d'un même individu. Ainsi dans un premier temps effets culturels non conscients et émancipation sont deux ordres de problèmes différents. Par ailleurs, la souveraineté nationale ne constitue qu'une des modalités historiques (celle qui a "explosé" au cours du 19° siècle) de la souveraineté populaire (dont parle Rousseau). Face à la globalisation marchande en cours, deux stratégies sont notamment possibles de ce point de vue : 1) on essaye de reconstituer ce qui tend à se défaire sous l'effet de la golbalisation (la souveraineté nationale), et on adopte une position anti-mondialiste (qui est peut-être la vôtre?); elle est tout à fait légitime (mais c'est notamment ce qui m'a fait me détacher de Chevènement fin 1994, alors que j'avais rejoint le CERES au sein du PS, dont il était un des animateurs, en 1976); et 2) on oppose à la globalisation marchande un point de vue cosmopolitique à la Kant (c'est un autre usage des références rousseauistes), avec une stratégie alter-mondialiste (c'est le cadre dans lequel je me situe aujourd'hui).

27/05/2008, 19:49 | Par baaltik en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 27/05/2008 à 16:05

Pardon encore, Philippe Corcuff, mais me voici dans les cordes ; je ne sais que répondre à votre distinction entre souveraineté populaire et souveraineté nationale. Je peux juste vous dire (mais vous le savez) que, de facto, la perte de souveraineté nationale a en France coincidé avec une perte de souveraineté populaire, et une prise de pouvoir non-démocratique par des élites plus soucieuses d'elles-mêmes que de leurs concitoyens. Je vous parle d'une histoire très proche. Et par ailleurs j'ai une réaction allergique à la bonne conscience alter ; je me méfie de l'innocence, spontanément. Mais encore une fois, je sais ne pas avoir tout à fait construit cette attitude : il y a là autant d'épiderme que de raison. Anti-mondialiste ? A-mondialiste, on va dire. Je ne rêve pas que tous les gars du monde...

28/05/2008, 01:07 | Par Philippe Corcuff en réponse au commentaire de baaltik le 27/05/2008 à 19:49

Est-ce qu'un idéal sert à "rêver", au sens péjoratif de s'extraire des contraintes du réel, ou est-ce que cela peut aussi servir de boussole pour s'orienter et déplacer alors les contraintes du réel? Je trouve que "si tous les gars du monde..." constitue une boussole utile dans cette perspective. Pas moins légitime en tout cas qu'une boussole nationale. Le problème que vous posez du rapport au pragmatisme m'apparaît plutôt ici dans la définition de "l'idéal' (fuite de la réalité ou boussole?), plutôt que dans le contenu de cet idéal (altermondialiste ou un moindre mal a-mondialiste). Car la boussole ce n'est pas le chemin, avec son caractère souvent cahoteux. Maurice Merleau-Ponty, dans un très beau texte de 1949 faisant l'éloge de Machiavel ("Note sur Machaivel"), note ainsi : "Machiavel avait raison : il faut avoir des valeurs, mais cela ne suffit pas, et il est même dangerex de s'en tenir là". Et il conclut son texte ainsi : "Si l'on appelle humanisme une philosophie de l'homme intérieur qui ne trouve aucune difficulté de principe dans ses rapports avec les autres, aucune opacité dans le fonctionnement social, et remplace la culture politique par l'exhortation morale, Machiavel n'est pas humaniste. Mais si l'on appelle humanisme une philosophie qui affronte comme problème le rapport de l'homme avec l'homme et la constitution entre eux d'une situation et d'une histoire qui leur soient communes, alors il faut dire que Machiavel a formulé quelques conditions de tout humanisme sérieux". Dans le sillage de Merleau-Ponty, on pourrait dire qu'il peut y avoir une boussole altermondialiste participant d'un humanisme machiavélien (et donc pragmatique), alors qu'il peut y avoir une boussole nationale/a-mondialiste ayant à voir avec un idéalisme de "l'exhortation morale". Cela ne tranche pas quant au choix des boussoles, mais cela évite la tentation de stigmatiser l'une comme relevant nécessairement d'un idéalisme ploumploum et de doter l'autre a priori d'un brevet de pragmatisme.

28/05/2008, 13:39 | Par baaltik en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 28/05/2008 à 01:07

Oui, cela me semble tout à fait exact, cette critique. Je vous remercie de m'aider, par votre contradiction articulée et sûre, à préciser ma pensée. Vous noterez tout de même qu'à quelques reprises, j'ai témoigné d'une expérience, d'un dit qui se situe quelque part et à une époque. Je crois qu'en 1925, il était tout à fait "correct" pour un français d'étudier la littérature allemande. En 42, ce n'était évidemment plus pareil. En 48, à Leipzig, cela redevenait une exigence immédiate. Au coup par coup, je suis aujourd'hui "national" - si c'était un peu trop, et surtout violemment, partagé, je le serais probablement moins. Ce qui arrive à mes concitoyens, croyez-le, influe aussi dans mes réserves et mes duretés, et cela, toute approximation intellectuelle égale par ailleurs, si l'on peut dire.

23/05/2008, 15:52 | Par Fantie B.

Je suis d'accord avec le fait que cet article pose des questions très pertinentes... mais nécessiterait en partie une traduction (comme beaucoup de textes de P. Corcuff... j'ai fait aujourd'hui un tour sur Rue 89 et ses commentaires !) Mais pourquoi ne pas faire cette traduction dans l'interactivité, donc dans les commentaires, grâce à eux ? Après tout chacun a le droit d'avoir son style, personnellement je suis toujours prête à faire un effort, quitte à demander des éclaircissements. . J'ai relevé pour ma part la question de l'opposition manichéenne entre "le positif" de l’effervescence et "le négatif "de l' institution. A développer j'espère dans les débats. Autre point relevé : "La chasse aux «traîtres» a certes ses petits plaisirs, en déchargeant nos aigreurs bien personnelles, mais s’avère vaine quand on s’intéresse à l’avenir de l’émancipation humaine.". Pour le moment, j'ai chassé surtout toutes les commémorations de du 40 ème de 68. Je n'ai lu que ce qu'en disait Mediapart (avec précautions au départ), et j'ai écouté à l'occasion l'émission de Daniel Mermet sur France Inter (15h). En effet je ne suis intéressée ni par les commémorations - plus ou moins marchandes- ni par la glorification des vrais héros (ou de soi)- ni donc par la dénonciation d'éventuels faux 68tards. . Mais je suis tout à fait d'accord pour une réflexion problématisée sur l'émancipation (telle celle que propose P. Corcuff) : en quoi 68 l'a favorisée, en quoi 68 et le post 68 ont raté le coche de ce point de vue. Réflexion qui peut aussi passer par les différents vécus psychologiques ou sociologiques des acteurs basiques de 68. Telle l'enquête de de Mediapart sur la photo de Nanterre, qui revèle des destins ô combien divergents), ou les témoignages de Là bas si j'y suis (Mermet).

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