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Comment rendre le mariage fréquentable?

Le mariage homosexuel, ou comment rendre le mariage fréquentable.

 

On s’étonne, très souvent, que la gauche défende le mariage pour tous. N’a-t-elle pas, traditionnellement, été en opposition frontale à cette institution paternaliste et conservatrice, étrange reliquat judéo-chrétien dans une république laïque ?

Je pense, au contraire, que la mesure visant à étendre le mariage à tous fait partie de celles qui, pour un homme de gauche, contribuent à rendre le mariage fréquentable.

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C’est vrai que cette institution passéiste a longtemps été le vecteur du familialisme et du phallocentrisme prisés des conservateurs. Car, à travers l’idée selon laquelle un enfant a besoin d’un père et d’une mère, c’est toute une vision prétendument naturelle de la famille qui s’affirme. Une vision faite de hiérarchie, où chacun a une fonction qu’il doit tenir : les unes s’occupent du foyer et des enfants ; les autres se chargent de ramener de l’argent et de présider despotiquement aux destinées générales de la maisonnée. Le mariage, en effet, encapsule toute l’essence de la société civile bourgeoise fondée sur la domination paternelle, le lien familial, le patrimoine et l’héritage. La société civile bourgeoise est en vérité moins une réunion de citoyens libres et égaux qu’une réunion de familles.

Progressivement, pourtant, le progrès s’instille dans l’institution, accompagnant celui de la société, et en fait exploser les cadres. La femme, longtemps mineure financièrement, en vertu du mariage, a gagné son autonomie bancaire en 1965. Les enfants, longtemps soumis à l’autorité despotique de leurs parents, en vertu du mariage, qui instaure une véritable chefferie dans l’Etat, sont de plus en plus protégés par des cadres institutionnels collectifs. Les droits de l’enfant, en effet, n’accouchent pas du droit à l’enfant mais retirent aux parents un pouvoir exorbitant en faisant de la collectivité la garante de l’intégrité des plus vulnérables. Des femmes libres et égales aux hommes et des enfants dont le tuteur est, in fine, l’Etat. Voilà des métamorphoses qui devraient finir par rendre le mariage fréquentable à la gauche !

Mais, il nous manque encore quelque chose, le mariage ne pourra devenir fréquentable qu’à se vider complètement des modèles anciens (sur la différence et la complémentarité des genres notamment) qui ont structuré l’ancienne famille bourgeoise. Il doit maintenant devenir l’union de deux personnes (sans autre considération de pratiques sexuelles, religieuses...) majeures également libres et prêtes à prendre leur responsabilité l’une à l’égard de l’autre et à l’égard de leurs enfants.

Alors, quand un homme de gauche entend que l’on veut permettre aux homosexuels de se marier, il ne doit pas se plaindre que l'on fasse la promotion d'une institution passéiste, mais il doit sauter au plafond et se dire que le mariage sera peut-être un jour complètement vidé de sa bigoterie et de son conservatisme pour n’être, finalement, que ce qu’il a vocation à être : une institution civique qui protège et responsabilise les personnes, toutes sans exception.

 

voir sur le même sujet :

exellents Billets d'E. Fassin et M. Godelier : 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/01/14/l-eglise-catholique-au-mepris-du-droit_1816719_3232.html?xtmc=mariage&xtcr=27

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/17/l-humanite-n-a-cesse-d-inventer-de-nouvelles-formes-de-mariage-et-de-descendance_1792200_3224.html

 

billet orienté anti-mariage pour tous d'un collègue qui s'est fait remarquer par un opuscule sur le sujet :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/01/14/un-acte-de-resistance-du-pays-que-l-elysee-doit-entendre_1816720_3232.html?xtmc=mariage&xtcr=26

 

mais aussi l'appel de 100 députés engagés pour l'égalité des droits :

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/271112/engages-pour-l-egalite-des-droits

Tous les commentaires

16/01/2013, 10:41 | Par Berjac

Et l'autorité paternelle remplacée vers 1970 par l'autorité parentale.

Et tout cela ne doit pas nous empêcher de prendre dans nos bras une personne du sexe oppos'...

Oups ! comment dire ?

16/01/2013, 10:58 | Par Pierre Crétois en réponse au commentaire de Berjac le 16/01/2013 à 10:41

Evidemment, il n'y a rien de normatif. Offrir la possibilité à des personnes de même sexe de s'unir et de fonder un foyer, n'est pas une promotion de l'homosexualité, évidemment. C'est, outre une nouvelle liberté pour les uns, surtout l'abandon de la promotion indue d'une forme de sexualité (hétérosexuelle) au détriment des autres. 

16/01/2013, 13:31 | Par Berjac en réponse au commentaire de Pierre Crétois le 16/01/2013 à 10:58

Mais en fait, la question est biaisée car l'homoparentalité existe comme phénomène de masse et n'attend aucune autorisation.
Il est simplement question de lui tracer un cadre juridique pour sécuriser l'enfant en cas de dissolution : décès ou séparation

16/01/2013, 14:00 | Par Pierre Crétois en réponse au commentaire de Berjac le 16/01/2013 à 13:31

Je parlais d'union juridique avec tous les effets juridiques qu'elle contient : existence juridique d'un foyer, devoirs, responsabilités, droits... passer du fait au droit a des conséquences non-négligeables pas seulement symboliques (sans quoi, il n'y aurait pas tant d'antis). Si, le fait (par exemple, le fait qu'il existe des couples homosexuels) suffisait alors on pourrait faire fi de l'Etat et des règles qu'il met en place. Or, pour ma part, je pense que le droit est un dispositif décisif dans l'établissement d'une normativité commune : les lois charrient du sens. Le type de comportements que l'Etat protège (et en un sens, même si c'est discutable, cautionne) à travers le mariage n'est pas neutre. C'est le sens réactionnaire encore actuel du mariage que je critique et l'ouverture progressive du mariage au pluralisme, sa compatibilité toujours accrue avec les valeurs de liberté et d'égalité, qui, au contraire me réjouit. Mais sinon, oui, nous sommes d'accord.

17/01/2013, 10:39 | Par Christian09 en réponse au commentaire de Berjac le 16/01/2013 à 10:41

Autorité parentale? Cher Berjac, elle est trés théorique et je te prie de me croire pour l'avoir vécu. Les juges sont majoritairement très conservateurs et de droite, quand ils-elles ne sont pas un des pilliers de notre société capitaliste. A cela tu ajoutes leur suffisance de classe et tu comprendras pourquoi cette institution dite républicaine n'est pas appréciée du peuple. Tu dis Guy Béart...un poête merveilleux.

16/01/2013, 10:58 | Par Pierre Crétois

***

16/01/2013, 11:20 | Par Gilbert Pouillart

L'ethnologie nous montre des sociétés humaines ayant adopté bien des façons différentes de vivre ensemble, au plan interindividuel. Des coutumes, desrtraditions, appuyées ou imposées par des croyances, on poeut en dresser un catalogue imposant et très divers.

L'idée de contrat inerindividuel a été illustré par l'amitié, par l'amour, par le dévouement, par l'esprit d'équipe ou de "bande", par la sujétion ou même l'esclavage. Le répertoire est riche, et non clos. Les contrats interindividuels comportent  ou non un aspect "institué", et toujours une part d'implicite, d'irrationnel et d'informel.

les diveres formes de "mariage" ne sont que des cas particuliers, sensibles à 'histoire, à cette paticularité humaine de n'avoir pas un ethos reconnaissable, mais à inventer sans cesse des ethos divers, associés ou concurrents, ou encore s'ignorant, délibérément ou pas.

Les formes "politiques" ,"juridiques", imposées à des vivre ensemble, sont plus des façons de reconnaître et tenter de gérer des pratiques, que des manières d'imposer des conduites.

mais beaucoup d'humains n'en sont pas conscients...

16/01/2013, 18:17 | Par POJ

Le mariage civil n'a pas besoin d'être vidé de sa bigoterie...

Je vous conseille le billet de Charline Vanhoenacker sur le déroulement du débat à l'Assemblée à propos du mariage pour tous. On y sent vraiment que les députés s'ennuient : Un Belge, trois pelés et un tondu à l’Assemblée

Plutôt que de réformer le code civil, pour plus d'égalité, le législateur devrait réformer le code des impôts et aplanir les droits de successions pour tous les conjoints, mariés ou non, hétéorsexuels ou homosexuels. Plus besoin de mariage pour pouvoir continuer à vivre dans ce que l'on a bati à deux.

16/01/2013, 19:31 | Par Pierre Crétois en réponse au commentaire de POJ le 16/01/2013 à 18:17

Permettez-moi de croire le contraire concernant la modernisation du Code civil, ce qui ne m'empêche pas d'être pleinement d'accord avec votre point de vue sur le Code des impôts.Il peut y avoir plusieurs fronts qui ne s'excluent pas mutuellement, non ?

17/01/2013, 01:58 | Par POJ en réponse au commentaire de Pierre Crétois le 16/01/2013 à 19:31

Je ne vois pas où se situe la contrariété sur la modernisation du Code civil.

L'un n'exclut pas l'autre effectivement, mais le mariage civil dans l'esprit de 1804  étant avant tout une affaire de patrimoine, autant réformer en priorité ce qui crée la véritable discrimination entre les couples : le montant des droits de succession. Ce dont on ne parle pas, comme par hasard.

16/01/2013, 18:32 | Par Jean TRAMUSET

Mais si le mariage, c'est la famille ; celle-ci, comme l'a démontré Engels (cf. ''L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'état''), pouvant être vue comme l'une des ''cellules de base'' du capitalisme ? A ce sujet, voyez : ''Du genre à l'altérité : pour en finir avec l'assujettissement des femmes''.

Bonne lecture ?

JT 

16/01/2013, 19:29 | Par Pierre Crétois en réponse au commentaire de Jean TRAMUSET le 16/01/2013 à 18:32

C'est vrai, c'est là que s'enracine l'antipathie d'une partie de la gauche pour le mariage.

Mais, mon idée, toute simple, est que si le mariage exprime, dans la forme du droit, la conception qu'une société se fait de la famille; par voie de conséquence, si le mariage se transforme, cela indique une transformation de la famille. On en conclut donc que si, à mon sens, le mariage devient fréquentable, la famille le devient aussi de plus en plus.

Evidemment vous pouvez considérer que cela ne fait que traduire le caractère bourgeois des idées que je défends. J'ai plutôt tendance à croire que par des lois sur l'enfance, sur l'héritage, sur le mariage, on peut agir puissamment sur la structure de la famille pour la "désembourgeoiser" et la rendre compatible avec la république.

17/01/2013, 00:28 | Par Jean TRAMUSET en réponse au commentaire de Pierre Crétois le 16/01/2013 à 19:29

''Désembourgeoiser'' la famille par des lois sur l'enfance, l'héritage, le mariage ? Mais à supposer que la famille soit bien LE lieu, disons, de l' ''éducation'' des enfants, celle-ci au sens de leur préparation à leur ''métier'' d'adulte (autonome et responsable), celle-ci (cette éducation) devant donc être telle qu'à son terme, ils (les enfants) sachent L'ALTERITE (d'où la nécessité de DEUX parents -notez que je ne dis pas un père et une mère ; et qu'en tout cas je ne dis pas un mari et sa femme), et LA LOI (au sens de ce qui est supérieur aux opinions possiblement divergentes des deux parents), où voyez-vous que, s'il légifère sur la famille, le législateur doive aussi légiférer sur l'héritage et sur le mariage'' ?

Et en ce sens, ne voyez-vous pas que la famille telle que nous la connaissons doive être bien plus que ''désembourgeoisée'' ?  

17/01/2013, 00:34 | Par Pierre Crétois en réponse au commentaire de Jean TRAMUSET le 17/01/2013 à 00:28

La  liaison du mariage et de la famille... eh bien disons que, juridiquement, elle n'a pas besoin d'explication. Le foyer est, juridiquement, fondé par le mariage (exemple au hasard : permettre le mariage des homosexuels, c'est bien influer sur leur possibilité de constituer une famille, aux yeux de la loi, et donc de bénéficier des droits qui accompagnent cette situation juridique, d'en assumer aussi les responsabilités). Ensuite, qu'il y ait des situations familiales de fait indépendants de la loi, c'est évident 

Quant à l'éducation des enfants, je ne crois pas, en effet, qu'elle se fasse dans la famille, ou pas exclusivement et j'ai tendance à croire à ce que Platon appelait le "communisme des enfants". Cela n'exclut pas le recours à la famille évidemment, mais à une famille dont les formes sont juridiquement encadrées par le souci de l'intérêt de tous. 

Enfin, je crois que que votre désaccord porte surtout sur le fait que, pour vous, il faut liquider la famille, alors que dans la perspective que je défends ici les transformations que le droit impose à la famille (y compris donc en légiférant sur la mariage en le rendant plus ouvert) la rendent de plus en plus fréquentable. Mais ceci peut faire l'objet d'un débat.

17/01/2013, 12:17 | Par Jean TRAMUSET en réponse au commentaire de Pierre Crétois le 17/01/2013 à 00:34

''Une famille dont les formes sont (juridiquement) encadrés par le souci de l'intérêt de tous (c'est moi qui souligne)''. Justement ! tel est bien le problème. Plus explicitement ? Or (simplement ceci !), soit la famille telle qu'aujourd'hui elle ''fonctionne'', et telle que, si en effet on ne ''liquide'' pas ce qu'elle est (vous m'avez parfaitement compris !), elle continuera de fonctionner : comment ne pas voir que si elle est ''problématique'' au regard de l'éducation des enfants, elle l'est tout autant (TOUT AUTANT !) s'agissant cette fois de, disons, la vie... des parents (qu'ils soient ou non du même sexe) ; la vie des parents c'est à dire ce qui, en réalité, dans le cadre de nos familles ''mononucléaires'', NE PEUT qu'en RESTER !

17/01/2013, 10:45 | Par Andrée BOCCANFUSO-GALY en réponse au commentaire de Jean TRAMUSET le 17/01/2013 à 00:28

Parce que seule la LOI protègera et permettra un droit à exister, un droit à être reconnu, un droit à ce que deux parents de même sexe pourront se présenter à la sortie d'une maternelle pour accueillir leur enfant, pour qui ils ont fait un projet d'éducation, d'accompagnement en veillant à leur épanouissement...

Où modélise-t-on le sexisme et l'homophie mais aussi la tolérance parfois... d'abord dans la famille et ensuite à l'école.... la république est là pour garantir un même droit pour tous et les lois sont là pour ça. Même s'il y a beaucoup à en dire...

17/01/2013, 13:08 | Par Jean TRAMUSET en réponse au commentaire de Andrée BOCCANFUSO-GALY le 17/01/2013 à 10:45

Il me semble que nous ne parlons pas de la même ''LOI''. Encore une fois, s'agissant de l'éducation des enfants (celle-ci étant entendue au sens que j'ai indiqué plus haut), la LOI, pour moi, est ce qui est supérieur aux opinions des DEUX parents : c'est qu'il faut AUSSI que l'enfant ''intègre'' l'idée qu'évidemment, il y a ''plus fort'' que ce que disent ses deux parents... ceci fût-il conforme à la loi au sens où, cette fois, vous l'entendez.

Si je peux être plus clair ?

Bien entendu : n'est-il pas évident que, pour nous autres humains, il est une LOI que jamais nos lois ne pourront abolir ?  

16/01/2013, 22:53 | Par Raymond SAMUEL

Pierre CRETOIS,

..."et la rendre compatible avec la république..."

Je serais plus heureux si vous militiez pour rendre la famille plus conforme avec les besoins des enfants.

16/01/2013, 23:20 | Par Pierre Crétois en réponse au commentaire de Raymond SAMUEL le 16/01/2013 à 22:53

Déplier le concept de république est important. Je l'ai simplement utilisé comme mot d'ordre philosophique plus que pour désigner une réalité institutionnelle. La république est une idée dont la formulation la plus simple consiste à la définir comme défense de la chose publique plutôt que des intérêts particuliers, cette république est une réunion de citoyens également libres et sans exclusive arbitraire (de genre ou de race, par exemple). Si l'on admet cette définition de la république qui est plus un programme abstrait issu notamment de la Révolution française qu'autre chose, dans ce cas, je ne vois pas pour quelle raison la cause des enfants en serait exclue. Je crois même que les idées évoquées dans mon billet vont dans ce sens. Bref, et ça n'est pas une parade, je suis d'accord avec vous, il faut subordonner les règles qui encadrent et définissent le mariage à la cause des enfants mais à bien d'autres choses encore, de telle sorte que le mariage soit définitivement un des organes permettant de donner un corps juridique à l'intérêt de tous.

17/01/2013, 08:58 | Par richard crevier

Rendre le mariage « fréquentable » ? On peut fréquenter une personne ou un lieu mais pas une institution… 

17/01/2013, 11:01 | Par Pierre Crétois en réponse au commentaire de richard crevier le 17/01/2013 à 08:58

Personnification ou métaphore ? J'hésite... Clin d'œil

17/01/2013, 12:52 | Par Ysabeau

Ben moi j'ai compris l'intérêt du mariage quand des amis homosexuels m'ont expliqué tout ce que le PACS ne prévoyait pas. Le mariage peut faciliter pas mal de choses dans certains cas et c'est une institution qui n'a pas grand chose à voir avec la famille et la procréation (curieux d'ailleurs cette façon qu'on les êtres humains qui se jugent supérieurs aux animaux de s'accrocher si fort à une fonction biologique à la porte de n'importe quelle amibe) sinon, logiquement, on ne pourrait pas se marier si on était stérile et passé un certain âge...

18/01/2013, 13:50 | Par vieuxschnock en réponse au commentaire de Ysabeau le 17/01/2013 à 12:52

Dommage qu'on ne puisse ici "recommander" qu'une fois !

SourireSourireSourireSourireSourire etc...

21/01/2013, 11:09 | Par Pierre Crétois en réponse au commentaire de Ysabeau le 17/01/2013 à 12:52

Evidemment, d'ailleurs, selon le dogme, ne faut-il pas se marier avant d'avoir des enfants ? Clin d'œil

Mais ça n'est pas vraiment l'objet : être marié n'oblige pas à faire des enfants, c'est vrai. Pourtant, (a) un des effets principaux du mariage est de créer un foyer (fiscal, juridique avec solidarité des mariés), je ne l'invente pas, c'est dans le Code Civil; (b) un autre des effets est de générer des responsabilités des conjoints à l'égard de leurs enfants (là aussi cela fait l'objet d'articles très précis lus par le maire au moment de l'union); (c) cela donne des droits à l'adoption par le couple (à moins qu'il y ait une exception dans la loi) car pour adopter en couple, le simple concubinage ou PACS ne suffisent pas (car être non-marié, c'est être juridiquement célibataire...); (d) cela a aussi des conséquences en termes d'héritage et transmission du patrimoine...

Donc, l'idée selon laquelle le mariage est une instution bourgeoise n'est pas sortie de la tête bouillonnante de fous marxistes, mais est, d'une certaine manière, une réalité (à son origine du moins). Tout cela pour vous indiquer que, dans le droit, mariage est bien lié à famille, à héritage/patrimoine et à enfant et que donc le mariage transmet et cautionne une certaine conception de la famille. Transformer le mariage en donnant aux femmes indépendance banquaire par exemple, en retirant la qualification de chef de famille au père ou encore en permettant aux homosexuels de s'unir juridiquement, est le signe d'une modernisation profonde et importante qui, de mon point de vue, rend le mariage fréquentable.

Cela ne remet pas en cause vos remarques philosophiques de bon sens bien sûr.

21/01/2013, 14:32 | Par Raymond SAMUEL

Pierre CRETOIS

Le 16 janvier ci-dessu_s, vous écrivez : "La République est une idée do nt la formulation la plus simple consiste à la définir comme défense de la chose publique plutot que des intérêts particuliers."

Je crains que cette formulation (que j'approuve) n'ajoute, ne cautionne, au moins, le sacrifice de ceux qui ne sont pas en mesure de se défendre et qu'on oubliera de prendre en compte suffisamment.

Les enfants sont constitutifs de la République mais ne peuvent pas protester, ils n'ont pas droit à la parole.

Il y a plus important que l'intérêt général, c'est la protection des plus faibles. Sinon on peut approuver la méthode ancienne des Esquimauds qui consistait à abandonner les vieux aux ours ou les nouveaux-nés au froid polaire, dans l'intérêt général.

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