Sun.
27
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Saetas

Bientôt la Semaine Sainte...

 

Pero... "El conac de las bodegas se disfracho de noviembre..."

 

 

 

acception secréte d'un port l'hiver où noir et sec et bleu

chante, pas de fadaises, chante sec, noir et sec

chante sec, voix brute, voix profonde

voix brute

Tous les commentaires

Moi pas comprendre - pas dotée du tout de ce don (ibérique) - toi me donner lanterne et ferai mieux.

Les saetas sont ces "priéres" en forme de cris que l'on jette au passage du cortége religieux, funébre, baroque, plein de pénitents cagoulés (ces longues cagoules pointues) dans le sud de l'Espagne. Priéres, poémes très courts: des fléches lancées au ciel... "Le cognac des bouteilles se réfracte (se difracte) de novembre..." C'est en fait intraduisible, pour moi. J'en cherche toujours et encore l'auteur... Machado, Lorca?

D'après le "María Moliner" SAETA: "Saeta" = Flecha (flèche), ou encore "manecilla del reloj" = (aiguille de l'horloge), ou "copla del cante flamenco, de asunto devoto que se canta pour una persona sola..." = (couplet de l'art du flamenco, à consonance religieuse, chanté à cappella...) Lors des cortèges religieux en représentation de la Passion du Christ, dans le Sud de l'Espagne, l'on lance ainsi, comme de "flèches", des prières ou des éloges dirigés tantôt à la Vierge (mère dans la douleur), tantôt au Christ qui avance vers la croix. C'est une liturgie populaire très enracinée, par moitié tradition folklorique, par moitié croyance religieuse, parfois venant même de la part de personnes qui se déclarent profondément et rationnellement "non croyants"... Voici une très belle"saeta", poème de Machado, dont je vous invite à écouter les mots. Au-delà de tout sentiment religieux, je ne vois dans le contenu que de la lassitude devant cette manifestation qui exalte de manière récurrente l'exacerbation de sentiments durant quelques instants, sans plus. [asset|aid=15640|format=fullsize|formatt

"manecilla del reloj"... Tiens, tiens, l'Horloge aurait des aiguilles?

"Une voix populaire dit: . "Qui me prête une échelle Pour monter jusqu'à la Croix Pour lui enlever les clous A Jésus le Nazaréen?" . Oh, toi, la "saeta", ce chant Envoyé au Christ des Gitans Ce Christ, toujours le sang dans les mains, Ce Christ, toujours là, à déclouer. Chanson du peuple andalou Qui, chaque printemps venant, Avance et demande une échelle Pour monter jusqu'à la croix!" . Evidement, dans la langue et le contexte du poète cela prend une autre allure! . Chanson de cette terre qui es la mienne, Qui lance fleurs Au Jésus dans l'agonie Et c'est la foi de mes ancêtres. Oh, non, ce n'est pas toi ma chanson, Je ne veux pas chanter, je ne le peux pas, à ce Jésus dans le bois, mais à celui qui marcha sur l'eau! . .

Pierre Ferron, j'ai dû mal effectuer la procédure parce que je vois que ma réponse partielle que j'avais faite hier n'est pas apparue. En somme, c'était à peu près ceci: "... Oh, ciudad de los gitanos! Quién te vío y no te recuerda? (...) La ciudad libre de miedo multiplicaba sus puertas. Cuarenta guardias civiles entran a saco por ellas. Los relojes se pararon, y el coñac de las botellas se disfrazó de noviembre para no infundir sospechas. Un vuelo de gritos largos se levantó en las veletas. Los sables cortan las brisas que los cascos atropellan. (...)" En fait, c'est une partie d'un poème du "Romancero Gitano" dont le titre annonce déjà le contenu et est peut-être prélude fatal à la fin de l'auteur : Poema Romance de la Guardia Civil Española". Il parle de Jerez de la Frontera ("Oh, ciudad de los gitanos") et de l'une des "descentes" musclées de la Guardia Civil. A Jerez se trouvent les caves des vins et liqueurs réputés du pays - ce même poème fait allusion à l'un des chefs d'une très puissante famille - "Detrâs va Pedro Domecq con tres sultanas de Persia" et il faut connaître le contexte de ce qui était l'oligarchie dans ces temps et dans ces terres, pour prendre toute la portée et la profondeur humaine du poème. F G Lorca l'a décrit et dénoncé de manière récurrente et c'est en partie ce qui fatalement est à l'origine de sa terrible fin, aux mains de quelques brutes issues de la Guardai Civil de ces temps-là, mais la tête commanditaire était ailleurs. La traduction de votre phrase, est à peu près cela: "Les horloges s'arrêtèrent, et le cognac des bouteilles se déguisa en novembre pour pas lever de soupçons..." Le cognac "pétillant et chaleureux" perdit même de sa couleur... (Le cognac est en réalité le "Jerez" ou "Xerez" ou l'un des liqueurs qui sont produits par "las bodegas gaditanas" des Domecq). C'est ainsi au moins que j'ai toujours interprété cette partie du poème. Je ne crois pas que ceci fasse partie du genre de la "saeta", sauf si l'on pense que chaque vers était une flèche empoisonnée envers le pouvoir et ses dérives, mais je peux me tromper.

Merci. Cela faisait des années que je cherchais l'auteur de ces vers, qu'en fait j'avais donc réinventés. C'est sans doute la fin d'un cycle, commencé à Toulouse, où ces mots me trottaient dans la tête, ces mots que j'avais pourtant eus sous les yeux, puisque j'avais lu le "Romancero gitano" au lycée Henri IV, à Poitiers, avec un assistant péruvien, par un bel après-midi d'automne, tandis que le soleil entrait à flot dans la salle. "El conac de las botellas..." Plus tard j'étais allé chez José Corti, à Paris, à côté du jardin du Luxembourg, pour demander qui en était l'auteur, toujours. Je crois qu'en fait, je ne voulais pas le savoir, ces vers étaient miens, ces vers étaient mon automne comme ils furent mon printemps... Mais il fallait que je le sache, parce qu'un jour il faut mettre ses affaires en ordre, et commencer à faire ses valises pour le dernier voyage, et, sans doute ce voyage doit-il se faire en toute conscience, tant qu'on peut, et qu'il ne faut plus se raconter d'histoire à soi-même, même si on peut encore en raconter aux autres, à condition qu'elles et ils sachent que ce sont des histoires, des légendes, des traces, des paroles. Des recréations. Les "saetas": j'ai pris l'habitude de nommer ainsi tout poème court, que d'autres nomment "haïkus", parce que je me sens plus proche de l'âme espagnole, ombre sombre et lumiére crue, que de la japonaise, plus proche de ce qui tient du cri, de l'interjection, que de la démarche posée, plus proche de la fléche, même si c'est la fléche immobile de la Bagavad Gitta (dans le Mahabarata)... Et puis j'aime cette musique, "el cante jondo" Toléde, en 1970, après ce que nous en avait appris notre excellent professeur, ce nom de bataille décisive et tragique, Toléde, le musée du "Greco", ce choc visuel, cette rencontre avec cette peinture... puissamment présente, verdâtre et pourtant lumineuse, cette atmosphére de cadavres glorifiés, mais plus que ça, bien sur... Bien plus: une présence. Une présence qui a tant secoué notre jeunesse ignare, que nous partîmes d'un fou rire irrépressible, une réaction au choc... Puis plus tard, la nuit venue, dans cette Espagne franquiste, nous avons franchi le pont sur le Tage, une gorge profonde, à Toledo, et de l'autre côté le quartier gitano... Une nuit sous les étoiles.

Je suis émue de votre témoignage, Pierre Ferron. Lorsque je fus en visite scolaire avec mon école venue de Madrid pour écouter la prouesse franquiste de la défense de l'Alcazar de Toledo (je suppose que vous êtes rentré aussi à cette occasion d'où, peut-être, le fou rire à la sortie(?) en 1970 c'était encore la même ode) sans doute quelques années précédant la votre, j'eus de larmes de rage de devoir écouter l'histoire officielle de "la gesta" sans mot dire. Ma mère, professeur et de famille républicaine, nous avait racontée, à moi et à mes frères et soeurs, "son histoire à elle, version républicaine" comme un secret tout en nous prévenant de ne pas ouvrir la bouche et de le garder pour nous, transmission orale qui précède peut-être les légendes lorsque le temps ne permet pas de démystifier... Dans ces temps, l'Histoire et la culture étaient très restrictives et enseignées de manière assez particulière dans mon pays... L'histoire que ma mère me racontait parlait de factieux qui avaient attenté contre la République et compromis l'avenir de la nation... Aujourd'hui et depuis longtemps, heureusement, mes compatriotes et moi-même pouvons voir et revoir ce monument historique, qui en a vu d'autres depuis les Romains, l'esprit à peu près en paix et sinon comprendre la brutalité et la bêtise, admettre qu'elle est et fait partie de notre nature qui est encore à l'état de l'âge de la pierre et dont l'on ne fait rien pour l'aider à s'amadouer, bien au contraire. Tolède est un bijou de l'Humanité qui abrita et fut longtemps terre des trois Cultures et que bien sûr, Le Greco, a rendu célèbre.

Oui, l'Espagne terre des trois cultures, riche de ces métissages, qui furent souvent douloureux, mais font un si grand peuple, grand dans sa dimension tragique, mais aussi sa "joie de vivre". J'aime beaucoup cette terre...

Le Romancero Gitano, cette merveille, Federico Garcia Lorca, bien sur, merci infiniment de l'avoir retrouvé

J'aurais bien aimé partager avec vous l'enregistrement d'une superbe saeta "lancée" par Pastora Pavón dans une procession des années 30 ou 40. Mais comme vous le savez, le partage d'oeuvres numériques sous copyright est un vilain péché puni par la grande méchante HADOPI. . un_album_de_chansons_anti-hadopi_page10_ . Alors, c'est moins bien mais ça donne quand même une idée :

J'ai beaucoup aimé les 2 documents filmés ! merci à chacun.

A mi me gustan tambien! Muchas gracias, senor Garcia (je n'ai pas le clavier ibérique, hélas)

¡ De nada, señor Ferron ! (je n'ai pas non plus le clavier ibérique, mais votre parenthèse m'a donné une idée...)

Comment vous avez fait? Pour retourner le point d'exclamation, veux-je dire, et le signe sur le "n"?

Prendre le lexibar chez lexicool.com (par exemple)

Viele danke, mister Melchior!

Sous Linux, on peut en trois clics changer la configuration du clavier (peut-être sous Win ou Mac aussi, mais je ne fréquente pas). Evidemment, les touches ne correspondent plus trop à ce qui est gravé dessus, mais avec un peu de patience...

Newsletter
Je m'identifie