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Va pour 2

... comme sur cette rive, le cul sur le bord du Saint-Laurent, les pieds dans l'eau les yeux devant, à regarder les cargos qui remontaient vers les Grands Lacs, avec Cyrille et sa poupée de paille. C'était l'été indien, justement, et la mescaline que vous aviez ingéré faisait flamboyer les couleurs davantage encore, davantage. La faute, c'était de ne pas l'avoir regardé, lui, davantage, encore. Il est mort, maintenant, lentement paralysé par une pieuvre qui l'a étouffé, lentement, longuement, dans une chambre d'hopital, sous les yeux de sa femme et de son enfant. Nous étions assis, là, loin de Matane, prés de l'ile d'Orléans... Nous y sommes encore, comme nous fümes sur les lacs gelés, où il m'apprit à marcher sur la neige, sur les raquettes que fabriquait son pére. Cyrille de Gaspésie, Cyrille l'Outaouais, Cyrille l'Africain... Tout se bouscule et ce sont des nuits à rentrer harassé au sortir du Ritz-Carlton, aprés de longue sessions à la plonge avec Bob et Will, deux noirs, l'un boxeur et étudiant, l'autre étudiant et comédien. Will s'asseyait devant vous, de l'autre côté du formica vert de la cantine et reprenait tous vos gestes, jusqu'à vos agacements, à la pause . Bob le taiseux vous observait longuement avant de vous donner sa confiance, puis, s'il vous l'accordait, la protection était totale et complice. La faute c'était de les avoir trahis, d'avoir accepté de monter dans les étages. Vous étiez blanc, n'est-ce pas, et Français, ça présente mieux pour faire le "houseman", ce travail ennuyeux qui vous laissait le temps de lire les journaux dans les grands placards, de parler cinéma avec Robert "Bob" Frank, ce Californien improbable en pantalon de tweed, débarqué ici, à Montréal pour apprendre le français, pour apprendre le cinéma français.

Bob vous aura entrainé une nuit d'hiver, dans la neige bien sur, jusqu'à Mac Gill, pour voir les Godard, les Truffaut, les Chabrol montrés et démontés par un prof francophone qui vous ne lachait pas des yeux, pour indiquer en fin qu'il avait deviné votre nation, au petit sourire narquois sensé vous protéger du vide, sans doute.

Bob partira un jour sur un cargo polonais, chercher en Finlande les traces de ses ancêtres, ces traces qu'il perdit à la frontiére, quand les gardes russes ouvrirent le feu. Il le conta un jour d'été, rue Rachel, dans la grande maison colorée du 176 E. Rachel St.

 

 

Tous les commentaires

332-5c97b.jpg

Oui, c'était cela. Avec un peu plus de jaune, et moins de coniféres. Corinne vous êtes la reine des images

Merci Pierre, mais c'est gÔÔgle et sa fonction "recherche images" who deserve it... Un mot clef, ici "été indien Canada" et hop : http://images.google.fr/images?gbv=2&hl=fr&q=%C3%A9t%C3%A9+indien+canada&sa=N&start=198&ndsp=18, Après je cherche l'image qui me paraît appropriée, ici je cherchais des couleurs "accentuées"... En plus, je passe un très agréable moment à regarder toutes ces images...

c3fc45dfmona2.gif

Trop fort, le Dan! Comment t'as deviné? Mais ça, ce n'était pas la mescaline, mais une saloperie, un buvard qu'on nous avait vendu comme étant de l'acide, et qui s'était révélé être coupé aux amphets. Bad trip!

19db36emarc1.jpg

Dan, je ne sais toujours pas faire pour les images !!! possible de m'expliquer où trouver le mode d'emploi ? Grazzie tanto.

Combien ce "Va pour 2" me va ! Merci Pierre, pour le trip.

Image : "le cul sur le bord du Saint Laurent" .......66°°°99 ......ôô..$$..ôô. ----(o)(^^^)(o)--- .............O ^^^^^^^^^^^^""""^^^^^^^^^^^''''''°°^^^^^^^^^^^^°°°°²²²^^^^^^^^^^^^^°°°°°°333^^^^^^^^

Da Vinci code? La CIA me lit? Je donne ma langue au tchatte... Ah! Je crois que j'ai vu (non pas un rôh minet) un cours d'eau. Le fil de l'O. Mais ce qui m'inquiète ce sont ces 333... Le kébec (qui signifie en algonquin, je crois, passage étroit)? Très siBILLYn, Marielle...

Si byllin ! mais pas trop vilain, Pierre. Oui le fil de l'eau, petites bulles et tout ce que veux.... étonnement du voyageur en outre....

Oui, le fil de l'eau... jamais vilain, toujours beau. Tu me rappelles que la moindre flaque peut être support de longues méditation, car elles reflètent le ciel, n'est-ce pas? Quant au fleuve, je radote cette traduction d'un fragment d'Héraclite: "On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve". Le fil file, le courant passe... Mais là-bas "il" ne fut pas étonné, il avait l'impression d'être revenu chez lui. Le climat continental, sans doute, et cette nature et ce respect de la nature et du naturel ("easy") qui ressemble plus à l'Allemand qu'au Français... Je crois que je te l'ai déjà dit: je me suis senti si bien en Allemagne, si mal chaque fois que je suis revenu en France... Mais le Québec, le Canada, cette immensité qui avait remis mon petit ego-bobo à sa juste place...

Je voulais poster des images en commentaire mais comme je n'ai toujours pas compris comment faire malgré les nombreux conseils des Mediamis, j'ai fait un billet automne et hiver à Montréal : http://www.mediapart.fr/club/blog/myriam-entraygues/280309/courte-balade-au-quebec-en-hiver http://www.mediapart.fr/club/blog/myriam-entraygues/280309/courte-balade-au-quebec-en-automne Va pour 2 !

Vu, Myriam... Trop beau. Trop de souvenirs. Même si c'est surtout en ville que "il" a vécu.

Marielle, suivre les explications de Vincent Truffy, mot à mot et signe à signe, dans http://www.mediapart.fr/club/edition/boite-a-outils/article/080109/comment-inserer-une-image-dans-un-commentaire

Pour mettre une image centrée dans un commentaire voir ci-dessous : 4ee8628insererima.jpg

"adresse de la page" : c'est l'adresse internet ou est stockée votre image (par exemple sur images de Google). Mes images persos je les stocke à cette adresse http://pic-leech.it ; mais il en existe plein d'autres. "Title" est le titre qui s'affichera (optionnel) quand on passe la souris sur l'image...

T'en as encore beaucoup comme ça ? Te retiens surtout pas !

J'en ai plein, et vous m'obligez à les "réécrire". Merci à vous, tous.

Tu parles d'Héraclite, je te réponds Empédocle, comme ça au débotté com'tu dis : *"Marchant de cime en cime, je ne dois pas dans mon discours suivre une route unique " (donc, va pour 2) *"Car ce qui le mérite, il faut le répéter au moins deux fois".

Je ne connaissais pas Empédocle. Merci Marielle.

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