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Lyon : inventive, enjouée, facile à vivre...

Événement phare, fédérateur et de portée internationale, la 10e édition de la Biennale d’art contemporain de Lyon vient de débuter. Du mercredi 16 septembre 2009 au dimanche 3 janvier 2010, une soixantaine d'artistes vont décliner des œuvres centrées sur « le spectacle au quotidien », une thématique complexe proposée par Hou Hanru, le commissaire d'exposition chinois. La désignation de Hou Hanru est comme un hommage rendu à la Chine.  À l'instar de la civilisation européenne puis occidentale, Lyon, capitale des soyeux, doit beaucoup à la Chine et ses inventions. Sans la Chine, pas de Renaissance ! Et Lyon est la ville de France qui incarne le mieux l'esprit de la Renaissance...  Quoiqu'il en soit, la 10e Biennale d'Art contemporain est un bon prétexte pour redécouvrir une ville exceptionnelle, tolérante, humaniste et cosmopolite à souhait, que des rois de France ont rêvé en capitale... Et qui est aujourd'hui une destination phare du tourisme d’agrément où elle fait figure de leader.

À Lyon, ne vous attendez pas à voir des hordes de touristes, comme à Venise, ou des queues interminables devant les musées, comme à Paris. Vous n'assisterez pas non plus dans l'arène de son amphithéâtre à des fêtes taurines perpétuant le culte sanglant de Mythra et s'achevant dans une orgie d'alcool, comme à Nîmes. Ce n'est pas le genre de la maison ! Lyon est une ville ouverte mais elle n'attire pas pour autant le genre vulgaire et les moutons de Panurge. Elle présente un aspect « trésor caché » qui la protège encore des excès. La clef de sa modération, malgré quelques événements populaires importants mais ponctuels, reste tout au long de l'année ou presque : « Carpe Diem ! »... « Saisit le jour », jouit de la vie... mais sans vulgarité, sans voyeurisme; sans tapage.

La « colline de la lumière »
Beaucoup de visiteurs sont fascinés par l'histoire de Lyon et la richesse de ses monuments. Son histoire commence avec la conquête de la Gaule par les armées romaines qui remontent la vallée du Rhône. Après l'assassinat de César par les sénateurs romains, lors des ides de Mars de l'an - 44, les soldats sont autorisés à s'installer au confluent du Rhône et de la Saône. On leur donne des lots, on les fixe, afin qu'ils ne soient pas tentés de retourner à Rome pour venger leur chef. La ville est officiellement fondée un an après, en - 43, sous le nom de Lugdunum, nom gallo-romain, dérivé du celte. Selon l'encyclopédie Wikipedia, « le nom de Lugdunum est composé de Lug, divinité solaire et de la lumière, dieu suprême des Celtes, et de l'élément celtique - duno (forteresse, colline). » Le nom de la ville signifie donc colline de Lug, « colline de la lumière ». Ce nom est aussi « à rapprocher du mot gaulois lukos, nom du corbeau annonciateur de la présence de Lug, dans la mythologie celtique, et du mot latin lux, lucis (lumière) ». Les interprétations ne sont pas contradictoires.

De la "fête de la lumière" à la "fête des lumières"
Au 19e siècle, l'Église catholique romaine, qui se heurte au libéralisme de «l’Europe des Lumières » et aux idées révolutionnaires, essaie de ranimer les feux de la Contre-Réforme allumés au 16e siècle pour combattre la Réforme protestante. Elle veut en mettre plein la vue au petit peuple et ranimer sa foi déclinante. Elle érige sur la colline de Fourvière (elle en fera de même à Marseille sur la colline de la Garde et dans d'autres villes, françaises ou européennes) une basilique, restée inachevée, dédiée à la Vierge Marie, qui serait la « femme enveloppée de lumière» décrite dans l'Apocalypse de Jean,  à tout le moins c'est interprétation qu'elle en donne dans sa liturgie de l'Assomption... La colline de Fourvière, « la colline qui prie » est associées depuis 1999 à des spectacles offerts par la Ville... elle-même récupératrice de la « tradition » à des fins touristiques et commerciales ! Ce n'est donc pas sans plusieurs raisons qu'on fête la lumière, ou plutôt « les » lumières , à Lyon, le 8 décembre... Ce jour-là, de nombreuses processions religieuses sillonnent la colline de Fourvière en l'honneur de la Vierge, et des jeux de lumière, grandioses et surprenants, mettent en valeur les lieux historiques. Cette « Fête des lumières » accueille de plus en plus de spectateurs (plus de 3 millions en 2008) et ose des scénographies, de plus en plus ambitieuses.

Fête des lumières, Place Bellecour.
Tsunami sociologique Avec une Gay Pride qui réunit à Lyon, « deux fois plus de participants que le défilé du 1er mai », selon Guy Darmet, le créateur et directeur artistique de la Biennale de la danse, cette "Fête des lumières" comme celles des deux Biennales (Arts contemporains.. et danse), rompt avec l'aspect académique, élitiste, fermé, "secret" que Lyon porte en elle depuis la Renaissance.
C
es manifestations populaires, ponctuelles, mettent en évidence un important renouvellement de la population, désormais plus jeune et plus diverse (un habitant sur deux n'est pas originaire du département), un véritable tsunami sociologique qui a précipité « l'incroyable métamorphose » de la ville. Lyon est la deuxième ville étudiante de France, et de loin !... avec plus de 124 000 étudiants.
Les jeunes s'accordent à reconnaître à leur ville « une ambiance sympa »... Avec internet, ils ont l'opportunité de trouver des idées de sorties. Avec « Rhône Tourisme » (le Comité départemental de Tourisme du Rhône), ces sorties se déclinent sur tous les modes : Avec "C en famille – C en amoureux – C passionné – C au grand air – C toute une histoire – C un délice... »
Exposition incontournable, événement international, fête traditionnelle, concert, théâtre, sport... « C » dans le Rhône que ça se passe ! Ici, on vit l’événement toute l’année au rythme des rendez-vous de « Rhône Tourisme ».

« Un Autre Monde est possible »
La Biennale d’art contemporain de Lyon, créée en 1991, a succédé à la prestigieuse Biennale de Paris voulue, en 1959, par André Malraux.
Du mercredi 16 septembre 2009 au dimanche 3 janvier 2010, sa dixième édition investit La Sucrière, le Musée d’art contemporain, la Cité internationale, la Fondation Bullukian et l’entrepôt Bichat sur le thème, « Le spectacle au quotidien», choisi par le Chinois Hou Hanru, le commissaire de l'exposition.
Une soixantaine d’artistes venus des quatre coins du globe ont découpé le thème en tranches napolitaines, facilement repérées et identifiées grâce aux couleurs sur les plans d’exposition ainsi que dans les espaces.
Avec « Veduta », le public rencontre la création mondiale, tout comme les œuvres d'art vont à la rencontre du public là où il est : dans un marché, une piscine, un centre d'art, un commissariat de police... « Veduta » est une fenêtre ouverte sur le territoire local, les organisateurs recherchent la visibilité de l'œuvre contemporaine et son appropriation "partout et par tous" avec des expositions organisées en partenariat avec le Mac de Lyon, l'artothèque de la MLIS (Maison du Livre, de l'Image et du Son à Villeurbanne) et l'espace art plastique de Vénissieux.
Sous le titre "la magie des choses ou la réinvention du quotidien", des artistes subliment les objets, situations, et environnements quotidiens en nouvelles visions esthétiques. "L’éloge de la dérive" s'inspire d’une pratique situationniste dans le Paris des années 50 et 60. Un titre bien pompeux, sinon « pompette »... pour « des errances aléatoires et souvent avinées . 

Biennale de la Danse de Lyon : une des manifestations les plus importante du monde
Le point de vue artistique "Un autre monde est possible" reprend un slogan altermondialiste souvent entendu, et traite de l’invention de nouveaux ordres et systèmes sociaux.
Au Musée d’art contemporain (à deux pas du parc de la Tête d’Or), "Vivons ensemble" fonctionne comme un forum ouvert de dialogue et d’échange, tandis que La Sucrière accueille trois des saveurs de la Biennale : « la Magie des choses », « l’Eloge de la dérive » et « un Autre monde est possible » ; « Rêver une société plus solidaire ».
Autre évènement phare : la Biennale de la Danse. La 14e édition aura lieu du 9 septembre au 2 octobre 2010.
Depuis 1984, année de sa création, cette biennale est devenue un pôle d’attraction de nombreux groupes de danse amateurs locaux ainsi que le support d’un travail d’insertion sociale important, innovant et original.
Avec la prochaine édition – la dernière sous la direction artistique de Guy Darmet – « le Défilé s’autorise à rêver une société plus solidaire, et invente de nouvelles utopies ». Il s’agit d’aborder « la construction d’un monde meilleur, la question du vivre ensemble, en laissant s’exprimer ses désirs. »
La Biennale de la Danse est une manifestation populaire très suivie, fondée sur l’idée de rassembler des danseurs amateurs de tous âges, issus des quartiers et des communes de la Communauté urbaine. La parade de vingt-cinq groupes chorégraphiques met 200 000 personnes dans les rues ! C'est une des manifestations internationales de danse contemporaine les plus importantes au monde. À SUIVRE...


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