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Paul Blustein: pourquoi je ne fuis pas le Japon

KAMAKURA, Japon, jeudi 17 mars 

Le Grand Bouddha de KamakuraLe Grand Bouddha de Kamakura© DR

Pour prendre un peu de recul par rapport au séisme qui a frappé le pays où je me suis installé l'an dernier, j'ai marché quelque deux kilomètres mercredi matin depuis notre maison jusqu'au Grand Bouddha de Kamakura, le site le plus fameux de cette ville côtière dans la grande banlieue sud-ouest de Tokyo.

 

Je suis submergé par la sérénité à chaque fois que je contemple cette statue de bronze de plus de 13 mètres fondue au 13ème siècle. Je ne suis pas enclin à la spiritualité, encore moins un disciple du Bouddha. Mais j'y suis allé pour vérifier de mes propres yeux que le Bouddha était là comme à l'accoutumé, qu'il ne baignait pas dans un halo radioactif venu de réacteurs nucléaires en folie à 320 kilomètres au nord.

 

Absurde. Evidemment. Mais guère plus pourtant que nombre des réactions que j'ai vu ou lu au cours des deux derniers jours: Ies hordes d'expatriés qui cassent leur tirelire pour s'envoler hors du pays; les autorités en Chine, en Corée du Sud, à Singapour et ailleurs qui contrôlent la radioactivité des produits alimentaires importés du Japon; le bon peuple américain qui réclame des capsules d'iode pour se protéger des particules qui se promènent à travers le Pacifique. J'ai été inondé de messages venant de nos proches qui se demandent si nous allons être évacués. Eh bien, même si cette inquiétude nous va droit au cœur, nous restons.

 

Comme nous ne vivons pas à proximité immédiate de la centrale nucléaire, nous avons la conviction que nous sommes en sécurité comme à l'habitude - ce qui veut dire extrêmement en sécurité, le genre de sécurité qui nous incite à laisser notre gamin de 10 ans faire un long trajet en train et bus pour aller à l'école. Les répliques, les coupures d'électricité, la ruée sur les rayons d'alimentation, les longues queues pour faire le plein - tout cela passera, et comment nous plaindre quand on sait quelles souffrances endurent depuis le 11 mars les habitants de la côte nord-est du Japon.

 

Si quelque chose peut nous inquiéter, c'est qu'une perception du Japon comme un pays qui n'est pas sûr lui inflige une série de pénalités économiques et psychologiques. Cela ne ferait qu'aggraver encore la tragédie qu'il traverse et durcir le défi auquel il est confronté au moment même où il a besoin de toute l'aide possible.

 

Par exemple, les Japonais ont pris conscience, ces dernières années, de la nécessité de promouvoir l'archipel comme une destination touristique, mais combien de millions de visiteurs potentiels vont-ils renoncer à se rendre dans les merveilleux temples de Kyoto par peur d'être irradiés? Le riz, les fruits et d'autres produits alimentaires de qualité exceptionnelle ont commencé à attirer la clientèle d'une Asie de plus en plus prospère, ouvrant l'espoir qu'une agriculture surprotégée devienne à la fois plus ouverte et plus moderne. Est-ce que ces marchés d'exportation vont se fermer si la nourriture japonaise acquiert un goût d'atome un peu trop prononcé ?

 

Le nombre des Japonais qui étudient et travaillent à l'étranger doit augmenter pour que la nation puisse affronter avec succès à la globalisation mais cela sera-t-il possible si les Japonais s'attendent à y être reçus comme des espèces de zombies émetteurs de rayons gamma? Comme vient de le rappeler mon ancien collègue Rob Stein, des habitants de régions voisines de précédents accidents nucléaires ont été stigmatisés et ostracisés, ce qui les a rendu encore plus vulnérables aux maladies liées au stress.

 

Je dois avouer que quand la nouvelle est tombée de l'accident dans les centrales nucléaires, je ne suis demandé si des particules dangereuses pouvaient parvenir jusqu'à nous. Mais quand je suis allé au-delà des titres des journaux, j'ai compris que le risque était négligeable pour les 125 millions de résidents de l'archipel (à l'exception évidemment des ouvriers de l'usine qui se comportent comme des héros).

 

J'ai lu par exemple qu'après le désastre de Chernobyl, la plupart des décès ont frappé des enfants vivant dans la région qui avait bu du lait venant de vaches ayant ingurgité de l'herbe contaminé, une erreur que les Japonais ne vont pas répéter. J'ai réalisé que même la fusion du cœur d'un réacteur - en quoi je voyais l'apocalypse pour des millions de gens - n'auraient pas nécessairement des conséquences graves sur la santé humaine, certainement pas en tout cas pour les gens vivant assez loin pour que les particules se dispersent avant de les atteindre. Les radiations, apprend-on, sont un agent cancérigène assez faible. Même parmi les «hibakusha», le nom donné aux survivants des attaques atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, on ne constate pas une proportion de cancers plus élevée que dans la population dans son ensemble.

 

La nature exacte de ce qui se passe dans les réacteurs nucléaires est encore incertaine. Mais cela n'a aucun sens pour des gens comme nous de faire nos valises et de partir. Pas plus qu'il n'est rationnel, ici ou à l'étranger, de se comporter comme si le Japon était un chaudron de matières fissiles. Toutes ces manifestations sincères de sympathie pour les victimes du tremblement de terre n'auront guère de poids si une réaction exagérée à ce gâchis nucléaire noircit encore le sort tragique du Japon.

 

L'atmosphère ici n'est sans doute pas la meilleure incitation à y venir en touriste. Mon épouse essuie ses larmes nuit après nuit en regardant à la télévision les interviews des habitants des régions côtières dévastées par le tsunami. C'est à cette angoisse avant tout qu'il faut prêter attention.

 

Par conséquent, il faut absolument remettre les choses en perspective. Si les étrangers se détournent des vacances au Japon, des offres d'emploi dans l'archipel, de ses produits ou de ses habitants à cause d'une peur irrationnelle des radiations, ils aggraveront et prolongeront le traumatisme infligé par la nature. D'ici quelques mois, le Japon aura retrouvé sa physionomie, exsudant peut-être même un regain de vitalité puisé dans un sentiment renouvelé d'un destin national. Les trains y seront à nouveau d'une ponctualité ahurissante, la nourriture abondante et délicieuse. Quand cela se produira, souhaitons que les étrangers reconnaissent que le Japon - avec le Grand Bouddha et tant d'autres merveilles - reste un pays où la sécurité est exemplaire.

 

Paul Blustein, ancien correspondant à Tokyo du Washington Post, est un auteur et un chercheur attaché à la Brookings Institution et au Centre for International Governance Innovation.

 

Avec l'accord de mon confrère et ami Paul Blustein, retourné vivre au Japon, à Kamakura, en août dernier avec son épouse japonaise et leurs deux garçons, j'ai traduit ce billet, publié originellement dans les pages Opinions du washingtonpost.com. Je ne pense pas avoir besoin d'expliquer pourquoi.

Tous les commentaires

J'irai au Japon, bien sur. Pas maintenant car je n'en ai pas les moyens, mais j'irai car je veux connaitre ce pays (sur ma liste après l'Argentine). Mes amis japonais vivent pour le moment en Europe, j'attends qu'ils repartent au Japon pour les y visiter.

Merci de la transmission de ce billet, versant dans l'optimisme. Je viens de lire un article du Stern en allemand qui allait dans l'autre sens, cela balance une peu.

Personne ne le nie. Ce nuage, comme personne ne nie plus celui de Tchernobyl trop vite oublié cependant.

Mais quand on a des amis de ce pays ou dans ce pays, vous croyez vraiment que l'on doit se réfugier ailleurs et dans la peur.

La France a 58 centrales nucléaires et meme si les risques de séisme ou de tsunami ne sont pas les memes, il existe d'autres risques. Je suis solidaire car je ne pense pas etre en terme de risques plus protégée que d'autres et le laisser-faire en politique m'exaspère.

Au Japon, depuis quelques annés beaucoup savaient que les risques de tremblement de terre augmentant, le risque de catastrophe non naturelle de ce genre aussi, et personne n'a rien fait, situation confortable, n'est-ce-pas? Mon seul espoir est que cela change maintenant, et aussi en France. Je ne dis pas que c'est facile, je suis aussi économiste et sais parfaitement ce que se passer du nucléaire signifie, mais perdre des milliers de vies et des terres á jamais en vaut-il la chandelle, sans rire.

Merci pour ce texte pour une fois non-catastrophiste.

Le Japon est depuis longtemps en première place sur ma liste de pays à visiter et ce n'est pas un seisme qui m'arrêtera.

Tout à fait d'accord avec vous sauf sur un point : les survivants d'Hiroshima et de Nagasaki. C'est principalement "grâce" à eux qu'on a des liens statistiques entre exposition et cancer ou mort dans les mois qui suivent. C'est particulièrement bien expliqué en particulier sur la page de wikipedia "Sievert".

Par contre il est estimé qu'il n'y a pas de lien statistique en dessous de 100 millisievert ce qui vu le faible taux de radioactivité loin de la centrale est impossible à atteindre.

Bonjour

Je ne suis pas d'accord avec cette balance, un coup les nouvelles sont bonnes, un coup les nouvelles sont mauvaises; Soit il y a danger, soit il n'y a pas danger, il n'y a pas d'autres alternatives. Evidemment que l'on va préférer la non catastrophe!

Je suis désolée mais ce genre d'article ne me rassure pas du tout, au contraire. Où est la vérité? C'est important de la chercher. Et aimer ou ne pas aimer le Japon n'a rien à voir avec ça!

Excusez moi encore, mais cela me fait penser aux algues vertes en Bretagne ; Les bretons étaient fachés que le tourisme diminue à cause des algues vertes... fallait pas en parler!

Voilà ce qui me vient de dire, et je précise que je ne veux pas critiquer ce genre de témoignage, je l'entend comme un besoin vital de se rassurer!

Désolée de ce petit coup de gueule! Je sais que je suis bien à l'abri de tout ça en Bretagne et que c'est sans doute grâce à cela que je peux me permettre de parler comme ça

+ 100 @ Is@ Dur@nd

Submergés par un "tsunami" de nouvelles catastrophistes et alarmantes, nous cultivons la peur et nous perdons de vue non pas l'indiscutable drame qui a eu lieu et qui perdure mais qu'au milieu de cet enfer il y a des êtres humains. Vu d'ici, vous me direz que c'est un peu facile, mais je suis persuadé qu'un peu plus d'optimisme et de positivisme peut être la meilleure attitude à avoir. Au mois de mai, pour le tournage d'un film documentaire, je devrai me rendre à Beppu, une ville du Japon située dans la préfecture d' Ōita sur l'île de Kyūshū. Très loin de ce qui vient de se produire. A Beppu, l'on y vient pour se relaxer dans les onsen, les sources chaudes. Elles sont célèbre et très appréciés de tous les Japonnais. D'abbord je me suis dis qu'il serait indécens de m'y rendre. Mais en lisant le texte de Paul Bluestein, je me suis rendu compte qu'en y allant pas, je me rendrais complice d'une attitude de panique, de fuite voir de stygmatisation.

Le Japon est un pays fascinant, j'y suis allé il y a quelques années déjà et j'en garde une trace indélébile en moi à telle point qu'il serait presque envisageable de m'y installer un jour...

De mes propres yeux je veux revoir ce pays, ces habitants et leur témoigner par ma présence d'un peu de compassion et de chaleur.

Non le Japon n'est pas un pays pestiferé mais qui vient d'être fortement ébranlé. Il faut reconstruire, faire le deuil et vivre.

 

 

Mon fils en vacance en France , pensait revenir au Japon mardi dernier y retrouver sa belle et reprendre ses études pour le deuxième semestre. Il est trés malheureux d'être si loin. En lisant cet article qui respire la sérénité, je me dis que bien que nous ayons fait en sorte de ne pas mettre de pression sur lui pour qu'il reporte son voyage, notre angoisse ici ,était tellement palpable qu'il s'est résigné à rester... Il lui tarde de repartir.

Il n'y a pas à chercher la vérité, personne ne l'a vraiment, elle se construit petit à petit au gré des évènements. Bien sûr qu'il y aura des conséquences, et bien sûr que c'est un drame atroce pour le japon d'avoir à faire face aux pertes humaines présentes et futures mais la vie continue....J'espère un jour aller au Japon rendre visite à ces japonais qui me semblent si éloignés de nous dans notre vision des choses, et ce n'est pas cet accident nucléaire qui m'empêchera d'y aller faire un tour.

Merci, c'est bien d'avoir du recul.

 

Etant allé par deux fois au Japon, je garde de ce pays le souvenir inoubliable d'un choc permanent des cultures. Dans la vie quotidienne, la plus haute technologie chemine au coté de traditions ancestrales très vivaces, ux peids d'immeubles toujours plus hauts et protégés des tremblements de terre, subsistent des quartiers entiers de petites maisons de bois et certains soirs de fin de semaine, des femmes portant obi et robes traditionnelles en croisent d'autres en jeans dans des soirées festives. Cette diversité vestimentaire est insuffisante pour cacher la profonde unité culturelle qui saute aux yeux quand on regarde les files d'attente de la foule devant les magasins d'alimentation en cette période de menaces.

La permanence de la menace naturelle, sa violence inhumaine, ont forgé chez les nippons un formidable appétit de vivre, une fantastique volonté collective de s'en sortir tous ensemble dans le calme et la rigueur de solutions acceptées par tous.

Il faut souhaiter que contrairement aux victimes d'Hiroshima et Nagasaki, les rescapés de ce tsunami qui seront irradiés, ne soient pas considérés comme des pestiférés et laissés sur la touche du progrès attendu de la reconstruction du nord-est du pays.

Mieux qu'un Bouddha ou un temple Shinto, au Japon, il y a avant tout des Hommes et des Femmes en détresse.

je trouve votre texte déplacé et hors réalité!

un fait est un fait c'est une catastrophe nucléaire sans pareil qui annonce toutes les autres qui vont arriver dans les pays hautement nucléarisé;vous êtes dans la phase de déni

Oui voilà un exemple de ce que j'appelle une vérité, une réalité, un fait... employons le mot que l'on veut pour dire ce qui se passe

je pense aussi quelle grandeur de ne pas stresser devant un tel évènement, de garder son sang froid, de ne pas fuir, de se solidariser. Fuir, partir, rentrer est aussi une belle descision!

reconstruire, tenir, résister...

Et poser la question du nucléaire dans le monde, je suis entièrement d'accord!

 

Bravo et merci à Mediapart de ne pas toujours hurler avec les loups verts . Vous pouvez faire mieux encore !

@ Dominique Belmer

Patience. Il y a un délai de décence, en effet, et je m'y tiens.

Merci de ce témoignage qui se veut optimiste. Le site http://www.suppaiku.com/ fournit des articles très touchants d'un français qui aime lui aussi le Japon et qui souhaite continuer à y vivre et qui en donne les raisons

Les titres de ses trois derniers articles (les 15, 14 et 12 mars) les résument assez bien :

Les voici :

- Entre tristesse et colère, moins seul. Et à Kyôto pour quelques jours.

- Je suis un Français du Japon en colère.

- Mon premier vrai tremblement de terre

le "Grand Boudha" est hélas bien incapable de protéger le peuple japonais contre la folie meurtrière d'une société de consommation où seul le profit immédiat et toujours plus hallucinant compte (et c'est grâce ou à cause de son énergie nucléaire que le Japon est devenue l'une des plus grandes puissances mondiales)

alors fuir le Japon, évidemment ça n'est pas la solution et d'ailleurs le peuple japonais dans sa très grande majorité ne se pose même pas la question : la catastrophe est là, rien ne sert de la nier ou de l'amenuiser ... aujourd'hui, c'est la solidarité avec ceux qui en ont subi les conséquences qui s'impose, c'est aussi la reconnaissance du préjudice (ce qui a été beaucoup nié lors d'Hiroshima, Nagasaki) qui doit être reconnu, c'est l'aide à apporter aux populations touchées qui est à l'ordre du jour .... quant aux répercussions sur le tourisme, est-ce vraiment le problème aujourd'hui ? Bien sûr le Japon va se relever, il n'y a guère de doute et la "dignité" du peuple japonais (dignité exemplaire à plus d'un titre car ce type de désastre aurait, partout ailleurs je crois, entraîné des paniques collectives qui n'ont pas eu lieu jusqu'à ce jour) va participer de la reconstruction du pays....mais pour autant, n'oublions jamais ce qui vient de se passer, ne le minimisons jamais, ce serait terrifiant (surtout pour eux)....Cela dit, je comprends votre position et votre décision de continuer à vivre "normalement", elle est sage et rend compte de votre amour pour ce pays (que je partage:)

Lu et recommandé

pour ménager l'espoir si nécessaire et ne pas aller dans le sens du catastrophisme :l'équilibre n'exclut pas la lucidité

Bonjour,

Autant la première partie de votre témoignage me touche et me paraît très juste, autant je ne partage pas du tout ce que vous dites ensuite.

Oui, vous avez raison de faire valoir votre choix, qui est lié à l'amour que vous portez à ce pays, et surtout le choix que chaque humain a le droit de faire indépendement de toute logique rationnelle. En effet, chaque choix est unique et respectable. Je repense à un ami qui, vers la cinquantaine, après un attaque au cœur a préféré ne rien faire et vivre 10 ans ainsi, plutôt que de passer par les phases très invasives d'opérations médicales (il y a un moment).

 

Par contre, toute la fin de votre témoignage est juste incroyable de déni. Ne pas admettre qu'il s'agit d'une catastrophe réelle, quoi que l'on arrive à faire ensuite, est juste folie. Depuis une semaine, tout est ouvert, dégage plein de radio-nucléïdes, est arrosé à l'eau de mer et qui... bien sûr repart quelque part totalement contaminée. La dissémination est le vrai problème, car nous partout dans le monde, et nos enfants, auront à subir la folie des hommes qui est d'avoir fait proliférer le nucléaire partout dans le monde. Et une fois le contrôle de la centrale fait - si on y arrive même si on semble s'y approcher - vous rendez-vous compte de tout ce qu'il faudra faire ensuite ? Sarcophages comme Tchernobyl ? Sur combien de réacteur ? Sur quelle durée !!!!!? Savez-vous ce qu'il en est de Tchernobyl ? C'est juste couvert, en attente qu'on refasse un nouveau sarcophage et cela devient urgent 25 ans plus tard. Alors c'est quoi la solution ?

Vous parlez aussi de la question de savoir si les légumes en provenance du Japon seront toujours achetés ou pas ? Mais s'il ne le sont pas, c'est juste qu'ils seront radio-actifs. Sinon il seront acheté, je ne comprends pas votre humeur.

 

Un dernière chose qui me turlupine : d'où viennent tous ces hommes qui viennent d'un coup se sacrifier pour reprendre le contrôle de la centrale ? Ces "liquidateurs" ? Qui sont-ils, et pourquoi arrivent-ils si soudainement et tardivement ? On peut se demander par exemple si il n'y aurait pas des détenus condamnés sur une durée longue à qui on promettrait la liberté ensuite ?

Franchement, au tout début, on parlait d'impossibilité d'approcher la centrale, que les hélicoptères ne pouvaient survoler, que les camions de canon à eau ne pouvait approcher, et puis en 2 jours, pouf, on dirait qu'une foule s'occupe de la centrale. Certes, c'est cela ou la pire horreur, mais d'où viennent-ils et qui sont ils ? En tous les cas, grand grand respect à eux.

..................Et du chaos, une étoile se mit à danser.

Comme ces soldats russes sur le haut de la centrale de Tchernobyl dont les images me trottent dans mes cauchemars, condamnés sans espoir mais faisant leur devoir. Oui, et du chaos, une étoile maligne se mis á danser, en effet.

Oui, ce toit où même les robots rendent l'âme, inutilisable.

Où ces hommes bardés de 30Kg de plomb ne peuvent rester que 45 à 60 seconde MAXI, le temps d'une pelletée.

Où ils redescendent épuisés de ces quelques secondes, avec le goût du métal lourd sur la langue, ce goût qui restera toute leur vie.

 

C'est la folie humaine.

 

Fiable le nucléaire ? Non, car en cas de problème, ce qui est une donnée normale à prendre en compte, comme toute techno et selon l'évidence après les accidents majeurs survenus, rien n'est envisageable hors des vies humaines, celles pour se sacrifier volontairement d'abord, et celles ensuite qui n'auront rien demandé.

 

De toute façon, que vous restiez au Japon ou que nous restions où nous sommes, nous aurons tous droit à notre dose de radio-activité et celà même à notre insu. Et tout cela viendra s'ajouter à la radio-activité due à Tchernobyl pour des dizaines, des centaines, des milliers d'années..... en attendant la prochaine catastophe nucléaire qui, statistiquement, ne manquera pas de se produire avant 10 ou 50 ans.

Tout cela me fait penser au film "La planète des singes", un film prémonitoire.

Tu seras heureux d'apprendre que si l'on ne trouve pas de trace de radioactivité imputable à tchernobyl dans les fosses océaniques profondes ( où toutes les saloperies en circulation de part le monde finissent un jour ou l'autre par arriver), on trouve par contre de la radioactivité à des taux significatifs par rapport à la radioactivité naturelle complétement imputable (et imputée) aux essais nucléaires militaires atmosphériques et en particulier aux bombes H.(Ce n'est pas une blague).

Curieusement aussi des gens vivent dans les villages de tchernobyl en se nourrissant d'aliments élevés/cultivés localement et en buvant l'eau du coin. Le fait qu'ils n'en soient pas encore morts (ou plutôt pas suffisamment vite pour qu'ils disparaissent tous contrairement à ce qui serait passé s'ils l'avaient fait dans les mois et les années après tchernobyl) indique juste que la décroissance exponentielle de la radioactivité n'es pas un mythe et que la plupart des composés radioactifs ont des demi-vie courtes.

Il paraitrait aussi que certains végétaux les stockent bien et réduisent donc significativement la radioactivité des sols. En même temps quand ils meurent ca y revient donc ca parait pas très intéressant.

Ah et dernier truc, la radioactivité à longue distance vient par des particules qui sont transportées par le vent et comme toutes les autres particules en suspension dans l'air elles s'y diluent (ou s'y diffusent seulement si l'air ne bouge pas macroscopiquement). Résultat, leur concentration baisse très rapidement et déjà qu'à Kamakura ( au sud ouest de Tokyo) ils n'ont même pas pris la dose de radiation correspondant à une radio (tant mieux pour eux), le temps que ca arrive en France ca risque d'être vraiment ridicule.

J'ai d'ailleurs trouvé une loi de changement d'unité audacieuse entre sievert et paquets de cigarettes (sur la probabilité de cancer). Malheureusement je pense que pour des petits nombres c'est complétement faux vu le principe de construction (et plus encore vu que pour des gros c'est déjà douteux). Il reste néanmoins intéressant de voir que selon cette échelle la radioactivité à Kamakura était déjà inférieure à un paquet de cigarette et que quand ca arrivera en france ce sera donc très inférieur à une cigarette.

 

Très beau témoignage de foi d'un homme qui se décrit comme non enclin à la spiritualité.

"Rien n'est constant si ce n'est le changement". Parole du Bouddha sur l'impermanence des choses.

C'est malin. Bonne vie dans le changement de l'écosystème...

Zolive,

Je pense que vous n'avez pas compris le sens de mon commentaire ? Quoi que vous en pensiez je suis absolument d'accord avec l'analyse de votre billet plus haut.

Ca oui alors, pas compris, mais toujours pas. Que vouliez vous dire ?

Zolive,

La citation du Bouddha était juste un petit clin d'oeil pour résumer la situation. L'homme pense avoir tout prévu et de cette façon maîtriser la nature! Il en oublie que tout évolue et que rien n'est permanent sur notre belle planète. Les dangers d'aujourd'hui ne sont pas ceux de demain.

J'ai un sentiment étrange en lisant cet article.

On ne parle que d'économie japonaise, de formation des étudiants japonais à l'étranger, de la venue de touristes... Comme s'il niait la réalité d'une catastrophe nucléaire et ses effets à longs termes sur le peuple japonais et les terres japonaises.

 

Si j'étais Japonaise, et je me permets de prendre cette posture car je vis non loin de nombreuses centrales nucléaires françaises, je me poserais d'abord la question de ma santé, de celle de mes proches, de mes amis et de tous ceux vivants autour de la centrale. Je me poserais la question des sols irrémédiablement irradiés. Des aliments que je pourrais ingurgiter ou non. Des aides octroyées par mon Etat et la communauté internationale pour aborder les premiers mois très difficiles et le CHANGEMENT RADICAL de la POLITIQUE ENERGETIQUE MONDIALE.

 

En aucun cas, le tourisme, l'économie, l'échange d'étudiants ne me viendraient à l'esprit car ce serait pour moi la preuve que les multinationales et nos Etats auraient gagné en nous laissant toujours croire que le nucléaire et la vie humaine sont compatibles. Or, CE N EST PAS LE CAS.

 

Cette catastrophe ne m'empêchera pas de visiter le Japon en famille, un jour, quand j'en aurai les moyens. Mais jamais, je ne me sentirai en sécurité dans un pays secoué par autant de séismes et couverts de centrales nucléaires. C'est aussi le cas en France et j'y vis.

 

Posons-nous les bonnes questions suite à cette catastrophe.

 

 

 

"Mais jamais, je ne me sentirai en sécurité dans un pays secoué par autant de séismes et couverts de centrales nucléaires. C'est aussi le cas en France et j'y vis"

 

Nos commentaires se rejoignent en sorte, voir plus haut ma réponse á un autre abonné. Moi je vis en Allemagne, après plusieurs annnées à Cherbourg au pied de La Hague. Je vous rejoins sur beaucoup de points.

++++++++++++++ à zerodeux (qui s'est apparemment bien sous-estimé(e) en choisissant son pseudo !)

Triple +1 à zéro2 !

Et attendons ce qu'on va voir. Tout ce qu'il faudra faire comme énergie et moyens sur cette fichue centrale, tout ce que cela va coûter, quelle zone deviendra inhabitable. Vous verrez.

Et puis il y a tout ce qui est parti dans la mer. Certain disent que cela se dilue, certes, mais rien n'est jamais homogène. Voyez les déchets dans les rivières qui restent à tourner dans certains tourbillons, ce sera pareil, des zones pleines de Pu, où certains poissons iront s'ébattrent...

Bref, nucléaire # vie.

Ce déni face aux poisons nucléaires me hérisse.

Ce sont pourtant les pires : terriblement toxiques, invisibles (super pour les lobbies), à très long terme (super pour les lobbies).

Nous ne devons jamais oublier que nous avons eu la le pire. Pas un machin noté sur 5 bla bla, non, le pire. Et faire ce que nous avons à faire.

ART MONICA SURLE BILLET DE ARMEL LE BAIL

et mon commentaire á ce dernier, en écho á vos propos, sur ce je vais m'occuper de mon jardin pas encore radioactif, lui. Et en raclant, je penserai aux japonais, pour entretenir ma rage contre les mauvaises herbes. Et prier pour eux, aussi. Si seulement je croyais en Dieu, bref, je ne prierai pas, mais je penserai á eux !

 

 

Le problème n'est pas réglé...

A la centrale de Fukushima, les autorités font face à un
dilemme: pour rétablir l'électricité et remettre en route les systèmes
de refroidissement, il faut interrompre l'arrosage des réacteurs 3 et 4, qui posent le plus de problèmes, au risque de voir leur température augmenter.

La pression à l'intérieur de l'enceinte de confinement du réacteur 3 augmente, et l'opérateur devra probablement ouvrir des valves pour relâcher la pression. Cela signifie que des substances radioactives vont s'échapper à l'extérieur.

De ce fait, Tepco ne sera peut-être pas en mesure de rétablir
l'alimentation électrique de la centrale dimanche, après avoir déjà
échoué samedi.

L'électricité n'a pas encore été rétablie car il faut faire plusieurs vérifications
des zones baignant dans l'eau de mer, sans provoquer de court-circuit. Or le rétablissement de l'électricité est essentiel pour relancer les
pompes qui fournissent de l'eau au système de refroidissement des
réacteurs.

20/03/2011 10:59Par Art Monica

Nouveau

Merci Art Monica, oui la situation est en ce moment cruciale, surement pour cette raison mon amie japonaise dit que plus personne n'a de nouvelles en ce moment depuis la reclassification de l'accident au japon !

Attendre, attendre, attendre encore. Cela nous rappelle Tchernobyl et ces mauvais moments á nous demander ce qui se passait, á la différence des images. Mon amie Chisako m'a dit que des américains avaient pris des images que Tepco a refusé de voir publiées, moi je me souviens très bien des images de Tchernobyl, de ces silhouettes humaines marchant sur le haut de la centrale pour eteindre quasi á mains nues le feu.... immortalisant de ce fait leur condamnation á mort. Personne n'immortalise celle des techniciens japonais en ce moment, et pourtant...

20/03/2011 11:04Par Christel

Je comprends que lorsqu'on aime on relativise un peu la réalité. Je suis passé un soir de lune à Kamakura. Sur la plage, les pécheurs ravodaient leurs filets. La foule des touristes avait fondue. Je suis entré dans un magasin de bric à brac. J'y ai acheté pour une misère un couteau de cuisine au manche de bois et dont la lame est percée de trous. A présent dès que je m'en sers remontent en moins les notes subtiles du pays du matin calme. J'ai un cousin qui habite Tokyo, il est parti pour Hong Kong. Chacun son chemin. Bon courage !

Je comprends que lorsqu'on aime on relativise un peu la réalité. Je suis passé un soir de lune à Kamakura. Sur la plage, les pécheurs ravodaient leurs filets. La foule des touristes avait fondue. Je suis entré dans un magasin de bric à brac. J'y ai acheté pour une misère un couteau de cuisine au manche de bois et dont la lame est percée de trous. A présent dès que je m'en sers remontent en moins les notes subtiles du pays du matin calme. J'ai un cousin qui habite Tokyo, il est parti pour Hongkong. Chacun son chemin. Bon courage !

Oui effectivement, cette personne n'a pas l'air finalement de mentir, elle est certainement sincère, elle a pensé bon d'aller voir le grand Bouddha à Kamakura tandis que la plus grande catastrophe nucléaire jamais connue était sans doute en train de se produire.

La banalité du mal.

J'imagine très bien le nombre de personnes qui sont allées se promener en ce week-end ensoleillé, peut être emmenant leurs enfants avec eux, quasiment dévétis.

Mais j'imagine très bien aussi qu'ils aient pu être irradiés irrémédiablement. Et que leurs parents pourraient s'en vouloir toute leur vie d'avoir voulu faire quelque chose de positif en cette belle après-midi de printemps.

La banalité du mal.

Moi j'ai pensé bon de m'éloigner de Tokyo, je pense aussi bon de jeter mes habils potentiellement irradiés et je pense aussi bon d'écrire sur mon blog mediapart pour alerter la population qu'il n'est pas bon d'aller voir le grand Bouddha à Kamakura en cette belle après-midi de printemps.

La banalité du mal?

Le déni de réalité n'a jamais sauvé personne: en ukraine et russie ce sont 9 millions de personnes qiui sont victimes des conséquences de la catastrophe de tchernobyl, au jour d'aujourd'hui des enfants de 12-14 se retrouvent encore avec des cancers de la thyroïde à 250km de là, alors que vous l'aurez deviné ils n'étaient pas nés au moment de la catastrophe. Le refus de s'informer ne protège pas, l'obscurantisme institutionnel non plus. Mais si peu à peu vous avez de plus en plus envie de rester au lit, de ne rien faire, ce n'est pas de la sérénité bouddhiste, consultez, vous êtes irradié.

Merci beaucoup pour cet article M. Ries, le lien à l'article original est là :

http://www.washingtonpost.com/opinions/why-im-not-fleeing-japan/2011/03/16/ABQsdhk_story.html

vous pouve peut-être le mettre dans votre paragraphe final, que beaucoup ne semblent pas avoir lu, puisqu'ils s'adressent à vous comme si vous en étiez l'auteur,

certains commentaires parlent de déni de réalité, vu du confort de la leur, alors que le journaliste américain parle simplement de son choix de rester dans le pays du Soleil Levant (et de sa femme), de ne pas se désolidariser des Japonais qui sont là et qui restent parce que c'est chez eux, qui restent avec les dangers, malgré les dangers ...en espérant que ces dangers sont moins grands qu'on ne le dit.

Je l'espère aussi pour eux, difficilement de faire la part des choses.

 

Le Nucléaire ne fait pas que contaminer les corps

 

Le Nucléaire ne fait pas que contaminé les corps, il contamine aussi les esprits et cette contamination, elle aussi invisible, se répand

En réponse à Mr Aries, Journaliste, concernant précisément l'allusion aux enfants de Tchernobyl:

extrait

"J'ai lu par exemple qu'après le désastre de Chernobyl, la plupart des décès ont frappé des enfants vivant dans la région qui avait bu du lait venant de vaches ayant ingurgité de l'herbe contaminé, une erreur que les Japonais ne vont pas répéter."

 

Ci après un lien décontaminé de cette véritable désinformation, cette propagande constante autours des problématiques liées à l'arme et l'énergie atomique et ses conséquences dont je croyais Mediapart à l'abri.

http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php?id=notre_association.

 

Comment pouvez vous affirmer que les Japonais ne referont pas la même erreur pour sauver leur enfants alors que même ils sont déja condamnés par la radioactivité massivement libérer à Fukushima et sa région ?

Oui Mr Aries, 25 ans aprés la catastrophe, Tchernobyl continu de tuer, de faire mourir lentement et à petit feu ,d'intoxiquer,de faire souffrir par dizaines et par centaines des enfants, mais des mères, des pères... et par là même notre Humanité.

Arrétez de nous des-humaniser

Philippe

 

 

Mon nom, c'est Riès et l'auteur de l'article, c'est mon ami et confrère, ancien du Washington Post, Paul Blustein. Un peu d'attention ne vous ferez pas de mal. Quand à la désinformation, elle ne vient pas d'un seul côté.

 

Merci MM Blustein et Ries,

Francais vivant a Nagoya, je vous remercie pour ce texte qui exprime assez bien ce que je ressens depuis le djishin (tremblement de terre). J'ai naturellement choisi de rester aupres de mon equipe japonaise parce que je n'ai pas reussi a imaginer aucune autre alternative humainement acceptable a mes yeux. Stupidite de ma part sans doute.

Je vois reagir ici la population au quotidien, les gestes d'entraide pour ceux du nord, le calme maitrise (ils ont peur mais...), la resolution a lutter ensemble contre ce que le sort leur a impose il y a onze jours.

Je ne comprends pas (plus?) ce que je lis sur l'internet venant de France, ni la pression psychologique qui vient de la bas pour s'eloigner, vite, toujours plus, toujours plus loin.

C'est incroyable comment vivant sur place on peut etre aveugle (moi je dis serein, mais c'est la stupidite dont je parais plus haut qui reprend le dessus) face a ce peril majeur qui dit-on nous engloutit tous ici et que ceux de Paris voient eux si clairement...

Sayonara.

 

 

@Philippe Dalle

J'ai choisi de publier le billet de mon ami Paul (il a également été reproduit par le quotidien de référence portugais Publico et peut-être ailleurs) pour ne pas avoir à réagir moi-même au déluge d'insanités que la militance antinucléaire unanimiste a déversé dans le Club de Médiapart (je ne lis plus le reste de la presse française depuis des lustres) dans les heures suivant la catastrophe. La sous-information venant du Japon officiel (j'y reviendrai le moment venu) ne justifie en rien la désinformation venant du lobby antinucléaire (qui vaut celle du lobby pro-nucléaire d'ailleurs).Tout cela est dérisoire. Et je réfléchis maintenant au moyen de me rendre au Japon le plus vite possible, dans un geste d'empathie élémentaire avec ce pays où nous avons tant d'amis, dont je sais qu'ils sont extrêmement sensibles à la solidarité dont font preuve les étrangers qui y restent, comme vous, et aux messages qui leur parviennent du monde entier. Gambate kudasai.

 

Que la question du nucléaire soit complexe (d'ailleurs il faut plutôt parler DES nucléaires), soit. De là à qualifier de "lobby", comparable à l'autre, les militants anti-nucléaires, tout de même ! En France, le "lobby nucléaire" dispose des moyens de l'Etat pour faire sa propagande. Vous qui êtes si prompt à dénoncer les distorsions introduit par l'Etat quand il intervient, comment pouvez prétendre qu'il n'a pas plus poids que les acteurs individuels dans le domaine ? La propagande aussi est un marché.

Mais je mets votre emportement sur le compte de l'émotion: je connais moi aussi (un peu) ce pays, il est très beau et l'esprit de solidarité y est autrement plus développé que dans notre Europe qui se vautre toujours plus dans l'égoïsme et l'irresponsabilité. J'ai de la peine pour lui.

Chère parenthèse,

En termes d'impact médiatique, il me semble que le loby antinucléaire a une force de frappe (c'est le cas de le dire) bien supérieure à celle du loby pro-nucléaire. Ce qu'il n'a pas, jusqu'ici, c'est une légitimité démocratique tirée du suffrage universel.

Par ailleurs, le libéral que je suis défend, par principe, la concurrence entre les différentes énergies (y compris le nucléaire) et surtout la déconcentration de la production d'énergie au détriment des monopoles et oligopoles publics ou privés (les comportements sont les mêmes). Microgénération, piles à combustibles, solaire, éolien individuel, biomasse, et tout le tintouin. Et même le retour à la traction hypomobile et la réintroduction du Percheron (Boulonais, Breton, etc.) dans les campagnes. Et je ne plaisante pas.

Chère parenthèse,

En termes d'impact médiatique, il me semble que le loby antinucléaire a une force de frappe (c'est le cas de le dire) bien supérieure à celle du loby pro-nucléaire. Ce qu'il n'a pas, jusqu'ici, c'est une légitimité démocratique tirée du suffrage universel.

Par ailleurs, le libéral que je suis défend, par principe, la concurrence entre les différentes énergies (y compris le nucléaire) et surtout la déconcentration de la production d'énergie au détriment des monopoles et oligopoles publics ou privés (les comportements sont les mêmes). Microgénération, piles à combustibles, solaire, éolien individuel, biomasse, et tout le tintouin. Et même le retour à la traction hippomobile et la réintroduction du Percheron (Boulonais, Breton, etc.) dans les campagnes. Et je ne plaisante pas.

Le jour du passage du nuage de Tchernobyl dans les Vosges, une personnalité officielle de l'Etat français a prétendu que les salades plantées là pouvaient être consommées sans danger, alors que dans le pays limitrophe on a affirmé le contraire. Entre cette déclaration et celle de quelques militants dont le seul tort, peut-être, est d'appeler trop vivement au principe de précaution, lequel a l'"impact médiatique" le plus fort et le plus grave ?

Excusez-moi mais ici vous êtes dans le déni de réalité, parce que vous considérez que la démocratie se résume au bulletin de vote. Dans les pays où les élections sont notoirement truquées, j'espère que vous m'accorderez que la rue reste le seul espace démocratique. Sans même aller jusqu'à ces cas extrêmes, admettez que des élections reflétant à la perfection les inspirations des électeurs sont un idéal jamais atteint, et donc que l'expression par la rue fait partie de la vie démocratique afin de pallier cette imperfection. C'est particulièrement vrai dans notre pays aujourd'hui, où les élections sont faussées par une presse presque entièrement aux ordres du pouvoir, celle-là même qui vous a incité à créer Médiapart.

 

Par ailleurs, me souvenant de nos échanges familiaux-équestres, je ne doute pas de votre sérieux quant à la traction chevaline, point de vue que je partage entièrement (mais pas ici votre surprenante orthographe, qui semble suggérer une lenteur mal venue).

Non, la lenteur est bienvenue, mais pas la faute d'orthographe.

Il ne faut certes pas s'enfoncer dans le déni de la réalité de la catastrophe de Fukushima : c'est une catastrophe majeure.

Mais bien qu'elle concerne plusieurs réacteurs, elle n'a rien à voir avec la gravité de celle de Tchernobyl, et l'attitude des médias français et de l'opinion publique française est totalement irrationnelle et exagérée.

Le nucléaire fait peur, mais entendre à la télé David Pujadas demander à l'expert de l'IRSN s'il faut distribuer des pillules d'iodes aux Français est ridicule et dangereusement anxiogène :

Le gouvernement japonais a diffusé hier un communiqué rappelant aux autorités locales de Fukushima que les pillules d'iodes qui ont été distribuées aux évacués autour de la centrale ne devaient être utilisées que sur prescription médicale individuelle au cas par cas, et en aucun cas par tous les évacués de la zone des 20 km, car pour la très grande majorité d'entre eux la prise d'iode est injustifiée.

C'est dire si à plus de 10000 km la prise diode est parfaitement inutile, compte tenu de la dilution du panache, dont la concentration et le débit sont faibles à la source, contrairement à Tchernobyl dont le coeur (sans enceinte de confinement) avait brutalement explosé.

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