Travailler plus en gagnant moins
Heures supplémentaires des enseignants : Travailler plus pour gagner encore moins
Nicolas Sarkozy a affirmé que les heures supplémentaires devaient être mieux payées et le portail du gouvernement [: www.premier-ministre.gouv.fr] continue à prétendre que toute heure supplémentaire sera payée 25 % de plus qu’une heure normale y compris les agents des trois fonctions publiques à partir du 1er janvier 2008.
Cela est totalement faux pour les enseignants et chacun peut le vérifier. En réalité, l’heure supplémentaire année (HSA) d’un enseignant est calculée de la façon suivante :
- Une heure normale moyenne est choisie comme référence en faisant la moyenne entre le 1er et le 11em échelon, ceci aboutit déjà à prendre une heure de début de carrière (environ 10 ans d’ancienneté) inférieure à la rémunération de la majorité des enseignants.
- A cette heure normale est appliqué un coefficient de 9/13 soit 69,2%, donc non pas 25% en plus mais 30,8% en moins !! ( certes la première heure supplémentaire n’est rétribuée que 17% en moins que l’heure normale)
- L’enseignant perd pour ces heures supplémentaires, les différentes indemnités (ISOE, résidence, supplément familial) et ne bénéficiera pas de la contribution de son employeur à sa protection sociale (pension civile, maladie, accident du travail).
Au total, si on prend l’exemple d’un certifié 9em échelon (un « prof moyen »), 1 HSA lui est payée 57% d’une heure normale et ne coûte que 36% d’une heure normale à son employeur
A ce tarif, on comprend facilement que le ministre veuille remplacer les heures postes par des heures supplémentaires.


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Cette démonstration ne me semble pas avoir été présentée dans la presse. A première vue elle semble pourtant convaincante. Les syndicats enseignants l'ont-ils utilisée ou tenté de le faire ?
Oui: au moins l'Unsa (syndicat des enseignants), la FSU (Snes et Snep). Je crois aussi la CGT.
L'arnaque ne vient-elle pas du fait que, en réalité, ce qu'a mis en place le gouvernement, c'est que une HSA sera dorénavant payée 25% de plus qu'une HSA à l'ancien taux (calcul 2005) ? Et non 25 % de plus qu'une heure normale... Et que ça ne dérange pas le gouvernement de laisser circuler une information inexacte...
Avec ce président et son gouvernement, l'inexactitude et l'approximation semble érigée en mode de communication. Ainsi, il ne peut pas être fait le reproche de mentir. Ce qui semble se passer ici, avec le montant des heures supplémentaires des professeurs de l'enseignement secondaire, l'est aussi avec les professeurs de écoles, qui eux, ne comptabilisent pas leurs heures de réunion et autres actions en dehors de la présence des élèves. C'est aussi le cas avec la fameuse prime d'installation présentée comme nouvelle, et qui existe déjà au titre de l'installation dans la fonction publique, en Ile de France et dans la région de Lille. La relecture du programme du Candidat Nicolas Sarkosy, à la lumière de ce qui s'est passé depuis son élection, et assez édifiante sur ce mode de communication. On pourrait citer, par exemple, sa volonté exprimée de s'appuyer sur le dialogue social (ici ou là ). Mais ce n'est pas le seul point, et cela pourrait être ludique que de les recenser tous.
Si c'est le cas pourquoi les enseignants acceptent de faire des HS et pourquoi leurs syndicats sont si peu audibles en cette rentrée. Mais défendez vous merde!!!!!
Les enseignants sont tributaires d'une hiérarchie très proche et très persuasive: leur chef d'établissement. D'eux dépendent leur emploi du temps, leur avancement. Un exemple: un enseignant qui accepte des heures supplémentaires aura un emploi du temps resserré, c'est plus simple pour celui qui prépare les emplois du temps. Celui ou celle qui refuse les heures supplémentaires bouche les trous. J'ai vu des emplois du temps avec 4 heures supplémentaires sur trois jours et demi ou quatre jours, des emplois du temps sans heures supplémentaires sur cinq jours. J'ajoute qu'à cause de ces heures supplémentaires, de plus en plus de postes sont supprimés, mais aussi que des enseignants de plus en plus nombreux travaillent sur 2 ou 3 établissements, parfois très éloignés. Les chefs d'établissement ont eu souvent beaucoup de mal à faire leurs emplois du temps (et donc aussi les autres). Je rappelle que les heures face aux élèves ne constitue qu'une partie du travail d'un enseignant. Enfin la décote joue à plein: arrivé à l'âge de la retraite, un enseignant, s'il veut vivre dignement, a tout intérêt à obtenir la "hors-classe", un échelon qui augmente son salaire mais surtout par ricochet, sa retraite. Pour l'obtenir: être bien avec son chef d'établissement...
parce que les enseignants ne sont pas forcément des gens très informés!! loin s'en faut....mais plutôt des moutons de panurge , faciles à gruger ! La désobéissance ne fait pas partie de leur vocabulaire malheureusement et je pense qu' on les formate de mieux en mieux c'est désolant et le plus triste c'est que leurs syndicats courbent le dos de la même façon!! Que défendent-ils, eux?? leurs places!......
... ou leur décharge syndicale, la planque pour la plupart de ces ex-staliniens ! Mais n'oubliez pas les prochaines élections professionnelles qui se profilent en cette fin de trimestre, l'occasion de remettre quelques pendules à l'heure ! La culture professionnelle enseignante est très individualiste et les enseignants sont souvent d'anciens élèves dociles ayant moyennement réussi leurs études. Ils ont bien du mal à évoluer vers une culture plus démocratique au sein de leurs établissements, en intégrant le fait que l'instance décisionnelle y est le conseil d'administration et non pas le chef d'établissement qui joue souvent au petit chef dans la bonne vieille tradition française entretenue par notre petit chef, NS, chanoine de Latran et commandant en chef de nos forces armées, qui suppriment allègrement des dizaines de milliers d'enseignants et deux heures d'enseignement à tous les écoliers de France, pour mieux jouer au va-t-en-guerre en Afghanistan afin d'exterminer les talibans (étudiants, en religion musulmane, fanatisés dans les madrasas pakistanaises aux frais, entre autres, de l'oligarchie saoudienne, entraînés par les services secrets occidentaux et envoyés à la boucherie pour déloger l'URSS d'Asie centrale dans les années quatre-vingts), sans même évaluer les "dommages collatéraux" ! Quelles belles leçons de morale en perspective pour nos "chères têtes blondes" en ce début de rentrée scolaire ! "Le poisson pourrit toujours par la tête". PS : combien nous a coûté et nous coûte notre aventure coloniale en Afghanistan depuis bientôt 7 ans, pour évaluer les sacrifices que devra consentir l'Education nationale, notamment ? En euros et en déni démocratique et éthique.
Djamo, l'excès n'est peut être pas de l'ordre de l'argumentation (vos premières lignes) ! Ce n'est peut être pas "les enseignants" qui ont du mal ... (ils sont comme chacun, qui +, qui - ardents défenseurs de la démocratie de fonctionnement), il s'agit plutôt du fonctionnement de toute INSTITUTION qui génère des conservatismes - vous le trouverez dans tout groupe constitué, où peu à peu il ne s'agit plus que de faire perdurer ce qui existe, les places de chacun, les micro-pouvoirs, les avantages acquis, ... - C'est un fait institutionnel, un "comportement" en institution, et non une spécificité des "enseignants". Cela pose le problème des lieux de "contre-pouvoir", des alternatives, au sein des institutions : quasi-impossible. Marielle Billy
"... ou leur décharge syndicale, la planque pour la plupart de ces ex-staliniens !" J'apprécie à titre personnel ce commentaire: j'ai obtenu il y a quelques années une décharge syndicale: 2 heures de cours de décharge pour une à deux journées de travail par semaine pour mon syndicat. J'ai tenu quatre ans: résultat, ulcère à l'estomac et hypertension. J'ajoute que de nombreux élus, tous syndicats confondus, défendent leurs collègues (mutations, avancement...), pour... rien. Si! On leur rembourse maigrement leurs frais de déplacement. Les syndicats n'ont pas fini de payer l'échec des grandes grèves de 2003, au sujet des retraites. Certes, on peut leur reprocher d'avoir été divisés (CFDT...) mais il me semble, qu'à part les intermittents du spectacle , le mouvement n'a guère été suivi.
Le slogan travailler plus pour gagner plus- revaloriser le travail n'est qu'une imposture. Dans notre Société de Marché à ne pas confondre avec l'économie de marché dont on nous parle à tout bout de champ mais qui n'existe plus, la seule valeur qui compte, ce n'est pas le Travail, mais le Profit. À la création de richesse, production de biens et de services, la société de marchés lui a substitué la création de valeurs. Le seul critère qui compte, c'est la capitalisation boursière. La dérèglementation des produits financiers a abouti à la crise des subprimes aux États unis, une escroquerie de 1000 milliards de $. C'est aussi la redistribution du PBI des salaires au bénéfice des profits 10% du PIB par an, soit 160 milliards d'€. C'est la baisse régulière du pouvoir d'achat du SMIC, des salaires et du Rmi. C'est la substitution des minimas sociaux 480 € par mois, au 1000 € du SMIC avec le développement des temps partiels subis et la précarité à l'origine des traailleurs pauvres à qui on promet un RSA pour les maintenir dans la misère.Les heures sup. du TPEA voté en 2007, 6 milliards d'€ a pour contrepartie une exonération fiscale et de cotisations sociales. L'augmentation apparente du salaire direct est en fait une baisse du salaire brut. Ces heures sup. ne sont pas prises en compte pour le montant de la retraite.les retraites calculé sur les 25 meilleures années, au lieu des 10 meilleures années entraîne une baisse mathématique des retraites, idem avec l'allongement de 60 à 61, 62 ans... pour prendre sa retraite, ideù avec une durée d'activité passée de 37ans et demi, à 40, 41,42 ans... pour obtenir une retraite à temps plein où alors c'est une pénalisation et une baisse des retraites. Idem, pour le enseignants, les heures sup, ont uniquement pour but de diminuer le nombre d'enseignants. mais la baisse continuelle du pouvoir d'achat, consécutive à une augmentation de l'indice des salaires de salaires pour une inflation de 4 à 8 % contraint à accepter des heures supplémentaires pas pour gagner plus, mais pour maintenir un pouvoir d'achat ayant pour origine le refus d'augmenter les salaires. Pour ce gouvernement, l'objectif est la baisse du coût salarial. L'acceptation de faire des heures supplémentaires ne peut que pousser le gouvernement à baisser les salaires pour obliger à travailler plus pour maintenir son pouvoir d'achat. C'est donc bien,travailler plus pour gagner moins, qui est la véritable doctrine de la société de marchés mise en oeuvre par sarkozy.