Capitale européenne de la culture : Istanbul avant Marseille !
Istanbul (photo : médiathèque de la Commission européenne)
Istanbul a été choisie comme capitale européenne de la culture en 2010, tout comme Essen (Allemagne) et Pecs (Hongrie). Le président du jury de la sélection, Sir Jeremy Isaacs, a loué la qualité du dossier istanbouliot, qui met en avant les relations culturelles que la ville et l'Europe entretiennent depuis des siècles, voire des millénaires. Il a déclaré « La candidature d'Istanbul était ouverte, tournée vers l'avenir et inventive ».
Les 3 villes s'apprêtent à organiser concerts, expositions et autres manifestations culturelles. Marseille devra patienter jusqu'en 2013, tout comme Kosice (Slovaquie) pour faire la preuve de ses prétentions de "phare culturel" de l'Euro-Méditerranée.
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, espère qu'Istanbul (12 millions d'habitants) "pourra accueillir 10 millions de touristes en 2010, un peu moins de la moitié de ce que la Turquie dans sa totalité a attiré en 2009 " (21 millions).
Aujourd'hui, comme d'autres grandes ville de Turquie, Istanbul explose littéralement sous les projets de toutes sortes qui contribuent tous à hisser cette métropole au rang d'eurocité, une des plus importantes du territoire européen. Il est vrai qu'Istanbul dépasse aussi par la taille de sa population une vingtaine de pays de l'Union européenne ! Par son effervescence et le dynamisme de son économie, par sa créativité, elle reflète le génie que les Turcs mettent au service d'une prospérité commune et de la paix avec leurs voisins européens... mais que, hélas! la plupart d'entre eux s'entêtent à ignorer.
Plus d'infos : http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/06/489&format=PDF&aged=1&language=FR&guiLanguage=en.



Tous les commentaires
Ah bon ? Istambul serait donc en Europe ? Démonstration géo-politique, svp.
Le sens même du mot « Europe » a considérablement varié au cours des temps. Le nom d'« Europe » a été cité pour la première fois par Hésiode (VIIIème av. J.C.) Pour Hésiode, le monde au-delà du Péloponèse est constitué par "ceux d'Europe et tous ceux des îles baignées par les vagues". S'agit-il d'un territoire avec des montagnes élevées - qui permettent donc de "voir loin", comme le voudrait l'éthymologie du mot « Europe » ? Avec Hésiode, le mot « Europe » a une connotation géographique plutôt "vague". Deux siècles plus tard, Hérodote, le père des historiens, en illustrant son propos avec le mythe d'une nymphe aux yeux remarquables et d'une grande beauté, séduite après avoir été enlevée par Zeus, s'étonne que "la terre, qui est une, porte trois noms de femme, dont celui d'Europe... Le plus curieux, relève-t-il, c'est que la tyrienne Europe était de naissance asiatique et n'est jamais venue vers cette terre que les Grecs appellent maintenant Europe..." Il conclut, philosophe (il ne pouvait faire moins): "Nous considérons les noms établis par la coutume". On devine là, déjà, toute l'ambiguïté du mot « Europe ». Plusieurs siècles avant JC, il désigne une nymphe aux beaux yeux qui s'unit à Zeus (apparu sous la forme d'un taureau blanc très pacifique), les historiens contemporains voient dans ce mythe une illustration poétique de la pénétration des civilisations d'Asie occidentale dans la mer Égée ! Au VIe siècle, la légende est reprise par un certain saint Isodore de Séville. Cet évêque, grand compilateur, est l'auteur d'une encyclopédie qui décrit l'Europe comme une région méditerranéenne, mère de "la" civilisation, peuplée de gens raisonnables, distincte d'un Septentrion où, en raison du froid, les hommes ne peuvent avoir les mêmes qualités. Il ne s'agit pas d'une anticipation de la "théorie des climats" de Montesquieu, avec plusieurs siècles d'avance, mais d'une vision discriminante des peuples nordiques, qui renoue avec l'esprit raciste de la Rome antique ... Au XXe siècle, le vocable « Europe » renvoie à la politique de collaboration du IIIe Reich, à sa lutte contre le "bolchévisme" avec l'approbation voilée de l'Église de Rome.« Europa », « l'Europe » du IIIe Reich, n'est-elle pas très éloignée de la gentille légende de la Grèce antique, ou encore de la conception que s'en faisait Jean Monnet ? Pour ce « père fondateur », « L'Europe n'a jamais existé... il faut vouloir la créer ! » Aujourd'hui, il recoupe, plus ou moins, une organisation supranationale : l'Union européenne. Mais pourquoi vouloir faire coïncider de toute force cette organisation avec ce vocable imprécis, si lourd de sens et de souffrances ? Et si l'Union européenne n'était pas l"'Europe"… mais simplement "l'Union européenne" : une petite lumière après "Nuit et Brouillard" ?
C'est sûr que c'est plus interessant que de déblaterer sur l'identité nationale !!!
Merci pour cette information.
http://www.dailymotion.com/video/xbh0pf_action-discrete-hommage-a-mario_videogames
Limites : Oural, Caucase, Méditerranée, Mer Noire, Bosphore et Dardanelles, Détroit de Gibraltar...
Ci dessous le Bosphore qui coupe en deux la province d'Istanbul
Vous vous trompez de sujet et d'époque. Votre conception s'appuie sur la géographie et elle est pleine de contradictions. Pensez-vous sincèrement que la France va renoncer à ses départements... américains ? La Guyane... La Martinique... La Guadeloupe...
Ou à la Réunion... dans l'océan indien, à l'est de Madagascar ? La liste n'est pas exhaustive et concerne d'autres États européens.
Vous êtes à contre-courant de l'histoire, comme Voltaire et sa vision caricaturale du Canada, de la "Nouvelle France"confondue avec "quelques arpents de neige"... comme celle de Napoléon qui céda la Louisiane aux États-Unis... ou comme celle de responsables, insouciants, de la Commission européenne qui laissèrent en 1984 le Groenland (moins de 20 000 habitants !) acquérir une autonomie (aujourd'hui renforcée) ! Alors qu'il eût suffi de s'impliquer dans le referendum pour que le Groenland soit dans l'Union européenne et devienne, pourquoi pas ? un État, mais un État de l'Union européenne.... Pas une future étoile sur le drapeau américain.
Avez-vous seulement conscience des enjeux ? Pensez-vous que le général de Gaulle faisait des effets d'épaulettes lorsqu'il déclarait à propos de la Turquie : "En Europe, [...] l'intérêt de nos deux Républiques n'est-il pas de conjuguer leurs efforts pour qu'au lieu de l'opposition stérile de deux camps s'établissent la détente, l'entente et la coopération entre tous les peuples de notre continent » ?
C'est sous sa présidence que l'accord d'association entre la Turquie et la Communauté économique européenne, surnommé accord d'Ankara, est signé le 12 septembre 1963 et inclut, comme celui avec la Grèce, et contrairement à ceux conclus avec le Maroc et la Tunisie en 1969, la perspective d'une adhésion. En effet, le préambule de l'accord d'association « reconnaît que l'appui apporté par la CEE aux efforts du peuple turc pour améliorer son niveau de vie facilitera ultérieurement l'adhésion de la Turquie à la Communauté ». Dans le texte même de l'accord, l'article 28 précise : « Lorsque le fonctionnement de l'accord aura permis d'envisager l'acceptation intégrale de la part de la Turquie des obligations découlant du traité instituant la Communauté, les parties contractantes examineront la possibilité d'une adhésion de la Turquie à la Communauté ».
Référence : http://www.senat.fr/rap/r03-279/r03-2790.html
En ce qui me concerne, j'ai eu l'occasion de travailler avec une de nos filiales en Turquie et je ne vois vraiment de quel droit on pourrait refuser aux turcs l'entrée dans notre espace européen déjà si distendu...
Dés fois il faut laisser l'intelligence bien française (et son sentiment de supériorité très fort quoique non justifié), ses raisonnements dans tous les sens, pour s'intéresser aux hommes et aux femmes qui nous entourent.
Et comprendre qu'ils sont très proches de nous. Au fond.
Donc Bravo à Istanbul.
Que me vaut cette acrimonie ? Quelqu'un a posé une question (bovary ?) et je tentais de donner un argument pour repères. C'est tout.
Désolée d'avoir sali votre billet par mon intervention ignare.
On a connu plus fédérateur comme réponse. Je vous invite à me rejoindre sur certain billet qui fit couler beaucoup d'encre ici.
http://www.mediapart.fr/club/blog/dianne/310709/la-turquie-une-idee-neuve-en-europe
Dans le dico 2009, j'ai choisi T comme Turquie.
http://www.mediapart.fr/club/edition/le-dico-2009/article/161209/t-comme-turquie
Effectivement, votre blog plaide en faveur de la Turquie. Néanmoins, votre commentaire : "Limites : Oural, Caucase, Méditerranée, Mer Noire, Bosphore et Dardanelles, Détroit de Gibraltar..." semble fixer les frontières de l'Union européenne. C'est la cause du malentendu. Or, les frontières des États qui adhèrent à cette organisation supranationale ne se limitent pas au continent européen. La Turquie, à cheval sur l'Europe et l'Asie, ne fera pas exception : les Malouines, sous la souveraineté de la GB, sont au large de l'Amérique du Sud ; Ceuta et Melilla (espagnoles) sont sur la terre d'Afrique ; les îles Éparses, françaises comme Mayotte, sont au large de Madagascar, donc de l'Afrique. On peut multiplier les exemples. Voilà la réalité. Et "on ne fait pas de politique en dehors des réalités." Les arguments géographiques du genre "La Turquie ne peut adhérer à l'Union parce qu'elle est en partie en Asie" font pschitt... c'est le moins qu'on puisse dire !
Je souhaitais juste répondre à l'interrogation sous-jacente quant à la légitimité turque en Europe. Une partie du territoire est indiscutablement sur le sol géographiquement décrit comme européen dans les manuels. Ce n'était pas une façon de réduire l'Europe à ses limites physiques apparentes et je n'ignore rien de vos développements géopolitiques qui sont d'ailleurs légitimes.
Je regrette seulement le fait de foncer dans le tas sans accorder la moindre chance à l'interlocuteur. C'est apparemment une méthode fort usitée sur les blogs. Dommage pour l'efficacité quant aux causes défendues. Il peut y avoir "malentendu", dans ce cas on questionne, on n'invalide pas a priori. C'est inutilement blessant.
Message perso : t'inquiète Ufuk, toi qui lis tout ce qui s'écrit sur le sujet, chuis toujours en veille pour l'amitié entre les peuples...
Quel beau rêve que de voir la Turquie enfin intègrer l'Europe.Les enjeux sont formidables : humainement, économiquement, culturellement. Je ne pense pas le voir de mes yeux ni même que mes enfants le verront, tant la malvoyance de nos politiques, leurs basses visées électoralistes et leur racisme s'y opposent. Domage, les Turcs et en général l'autre ont tant à nous apprendre. Bien sûr, on est à des années lumières de ce qui se débat en ce moment en France.Quel contraste avec cette bête immonde que l'on nomme racisme ou identité nationale!
Pourquoi tant de réticence envers la Turquie en France , j'ai du mal à comprendre, souvent les français ne savent même pas où se situe la turquie!! moi j'ai visité des pays dit européen (en tous cas faisant partie de la cummunauté européenne)originaire du sud-ouest je dois dire que j'ai plus de choses en commun avec les turcs qu'avec les lettons ou les finlandais, je me pense plus cultutellement méditérannée que mer du nord, c'est une très bonne chose pour l'europe qu'Istanbul ait été élue capitale culturelle européenne pour 2010 et personne n'oblige ceux qui n'ont pas envie d'y aller, tant mieux s'ils ne viennent pas d'ailleurs!!!
Je ne comprend pas pourquoi nous sommes si souvent enfermés dans l'alternative du 'tout ou rien'. Notre Europe politique fonctionne déjà à plusieurs vitesses. N'y a t'il pas déjà un "espace Shengen" , un "espace Euro" qui constituent des niveaux différents d'intégration à la "Communauté". Les unions passent aussi par des périodes de fiancailles et il serait opportun d'aceepter que certains puissent aller plus vite vers une 'fédération' , d'autres vers une 'intégration' et d'autres se contenter d'une 'adhésion' et d'autres enfin d'une 'association'. Offrir des étapes à la construction de l'Europe aurait le mérite de ne pas toujours réduire les avancées au plus petit dénominateur commun.
C'est exactement ce que dit Laurent Fabius !
Oui.
C'est le seul qui ait les idées à peu près claires, à côté du mic-mac sentimentalo-marchand qui agite les théoriciens enflammés d'un "bord" à l'autre. Il a refusé le TCE. On a parlé de posture et pourquoi pas, après tout. Il aurait fallu quand même écouter ce qu'il avait à dire sur le fond. Mais on a bien compris que le jeu politique était plus important en interne que les enjeux européens.
Personnellement j'ai entendu tant de crétins discourir là-dessus, pour les résultats que l'on sait, que son propos carré était un soulagement. C'est un type intelligent, qui a été plombé par l'exercice du pouvoir au plus haut niveau de manière prématurée. Le genre de profil qui garantit, au PS, de s'attirer le maximum d'inimitiés. Il faut dire qu'il est expert en l'art de les provoquer et que j'ai trouvé détestable sa conduite pendant la campagne de 2007, à l'instar de celle des futures momies d'appareil qui s'énervent encore dans les coulisses.
Non l'Europe des peuples ne peut se faire de manière uniforme à 27. L'Europe du fric non plus d'ailleurs : on passe son temps à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Tant que "l'Europe" se résumera à la mise en concurrence des plus précaires d'un bout à l'autre de l'espace concerné, aucune chance de lui donner une âme. Un empilement de textes indigestes, hermétiques, qui prévoient jusqu'à la courbure des concombres et rien pour protéger les soutiers des prédateurs : la belle Europe que voilà.
Seul point positif : les possibilités de requêtes d'arbitrages lorsque des citoyens s'estiment lésés par leur Etat. Mais au prix de quelles difficultés de saisine et pour quels résultats aléatoires...
Quand on constate de quelle manière les pouvoirs scélérats peuvent s'abriter derrière des réglementations "européennes" pour brader les biens communs au nom de la concurrence, on se dit qu'on se passerait bien de cette machine-là dont l'intérêt immédiat semble en tout et pour tout se résumer à fournir des emplois à tous ceux qu'on veut dégager de l'espace politique national.
Vous croyez réellement que la maison que vous faites construire sera plus vite érigée si chaque corps de métier décide d'en faire à sa tête, de venir travailler quand bon lui semble, au mieux de ses intérêts ? Il faut un chef d'orchestre, il faut un maître d'œuvre, un donneur d'ordre pour faire travailler tout le monde, ensemble, en harmonie. Encore faut-il qu'il soit à la hauteur de la mission et qualifié pour le faire. En politique, ce maître d'œuvre s'appelle le Souverain. Dans une démocratie, ce Souverain... c'est le peuple ! C'est la nation ! Au niveau de l'Union européenne, disons que c'est l'ensemble des citoyens en âge de voter, qui ne sauraient être représentés par l'institution judiciaire ou par un exécutif ! Ou alors, c'est la confusion des pouvoirs. Avec la présente UE, nous sommes dans la confusion des pouvoirs ! Le problème n'est pas entre l'élargissement et l'approfondissement ou que sais-je encore, il est dans le déficit démocratique. Cela fait presque 30 ans que cela se sait : on n'a pratiquement rien fait pour le résoudre, sinon en concédant l'élection du Parlement au suffrage universel et une petite extension de ses attributions. On est encore loin, très loin de la résolution. On est au bord du gouffre. L'année qui vient pourra encore faire illusion... Mais tôt ou tard, il faudra solder les comptes.
J'ai répondu hors sujet, suite au post de verliers. Je n'aurais pas dû.
Pour le plan informatique pour tous, je l'ai vécu en temps réel. Fabius n'y était ni pour la vitesse ni pour la précipitation. Il s'agissait de sauver Thomson, les injonctions venant de Servan-Schreiber.Point. Et ce n'est pas "quelques mois après" que les "logiciels étaient obsolètes". C'est quelques mois avant. En fait, il n'y avait tout simplement pas de logiciels. Juste du matériel. Tous programmateurs !
Pour le reste, concernant l'Europe, je vous laisse décider que nous sommes en désaccord sur tout. Ce n'était pas mon impression initiale.
Quant au propos de votre billet, Méditerranée et Turquie, cette désignation "capitale" me semble de bon augure.
Istanbul (12 millions d'habitants) dépasse par la taille de sa population une vingtaine de pays de l'Union européenne :
Grèce 11 260 000 hab.