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De nos dérisoires et sympathiques héroïsmes
Le tragi-comique de nos rêves d'héroïsme à travers le polar dans la 17ème chronique irrégulière partant du roman noir, accompagnée d'un dessin de Charb, publiée sur le site alternatif Le Zèbre...
"...Si nous pouvions apprendre de ces tensions entre tragique et comique à l’œuvre dans certaines œuvres du polar contemporain, tout particulièrement face à nos fantasmes héroïques, quelque chose comme de la sagesse pourrait naître. Non pas une sagesse en surplomb, à la Platon, mais une sagesse parmi les hommes, en tant qu’hommes comme les autres, conscients de leurs faiblesses. Une sagesse introduisant de petits décalages au sein même de nos vies ordinaires. Non pas cette arrogance de gens de Gôche qui s’installent si aisément dans la peau du Résistant des années 1940, et qui stigmatisent si rapidement tous ces « gros cons de droite » comme étant des nazis potentiels. Mais un humble admirateur des résistants d’hier, qui aimerait bien s’en approcher, mais qui n’est pas certain qu’il aurait le cran en situation…"
Extrait de "Phil noir 17" (texte de Philippe Corcuff, dessin de Charb).
La reste sur : "Phil noir 17", octobre 2009.

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Merci pour ces liens sympathiques.
Sinon,
à propos des héros, il y a un petit moment que je me demandais si c'était grave, docteur, que moi je ne tienne pas spécialement à être un héros?
Paradoxalement,
par ce court clin d'oeil c'est vous qui ouvrez chez moi une perspective que je n'avais jamais pensé à explorer, pire, de laquelle la "notion unique et obligatoire" ambiante sur "l'héroïsme", m'avait toujours tenu éloigné.
En deux mots car c'est très simple je crois:
Il y a des gens qui conçoivent leur vie avec une sorte de but à atteindre, le plus grand et beau possible. Ceux-là aimeraient être des héros, ou sinon admirent et louent les "vrais héros", mais aussi ont besoin de s'en fabriquer, ou plus précisément, ont besoin d'un monde qui fonctionne sur ce mode.
Et il y a d'autres gens, peut-être moins ambitieux diront certains, qui n'ont pas d'autre aspiration pour eux-mêmes, que celle d'accomplir leur propre vie, sans chercher à la dépasser, sans "se placer au-dessus de la vie", en quelque sorte.
Mais peut-être a-t-on besoin de ces deux approches? Peut-être devrait-on les considérer complémentaires?
Deux formes d'héroïsme antinomiques mais complémentaires: voilà qui me plairait assez!
:-)
On se souvient de la réplique classique et souvent entendue de la bouche de vieux résistants reconnus, qui ont risqué leur vie et ont accompli des actes de bravoure pendant l'Occupation:
Ils disent à peu près ceci, que pour eux, sur le moment, ça ne leur semblait absolument pas héroïque, ils n'avaient pas l'impression d'être si courageux ni si casse-cou que cela, et ils parlent aussi dans une veine qui revient fréquemment du "peut-être ce que vous faites aujourd'hui, qui vous paraît insignifiant, sera considéré héroïque dans le futur (tout comme pour nous)".
Qu'on soit d'un type de personalité ou de l'autre,
"on ne sait pas ce qu'on ferait",
ça c'est sûr,
mais on sait quand même une chose: on sait ce qu'on a déjà fait pour de bon, on s'en souvient pour ce que c'est vraiment puisque c'est arrivé?
Si on pense qu'un "héros", ça ne sert pas à se la jouer, en se pensant au-dessus, mais que ça peut être aussi : 1) admirer une belle action, sans savoir si on en serait capable dans une circonstance analogue; et 2) ça doit se resituer à hauteur d'homme, dans les conditrions de la vie ordinaire (comme les résistants dont vous parlez), alors ce rapport ordinaire et modeste à l'héroïsme peut participer à "accomplir (sa) propre vie", selon votre expression. Sans que cela soit la seule position de la jouissance égocentrée et immédiate, déconnectée de tout rapport à des valeurs. Mais dans le rapport aux valeurs propre à cette relation ordinaire à l'héroïsme (celui suggéré par la distance ironique et tendre d'un certain polar vis-à-vis de nos prétentions héoïques), les valeurs ne jouent pas le rôle d'un marteau qui vous assome, mais simplement de repères qui vous aident à vous orienter. Et l'héroïsme n'est pas une arrogance prétentieuse (qui assome les autres), mais un défi face auquel on est conscient de nos faiblesses.
Monsieur Corcuff,
Toujours aussi raisonnable, et de la raison d'Etat avec ça !
J'ai beaucoup aimé votre billet sur l'héroïsme, qui est
à ma portée intellectuelle !
Bonjour,
Hier soir, sur Arte et vers 23h, était diffusé un document signé Pascal Convert, sur un héros "oublié", Joseph Epstein.
Joseph Epstein, né juif et polonais, en rupture avec sa famille comme avec son pays pour cause de communisme, combattant de la guerre d'espagne, puis légion étrangère française qu'il quitta... pour cause d'antisémitisme, devenu résistant, fut nommé par le pc à la tête du plus important réseau FTP, Ile de France. Pourquoi: contrairement aux jeunes gens qui s'engageaient avec enthousiasme dans la Résistance, il savait ce qu'était la clandestinité. A sa mort, plus de trente identités, presque autant que d'années: 36.
Aux jeunes gens, Epstein enseignait qu'il ne fallait surtout pas croire que l'on ne parlerait pas. Que parler, au delà de la souffrance, était indispensable, pour obtenir une interruption. Que personne n'était un héros. Q'il fallait parler, parler, sans trêve, en frôlant la vérité sans jamais la donner.De ce qu'il disait, prosaïquement, techniquement, je retiens qu'il n'est pas de héros né, mais qu'il y a des combattants méritants, et intelligents.
Contrairement à ce que pourrait donner à penser le film - bon, passons, - de Robert Guediguian, Epstein ne fut jamais dénoncé, et pour cause: ni lucie Aubrac, parmi les survivants-témoins, ni quiconque ne savait qui il était. Seul Manouchian, qui s'est tu.
Seul Epstein, qui s'est tu, ou plutôt a frôlé la vérité sans la révéler, sept mois durant.
Qui fut fusillé en même temps que ceux de l'Affiche rouge, mais sans y figurer: on ne savait toujours pas qui il était, ni qu'il dirigeait toute la FTP ile de France.
J'ajouterai, pour faire bonne mesure, qu'Epstein fut ignoré, parmi les héros résistants. Internationaliste, juif, polonais, il n'agréait pas le PC Parti des fusillés de l'après-guerre.Pascal Convert, artiste plasticien, s'est épris de lui, de son histoire.Il a tourné un film.
Récemment, on a nommé une place Joseph Epstein, à Paris.Une petite place.
Joseph Epstein, héros indubitable, ne se croyait pas héros. Il pensait que nous n'étions pas des héros. Lors de l'exposition à la BNF, il y a trois ans, sur les Héros, il eut droit - la disposition des lieux est parfois révélatrice - à une sorte de décrochement à part, juste avant la grande salle où s'affichaient, en matière de héros actuels, le Che sérigraphié, Zidane ou Lara Croft.
Combattant disait Epstein, pas héros.
Monsieur Corcuff,
Charb n'est-il pas le digne continuateur de la rupture initiée par le "sympathique" et loyal Philippe Val, à "Charlie Hebdo", ce même Philippe Val que le Président Nouveau a récompensé (pour sa loyauté étatique) en le faisant nommer directeur de France Inter ? Pouvez-vous nous dire quel(s) poste(s) "dérisoire(s)" vous visez vous-même ? Ou bien est-ce trop tôt pour vous poser la question ?
Si je cherchais un "poste", j'aurais du rester au PS ou chez les Verts : pourquoi passer par la LCR et le NPA? Je dois avoir l'esprit bien tordu pour toutes ces circonvolutions...
Quant à l'ami Charb, il a appelé à voter aux dernières élections européennes pour le Front de gauche (dans L'Humanité, mais ce journal a peut-être été racheté par Carla Bruni?) et appelle souvent à voter pour le PCF, ce qui n'est guère un tropisme "valien". Mais peut-être que "'l'ouverture" élyséenne va s'étendre au PCF? C'est un peu trop compliqué pour moi, et je vous laisse donc trancher, car vous avez l'air de savoir tant de choses cachées qui dépassent tellement ma dérision ordinaire.
@ hêtre,
Vu comment le P"C" s'est jeté sur la lecture de la lettre de Guy Môquet comme un chien sur un susucre (sarkozyste... pouah !), je n'affirmerais pas qu'il y a béance entre mitterrando-brejnéviens du Front de gauche et sarkozystes.
Monsieur Jean,
Tout à fait d'accord avec vous.
Cher Philippe,
problème de timing; si ton billet était paru plus tôt, je l'aurais volontiers joint (avec ta réponse à Axel J) au "micro-sondage" que j'ai récemment réalisé sur les représentants de l'héroïsme et de la saloperie. Tu fournis un judicieux mode d'emploi du héros.
Cordialement
Louis
Bonjour
quelque soit la "valeur" des différentes "contributions" de Mr Corcuff, le recycalage permanent de contributions déjà paru ailleurs(revues,....)est trés fatiguant et n'apporte rien
PAR CONTRE, il existe une proposition, non tenue et émise par ses soins, de ce pourfendeur de la pensée unique c'est la publication de ses 2 interventions à l'université d'Attac
*2008 Bourdieu/Ranciére où il n'a fait que plagier le livre de C. Nordman du même nom avec une provo gratos et hors sujet sur Chomsky(à chacun ses fantasmes)
*2009 confrontation Rancière(toujours pas travaillé mais c'est in)/Debord avec de grandes envolées sur l'individualisme "révolutionnaire"
(une marrotte de plus)
Alors pour lever la burqua j'attends les TEXTES
sans trop de caviardage SVP
Dans l'attente de vous lire