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May

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«Elle était suivie médicalement, fragile»

Message des enseignants du Lycée Jean Moulin de Béziers: «Notre collègue du lycée Jean-Moulins à Béziers qui s'est immolée est décédée. Nous sommes tous bouleversés voire traumatisés. Nous sommes en AG depuis 2 jours et avons refusé d'accueillir les élèves en classe, et décidé une grève illimitée jusqu'à ce que les responsabilités soient établies».


Voici notre programme :
Lundi 17, matin 8h AG, après-midi marche blanche silencieuse avec un bandeau noir à Béziers
Mardi matin AG, 14H départ pour une manifestation académique au rectorat de Montpellier
Mercredi 19 : obsèques ?
Jeudi 10hdébrayage, commémoration de ce drame dans tous les établissements de France.

Nous souhaitons une mobilisation générale pour que la souffrance au travail cesse et que de tels drames ne se renouvellent plus.

PS : Lise à dit en s'enflammant : "je le fais pour Vous"
Luc Chatel a menti, elle n'était pas suivie médicalement, ni fragile, mais consciencieuse, compétente, aimant son travail et courageuse.
Nous comptons sur Vous tous.
Merci de diffuser ce mail à toutes vos connaissances afin d'alerter l'opinion, pour que l'éducation nationale ne devienne pas France-telecom...
Merci
F P.....Lycée Jean-Moulin- Béziers

 

C'est toujours tellement facile lorsqu'une personne prend une décision extrême de la dire malade, fragile.....C'est oublier que cette enseignante a attendu la récréation, qu'elle s'est aspergée d'essence "DEBOUT", qu'elle a dit aux élèves "Je le fais pour vous" et qu'elle a allumé son allumette.

C'est un acte inoui, d'un courage et d'un désespoir insensé, fort. Elle ne pouvait pas ne pas savoir les souffrances qu'elle allait endurer.

Personne ne parle du "non-soutien" de la direction ou du proviseur de cet établissement. Les media reprennent sans fin la même litanie du Minsitre...

 

Un fait demeure: Elle s'est tuée sur son lieu de travail, avec une méthode pour le moins inhabituelle et traumatisante. Le ministre pourra dire ce qu'il veut, les enseignants de son établissement ne semblent pas du tout penser comme lui. Je peux d'ailleurs dénoncer des établissements où les chefs d'établissements, proviseurs et principaux utilisent des méthodes perverses et managériales de harcèlement: Collège public de Prades, collège privé de Sommières ou celui de Bagnols sur Cèze avec M Baudier, qui a été muté de manière rapide en juin 2011 dans un autre établissement catholique et manifestement bien d'autres.

Tous les commentaires

L'enseignement va mal très mal

l'éducation nationale va mal très mal

les enseignants vont mal très mal

le pays ne croit plus dans sa jeunesse

certains se désespèrent

respectons au moins ce désespoir

Non tout le monde est responsable

le problème est devenu si grave

la France refuse de s'adapter au monde moderne

la France refuse de voir l'avenir de sa jeunesse

le monde éducatif est dans la m. générale, elle n'est pas plus pas moins responsable que le reste de la société

christian paultre

la france la france qui refuse, encore et toujours : c'est une propagande sarkoziste.

Je ne suis pas d'accord. Cette année, au lieu de 4 heures de Maths en 1°S, je n'ai plus que 3 heures et 0,5 heure pour l'aide personnalisée....J'estime être une personne ouverte, aimant mon travail, faisant mon possible malgrè l'évolution défavorable où TOUTES les décisions sont prises par une minorité, sans tenir compte des élèves ou des enseignants. Je m'intéresse à l'avenir de la jeunesse, de par mon travail, de par mes enfants, mais l'environnement délétère créé par les politiques à tous les niveaux, je le SUBIS, je n'en suis pas acteur. C'est quoi le monde moderne? Un monde où le respect de l'homme n'existe plus, où seul compte le rendement, "rentrer du fric", améliorer la rentabilité? Non, je ne me sens pas responsable, et j'irai même plus loin. Je lutte contre ceux qui veulent tout bouleverser, qui ne respectent plus les hommes et le femmes, qui ne pensent qu'en termes comptables.

j'ai été dans une autre vie un chef d'établissement dans un collège sensible les soucis étaient tellement quotidiens, répétés, épuisants que les enseignants sûrement fatigués, usés ont fini par adopter un comportement ignoble envers moi: dénonciation à diverses instances ,lettre anomyme...

en retraite aujourd'hui cette situation m'a brisé et me fait toujours souffrir.

Personne n'est parfait : ni les professeurs ni les chefs d'établissement mais le savent- ils?

Cela ne me surprend pas. C'est le système paranoiaque...dans l'autre sens, on doit pouvoir en trouver autant( enfin, moi je peux en trouver autant que vous le voulez). Les vrais chefs, eux, s'en foutent. ce qu'ils veulent, c'est que les gamins ne soient pas dans les villes à tout casser. Je ne pense pas que ce soit facile d'être chef d'établissement, mais, objectivement, un CE est une courroie de transmission du rectorat et se doit d'appliquer sa politique. Je suppose qu'en cas de problème dans l'établissement, c'est le CE qui prendra en première instance par le rectorat....

Le pire c'est ce mensonge sourire aux lèvres et mine bienveillante - qui veut faire croire qu'au fond au gouvernement on les aime bien les professeurs et qu'on soigne même ces 'fragiles' femmes.

L'action décrite ici pour riposter à l'attitude immonde du ministre est à encourager et j'espère qu'elle sera effective.

Abstraction faite de la réduction aveugle des crédits, la bassesse de Luc Chatel et de l'essentiel de la hiérarchie de l'éducation nationale envers ses agents est une des principales causes de l'effondrement de l'école, et en perspective, de toute la république, pour le plus grand profit de l'oligarchie... tout en faisant le lit du FN.

Et, en parallèle logique, le métier attire moins les jeunes.

 

Extrait de Marianne (Anne Topaloff)

________

 

Laura a trouvé le job ses rêves » vantait, avant l’été, une publicité concoctée par le ministère de l’Education Nationale pour encourager les étudiants à embrasser la carrière d’enseignant. Un plan com’ à 1,3 millions d’euros…qui fait flop. Le concours de professeurs des écoles n’a ainsi enregistré que 571 candidatures de plus que l’année dernière. En 2010, on recensait 18 163 postulants pour 3000 postes disponibles. Cette année, alors que le nombre de postes à pourvoir est passé à 5000, seuls 18 734 étudiants ont tenté leur chance. Résultat : un candidat a une chance sur quatre de décrocher le pompon. Ce qui fait de ce concours l’un des plus faciles à obtenir de toute la fonction publique ! Vous avez dit dévalorisation ?

Au niveau du secondaire, l’hémorragie est même plus spectaculaire : 21 000 candidats ont présenté le Capes cette année…contre 35 000 l’an dernier. Au point que dans certaines matières, on dénombrait autant d’aspirants que de postes disponibles ! Un taux de réussite à 100% : une belle contribution à la dévaluation de la profession…

Pour enrayer le phénomène, le ministère de l’Education Nationale entend-t-il renforcer l’attractivité du métier en augmentant les salaires ou en améliorant la formation des enseignants? Pour l’instant, rien dans ce sens ne filtre de la rue de Grenelle. Logique, cette crise des vocations est une aubaine pour tous ceux qui, au ministère, s’enthousiasment pour la généralisation des nouvelles technologies à l’école. Un moyen moderne et branché de se débarrasser de cette masse salariale coûteuse que représente le corps enseignant ! Armé d’un ordinateur et d’une connexion internet, l’élève peut dès à présent « créer lui-même le contenu de ses cours », voire « s’autoévaluer grâce à des QCM informatisés » affirment - sans rire - les brochures du ministère. Et le ministre, Luc Chatel, n’est pas le dernier à vanter les mérites du multimédia à l’école. N’est-ce pas lui qui, l’année dernière, préconisait le recours « à internet et aux professeurs à distance » pour l’enseignement de l’Anglais en maternelle ? Si un seul prof peut faire cours à plusieurs classes en même temps, qu’importe la baisse des inscription aux concours d’enseignants : bientôt, on aura l’école…sans profs !

Ça fait longtemps que les pontes du Ministère s'auto-évaluent dans la satisfaction générale d'eux-mêmes et du gouvernement. Normal donc qu'ils prônent l'auto-évaluation des élèves.

Enseigner ce n'est plus le job de leurs rêves, c'est le cauchemar de leurs réalités.

Merci de nous apporter ces éléments d'informations.

Je viens de commencer ce métier ...et je ne suis pas une "petite jeune". Je fais partie des "stagiaires" an II de la suppression des Iufm. Un service complet de 18h + la formation en supplément, ça peut aller jusqu'à 18h par mois, soit une semaine de plus de travail. Quand on se retrouve dans ces formations, on compare nos situations : rarement brillantes et jamais sereines ! Une pression incroyable pèse sur nous.

Le suicide de Lise me bouleverse profondément, ce qui me choque aussi c'est qu'on en parle si peu ! ou alors à mots couverts ...Peur de dire que ça pourrait arriver à d'autres. Quelle dose de souffrances et de désespérance il lui a fallu ?

France, où va ton école ?

 

Ellemra

Vous venez de commencer ce métier, et à votre question - où va l école ? - je dirais que ce sont des personnes comme vous qui la feront aller là où elle doit aller et non là où le gouvernement actuel veut la diriger. Courage, beaucoup vous soutiennent...

Je trouve également déplorable qu'une certaine presse se laisse aller à balancer des informations non vérifiées et d'une extrême gravité. Colporter, par exemple , que la prof en question avait des différends avec certains élèves comme unique raison de son geste désepéré est tout simplement intolérable.

J'imagine facilement l'écrasant sentiment de culpabilité que doit ressentir un élève ayant eu récemment un problème même bénin avec la prof.

Cette manoeuvre additionnée à la révélation de sa soi-disant fragilité donne la mesure exacte du délitement moral d'un pouvoir cherchant à se dédouaner à tout prix, avec l'aide d'une presse aux ordres. Ecoeurant !

Oui, Hélène. Je me souviens parfaitement de ce billet. Il apporte des éléments de réponse qui rendent les gesticulations de la hiérarchie et du pouvoir encore plus indécentes.

Intéressante analyse que je ne partage pas tout à fait..Attribuer ce suicide spectaculaire uniquement au mal être de cette enseignante est aussi injuste que de l'attribuer uniquement aux conditions de travail.La vérité doit être entre les deux.Par ailleurs le suicide le plus radical reste la pendaison mais je ne vois pas ce que cela apporte.

Je pense avant tout à la famille,aux témoins de la scène...qui eux n'ont pas fini d'y penser et n'ont pas de réponse " clef en main ".

Toutes mes condoléances à la famille,les amis,les collègues,les élèves...

Que savez-vous de cette personne en particulier ?

 

Les conditions de travail peuvent à un certain moment remplir toute la vie de toute personne pourtant équilibrée, et provoquer une réaction jugée déséquilibrée et au moins en partie 'personnelle', comme vous semblez le croire.

 

Personne n'est à l'abri de moments difficiles et très difficiles, où tout peut basculer - et la plus fréquente réaction en face d'un suicide est l'incrédulité et l'incompréhension devant le geste d'une personne qu'on n'aurait jamais imaginée 'en arriver là'.

 

Très souvent le suicide ,ici ,du professeur ,surprend parce que chez quelqu'un qui "craque" alors qu'il a montré jusqu'alors une solidité réelle et pas seulement apparente:réelle car éprouvée au travers de difficultés courantes mais également particulières.

Un jour la goutte d'eau ,une humiliation de plus ,inattendue surtout ,donc de trop ;ou une injustice de plus!comme un jugement méprisant et stupide émanent d'une personne totalement incompétente pour cela !

l'habitude ainsi signalée d'écraser le prétendu représentant de l'autorité "que serait le prof ,dit-on!ce "travailleur intellectuel "qui ne fait rien de ses dix doigts _hum_"ce clown qu'on nous envoie"_"ce clown ,chers élèves ,c'est votre professeur:!"

Ce "clown" 'je suis à l'aise pour citer cette réflexion car elle me fut adressée mais à une époque où encore ,tout de même ,la fonction n'était pas déconsidérée comme elle l'a été à partir de 1995 ,essentiellement!A la fin de l'année ces mêmes élèves me dirent ,dans cette classe ,leur satisfaction!

Autre réflexion d'un hiérarque adressée à mon humble petitesse:

"Comment pouvez vous accepter qu'il y ait tant de femmes dans l'enseignement?

A cause de ça ,les salaires sont dévalorisés ;comme dans la magistrature d'ailleurs"années 90!

Ces paroles sont celles du hiérarque en question ,publiques et très politisées !C'était une attaque contre une réaction morale de ma part et ma réponse de délégué du personnel enseignant au CA de l'établissement a persisté dans le sens de la morale publique!

Il y a bien deux formes de souffrance au travail ,celle qui tient à la nature du travail lui même et que le bon sens doit s'efforcer de réduire autant que possible ,et celle créée par des "agents" actifs en ce sens et dont l'effet destructeur correspond à des "instincts" humains inavouables prenant un canal institutionnel!

ne nous voilons pas la face:nous savons bien que l'"Homme" n'est pas naturellement bon.

Je pense que votre analyse est correcte, d'autant plus que l'enseignante a attendu 10 heures ( récréation), pour que les élèves soient présents, elle a fait cela debout, et a dit aux élèves "je le fais pour vous".

Quel enseignant n'aurait pas de problèmes un jour ou l'autre avec des parents? c'est impossible.

Quel adulte dit cela à des enfants et passe à l'acte ? Cela n'enlève rien à la misère des enseignants.

Il n'y a pas loin du " je le fais pour vous " au "je le fais CONTRE vous ".

J'ai la plus grande compassion pour cette enseignante .Si c'est un suicide protestataire,c'est raté parceque trop violent, trop douloureux pour un appel au secours.Si l'idée était de traumatiser à vie des gamins et les autres témoins,c'est réussi.

Leila Benhima, je suis d'accord avec vous. S'infliger une mort aussi horrible devant des témoins, c'est aussi leur en infliger l'horreur et l'inscrire à tout jamais dans leur mémoire.

 

Si bien qu'on peut se demander si a parole adressée aux élèves n'était pas aussi une forme de reproche: " Je l'ai fait à cause de vous".

 

Ces remarques ne mettent aucunement en cause tous les commentaires précédents, avec lesquels je suis d'accord. Elles visent simplement à rappeler que cet acte comporte une grande violence à l'égard de soi-même et aussi des autres.

Donc le jeune Tunisien qui s'est immolé l'a aussi fait contre ses concitoyens, enfants, hommes et femmes qui ont assisté à la scène ?

Non, car la situation n'est pas la même.

 

L'immolation dans la cour d'une école, juste après une parole adressée à des enfants qu'elle connaissait et qui la connaissaient, a une autre portée psychologique, me semble-t-il.

 

Comprenez que cela ne change rien aux déterminants sociaux de cet acte. C'est simplement une façon de souligner, je le répète, la violence subie par les enfants témoins.

Pour vous, la situation n'est pas la même.

Mais pour les deux personnes concernées ? On ne peut prétendre se mettre exactement à leur place, n'est-ce pas ? Autour du jeune Tunisien, il y a pu y avoir des enfants, et certainement des gens qui le connaissaient. Non, chacun a en commun d'avoir fait leur geste sur le lieu symbolique de leur douleur.

 

Je note aussi qu'il y a peu d'empathie (et cela ne vous est pas adressé bien sûr) pour les enfants qui subissent les horreurs des guerres civiles où nous applaudissons les printemps arabes.

 

A mon avis, les deux actes se rejoignent au-delà de différences que nous grossissons pour notre propre réconfort. C'est ça aussi la mondialisation.

Je suis d'accord avec vous.La désespérence d'un jeune homme qui ne peut rien attendre de la vie car né pauvre et horizons bouchés ne peut se superposer à celui d'une femme adulte qui pouvait envisager une autre issue,un autre travail.

Il est clair aussi qu'une personne dépressive a du mal à envisager un ailleurs,à se projeter en dehors de l'univers dans lequel elle vit.

Encore une fois cela ne remet pas en question la souffrance des enseignants.Chez un jeune musulman (un ado ) le feu a un coté " martyr " avec des précédents.

En France c'est un fait rarissime et malheureusement il faut être honnête pour dire que c'est le fait de personnes psychologiquement " fragiles ".

Il n'en reste pas moins qu'il y aurait du avoir des soutiens,un reclassement...A l'agressivité ambiante l'enseignante n 'a pu répondre qu'agressivement comme un animal blessé..

Arrétez de vouloir en faire un martyr,le costume est trop grand et ne reflète pas la souffrance profonde de cette femme,c'est nier ses tourments enkystés là depuis sans doute longtemps.

Paix à son âme !

Leila Benhima

Arrêtez de nous resservir la soupe du ministre, froide c'est encore pire ! Vos protestations de sympathie vont finir par apparaître quelque peu forcées...

 

Vous parlez d'une personne que vous ne connaissez pas du tout et portez des jugements de dame patronesse comme si vous étiez son psychiatre ou son confesseur. Occupez-vous donc de votre costume et remettez-le à votre taille.

Que d'agressivité.Faut il être aussi rustique que vous.Vous emettez des avis tranchés sans nuance parce qu'ils vous arrangent.Big Narcisse !

Nous l'humain c'est tous les jours et vous n'oubliez pas de vous lever de temps en temps pour éviter les escarres.Smileys

L'agressivité est bien la vôtre, et vous en donnez là un bel exemple.

Vous pouvez dire aux gens Arrêtez ceci ou cela, mais on ne pourrait vous le dire ?

Vous jugez une personne qui vous est inconnue, et vous décidez de son combat et des ses valeurs ?

Stop.....Merci.

De quels valeurs et quel combat ? Je ne l'évoque même pas ! En revanche Vous la voulez comme porte étendard !

Personne ne la veut en "porte étendard" et vous seule faites cette proposition.

Nous essayons de comprendre son geste sans la réduire à une personne fragilisée et inconsciente de ses actes. Elle a donné un message, que cela ne plaise au ministre ou non.

Au fait arréter de me lire pour me pourrir ensuite.Si vous zappez pas d'ulcère à l'estomac et tout le monde est contentSmileysC'est un peu récurrent?Pas un peu maso le p'tit gars ?

Ne vous inquiétez pas pour ma santé, car je vois que la colère vous guide, et ça c'est très mauvais pour la santé, la vôtre...

Je ne lis pas pour vous 'pourrir ' comme vous dites. J'ai trouvé votre jugement sur cette enseignante, que vous insistez à trouver 'fragile' sans même la connaître, plutôt suffisant et hautain, d'où cette expression de dame patronesse qui s'appliquait à votre jugement, non à vous.

Stop......Merci. Vous ne connaissez pas cette collègue. Vous ne pouvez savoir si elle s'est suicidée à cause de "problèmes personnels" ou pour d'autres raison. San vouloir revenir sur le fond, elle a commis son acte sur son lieu de travail. Elle n'a pas agressé les élèves, elle a dit " je fais cela pour vous". C'est un acte terrible mais rien ne permet de dire que c'est liè à une fragilité...En tout cas, ce n'est pas ce que disent nos collègues de l'établissement. Je pense que ce suicide debout a un sens symbolique trés fort qui ne peut se résumer à " elle avait des problèmes".

Elle a dit " Je le fais pour vous". Cela me parait clair.

à Art Monica

non ,vous êtes dans l'erreur

La violence des autres est intériorisée et retournée contre soi,avec éventuellement son propre désir violent de revanche càd de destruction!

je regrette d'être catégorique:l'explication en question m'a été donnée parun BON psychiatre hospitalier ('chu) au sujet d'une tentative de suicde d'un proche!

Voici plus de trente ans !

je ne crois pas que cela puisse avoir changé!

Vous n'imaginez pas à quel point les neuro-sciences ont changé depuis 30 ans à commencer par l'école de Palo Alto...

cordialement

à Leila

Vous réagissez encore SANS SAVOIR!

il se trouve que pendant dix ans de bénévolat ,en plus de ma propre vie personnelle et professionnelle ,j'ai travaillé sur ces situations au sein d'une association reliée à un CCAS important et avec la documentaliste/psychologue en poste ,avec également un prof de philosophie devenu directeur d'un centre de rééducation ,avec des formateurs dont de rased et pour répondre à leurs besoins de ressoures à partir du terrain!Je ne vais pas étaler mon peti cv personnel!jeconnais l'apport de Palo Alto ,merci!

Dans la formation pédagogique dès les années 80 ,il était possible d'armer son esprit avec les théories diverses et données pratiques remontant des thérapeutes!Les échanges dans des équipes montrent qu'aucune école de pensée à elle seule ne donne d'équation absolue?et que la seule attitude valable est la bienveillance qui ne nie pas à l'autre sa douleur!

En matière de douleur ,donc ,tout jugement est à proscrire,que ce soit la douleur physique et la douleur "morale".

La notion que j'ai évoquée plus haut fait partie intégrante des données de base du fonctionnement psychologique de tout un chacun lorsqu'il souffre!

Et cela n'a pas changé parce que la nature humaine ,avec sa complexité bien sûr ,ne change pas quant à ses lois de fonctionnement!

Mêm les sciences cognitives ne changeront pas cela ;je regrette ,à moins de changer le nombre de vertèbres et la place du coeur!

Je réaffirme donc que seule l'attitude de bienveillance permet de comprendre réellement!

OK ok,calmez vous.Je ne mets pas en doute vos compétences mais admettez que la psychiatrie a bien changé en 30 ans.Ce n'était pas une attaque perso,d'autant que je ne vous connais pas,je répondais au commentaire.

et à Leila

AUSSI dette réponse ci dessus

Leila Benhima

Comment pouvez-vous dire que pour un suicide protestaire c'est raté ? Tout suicide est un acte protestataire, et malheureusement, c'est triste à dire, aucun suicide réussi n'est "raté".

 

Je ne comprends pas votre comparaison du faire contre et faire pour vous. Quel droit vous donne d'interpréter ainsi l'intenttion de cette personne en la pervertissant en son contraire ?

à Leila

Dans l'un de mes commentaires sur le jeune tunisien qui avait "commis" ce geste de désespoir ,j'avais écrit que nous aurions cela nous aussi en France!

C'est ce qu'on appelle un raptus (on n'a pas besoin d'avoir fait des études de psycho pour connaître le fait ,en quoi il consiste ,ce qu'il veut dire en gros) d'ordre émotionnel :cela ne se raisonne pas !

Celui qui en est victime se sent comme privé de tout autre moyen de s'exprimer et donc d'exister dignement!il n'y a pas que les délinquants qui "pètent les plombs"!

Nous sommes attaqué(e)s, disqualifié(e)s, harcelé(e)s dans toutes les professions aussi bien au niveau du privé que du public qui embauche des cadres du privé pour mettre les fonctionnaires (sur l'air de tous des privilégiés) au pas cadencé de la rentabilité économique.

 

Toute forme de compétence est considérée comme une preuve de ringardise à la limite de la faute professionnelle parce que vous n'êtes pas à un grade qui vous autorise à penser : on vous donne des ordres, obéissez d'abord et payez l'addition ensuite ...

Ainsi est-ce le plus nul qui impose sa loi parce que lui il sait faire de la délation à défaut de donner du sens à son travail et quand on travaille avec des enfants on ne peut que constater la maltraitance institutionnelle que cela implique et en souffrir...

 

Ce qui se met en place actuellement est terrifiant mais peu de gens acceptent d'en prendre la mesure car ils devraient alors se déterminer et ils préfèrent ne rien voir pour continuer à faire semblant de croire que tout va bien et qu'ils peuvent profiter d'un reste de tranquilité avant la catastrophe suspendue au-dessus de nos têtes : le "jusque là tout va bien" est devenu une devise nationale pour tous ceux qui savent qu'à la fin la chute sera fatale !

Mais sait-on jamais, un miracle....?

Pendant plus de quarante ans j'ai travaillé dans l'éducation nationale et j'ai terminé ma carrière dans l'académie de Montpellier. Je peux témoigner de la difficulté d'être surveillant, professeur et chef d'établissement.

La hiérarchie à tout niveau est omniprésente et ominipotente. Ces dernières année elle s'est fait encore plus pressante, plus exigeante, plus excessive...

Violences en milieu scolaire ( Réunion récente au Ministère)

Réunion technique du CCHS ministériel

Objet de la réunion

Le Ministère souhaite que le CCHS élabore un guide des « bonnes pratiques » en matière de violence en milieu scolaire. C’est la deuxième sur cette thématique.

Des documents ont été envoyés 15 jours avant. Ils ont été élaborés par différents départements ou académies.Ils sont proposés par la DGRH afin que le CCHS puissent s’inspirer des « expériences intéressantes » qui sont menées ici ou là.

Une proposition de plan du guide des bonnes pratiques a également été jointe au document.

Le plan proposé aux organisations syndicales :

Evaluer les risques, former et informer pour prévenir les situations de violences et d’incivilités au travail

-évaluer les risques

-former les personnels

-informer les personnels

-Gérer une situation de violence et d’incivilités au travail en amont et lors de sa survenue

-Mettre en place des dispositifs opérationnels

-Gérer un climat délétère pour éviter la survenue d’une situation de crise

-Faire face à la crise

Rappel important

Il existe deux approches antagoniques de la relation entre le travail et les conséquences de celui-ci sur la santé :

Celle portée par les employeurs : c’est une approche qui consiste à demander aux travailleurs de s’adapter à leurs situations de travail et d’apprendre à gérer les difficultés rencontrées en termes de stress, de surcharge de travail, de violence etc. Ce sont aux hommes de s’adapter au travail. Pour cela, il peut leur être proposé des formations de gestion du stress, de gestion des situations de violence, d’adaptation à des conditions difficiles etc. Il est important de noter que ces formations sont aujourd’hui à la base d’un nouveau marché très lucratif qui se nourrit de la généralisation de la souffrance dans le monde du travail, ce qui est un comble

Pour la CGT, la seconde approche de la relation entre le travail et la santé consiste à dire que c’est le travail qui doit s’adapter à l’homme. C’est la seule démarche légale puisque c’est celle qui est imposée par la directive européenne CEE n°89-391 du 12 juin 1989 transcrite en droit français par le décret du 5 novembre 2001.

La démarche proposée par le Ministère en ce qui concerne la violence (comme le reste d’ailleurs) est évidemment la première.

La position du Ministère et son contenu implicite

La violence est inéluctable – elle est là ; aussi naturelle et inévitable que des données climatiques. Il est donc seulement question de l’évaluer mais en aucun cas nécessaire d’en analyser les causes.

La violence dont il est question est essentiellement celle que les élèves peuvent exercer sur les enseignants et à un degré moindre, sur les autres catégories de personnel.

La violence que les enseignants peuvent exercer sur leurs élèves est également prise en compte. Il n’est évidemment pas question de la violence institutionnelle exercée sur les personnels et sur les usagers. Aucune condamnation n’est portée par la Ministère sur la violence à l’égard des biens et des personnes dans les établissements. On peut parler une fois de plus de la banalisation du mal (au sens de Hannah Arendt) dans une Education Nationale qui entend bien afficher la « non-protection » par la hiérarchie de ses agents et de ses usagers.

Le contexte réglementaire est d’ailleurs très effacé sinon complètement gommé (article 11 de la loi du 13 juillet 1983 sur la protection due au fonctionnaire – rôle du supérieur hiérarchique ou du chef de service– droit d’alerte et de retrait –CCHS – DUER).

Analyse de cette position

La violence organisationnelle et managériale, la violence de la hiérarchie n’existent pas bien que lors du précédent groupe de travail sur ce thème les syndicats aient fait état de l’importance cruciale de ces questions. De même, les incivilités et la violence de certains parents d’élèves sont à peine évoquées alors qu’elles sont prégnantes dans le premier degré et au collège. Ces violences sont souvent le fruit d’un management par « la pression de l’usager » qui vise à mettre les parents en situation de contrôler et d’évaluer des enseignants envers lesquels la hiérarchie affiche ostensiblement sa défiance.

Cette violence est également la conséquence d'une société où est martelé le principe supérieur de concurrence qui poussent certains parents, non pas à rechercher le bien pour leurs enfants, mais le meilleur (du moins ce qu'ils pensent être le meilleur), d'où une pression insupportable exercée sur les enseignants.

Le Ministère se limite à présenter aux personnels et à leur encadrement un catalogue de bonnes pratiques alors qu’il est extrêmement présent et directif pour bouleverser de manière violence toute l’organisation du travail l’éducation nationale avec les conséquences que l’on connaît. La question de la violence n’est censée relever que des académies ou des établissements dont l’autonomie est posée comme un principe majeur et intangible.

Synthèse

En définitive, on a l’impression que, dans l’Education nationale, les droits de l’homme peuvent être bafoués ainsi que les lois de la république. Le schéma classique de l’Etat dans l’Etat, que connaissent tous ceux qui se battent pour le respect du droit dans cette administration, est une fois de plus conforté. Enseigner – travailler dans un établissement scolaire, c’est pratiquer un métier à risque sans pour autant que les droits inhérents à ce type de profession ne soient envisagés.

La réponse que l’on pourrait attendre du Ministère à la question de la violence dans les établissements est en général sécuritaire – et c’est en général sur ce terrain que les syndicats se montrent offensifs – mais ce type d’approche est ici partagé avec un traitement gestionnaire de la problématique de la violence : dépistés par une hiérarchie attentive, les enseignants et autres catégories de personnels, exposés aux situations à risques, vont être formés aux attitudes adaptées dans des situations potentiellement violentes.

Des informations seront aussi largement diffusées aux personnels sur toutes ces questions.

La conséquence de ce type de démarche est de faire reposer sur les agents la responsabilité de ce qui leur arrive. Ne pas réussir à désamorcer une situation d’agression alors que l’on a été formé pour cela en principe, c’est faire preuve d’incompétence. L’aboutissement logique de ce type de démarche, c’est de transformer les victimes en coupables – et c’est donc de favoriser le déni et le silence des victimes de violence.

L’intervention des mandatés CGT

La première violence actuelle, elle est institutionnelle : c'est la suppression massive de postes qui engendrent une cascade de conséquences néfastes. A cela le Ministère nous a opposé un « principe de réalité » (sic !) : pas question de revenir sur les suppressions de postes, pas question non plus d'analyser leurs conséquences.Nous nous sommes donc employés à défendre notre point de vue en nous appuyant sur la prise en compte du réel du travail. La personne chargée d’animer cette commission étant une technicienne (et non une politique) fraîchement émoulue de ses études de management, nouvelle dans le ministère et manifestement très peu au fait de la réalité scolaire. Elle s'est donc rapidement retrouvée en difficulté.

Des témoignages à partir de situations vécues personnellement ou par des collègues dans des établissements ont été relatés :

- cas de l’alarme incendie qui sonne constamment parce qu’activée par des élèves et qu’on finit par désamorcer ;

- cas de l’instit qui a un cours octuple et une direction d’école

- cas des élèves d'autant plus rétifs qu'ils n'ont pas pu choisir la filière souhaitée parce qu'elle a été supprimée ;

Nous nous sommes efforcés d’imposer un autre point de vue que celui développé par le Ministère : il ne s’agit pas de former les personnels à la gestion de situations difficiles et de leur demander de s’adapter mais de changer le travail dans l’Education Nationale.

Nous avons posé comme incontournable

- une réflexion sur l’organisation du travail dans l’Education Nationale et sur les conséquences de celle-ci en termes de violence pour les personnels et les élèves. Il est indispensable de penser une organisation du travail qui permette entre autres, des moments institutionnels d’échange au sein des collectifs de travail. A ce propos, nous avons démonté le discours contradictoire de l’administration qui feint de déplorer l’absence de travail collectif dans les établissements et qui, dans le même temps, isole les personnels et individualise la gestion de leur carrière.

- la remise en cause du management par la pression des usagers dans l’Education Nationale avec l’affirmation claire du nécessaire soutien de la hiérarchie à ses agents (par le biais d’une campagne d’affichage par exemple dans les établissements du premier degré et les collèges), soutien qui est de surcroît une obligation légale.

- la mise en œuvre de toutes les obligations réglementaires : suivi médical, protection des agents, CHS, DUER qui aboutissent à des plans de prévention des risques, etc.

La personne chargée de recruter des médecins de prévention fait état de ses difficultés à trouver des personnes formées qui acceptent de travailler dans les conditions imposées par l’Education Nationale en raison de la rémunération mais aussi en raison de conditions matérielles manifestement difficiles. Nous avons répondu que la faiblesse des traitements est le problème central. Difficile effectivement de faire accepter des rémunérations aussi faibles que l'Education Nationale en catégorie A. Les enseignants ont pris l'habitude, pas ceux qui viennent du privé...

Un soutien inattendu est venu de la part de l’Inspecteur Général Hygiène et Sécurité (nouvelle elle aussi) qui a signalé son indignation devant de trop nombreuses inspections dans lesquelles le contexte de travail n’est pas même évoqué.

En ce qui concerne la souffrance des enseignants, c'est un sujet tabou et délicat. Qui ne connait pas dans son établissement un enseignant qui se fait "bordéliser" dans l'indifférence générale? Il faudrait que ce sujet soit traité en priorité par les chefs d'établissements ou proviseurs....Et puis la souffrance n'est pas vécue de la même manière par tous. J'ai toujours eu conscience que de par mes fonctions ( enseignant, syndicaliste), j'allais subir des agressions...Je les prenais non pour moi, mais pour la fonction. Le fait d'avoir une réflexion en amont à ce sujet permet de "débloquer" plsu facilement certaines situations délicates. Si un parent ou un élève m'agresse ( verbalement), je me dis qu'il est dans la souffrance....Si un chef d'établissement ou un laquais directorial m'agresse, je le remets à sa place avec force et vigueur...

c'est bien ce que je pensais lors de la lecture de votre premier texte vous avez une certaine aigreur envers les petits chefs savez vous qu'ils ont pu être enseignants dans leur vie professionnelle qu'ils n'ont pas tous choisi ce métier pour bomber le torse mais pour réfléchir et tenter d'améliorer les conditions de vie dans l'E.N.

Euh, non, pas du tout. ce n'est pas de l'aigreur, c'est une réalité. Mon fils est enseignant dans l'Education Nationale et si je n'étais pas intervenu pour dénoncer l'attitude de son principal et adjoint.....J'ai des relations tout à fait courtoises et normales avec les gens "normaux", mais beaucoup moins avec les pervers ou ceux qui utilisent des méthodes managériales que je réprouve. Les chefs réagissent souvent comme vous. Il faut s'assumer. Ils ont toujours l'impression d'être nécessaire, de tout vouloir modifier et surtout de donner des ordres. Quand on veut être une courroie de transmission du Ministre ou du recteur, alors que l'on sait que les conditions de fonctionnement sont désatreuses, c'est un peu facile de critiquer ceux qui défendent les salariés ( fonctionnaires ou du privé) contre le mépris et la perversité de certains responsables. Cela me fait penser au chef de centre à Maillol, l'an dernier qui VOULAIT que l'on prépare les feuilles pour l'après midi et qui refusait que l'on sort 5 minutes pour prendre un café...Je lui ai dit que je n'étais pas un grouillot et je suis passé devant lui pour aller me chercher un café ....Ou le chef de centre d'Arago qui nous menaçait de prévenir le recteur, parce que nous refusions de passer 4 heures à discutailler sur le barême du bac de maths, là où 20 minutes suffisaient amplement. Ou encore cette année, où le recteur voulait imposer que la correction des copies de Maths soit faite toute la journée au Lycée Lurçat. J'ai pris mes copies et je suis allé les corriger chez moi. C'est une réalité que certains chefs agissent avec les enseignants comme s'il étaient taillables et corvéables à merci.....et cela les surprend vraiment, lorsqu'un enseignant se rebiffe...Expliquez moi donc comment en étant proviseur, principal ou chef d'établissement, vous avez pu améliorer l'education Nationale, cela m'intéresse.

Ceci étant, vous vous éloignez du sujet initial.

quelle suffisance!

comment !! un tel père a dû intervenir pour son enfant professeur.!!!

inutile de répondre.... je pensais trouver sur médiapart des remarques et des points de vue originaux mais pas de règlements de compte même si la douleur de certaines situations (sujet initial) est bien là.

bonne journée .

 

NON, vous ccomprenez ce que vous voulez. C'est le syndicaliste qui est intervenu pour faire cesser des actes délictueux de principaux et principaux adjoints....Si les chefs d'établissements avaient des comportements "normaux" et non pervers (genre faire venir un enseignant dans son bureau à trois contre un, le mettre en cause dès qu'apparait le moindre problème, vouloir l'obliger à suivre une formation, meêm si l'enseignant ne le souhaitre pas, faire une information pour contre les tracts de syndicats..etc....), ce serait plus vivable. Lorsqu'un enseignant a un problème avec un élève, qu'il se fait voler ou insulter, quasi-systématiquement la direction et les CPE prennent partie pour le pauvre élève qu'il ne faut pas traumatiser, qu'il a des droits et que nous, enseignants n'avons que des devoirs. L'enseignant se voit obligé de reprendre en cours l'élève qui l'aura insulté.... Donc, baissez un peu le ton au lieu de défendre les "pauvres" chefs d'établissements...

Dommage Philippe, que vous mettiez tous les chefs dans le même sac.

Le résultat de votre amalgame, c'est que vous vous coupez de la bonne volonté des rares "bons chefs", tout en ne touchant aucunement les "mauvais chefs" qui, eux, sont trop heureux de diviser ainsi pour régner, avec votre aide aveuglée par votre colère.

 

Votre colère est juste, mais sachez reconnaître vos alliés, ils sont déjà assez rares comme ça, on ne va pas en plus les dégoûter, merci.

Dsl.....Mon expérience dans le privé à ce sujet est franchemnt désastreuse. Je sais que c'est difficile d'imaginer autant d'incompétence parmi les chefs d'établissements privés, mais c'est malheureusement une réalité dans mon académie. Et je ne parle pas de leurs salaires.....Du fait de mes fonctions, j'ai l'occasion de défendre aussi des fonctionnaires dans le public...Je remarque là aussi des attitudes perverses et le mot n'est pas trop fort. Le problème est, à mon avis, lié à la fonction. Discuter entre personnes de bonne compagnie sur mediapart est relativement "aisé".

"Lorsqu'un enseignant a un problème avec un élève, qu'il se fait voler ou insulter, quasi-systématiquement la direction et les CPE prennent partie pour le pauvre élève qu'il ne faut pas traumatiser,"

Nous ne vivons pas dans le même monde ! Dans le quartier populaire où je travaille je vois des CPE hurler sur les élèves et leur parler comme je ne parlerai jamais à un animal - à un ordinateur peut-être et encore - et les enseignants de tous niveaux se comporter comme des dictateurs patentés.

J'entends les enfants parler entre eux (souvent ils oublient ma présence) de leurs enseignants et je découvre avec effarement que les châtiments corporels existent encore et que les humiliations pleuvent à verse.

Je suis effarée par la stupidité et l'absence de connaissance du développement de l'enfant que je découvre à travers les devoirs qu'on leur donne et qu'ils me demandent de les aider à faire alors que ce n'est pas de mon ressort ainsi que par les lignes à recopier par centaines que je les aide à écrire pour que l'on puisse passer à autre chose de moins débilitant.

Ce qui me surprend c'est que ces mêmes enfants, après une période variable d'accomodation réciproque, se révèlent plein de sensibilité, d'attention aux autres, d'inventivité. Ce qui me permet de travailler avec eux dans des conditions matérielles extrêmement précaires propres à générer des conflits - ne serait-ce que la promiscuité engendrée par le manque d'espace.

Un enfant difficile est un enfant en difficulté et lui consacrer un minimum d'attention au lieu de le réprimer aide énormément à la cohésion d'un groupe car l'adulte servant de modèle à la résolution des conflits, s'il est attentionné amène les enfants à l'être sans passer par des leçons de morale qui ne leur donnent aucune indication concrète quant à la façon de les appliquer.

Je suis toujours étonnée quant aux raisons qui font que quelqu'un puisse refuser une formation qu'on lui propose. Se former fait partie de nos devoirs professionnels me semble-t-il et même une formation qui ne nous convient pas nous apprend des choses que l'on n'imaginait même pas sur ce que l'on n'a pas envie de reproduire.Mais j'ai remarqué que bien des personnes en contact avec les enfants - et principalement celles qui pensent avoir la pédagogie infuse - préfère une formation technique plutôt qu'une formation les amenant à réfléchir sur leur pratique pédagogique.

 

Cependant, en tant que délégué syndical, je conçois bien que, comme un avocat vous êtes tenu de défendre les personnes qui sont attaquées, cela ne veut pas forcément dire qu'elles ont toujours raison !

Pour moi, un CPE ou un enseignant qui hurle sur un élève ne devrait pas être enseignant. Un enseignant qui dit à un élève qu'il est nul est aussi violent qu'une CPE qui hurle sur des élèves....C'est malheureusement une réalité de personnes qui ne comprennent pas ce qui leur arrive. C'est vrai que l'enseignant est seul, et qu'à ce titre des dérapages sont possibles. Il est des formations qui ne présentent aucun intérêt, qui sont des modes et qui permettent à des chefs d'établissement d'être bien notés. Bien sûr qu'il existe de bonnes formations. Je pense que de nombreux enseignants refusent (à mon avis avec raison) de suivre des formations qui les dépassent. Nous sommes enseignants, pas psychiatres, ni père, ni mère, ni frère de nos élèves.

Je ne sais pas de quels types de formations vous parlez mais ce que vous en dites me laisse à penser qu'il pourrait s'agir de formations sur le relationnel.

 

Pour avoir suivi de nombreuses formations de ce type je suis convaincue que celles qui s'appuient sur des théories comportementalistes ou purement éducatives n'apportent rien et voire même si on tente de les appliquer débouchent sur des impasses terribles qui peuvent engendrer un fort sentiment d'échec et d'incompétence chez la personne qui le fait. Cependant, celles qui se fondent sur l'empathie, la réflexion autour de son propre ressenti et la compréhension fine de ce qui se joue au sein de la relation qui fait que personne n'a tort puisque tout le monde a raison de son point de vue, ne nous parentalise pas mais nous aide au contraire à nous situer dans un vrai positionnement adulte qui ne demande pas à un enfant d'être autre chose que ce qu'il est c'est à dire un enfant qui réagit avec sa compréhension et ses émotions d'enfant.

Savoir se situer en tant qu'adulte permet de ne pas prendre les comportements des enfants de plein fouet, pour soi, en tant que personne, mais pour l'image sociale que nous représentons aux yeux de ces enfants et ça change tout sur la réception émotionnelle qu'on en fait.

On vit dans l'illusion qu'être éducateur est une science infuse, mais ça ne l'est pas. On est comme des artisans qui prétendraient qu'il leur suffit de tout connaître sur l'histoire des techniques, leurs créateurs pour fabriquer un objet et les enfants et nous-mêmes en payons les pots cassés.

Les formations que j'ai reçues puis que j'ai transmises m'ont permis d'établir des relations positives avec des enfants catalogués comme hyper actifs, autistiques ou tout simplement caractériels ou insupportables et je peux vous assurer que, d'une part ce n'était jamais gagné d'avance et que d'autre part cela me vaut l'hostilité jamais démentie des professionnel(le)s qui pensent que je suis laxiste et que je ne tiens pas les enfants parce que je ne leur demande jamais d'obtempérer à des ordres.

 

Ceux qui essayent de comprendre ma pratique finissent par ne plus pouvoir travailler autrement mais se trouvent confronté(e)s à la même hostilité fondée sur une incompréhesion engendrée par le refus du dialogue.

 

Mais même si c'est pénible d'être confrontée à un tel mur de rejet aussi bien de la part de la hiérarchie que des collègues, comme ce que je fais provient d'une démarche consciente et que j'ai pu analyser les raisons de ces résistances devant une pratique dont on finit du bout des lèvres par reconnaître les réussites passées - pour mieux disqualifier les actions présentes - raisons aussi bien institutionnelles : la sacro sainte rentabilité qui veut qu'on aille vite et qu'on fasse dans l'esthétisme immédiatement valorisant, que personnelles : cela représente un scandale pour beaucoup de personnes que cela renvoie à leur propre enfance de voir des enfants considérés comme des personnes à part entière dont on ménage la dignité personnelle et l'estime de soi, je ne me laisse pas démolir ni par les adultes ni par les enfants.

Si je n'avais pas eu de formation je me comporterais non pas en professionnelle mais justement comme un parent qui bricole au jour le jour sans aucun repère et qui est débordé émotionnellement et affectivement sans aucun moyen de comprendre ce qui se joue.

 

Si nous vivions dans une de ces sociétés traditionnelles qui ont mis le relationnel au coeur même de leurs pratiques culturelle et sociale nous aurions effectivement la science infuse puisque nous reproduirions ce qui a été fait avec nous, mais comme nous sommes issu(e)s de sociétés individualistes dans lesquelles ce qui importe c'est la soumission aux règles, le formatage et la normalisation les seules pratiques que nous savons reproduire "naturellement" sont l'autoritarisme et le moralisme ce qui nous vaut de sacrés retours de bâton parce que personne n'aime qu'on le traite comme un chien de pavlov avec le jeu des punitions et des récompenses qui est une insulte à l'intelligence aussi bien humaine qu'animale !

Il me semble donc que la souffrance des enseignants, comme de tous les professionnels de l'enfance est à rechercher aussi dans la conception de la relation pédagogique : la compétition entre élèves, l'erreur pénalisée et non considérée comme le résultat d'une démarche intellectuelle que l'on peut chercher à comprendre : j'apprends énormément des erreurs des enfants. Le fait aussi que la relation adulte-enfant ne soit pas fondée sur un véritable échange où les deux donnent et reçoivent etc...

" Si je n'avais pas eu de formation je me comporterais non pas en
professionnelle mais justement comme un parent qui bricole au jour le jour sans aucun repère et qui est débordé émotionnellement et affectivement sans aucun moyen de comprendre ce qui se joue
."

 

Entre un parent qui bricole et la formation spécialisée dont vous parlez, il y a tout-de-même beaucoup de monde qui enseignent et éduquent avec succès, à l'école et à la maison.

 

Votre formation et votre perspesctive semblent vous avoir été utiles et bénéfiques, et sans doute en aviez vous besoin. Mais les formations proposées sont multiples et de nature humaine avec toutes les erreurs et fausses routes que cela comporte, et s'appliquent diversement selon les expériences de vie des enseignants.

 

A mon avis, ce n'est pas telle ou telle méthode qui serait universellement la meilleure, mais toute méthode qui se questionne avec un tant soit peu d'humilité et beaucoup d'humanité.

Les méthodes ne sont jamais intéressantes en soi, ce qui l'est c'est l'esprit avec lequel on pratique et la souplesse des dispositifs mis en place qui permet de se mettre à l'écoute de chaque enfant dans sa singularité propre et non de lui imposer ce qu'in estime être bon pour lui puisque cela serait supposer convenir à 99% des enfants.

Justement; et les enseignants ont donc bonne raison de se méfier de ces formations miracles qui devraient les transformer en psychiatres, parents, curés et tout le reste. et comme vous le dïtes, 99% d'enfants, ça ne veut pas dire grand monde !

C'est vrai qu'il est toujours dommageable de courir le risque de s'ouvrir l'esprit sur d'autres dimensions de la réflexion !

Avant de faire une formation on ne peut pas juger de sa qualité, après l'avoir faite on est libre d'évaluer ce qu'on en garde et ce qu'on en retire. Et même une formation bidon peut nous apprendre des choses sur ce que c'est que de devoir supporter de recevoir une formation bidon....

Un peu de sérieux s.v.p.

Les enseignants ne sont pas des minots qui refusent de goûter les carottes bonnes pour leur santé. Je suppose que les personnes concernées dialoguent sans préjugés et sont au courant des formations ouvertes.

Une formation 'bidon' comme vous dîtes est une perte de temps précieux et peut même avoir des effets pernicieux quand elle est présentée par un charlatan qui parle au-dessus de sa tête de choses qu'il connaît mal.

à Philippe

Quoiqu'il en soit ,il ne peut y avoir de coupure tranchée entre les catégories de personnes qui seraient uniquement comme ceci ou uniquement comme cela...

Ce sont des situations où les personnes se retrouvent souvent mélangées ;mais où également des attitudes liées à la fois aux pouvoirs des personnes et à leur personnalité se rencontrent!

Le problème ,à mon avis ,vient d'un basculement d'une tendance de arbitrage/encadrement des "administratifs" (y compris de vie scolaire)

vers

de + en + une posture AUTORITAIRE répressive délibérément tournée vers la stigmatisation /culpabilisation des enseignants en général!

GENERALISATION qui s'est accentuée depuis les années 2000!

Le phénomène connu de l'influence de certaines idéologies de domination allant dans le même sens que des profils et des caractères autoritaires pour les postes dits d'autorité justement (cà d de commandement!)

Attac fait suivre ce message des enseignants de Béziers :je l'ai reçu et transmis!

Seul l'HUMANISME convient à ces drames !

Humanistes ,à vos claviers!

à Philippe

Pardon d'oser aller au bout de ma pensée et de la formuler de manière "simpliste":

il peut arriver que même le plus patient des adultes en responsabilité estime avoir besoin d'élever la voix dans une situation particulière ,sans qu'il soit pour autant un "crieur" habituel!

Il me semble par expérience que là réside la distinction à faire entre les types de comprtements:

nous parlons bien de comportements à donnée constante de violence ou de domination même verbale ,mais non respectueuse cette domination ni du rôle de l'adulte ni de sa fonction ni du fait qu'il est un être humain à part entière!

nobody is perfect..

pourquoi ne pas devenir chef d'établissement pour envisager les situations de ce côté là...!!

je vous assure qu'il existe des chefs d'établissement voire tout type de chef honnêtes compréhensifs capables d'écoute et d'empathie.

 

 

Je ne crois pas que j'aurais été un bon chef d'établissement. Je ne suis pas assez rond dans ce que je dis.

Je trouve étrange que vous vous sentiez concerné par ces propos de la façon dont vous l'exprimez : savoir quand on travaille comment se positionner professionnellement par rapport à sa hiérarchie est une question de survie à tous les niveaux car on est toujours au-dessus de quelqu'un et au-dessous d'un autre dans ce système vertical.

Quand un supérieur hiérarchique tente de vous écraser parce que lui même sert de courroie de transmission à un pouvoir qui l'écrase il est bon de prendre du recul et de ne pas se sentir visé en tant que personne mais de comprendre que l'on se situe dans un rapport de force qui nous est imposé.

Cela permet de bloquer le processus en étant ferme avec les forts et à l'écoute de ceux qui sont positionnés au-dessous de vous et qui vous agressent parce qu'ils croient que vous êtes détenteur d'un pouvoir que vous n'avez pas.

Quand on travaille avec des enfants cela permet aussi de ne pas leur faire subir les conséquences du mal vécu de notre propre oppression parce qu'ils n'en sont ni responsables ni conscients.

Cela ne veut pas forcément dire que l'on soit agressif avec la hiérarchie supérieure mais plutôt que l'on refuse de lui servir de relai car si chacun dans ce jeu de pouvoir refusait de jouer son rôle de courroie de transmission pour court-circuiter les consignes nocives nous n'en serions pas là dans la déliquescence du sens du travail générateur de souffrances intolérables.

Cependant quand ceux qui donnent les consignes refusent à ceux qui ont ordre de les appliquer jusqu'au droit de penser et de faire valoir compétence et expérience il est très difficile d'éviter le rapport de force qui est alors brutalement imposé.

Un pouvoir qui ne laisse d'autres alternatives à ceux qu'il domine que la violence sociale ou le suicide se disqualifie lui-même et devient fauteur de troubles.

Il en faut beaucoup pour que les peuples se révoltent et là on est en train à tous les niveaux et sur toute la planète de pousser les peuples dans leurs derniers retranchements. Et en France c'est d'autant plus patent que ce pouvoir détruit systématiquement tout ce qui nous a permis de résister à la crise : la solidarité sociale, la prise en charge des enfants, l'accès au logement, la santé etc....

Avec les élèves, je n'ai pratiquement jamais eu de problèmes pendant ma carruère. Avec les responsables qui me "tapent" dessus, soit par perversité, soit parce qu'ils sont une courroie de transmission, j'utilise les outils dont je dispose et je leur renvoie leur violence. Chacun doit assumer ses actes. Il n'y a pas de pouvoir de discussion avec ceux qui détiennent un pouvoir, mais uniquement des rapports de force. J'ai rarement rencontré des êtres possédant du pouvoir et qui l'utilisaient de manière bienveillante...Peut-être n'ai je pas eu de chance? Je trouve mon attitude non étrange. j'aimerais vivre autrement, mais actuellement, ce n'est pas possible.

Vous avez "... rarement rencontré des êtres possédant du pouvoir et qui l'utilisaient de manière bienveillante..." !

Je crains que ce ne soit pas un manque de chance mais plutôt une déformation de votre perception.

Car, comme dans toutes les catégories d'êtres humains, celle de "ceux qui détiennent un pouvoir" est composée de toutes sortes de gens incluant des très mauvais, des très bons, des moyens mauvais et des moyens bons et surtout une grande majorité de moyens, ni franchement bons, ni franchement mauvais.

Par exemple, en tant qu'enseignant, donc disposant d'un pouvoir sur les élèves, considérez-vous avoir utilisé ce pouvoir de façon malveillante ?

J'imagine que non. Qu'en pensent vos (ex-)élèves ?

Le problème récurrent car il existait déjà dans l'usine où travaillait ma mère c'est que les chefs sont sélectionnés sur des critères de pouvoir et non de bienveillance.

Ceux qui sont à l'écoute de leur personnel, même s'ils obtiennent d'excellents résultats au niveau de l'implication de leurs subordonnés sont remis au pas de l'autoritarisme, [comme s'il était moins important d'être rentable et compétent que soumis], voire même remerciés -je l'ai vu de mes propres yeux vu et j'ai compris alors ce que signifiait vraiment le mot "remercier quelqu'un" et le poids d'hypocrisie et de sournoiserie perverse que cela comportait.

 

Cela ne me concernait pas - je ne suis pas chef - mais j'ai vu à quel point c'était destructeur pour la personne concernée, placardisée. Les diverses personnes qui l'ont remplacée ont détruit la "rentabilité" de l'équipe qui s'est disloquée en clans délateurs et se mettant des bâtons dans les roues en douce et le "diviser pour mieux régner" fonctionne à plein pot au dépens même de la fameuse efficacité au travail, mais, bizarrement, cela ne pose pas problème.

Quant aux enseignants, il y a des façons d'enseigner respectueuses des élèves qui font que ces élèves perçoivent tous leur enseignant comme non seulement bienveillant mais aussi passionnant, apportant une ouverture sur le monde qu'ils n'imaginaient même pas. Je l'ai vécu en tant qu'élève avec quelques rares profs qui, sans se montrer affectueux mais simplement attentionnés à notre démarche intellectuelle et jamais méprisants même pour le catalogué "cancre" donnait le sentiment à chacun de ses élèves d'être son favori. Le bon parce qu'il se sait apprécié, le silencieux parce qu'il se sait reconnu, celui qui fait l'intéressant parce qu'on reconnaît son besoin d'être reconnu et le cancre parce qu'il n'est jamais dénigré et qu'au contraire on l'aide à transformer ses échecs en réussite.

 

Je n'ai jamais oublié ces enseignants - pas plus que je n'ai oublié les pervers narcissiques - et j'ai eu plusieurs fois la preuve en retrouvant d'anciennes élèves devenues adultes (l'école n'était pas mixte à cette époque) de l'effet thérapeutique de leur attention et de l'intérêt réel porté aux élèves en tant que personnes.

 

Mais ce que j'observe depuis que je suis adulte c'est que c'est justement ce type d'enseignants dont on ne veut surtout pas à l'éducation nationale : pensez donc : ils mettent les enfants au centre de leur démarche au lieu de les formater à cette soumission qu'il leur sera demandé d'appliquer dans le monde du travail !

Pas de problèmes avec mes élèves...Certains me rencontrent 10 ans après et on discute...On ne peut pas comparer le pouvoir d'un enseignant sur un élève et le pouvoir d'un directeur sur un professeur, ce n'est pas de même nature. C'est vrai que je suis enseignant dans le privé, mais je connais aussi trés bien les situations du Public et.....Je ne suis pas d'accord avec votre analyse. Un chef d'établissement est là pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de vague et tous les moyens sont bons....Une déformation de ma perception? Connaissez-vous ma perception? Comment pouvez-vous affirmer de telles assertions? Je parle de chefs d'établissements dans le cadre de leur fonction, pas en dehors de ce cadre, où ils peuvent être des gens trés bien avec leurs famille....

à Philippe

J'ai pensé et agi également de cette manière .Surtout pendant les dix ans (encore) où je devais représenter la majeure partie des colègues au CA.

Je ne le regrette pas car cela m'a permis de garder l'estime de moi même!

Je ne crois pas avoir fait preuve d'agressivité mais d'avoir gardé mon calme et d'avoir "répondu" calmement :je ne vois pas pourquoi j'aurais dû

me taire avec soumission et me laisser écraser!!Par contre ,il est certain

que le soutien même silencieux, et pourtant manifesté de diverses manières ,par le groupe de collègues ,cela est vital !Ces époques dont je parle étaient moins dure que celle après 2000 ;c'est un fait!

Les règles de politesse élémentaire étaient prises en compte par tous!LE RESPECT!dont a parlé SR à juste titre!

Je précise que ce n'est pas avec les chefs d'e que j'ai eu alors affaire mais les adjoints ;bizarre? mais pas étonnant!

J'ajoute que j'ai cependant rencontré un adjoint heureux et ne rivalisant d'énergie avec personne ,mais dans les années 1980 ,autant dire une époque hors souvenir ppour la plupart d'entre vous!

à Watayaga

c'est bien ce que nous sommes en train de dire!

PARDON:mais ne pas se sentir concerné par ces drames ,ne le demandez pas aux humanistes et encore moins à ceux qui se situent dans le domaine '(éducation,enseignement ,accompagnement...)

Je ne sais pas à quoi vous faites réponse dans tout ce que j'ai écrit.

Je suis touchée par ce drame sinon je ne serais pas sur ce fil et j'ai des raisons très personnelles de l'être car il pose la question de conditions de vie et de travail insupportables auxquelles nous sommes tous plus ou moins confrontés.

C'est pourquoi il me semble important au-delà du ressenti émotionnel - et je n'ai rien contre les émotions et leur expression qui permet de surmonter la souffrance au lieu de la laisser nous détruire en sous-marin et dans ce sens là nous sommes dans une société particulièrement inhumaine, si vous parlez en terme d'humanisme, dans laquelle il ne faudrait ni rire, ni crier, ni pleurer, ni rien exprimer car toute expression nous affaiblirait aux yeux des autres dans ces jeux de rapports de force permanents que nous entretenons religieusement entre nous ; donc c'est pourquoi il me semble urgent d'analyser d'où nous vient l'intensité de cette souffrance qui rend notre vécu si insupportable.

 

Il y a une question fondamentale qui est effleuré dans vos écrits mais qui n'affleure pas : en tant qu'adulte éducateur et quelque soit le rôle que nous tenons auprès des enfants, qu'acceptons-nous de transmettre de la mission de répression qui nous est donnée de façon si banale et constante que nous ne la voyons même plus.

Vous parliez de "crier sur les enfants", il me semble que parfois on peut se laisser déborder par la colère ou par la peur et se laisser aller à crier. Si c'est très exceptionnel et surtout si les propos que l'on tient à ce moment là ne sont ni blessants ni dévalorisants et, plus encore, si l'on s'excuse honnêtement auprès de l'enfant de s'être laissé déborder, il n'y a pas d'incidence sur la relation que l'on a établi avec lui sauf si l'enfant cherchait nos limites d'acceptation de ce qu'il est et en déduit qu'il est impossible de nous faire confiance et qu'il ne pourra jamais se sentir en sécurité avec nous. Mais on le sait quand un enfant a ce type de difficulté relationnelle car il est dans la provocation permanente, il fait tout pour nous mettre à bout de nerf et la seule attitude qui peut le faire sortir de cette spirale infernale c'est de lui accorder une immense attention, j'en ai fait moulte fois l'expérience très déstabilisante mais aussi très gratifiante quand on découvre l'être merveilleux qui se cachait derrière une agressivité protectrice.

Or toute la violence de la pression sociale qui est faite sur nous est de nous dire : abandonne cet enfant à sa souffrance, ne vois que son comportement délictueux et dresse le à t"obéir, à se soumettre quoiqu'il t'en coûte !

Il ne s'agit pas de thérapie : on ne fait pas parler de sa vie à l'enfant, on ne cherche pas à savoir plus que la relation ici et maintenant mais en se montrant un adulte fiable, qui ne juge ni ne rejette, sur la bienveillance duquel on peut réellement compter, on l'aide à se construire. Cette relation peut durer une heure ou une année, parfois plus selon le temps que l'enfant est sous notre responsabilité mais c'est un moment essentiel pour cet enfant dans son parcours de vie.

Ce qui me sidère souvent c'est de voir à quel point les adultes ne traitent pas les enfants comme des êtres humains à part entière et n'ont même pas conscience qu'ils puissent avoir un amour propre, une dignité : entre gens de bonne compagnie quand un adulte casse un verre on lui dit (même si c'était le dernier souvenir qui nous restait de notre mère ) : "ce n'est pas grave", on le rassure à un enfant on dit :"tu ne pourrais pas faire attention !" et on le laisse avec sa difficulté alors qu'il aurait tout autant besoin qu'on le rassure sur sa maladresse et sur le fait que cela ne nous empêche pas de continuer à l'apprécier.

Autre chose : on nous dit souvent : ne perdez pas de temps avec un enfant car c'est du temps que vous volez aux autres (ce n'est jamais dit comme ça mais cela sous-tend bien des discours : égalité de traitement quelque soit la difficulté rencontrée). Par expérience je sais que c'est une fausse piste car en fait l'enfant perturbateur est - sans en avoir conscience - une sorte de porte parole des difficultés que n'osent extérioriser d'autres enfants plus introvertis. Ceux-ci observent comment on gère la difficulté dans laquelle nous met l'enfant qui extériorise son mal être et s'ils constatent que nous le faisons en lui accordant toute notre attention, cela les rassure et quelque chose se dénoue dans les rapports des enfants entre eux et des enfants avec nous qui amène à une véritable relation de confiance dans laquelle travailler devient non seulement possible mais aussi passionnant.

J'ai quarante ans d'expérience et d'observations derrière moi, je travaille seule mais j'appartiens à divers groupes de réflexion qui m'aident à tenir. Je fais toutes les formations que l'on me propose - mais cela devient de plus en plus compliqué avec toutes les procédures mises en place pour y accéder qui en réalité sont des barrières - car cela me permet de me tenir au courant des dernières données en positif et en négatif des recherches autour de l'enfance et des pratiques de terrain. Rester seul(e) est extrêmement délétère et marginalise, on doute de sa compétence face aux attaques répétées et on court le risque de se disqualifier soi-même. On n'a pas le droit à l'erreur car comme on ne fait pas comme les autres s'il arrive quoique ce soit on n'est pas couvert par "la bonne pratique".

J'écris cela de mon point de vue mais je suis convaincue que ce système est fait en sorte que toute personne se sent déstabilisée, en insécurité face à la demande d'autorité qui lui est imposée et seules les brutes y sont à l'aise imposant à tous les autres leur absence totale de doute qui fait que même "un agent de service" pourvu qu'il sache l'ouvrir et invoquer la norme peut devenir le véritable responsable d'une structure !

Les petits chefs ??

il y en a de corrects mais le problème c'est qu'on a eu du mal à les rencontrer!

sutout quand ils font du zèle dans le mauvais sens!pour rivaliser de "fermeté" avec les grnds chefs!

BON: les bons chefs ,petits ou grands ,ne sont-ils pas simplement ceux qui ne jouent pas un rôle mais remplissent une fonction!!!sans servilité et en respectant leurs dits subordonnés AUSSI!

Merci de toutes ces informations et réflexions.

A LA MEMOIRE DE LISE QUI AURAIT DU BENEFICIER DE LA PROTECTION FONCTIONNELLE

Lise , professeure de mathématiques , 44 ans , s’est immolée par le feu dans la cour de son lycée parmi ses élèves .

  • loi du 13 juillet 1983 :’’aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradations des conditions de travail susceptibles de porter atteinte à ses droits et à sa dignité , d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel D’après la loi du 17 janvier 2002 les éléments qui caractérisent le harcèlement moral sont
    le caractère répétitif des agissements
    l’objet ou l’effet ..doivent en être la dégradation des conditions de travail
    la dégradation des conditions de travail doit être de nature à porter atteinte aux droits et à la dignité de la la victime , d’altérer sa santé physique et de compromettre son avenir professionnel

    Les actes d’incivilités répétés ,le ’bazar ’ dans les classes , les remises en cause par les élèves et les parents des compétences pédagogiques (méthodes , les notes )et éducatives (trop sévère ), les convocations par l’administration (les profs peuvent être fichés comme en conflit avec élèves et parents,entre autre, et signalés à l’IA ), la rumeur et la diffamation (elle ou il est trop sévère , elle ou il est dépressif ) sont de nature à détériorer la qualité du travail et les conditions de travail et de porter atteinte aux droits et à la dignité des enseignants .Cela peut être qualifié de harcèlement moral .

    Cela peut ressembler au cas de Lise .

    Les enseignants bénéficient au titre de leurs fonctions de la protection fonctionnelle des agents publics de l’Etat ( article 11 de la loi du 13 juillet 1983)L’administration a l’obligation légale de protéger ses agents contre les attaques dont ils peuvent faire l’objet dans l’exercice de leurs fonctions .La responsabilité de l’employeur public peut être admise dès lors qu’il s’est abstenu de mettre fin au harcèlement lui causant ainsi préjudice ..

    Cela ne semble pas avoir été le cas de Lise .

    Car malgré le suivi pédagogique et médical par les services du rectorat (dixit Luc Chatel )les agissements des élèves et des parents ont continué . La rumeur semblait relayée dans tout l’établissement car dans un reportage on a entendu un élève (qui ne la connaissait pas et ne l’avait jamais eue en cours ) dire qu’elle était dépressive . Comment exercer ses fonctions normalement dans des conditions pareilles ? Les élèves sont cruels et un grand jeu consiste actuellemnet à essayer de faire craquer des profs , de filmer et le mettre sur facebook ou youtube .La moindre faille est utilisée . Le professeur à qui la rumeur (relayée par des élèves ou des parents mais aussi parfois par des collègues ou l’administration)aurait taillé une réputation de ’’fragile’’ ou ’’bordélisé’’ , celui là court des risques .Risque de devenir dépressif justement . On a tous eu un prof qui était ’chahuté’. Aujourd’hui plus de chahuts, mais cela peut aller des insultes aux accusations mensongères , de la contestation permanente de l’autorité à la mollestation (oui ), du boycott des cours au refus de faire les contrôles,d’ aller se plaindre à l’administration ,d’ écrire au rectorat, y compris de façon anonyme . Face à cela l’enseignant doit justifier la moindre punition , ne peut plus exclure un élève de cours ,ni lui faire passer de conseils de discipline .Les chefs d’établissement ( et les recteurs )qui désormais ont une prime au mérite , ne veulent pas de vagues .Le professeur ’en difficultés ’ est convoqué chez le chef d’établissement managers ,dans des entretiens où les adjoints et CPE prennent des notes et où on lui demande de faire des efforts , de trouver une solution,de régler ses problèmes relationnels avec les élèves .Il n’a plus guère le réflexe de trouver un délégué syndical ou un témoin .Ces convocations de plus se font souvent à des moments stratégiques où il y a peu de personnel dans les établissements : soir , veille de weekend ou de vacances.Les collègues sont peu solidaires .Chacun craint ou agit pour sa propre chapelle , et un bouc émissaire désigné , ça peut-être parfois commode pour se protéger. Alors le professeur se retrouve seul et sans recours . Seul avec la peur au ventre ,plus peur parfois de l’administration et de la situation ,que des élèves.Peur , humiliation , culpabilité ,perte d’estime de soi... le harcèlement moral et ses effets a été tès bien décrit par Marie-France Hirigoyen .Il enclenche la dépression . Alors ,s’il survient, en plus, un accident de vie qui ajouterait seulement de la fatigue et un surcroit de peine ( divorce , deuil , maladie )c’est invivable .

    Fut-ce le cas de Lise ?

    Les professeurs n’ont pas la mentalité de faire appel à la justice ,ni l’habitude .Ils comptaient sur la solidarité , les syndicats , leur hiérachie .Or les choses ont changé .Elèves et parents,eux, menacent très vite et portent plainte .Certains se font accompagner d’avocats en conseils de discipline . Dès des diffamations , des injures , des outrages , du harcèlement l’enseigant devrait consulter un avocat et réclamer à l’administration la protection fonctionnelle .

    Cela aurait-il aidé Lise ?

    Les syndicats (Sud )commencent à s’emparer du problème de la souffrance et du harcèlement moral dans l’Education Nationale et de la vague de suicides .L’Autonome de Solidarité et la MGEN aussi . La première des mesures politiques à prendre en 2012 pour réformer l’Ecole serait de rassurer ses enseignants , de les protéger ,de leur rendre le respect, l’autorité, et de leur redonner les moyens d’enseigner dans la sérénité et d’agir pour éduquer .

    Ce que souhaitait sans doute Lise .

 

"leur rendre les moyens d'exercer légitimement leur autorité "

et ainsi retrouver le doit au respect!

 

Puisque vous dites que les informations concernant cette enseignante suicidée qui ont été diffusées largement sont fausses, comptez-vous interpeller les médias, et Mediapart en particulier, pour qu'une enquête permette de dire la véracité sur cette horrible situation?

Des lycéens qui voient une prof s'immoler, c'est une situation qui ne pourra être ramenée seulement à une question de harcèlement moral, d'abandon de la part de la hiérarchie.

A la mémoire de cette défunte. Et avec une pensée pour toutes les lycéennes et lycéens qui ont vu sa mort, pour chacune et chacun d'entre eux.

et une pensée pour les enfants des révolutions arabes qui sont témoins des mêmes actes que nous applaudissions à tours de bras ?

Le suicide de Lise, par sa violence, nous sidère. Mais la souffrance des profs au travail est devenue si fréquente qu'elle est presque "invisible". Et effectivement, ce ne sont pas seulement les jeunes profs débutants qui font les frais d'un manque de formation qui risque de les briser ou décourager à jamais, mais aussi les profs expérimentés, exigeants avec les élèves et avec eux-mêmes qui sont ringardisés : contestés s'ils sont "sévères" (peut-être parce qu'ils respectent leur métier et refusent la démagogie), ridiculisés dans leur idéal, parfois harcelés (je sais de quoi je parle) par un proviseur médiocre, qui applique des techniques "manageriales", démagogiques avec les élèves, méprisantes avec les enseignants qui n'ont pas l'heur de leur plaire. Surtout dans l'enseignement privé.

Plus largement, en France (à la différence des pays nordiques) l'enseignant est excessivement seul. Seul maître à bord. Seul s'il est bordélisé ou simplement contesté par des élèves qui rechignent à travailler, seul dans sa pédagogie, seul avec ses doutes... Et pourtant, les doutes sont normaux, et seuls les imbéciles ne doutent jamais. Le travail d'équipe, le soutien des collègues existe parfois, mais pas toujours, alors qu'il devrait être systématique. Et l'instauration des heures sup défiscalisées a introduit, dans certains cas, des rivalités entre profs eux-mêmes. Ajoutons que lorsque vous avez parfois 35 élèves par classe, et des classes difficiles (mais toute classe de 35 élèves est difficile), le travail frise l'héroïsme.

Les responsables de cette mort ne sont pas les élèves, qui n'ont sans doute pas mesuré la souffrance de leur prof, mais l'extrême solitude que traduit cet acte de désespoir, qui devait être installée, permanente, intolérable. Et qui n'a réussi à se faire entendre que par ce geste terrible.

Quand un chauffeur de bus est agressé, c'est la grêve instantanée dans toute la ville,

Quand un contrôleur SNCF est agressé, c'est la grêve instantanée dans tout le pays,

Quand un petit marchand de primeurs à la sauvette s'immole dans un coin de la Tunisie, c'est la révolution.

Mais quand une enseignante s'immole par le feu devant ses élèves... on ne s'en aperçoit même pas (à la façon de Sarkozy).

Ils ont eu la peau des enseignants, ils auront la peau de la République... fascisme pour tous pour bientôt.

je suis d'accord avec crampon !!! comment se fait-il que les enseignants en partculier et la population en général acceptent si facilement un tel acte, sans être plus indignés que çà ????? un fait divers de plus, et les gens sont résignés !!!!

oui

et en reportant la "culpabilité" sur l'enseignante victime!

parce que c'est ce que j'ai entendu ce matin même !

Il faut réagir contre cela qui est une véritable persécution d'une catégorie !

Pour moi ,bien qu'ayant des signes avant coureurs auparavant ,cela est devenu systématique à partir de 1995!

je regrette mais ce nefut pas compris comme un acte politique !et il se peut que l'inspiration l'ait été ,politique !

 

à Chantal

voir "la banalisation du mal" Hannah Arendt

ce que je voulais dire c'est que le jeune tunisien qui s'est immolé a déclenché la révolution en tunisie, alors que le suicide d'agents de chez renault, de france télécom (par le feu aussi dans le 33) et maintenant cette enseignante, (car un suicide par le feu, n'est vraiment pas anodin) ne déclenche rien d'autre que des marches blanches !! c'est toute la france du monde du travail qui devrait se soulever pour dire à nos c......rds de politiques qu'il y en a assez de leurs méthodes et de leur gouvernance !!!!!!!!!!!

À L'annonce de la mort de l'enseignante, sans élément dinformation, j'ai écrit maladroitement ce billet. http://blogs.mediapart.fr/blog/pol/141011/quelques-lignes-dans-les-journaux

Je suis satisfait d'avoir quelques éléments de plus. Je voudrais témoigner du fait que les difficultés du travail ne se retrouvent pas seulement chez les enseignants, et les suicides augmentent partout dans le monde, en Chine aussi. Le libéralisme sauvage, ces méthodes, en est le principal coupable, les crimes de bureaux existent.

Oui, bien vu. Les crimes de bureau existent.

Merci pour le billet.

On savait que chatel, sarkÖzy, et l'ump, c'était du caniveau accentué, des mensonges...et les dégâts vont continuer jusqu'à 2012...!

Je diffuse votre billet à un maximum de citoyens.

Respect à Lise et soutien total à Tous.

Je pense qu'un suicide par immolation va bien au delà du simple suicide et peut être un sacrifice individuel pour un ensemble : il semble étonnant que ce sens soit compris dans le cas de la personne tunisienne mais si peu dans ce cas -ci .

La violence est en proportion avec la violence d'un système inclus lui même dans une société : le fait de ne pas en prendre compte minimise un acte symbolique d'une grande importance .

Certes c'est d'une grande violence pour les élèves mais cela met aussi en face d'une violence quotidienne latente et symbolique qui est constamment niée et révèle aussi son ampleur .

Ce qui la rend in-supportable la violence ,c'est que l'on s'y habitue et on l'intègre sans s'en rendre compte petit à petit et pour d'autres elle ne saurait être une habitude ni intégrer d'où le besoin de la révéler à un ensemble ..

Quand je parle de violence ,je ne pense pas obligatoirement au fait d'une violence physique ou verbale mais celle que l'on ressent en voyant les dégâts humains d'un système, sa perte de sens et le sentiment d'impuissance de ne pouvoir l'arrêter ..

Certains ou certaines l'admettent cette impuissance , d'autres pas ..

Mais le fait est qu'il est de plus en plus difficile d'être entendu et la réaction du ministre de l'éducation en est la preuve .

La preuve d'une violence institutionnelle qui va jsuqu'à nier la souffrance dans un cas le plus extrême ,comme celui-ci, avec cynisme , au lieu de la prendre en compte .

Un tel déni associé à de la diffamation devrait entraîner une démission :il ne semble plus supportable que l'on fasse fi ainsi d'un être humain, de cette humanité avec tant d'indécence .

Je trouve votre commentaire juste du début à la fin.

Merci pour tant de clarté !

watayaga

Sur cela ,nous sommes bien d'accord!

nos histoires peuvent différer

Nous sommes ensemble dans le chagrin et la pitié.

Il est clair que l'intérêt dominant veut séparer ce cas du cas tunisien, et le pouvoir en Tunisie a aussi commencé en parlant de déséquilibré.

Nous souffrons toujours d'une telle dissociation entre un "chez nous" où on n'en serait tout-de-même pas là, et un "chez eux" où tout est possible car tout y est pire et rien ne peut donc les traumatiser "comme nous"...

Jeudi 20 10 , un préavis de grève a été déposé nationalement par la CGT éducation nationale afin que dans chaque établissement décide d'une réaction ..

Je crains qu'il y ait peu de réactions : pour l'instant dans mon établissement , une seule personne est venue m'en parler quand j'ai diffusé l'information et une texte sous forme d'hommage .

 

Oui merci pour ce billet. Merci de faire entendre ici la parole des collègues de Lise.

Les déclarations indignes de Luc Chatel ajoutent à la très vive émotion que suscite la mort de Lise (au-delà des seuls personnels de l'Éducation nationale) un profond sentiment de révolte qu'il faudrait pouvoir partager avec les collègues de Lise, mais aussi avec toutes celles et tous ceux qui refusent de consentir à l'intolérable et qui exigent qu'une enquête soit ouverte.

Je me permets donc de relayer un communiqué de la Fédération des syndicats Sud-Éducation:

Après le décès de notre collègue du lycée Jean Moulin de Béziers, organisons jeudi 20 octobre une commémoration dans tous les établissements.

http://www.sudeducation.org/Apres-le-deces-de-notre-collegue.html

à Pascal

Attac fait circuler ce même message des collègues enseignants de Béziers ,et pour attirer l'attention sur la souffrance au travail:

d'une catégorie

de toutes les catégories

Je ressens une profonde émotion, mélange de chagrin et de révolte. Cet acte désespéré, contient la manifestation visible d'une souffrance invisible. Invisible mais tellement intenable que l'inimaginable s'est produit. Cette image de l'apocalypse surgissant dans la cour d'un lycée, dans un lieu qui devrait être le symbole de l'éducation, de la protection, du respect, ne peut partir aux oubliettes de la mémoire collective.

Il faut dire que la souffrance mentale est orpheline dans notre pays. Elle est déniée, baffouée, humiliée par ceux là même qui pousse le système éducatif, le système de santé, le système judiciaire et le système de la sécurité publique vers l'irrespirable cynisme d'une pseudo performance fondée sur des évaluations indigentes.

Chacun doit examiner sa conscience, mobiliser sa capacité à se lier à d'autres pour garder et restaurer l'humanité qui est en nous.

La mort fait peur, fin d'une vie à laquelle on tient et y mettre fin ne pourrait provenir que de la souffrance ?

C'est une façon de voir, mais il y en a d'autres pour des gens qui ont une conception toute différente de la vie et de la mort...

S'immoler au milieu de la cour de récré, est un geste symbolique d'une violence extrême?

 

Eh oui.

 

Il représente exactement et précisément le niveau de violence que c'est devenu aujourd'hui, d'être un enfant et de grandir dans le contexte actuel.

 

Vous allez dire que j'exagère?

Ne voyez-vous pas, dans quel décor global de prison on évolue?

Ne serait-ce que physiquement, concrètement, je veux dire les barres en acier partout, les bites et bordures en béton acéré partout, le champ de vision constamment agressé par des contraintes et des brides durs et froids.

Ne voyez-vous pas, dans quel esprit de détenus enchaînés et gardés par des kapos, on pense et on conçoit le monde et la société aujourd'hui?

 

Vous ne le voyez pas, parce que l'homme s'habitue à tout, hélas, sans se révolter, à la manière du bétail, tout pareil. Des esclaves, quoi.

 

Mais il y a un moyen bien simple pour comprendre ce que je veux dire:

Se repositionner dans le passé.

Se placer trente ans en arrière, et imaginer notre monde actuel comme un monde de science-fiction qu'on aurait imaginé il y a trente ans, un monde d'horreur qu'un romancier ou qu'un réalisateur de film, mettrait en scène comme une de ces prospectives noires, à la "Soleil Vert" par exemple.

 

C'est l'histoire de la grenouille qui nage tranquillement dans sa marmitte. L'eau chauffe lentement, jusqu'à l'ébullition donc la mort.

Si on avait plongé brusquement la grenouille dans une eau directement bouillante, le choc aurait été insupportable et elle aurait sauté aussitôt et prestement hors de la marmitte.

 

De la même façon,

si on avait mis nos enfants d'il y a trente ans, directement téléportés dans une école ou dans un autocar scolaire d'aujourd'hui, leur réaction correspondrait à un choc terrible suivi de mutisme total, hébétude, à la manière d'un enfant de six ou sept ans qui serait violemment frappé par un adulte.

Alors que les enfants actuels, supportent tout ça comme la norme,

bien entendu puisqu'ils n'ont rien connu d'autre.

 

Ce n'est que quand ils auront vingt ans qu'ils réinventeront la révolte.

Enfin sauf qu'on les casse si complètement, qu'ils ne seront, eux, même pas capables de réinventer la révolte.

 

Les enfants d'aujourd'hui sont des enfants de détenus.

Ils sont comme des enfants qui grandiraient et seraient élevés à l'intérieur d'une prison par leurs parents prisonniers.

 

J'ajoute que leurs parents prisonniers, le seraient injustement, par un genre d'erreur judiciaire, sans qu'ils aient commis d'autre crime que celui de vivre.

 

Votre perpective est frappante, mais non exagérée.

 

Je trouve très intéressante cette notion de l'école transformée en prison.

 

Alors que les lois changent et les mentalités aussi pour bannir comme il se doit la punition corporelle, la discipline féroce, la récitation forcée, une autre forme d'emprisonnement se met en place, dans le béton, l'anonyme et laid décors, le vacarme, la tolérance zéro, le fichage des élèves devenus clients peu rénumérants d'un système dont le but est non plus l'éducation à la citoyenneté, la culture, la réussite professionnelle, mais la mise au pas pour faire accepter une société injuste et inhumaine.

Vous suivez exactement ce que je cherchais à dire.

 

Et tout cet esprit de bureaucratie et d'évaluation à tous les étages, mentalité-QCM à l'appui,

et surtout le fait que tout ça soit systématiquement présenté comme des revendications exhaucées, à grands renforts de la nouvelle novlangue où des mots comme "social" et "sécurité" sont des armes et des outils plus impitoyables que des menottes ou des chaînes aux pieds.

Je pense aussi notamment à toute une orientation d'esprit où le conflit est devenu aussi tabou que la mort, aussi interdit de cité.

 

C'est une violence infiniment plus grande qui est faite à l'enfance, que de lui imposer comme ça une perversion de l'esprit où le conflit n'existerait pas, où le conflit ferait de vous aux yeux des autres, "un enfant à problèmes",

un enfant à dépister,

un enfant à évaluer dès l'âge de cinq ans,

etc etc ce genre d'horreur qu'on commence à voir systématiser depuis quelques temps.

 

Qu'est-ce que vous voulez que ça donne comme genre d'adolescent?

Faudra pas s'étonner...

Tout-à-fait. Là je vous rejoins encore.

On remet tout sur l'enfant qui est forcé superficiellement et à très court terme de changer de comportement par une sorte de magie qui évacuereait tout autre problème.

Mais un enfant a la capacité mentale de concevoir, peu à peu, les termes et les enjeux de conflits bien réels auxquels il faudra faire face tôt ou tard.

 

Axel J

Vous dites exactement ce que je pense profondément et sepuis longtemps et ce contre quoi je lutte.

 

Par rapport au conflit :

Le conflit est interdit aux enfants et on leur demande de le régler de façon que je qualifierais de façon frontale de stupide : l'adulte ne voit rien de ce qui s'est passé et même s'il le voit il n'en comprend pas les enjeux et cela ne l'intéresse pas tant il est pressé d'annuler l'expression du problème et il dit à l'enfant qu'il a pris en flagrant délit de taper - et qui était peut-être la vraie victime (je passe sur les développements trop longs que demanderait cette notion) - "on ne tape pas" (rappel à la règle) puis "dis pardon" (résolution de conflit) et celui ou celle qui se considérait en légitime défense doit aller demander pardon à celui ou celle qu'il a vécu comme étant son agresseur ou son provocateur ! Un conflit réglé ainsi à la va vite comme une soupe minute engendre beaucoup d'hostilité refoulée d'un côté et de tentation à la sournoiserie de l'autre, cela rend, sur le long terme, les relations entre les enfants extrêmement hostiles.

Cependant il suffit de quelques fois où l'on a mis en pratique devant et avec les enfants une forme plus attentionnée et respectueuse du vécu de chacun pour qu'ils s'emparent du modèle et l'utilident entre eux. Cela prend plus de temps (à peine en réalité car dans ces pratiques minutes on ne prend jamais en compte le temps de résistance des enfants qui refusent d'obtempérer) sur le moment mais sur le long terme la gestion des conflits se fait plus pacifiquement, à l'amiable.

 

L'autre problème concerne les adultes : au sein des équipes doit régner une harmonie de façade et toute discussion devient impossible : on vous serine "il n'y a qu'une équipe" et ainsi plus personne ne peut discuter du pourquoi des pratique. Ainsi l'élément perturbateur est entouré d'une sorte de cordon sanitaire invisible qui l'isole du reste de l'équipe et s'il a le malheur de tenter d'expliquer son point de vue à un collègue lors d'une discussion qui a toute l'apparence de la convivialité celui-ci peut se sentir agressé, remis en cause dans sa pratique et aller se plaindre au supérieur hiérarchique qui intimera le silence à l'empêcheur de réprimer les enfants en rond.

 

Quand j'étais plus jeune, il y a eu une courte période où les équipes se réunissaient pour discuter des pratiques et échanger les points de vue de chacun. C'était souvent conflictuel, parfois douloureux mais sur le long terme il y avait des accomomdations réciproques qui permettaient une évolution des pensées des uns et des autres.

 

Maintenant, le hiérarque réunit tout le monde donne ses consignes et affirme que chacun est tenu d'obtempérer. Et ensuite on se rend compte que tout le monde est sous la haute surveillance de tout le monde qui va se plaindre que "lui il est ferme mais comme l'autre est plus laxiste il passe pour le méchant aux yeux des enfants" ce qui débouche sur une réunion "d'harmonisation des pratiques" au cours de laquelle est valorisée celle du mieux disant répressif !

 

Pas de possibilité de conflit ouvert car le moindre propos iconoclaste tenu sera dit et répété et la délation victimaire est un sport très apprécié, cela me fait mal de le constater. Ce qui fait que chacun garde pour soi ses doutes et ses interrogations et regarde ses collègues comme des délateurs potentiels. Tout le monde finit par se méfier de tout le monde - le pire c'est que c'est entre alliés que ce petit jeu de "je vais le dire au chef" fonctionne à plein pot (il faut dire que le chef est devenu le grand copain de chacun et que quand on lui parle on ne délationne pas on lui confie ses petits soucis qu'en bon ami il va tenter de régler) et quand on est à l'extérieur on se rend compte avec stupéfaction de l'hostilité réciproque qui existe entre ces personnes qui ne sont soudées entre elles que pour vous démolir.

Mais officiellement, tout va bien ! On est une bande de potes et qu'est-ce qu'on rigole....

C'est le vieux problème du "les nôtres" et "les autres".

Billet et fil qui donnent à penser ...et peut être à agir.

je rajoute juste :

* l'éducation nationale n'a aucun service de suivi médical des personnels.

* cet acte a, comme tous les actes, de nombreuses causes, sans doute, dont beaucoup nous restent illisibles. Mais on peut tout de même avancer que ce que nous vivons sur nos lieux de tavail est aussi le résultat d'un processus institutionnel (politique de management, par exemple, ne pas faire de vagues, autre exemple, mettre les familles de son côté de manière plus démagogique que pensée, "peur" devant les jeunes ...).

Danc ce processus les chefs sont pris comme les péquins de base et les élèves. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'alternative, mais la dominante (et c'est partout comme ça) est la soumission. Du coup lorsqu'on souffre, soit on est fort, armés sur le plan psychique, politique etc ...et on fait face, on choisit d'affronter, soit on est isolé, plus fragile, et on craque plus ou moins discrètement.

N'oublions pas que l'air ambiant est à la débrouille personnelle ...Dans l'école, on voit vraiment à l'oeuvre un processus de délitement : le pays (nous tous, notre vie politique, etc ...) y est pour quelque chose.

Les chefs d'établissemnt peuvent être de bonnes personnes et ne pas savoir analyser ce que le pouvoir, les décisions diverses leur imposent ; ils sont bien souvent des courroies de transmission, pris entre le marteau et l'enclume, ne pouvant/voulant pas se placer en "résistance". Ils ne peuvent pas être plus héroïques que la moyenne des gens, et de plus ils ont cherché une place de pouvoir (même minime) et d'organisation. Les enseignants non plus ne sont pas héroïques, mais leur place est différente, et ils prennent de front le réel qui surgit dans les groupes de jeunes gens. Ce réel est formé, déformé par ce que vit et transmet la société plus largement(voir ce que dit Axel par exemple).

Du coup se posent plusieurs questions : celle de la formation (de son absence) et surtout celle de la nature de la formation, et de son lien avec les réalités économiques et politiques : on est loin de l'idée d'une école émancipatrice ...Intéressant de lire la prose européenne à ce sujet !

J'ai été formatrice en IUFM dans les "champs" psycho-sociologiques (analyse institutionnelle, psycho. des groupes, mécanismes des conflits, psychisme adolescent, travail d'analyse professionnelle avec des professeurs "en souffrance", groupes de jeunes professeurs débutants...) : mes formations n'étaient déjà qu'optionnelles (c'est vous dire le cas qu'on en fait depuis des lustres), et lorsqu'il y a 6 ans j'ai appris qu'on divisait leur durée par deux, j'ai quitté l'IUFM pour rejoindre un poste de professeur, mais j'ai été bien seule à le faire ....

Puisse cet acte sacrificiel contribuer à ouvrir la réflexion, l'action.

Merci de votre billet.

 

Les dirigeants d'établissements scolaires devraient se situer en dessus de la moyenne dans leur discernement et leurs capacités, et il me semble qu'il y en a qui réussissent, lorsque les moyens leurs sont tant soit peu accordés et lorsque les pressions ministérielles ne paralysent pas toute initiative. Le désir de pouvoir ne motive pas toujours et tout le monde, d'ailleurs ce pouvoir semble bien illusoire au vu des exigences du gouvernement.

 

Pour le suivi médical, c'est une nécessité dans toutes les professions, et il ne m'est pas clair comment cela aurait eu un impact sur le cas présent, puisque ce sont les autres qui, à la suite du ministre, affirment que cette enseignante aurait été 'en souffrance'...

 

Ben oui ! mais vous avez dû saisir l'esprit de mon commentaire ?? Ne me ramenez pas au sempiternel débat connu (et pour autant juste aussi) : On sait que tout n'est pas question de "moyens" (les moyens sont nécesaires mais non suffisants) il y faut aussi de la pensée, et là, l'école et le pays sont un peu en panne ...

Et puis quand on est membre d'une institution, on mesure combien parfois on se laisse prendre par l'air dominant ....

Je ne sais pas si j'ai "saisi l'esprit" de votre commentaires. Sempiternel débat, oui hélas, cela veut-il dire qu'on n'a plus le droit (puisque vous semblez vouloir choisir quels thèmes sont permissibles ?) d'en parler ?

 

Et je ne comprends pas votre dernière phrase, est-ce une réponse à quelque chose que j'ai pu dire ?

Pour faire clair, ma réponse à votre commentaire était une affirmation que le suivi médical n'aurait certainement eu aucune implication dans le fait présent, et que la misère matérielle des écoles publiques est un facteur principal dans la détérioration des conditions d'enseignement.

 

Mais non MH, je ne réglemente pas le débat, je souligne que ce que je dis est à un niveau différent. C'est d'ailleurs le sens de ma dernière phrase qui ne vous vise pas : continuer d'avoir l'esprit libre et créatif dans une institution demande du courage, c'est un peu pareil dans les institutions médicales (voir par exemple la démission d'un grand neurologue de la Timone à Marseille, le professeur François Nicoli : devant la bêtise et les économies budgétaires, il n'a trouvé comme solution que de démissionner ).

Merci de vos précisions car votre 'ne me ramenez pas au sempiternel débat' n'était vraiment pas clair, et comme tout le monde parle à un niveau différent !...

La démission est aussi un acte courageux parfois nécessaire..., merci de partager cette info.

"Pour le suivi médical, c'est une nécessité dans toutes les professions, et il ne m'est pas clair comment cela aurait eu un impact sur le cas présent(...)" (mhjozoux)

Certains métiers metent en danger la santé psychique, comme d'autres mettent en danger la santé physique : question d'exposition aux risques.
C'est le cas des métiers d'autorité, ou des métiers d'aide ( cf. le burn out ou usure professionnelle).
Le métier d'enseignant relève de ces deux niveaux, autorité et aide.

Or l'institution éducation nationale ne propose aucun suivi médico-psychologique aux personnes qui commenceraient à se sentir mal par rapport à l'exercice de ce métier.

Les enseignants sont tout seuls face à ce qui se passe et qui pourtant ne relève pas que d'eux. (Et, si cela relève d'eux, ils ne vont le savoir qu'en exerçant).

Je pense ici à de jeunes enseignants que je connais, débutants l'un l'an dernier et l'autre cette année. Pour faire vite, mon sentiment est qu'ils y jouent leur peau. Et qu'ils sont effectivement seuls devant la situation (pas de formation digne de ce nom, pas de véritable lieu pour en parler, juste des "conseils" généraux qui ne s'appliquent pas à ce qu'ils vivent).

Enfin si, il existe bien UN médecin conseil par rectorat...

La disctinction entre métiers à risques physiques et risques psychiques est obsolète, un exemple étant bien le risque physique couru parfois par les enseignants, ce qui peut certainement troubler le psychique - et la disctinction n'existe pas plus dans les chantiers de construction d'aujourd'hui que dans les bureaux de vente à distance.

 

Plutôt que d'offrir des soins psychologiques spéciaux pour les enseignants l'argent serait mieux placé pour améliorer les conditions de l'enseignement qui sont obcsènement différentes selon le lycée publique où l'on travaille. Car on finit par stigmatiser les enseignants qui auraient plus de problèmes psycho-émotifs que d'autres, au lieu de s'adresser aux problèmes réels de la misère.

mhjozoux

OK merci de la leçon.

Vous semblez le prendre comme une leçon, mais j'explique seulement mon point de vue, qui est différent du vôtre, c'est tout.

Marielle

On n entend pas parler les medecins scolaires ....

A ce jour, les cours n'ont pas repris dans le Lycée de Béziers. Ils ne reprendront vraisemblablement qu'à la rentrée des petites vacances de la Toussaint. Merci aux intervenants du billet. Lise a été inhumée près de Béziers lundi après-midi sans la presse.

L'interdiction des violences et des actes pédophiles sur les élèves a-t-elle été bénéfique ou non aux enseignants ? Ce n'est pas une allusion au suicide de Bernard Hanse, injustement accusé sur fond de discours de secrétaire d'Etat prétendant que "l'enfant ne ment jamais". Juste à ce que chacun voit midi à sa porte. Ancien usager de l'Education Nationale j'ai eu vent de tentatives de suicide d'élèves, jamais un enseignant n'a été incriminé. Quand j'étais jeune on nous cognait (j'étais dans le public) et la pédophilie était tolérée.

Du côté des enseignants je me souviens d'un agrégé qui n'avait pas pu obtenir de poste en fac et qui avait enseigné un an dans un lycée. Pour lui il n'y avait rien de pire que le contact avec ses collègues en salle des profs. Il a préféré se réorienter et reprendre des études, à l'époque il m'avait dit qu'il aurait plutôt fait éboueur que retourner dans un lycée.

Sur le sujet du suicide l'étude des statistiques est sans doute aussi intéressante que l'examen de quelques cas individuels, même spectaculaires. Par exemple la prévalence supérieure à la moyenne des suicides au sein de France Telecom a été contestée (pas par la DRH de FT).

Quoiqu'il en soit, souvenons-nous de Bernard Hanse :

http://bernardhanse.canalblog.com/archives/2006/12/23/3501268.html

Mercredi 14 h Place de la comédie à Montpellier, "marche blanche" puis à 17 heures devant le rectorat, rue de l'université, avec demande d'entrevue au recteur.

Pour en revenir au métier d'enseignant, c'est vrai que l'enseignant est seul, je veux dire seul avec les élèves et sans aide. Ce ne sont pas les IPR qui nous aident à raison de 4 visites dans une carrière. Etant dans le privé, les chefs d'établissements ne sont d'aucune utilité, car ne connaissant pas les textes réglementaires ni même nos statuts . Les formations du public ne nous sont qu'à peine ouvertes. En fait, ce métier me plait du fait de la matière que j'enseigne et des relations que j'ai avec les adolescents (16-18) et me fait du "mal" quand je vois l'incompréhension de certains de mes élèves, parce que j'ai 35 élèves et que je ne peux apporter toute l'attention individuelle à chacun. Je prends du recul en me disant que l'incompréhension ne vient pas de moi, mais du système, de la valeur et de la compréhension de chacun des élèves. Aucune formation quelle qu'elle soit ne réglera les problèmes d'incompréhension d'une matière.

 

Notre région a acheté 32000 ordianteurs (i3 en processeur, 4 Go de RAM et un HDD de 320Go) pour 15 millions d'euros....Ce sera cela tous les ans. un hic, les bbatteries ont une autonomie de 2 h 30 et sont inamovibles....Ordinateurs qui ne pourront être utilisés en cours faute de prises de courant.

"de la valeur et de la compréhension de chacun des élèves. Aucune formation quelle qu'elle soit ne réglera les problèmes d'incompréhension d'une matière."

Sans vouloir vous offusquer, justement c'est sur des points comme celui-là que les formations sont les plus utiles et pertinentes parce qu'elles permettent de se placer sur un autre plan, de modifier son angle de vue.

 

Si vous ne l'avez déjà fait je vous conseillerais la lecture de "Chagrin d'école" de Daniel Pennac, il est très instructif dans ce domaine. Il y a aussi certains livres de Jérome Bruner qui, même s'ils concernent prioritairement la petite enfance expliquent bien ce que Pennac énonce : la mauvaise compréhension d'un élève peut venir de son obstination - involontaire puisqu'il est dans une logique qui lui paraît juste alors qu'elle est absurde - à s'enfoncer dans un malentendu.

L'exemple de Pennac est mathématique et concerne les fractions, je ne saurais de mémoire le développer davantage mais il m'a fait me souvenir d'une histoire semblable qui m'est arrivée quand j'étais en Angleterre : ma correspondante anglaise m'avait offert le disque "Help" des Beatles et elle me disait que c'était la version "LP" (Long Playing) et moi je comprenais (stupidement et j'en ai éprouvé une grande honte plusieurs dizaines d'années après quand j'ai enfin compris !) "Helpy" ce qui dans ma tête signifiait "petit help" : ni elle ni moi n'avons entrevu d'où venait l'incompréhension et j'ai vraiment du mal à comprendre d'où venait mon blocage.

 

Mais cette réflexion m'a permis de ne plus me focaliser sur la matière mais sur le cheminement de pensée de l'enfant, ce qui, par ailleurs, est très bien analysé en pédagogie Freinet mais le texte de Pennac m'a permis d'appréhender de façon plus fine cette approche (aurais-je pu avoir ce déclic si je n'avais pas été préparée par mes diverses formations dont la Freinet ?).

 

Je constate que depuis je peux aider des élèves qui ont des niveaux bien supérieurs au mien (on a beau dire que le niveau baisse, je suis larguée au-delà de la cinquième !) et certaines m'ont affirmé me devoir leur réussite au bac. Non pas parce que j'étais une lumière dans les matières mais parce que j'essayais de voir leurs difficultés de leur point de vue : ce sont des données qui ne s'improvisent pas, on doit les apprendre, cela fait partie de la transmission pédagogique depuis bien avant Coménius qui a déblayé pas mal de terrain et si l'on enseigne pourquoi refuser d'être enseigné ?

 

C'est de la transmission intergénérationnelle qui nous permet de ne pas partir de zéro à chaque génération et de s'inscrire dans une continuité puisque les découvertes autour des enfants ont fait plus de progrès en 25 ans qu'en 2000 ans mais on continue à traiter ces derniers de façon archaïque parce que dans ce domaine on prétend tout savoir sans rien avoir appris.

 

Je dois cependant préciser que s'il y a quelque chose que je déteste faire c'est bien d'aider les jeunes à faire leurs devoirs. Ce n'est pas mon boulot et j'y suis réfractaire. C'est une vraie souffrance pour moi mais en même temps je ne peux abandonner un jeune qui me demande de l'aider.

L'année dernière j'ai aidé un enfant en SVT. Je l'avais prévenu que mon niveau dans ce domaine était au-dessous de zéro et cela s'est avéré vrai : je ne comprenais rien aux questions posées. On a relu son cours : nada ! On a discuté sur le sens des mots, sur les solutions possibles etc. Cela nous a pris une bonne heure au cours de laquelle je me suis sentie étouffer comme au plus belles heures de ma scolarité - c'était une sensation physique -.

La semaine d'après il m'a ramené fièrement son devoir : il avait 2. Je me suis sentie mal mais il m'a dit : "ne vous en faites pas sans vous j'aurais eu 0 et j'ai eu la troisième meilleure note de la classe".

Pendant un an il est venu me montrer ses notes en SVT et c'était la petite bête qui monte. A la fin de l'année il est revenu me voir avec un 19 et il m'a dit : "c'est grâce à vous !". J'en suis restée comme deux ronds de flan : il ne m'avait plus jamais demandé mon aide !

Par la suite j'ai entendu lors d'un colloque parler du"Maître ignorant" de Jacques Rancière (http://1libertaire.free.fr/JRanciere04.html) mais je n'ai pas lu le livre. Cependant en lisant ce qui en était écrit sur le net je me suis dit qu'une grande partie de ma pratique se fondait sur mon ignorance et que ces textes lui apportait un fondement théorique qui me permettrait de pratiquer plus consciemment et en ayant les moyen de le défendre.

 

Je regrette seulement d'être trop vieille (pas forcément en âge mais en santé) pour avoir l'énergie nécessaire à ma recherche personnelle en faveur des enfants surtout à une période où tout les fragiles acquis dans ce domaine sont balayés d'un revers méprisant de la main et où tant de gens non seulement les ignorent mais veulent les ignorer. C'est en tout cas le sentiment que me donnent les professionnels de l'enfance toutes catégories confondues autour de moi !

 

Et pourtant qu'est-ce qu'ils souffrent !

doublon

pardon, mais je n'arrive pas à faire fonctionner votre lien.

C'est à cause d'un ènième bug de Mediapart, il faut remplacer manuellement "www" par "blogs" dans l'url.

Voici l'adresse:

http://blogs.mediapart.fr/blog/jjmu/191011/violences-institutionnelles-apres-le-suicide-d-une-enseigante

Luc Chatel a critiqué jeudi l'enquête mentionnée par le journal Le Monde affirmant que 17% des enseignants de collèges et de lycée souffriraient de « burn-out », terme anglais désignant l'épuisement mental, physique et émotionnel.


primaire_enseignant_professeur.jpg

 

Dans un communiqué, le ministre de l'Éducation a signalé que ce pourcentage « est en fait le résultat d'un travail statistique mené en Hollande à la fin des années 1990 ».


L'enquête a été menée par Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l'Éducation nationale, et José-Mario Horenstein, médecin psychiatre à la mutuelle MGEN. Elle paraîtra prochainement dans un rap­port à venir inti­tulé

 

La qua­lité de vie au tra­vail dans les lycées et col­lèges. Le burn-out des enseignants.

 

Par ailleurs, Luc Chatel révèle qu'une campagne de recrutement de 80 médecins de prévention a été lancée dès la rentrée 2010. Campagne qui n'a en réalité recruté que 17 médecins selon Elizabeth Labaye, secré­taire natio­nale du syn­di­cat d'enseignants Snes char­gée des ques­tions de santé, rapporte l'AFP.

 

afp.com/Jean-Philippe Ksiazek :

Les enseignants seraient même 30% à avoir régulièrement songé à quitter leur métier, selon une étude publiée ce mercredi dans Le Monde.

Les professeurs de collèges et lycées sont 17% à être touchés par le "burn-out". C'est six points de plus que dans les autres professions, selon une étude de deux spécialistes révélée dans Le Monde daté jeudi [22 octobre 2011].

Ces résultats édifiants sont en réalité ceux d’une étude menée chez des enseignants hollandais à la fin des années 90. Le texte intégral du rapport y fait d’ailleurs clairement allusion. Georges Fotinos, interrogé par l’Agence d’information spécialisée dans l’éducation (AEF) a lui-même confirmé que «l’étude intégrale indique clairement que ce pourcentage concernait les enseignants hollandais » et qu’il « n’a jamais été écrit que 17 % des professeurs de collège et de lycée en France souffraient de burn out, comme indiqué dans Le Monde ». Il semble donc que l’ire du ministre de l’Education nationale paraisse quelque peu justifiée. Luc Chatel a semblé estimer que dans cette affaire l’on se fichait peut-être du monde et surtout de lui qui déclare avoir œuvré depuis son arrivée à l’Education nationale pour améliorer l’accompagnement des professeurs à travers un partenariat avec la MGEN. De fait, les syndicats eux-mêmes ne semblent pas douter de la volonté des pouvoirs publics mais jugent que c’est au niveau des académies que le bât blesse, comme en témoigne l’absence de recrutement d’un nombre suffisant de médecins dédiés à la prévention en dépit du feu vert du ministre.

(d'après Léa Crébat)

Je viens d'assisiter au congrès de mon syndicat et Françoise LIGNIER nous a parlé de la souffrance au travail de manière magistrale et c'est vrai que souvent le sens nous échappe. C'est vrai que nous ne sommes pas assez formés, que nous sommes toujours dans l'urgence, dans le temps réel, alors qu'il faudrait poser à plat et "mettre en lumière le travail" et ses conséquences, comme le dit si bien Grançoise LIGNIER. Et cette souffrance concerne aussi bien nos élèves que les enseignants et vous avez raison de souligner que nous y participons et que nous ne voulons pas le voir et nous ne voulons pas dire que nous avons notre responsabilité.

Je cite les mots exacts d'un reproter de télévisions: "La profeseure était connue pour sa fragilité, en dépression et en conflit avec ses élèves qui la trouvaient trop sévère et contestaient ses méthodes ". Ou le reporter est-il aller pêcher ses informations? Ne devrait-on pas exiger des journalistes qu'ils donnent leurs sources dans de tels cas ( si tant est qu'ils en aient), plutôt que d'insulter la mémoire d'une morte? Pourquoi les IPR de Maths ne disent-ils aps ce qu'ils ont fait avec cette enseignante, puique d'après le rectorat elle "était suivie"? Plus de 10 jours sont passés et petit à petit cette mort va retomber dans l'oubli comme les centaines d'enseignants qui, chaque année, se suicident, sans aide de l'administration, bien au contraire.

Cela aura donné du travail aux journalistes pendant quelques journées. depuis, ils sont passés ailleurs, d'ailleurs qui se soucie des enseignants?

C'est ainsi, car ça leur suffit hélas, que les citoyens-audimatiens sont amenés à intégrer naturellement, que ce qui s'est passé serait "de sa faute à elle"...

 

...pouvoir disproportionné et absurdement néfaste de ces journalistes-spectacle...

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