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L'aide humanitaire à l'université
Le journaliste Pierre Veil, annonce sur France Inter, le dimanche 20 décembre 2009 : « Les associations caritatives tirent la sonnette d’alarme »
Voilà qui nous conduit tout naturellement à ouvrir notre petite encyclopédie à l’article « charité ».
Avec Dieu, le paradis et ses soixante-dix vierges, le péché originel et la conception assistée par Saint Esprit, la charité est une des plus belles trouvailles de la religion. Charité, ça veut dire : amour de Dieu à travers l’amour des autres. On apprend ça dans les textes sacrés, avec une idée sous-jacente : l’amour du prochain, ça peut rapporter gros question image de marque auprès du Seigneur. C’est Saint Paul qui le dit un peu partout et en particulier dans sa deuxième épitre aux Corinthiens : « celui qui sème peu moissonnera peu et celui qui sème avec abondance moissonnera aussi avec abondance ». Et plus loin, on trouve : « parce que ces saints recevant ces preuves de votre libéralité [...] se portent à glorifier Dieu de la soumission que vous témoignez à l’évangile de Notre Seigneur Jésus-Christ... ».
De nos jours, le mot « charité », ça fait un peu ringard. On remplace ça par « aide humanitaire », qui exhale une odeur à la fois nettement plus laïque et nettement non gouvernementale. Mais, alors que la charité d’antan demeurait encore relativement ponctuelle, solitaire et inorganisée, l’aide humanitaire, elle, prend des dimensions vertigineuses, à la mesure du vertigineux accroissement de l’inégalité, du désarroi et de la misère qui s’étendent sur notre petite planète bleue, bleue d’un bleu qui vire de plus en plus au grisâtre, comme on sait.
Ce qui fait que l’activité requiert de plus en plus de bras. Mais pas des bras d’amateur, comme ceux des bonnes âmes des sorties de grand messe d’autrefois, non, des bras instruits, actifs, efficaces. Des bras qui ont été à l’école. C’est pourquoi, mon fils, ma fille, si tu veux continuer tes études, tu pourras choisir une filière pleine d’avenir qui te permettra d’avoir une bonne place dans la société, et qui, en plus, te fera voir du pays. Chouette, qu’il (elle) répond, j’adore voyager. Et c’est quoi, comme filière ? C’est humanitaire.
L’offre est riche. On n’a que l’embarras du choix. Par exemple, nous avons l’Université de Paris XII qui propose un DESS de Gestion de l’Humanitaire, DESS Assistance Humanitaire, Dévelopement et Gestion des ONG. Si on préfère la Normandie, ses vaches, ses prairies grasses, alors, on ira à Caen pour une « formation supérieure spécialisée en matière de droits de l'homme, de droit humanitaire et de droit des conflits armés (DESS, DUESS, CFSC) ». Nous avons également l’Université Catholique de Lyon qui présente quelques outils de planification, d'analyse prospective et de réflexion méthodologique pour faciliter la gestion de projets dans le domaine spécifique des O.N.G.
Et puis, Aix-Marseille III, Besançon,Grenoble II,Strasbourg III, etc., etc.,
Et la Suisse. La Suisse ! A Genève, c’est la totale :
« L'Université de Genève offre depuis novembre 1998 un Diplôme universitaire de formation continue en Action Humanitaire coordonné par son programme plurifacultaire en ACTION HUMANITAIRE (ppAH). Le ppAH cherche à analyser l'action humanitaire entreprise dans différents contextes. Les conflits armés, les catastrophes naturelles et les mouvements de population qui leur sont associés, ainsi que les problèmes sociaux majeurs rencontrés dans les sociétés industrialisées (maltraitance, détention, exclusion et précarité, etc.) constituent les axes principaux de réflexion du programme. »
Tout ça conduit à une réflexion, en effet, mais pensive et un peu tremblante sur l’avenir de notre avenir. Car s’il est indispensable d’apprendre à gérer comme il faut les situations catastrophiques naturelles, on ne peut que s’interroger sur une démarche qui intègre si facilement dans la culture et dans la vie quotidienne les notions de conflits armés, de conflits sociaux majeurs, de maltraitance, d’exclusion, etc.
Voilà qu’on met en place tranquillement toute une pharmacie prête à l’emploi, avec ce qu’il faut d’urgentistes de la misère humaine, diplômés d’Etudes Supérieures s’il vous plaît, attendant le clash, le génocide, le bombardement, le déplacement de population, la famine programmée...
On rêve à un cursus nouveau offrant un DESS de formation continue en prévention de catastrophe non naturelle, qui intégrerait par exemple des enseignements dans les domaines suivants :
Aide Publique au Développement des Pays les Moins Avancés (module APDPMA)
Annulation de la Dette des Pays Pauvres (module ADPP)
Développement de la Fiscalité Mondiale (Module DFM)
Défense et Coordination des Services Publics (Module DCSP)
etc.
Avec un module optionnel : Taxation des Transaction financières et Aide au Citoyen (Module TTAC, directeur des études, M. Sarkozy, Nicolas)
Cette chronique (et d'autres chroniques Puériles Honnêtes et Inspirées) peut être écoutée sur le site :

