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May

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(in)culture liberticide ? Révolution musique libre !

Oh oui ! Merci Olivennes, Hadopi et autres "Création et Internet" [sic], pour être à l'origine d'un projet de loi aussi phénomémal (cf. article Mediapart), bafouant vertement et sans le moindre scrupule les droits les plus élémentaires des citoyens internautes, afin de servir les intérêts privés des seuls acteurs les plus puissants d'une petite industrie rétrograde ! Non seulement ce projet de loi liberticide ne changera en rien le déclin structurel de cette industrie nombriliste (qui finira par se stabiliser au même niveau quel que soit le contexte législatif), mais surtout elle produira dans son sillage dévastateur de graves dommages collatéraux sans commune mesure avec la défense des intérêts privés en jeu :

- le pistage et le filtrage systématique sur Internet risque de fortement brider l'internaute citoyen de base et de lourdement pénaliser le développement de l'indutrie du numérique nationale. Nos moindres faits et gestes sur Internet devront être fichés (tous les Fournisseurs d'Accès à Internet auront obligation de conserver les informations de connexions pendant plusieurs mois/années). Imaginez en tant qu'automobiliste, qu'une autorité dresse pour chacun de vos déplacements la liste exhaustive des routes utilisées, des lieux visités, de vos heures et fréquences de sorties, des personnes et des objects transportés, et qu'il vous est interdit de transporter un quelconque insecte car vous seriez alors responsable de ses moindres faits et gestes (cf. point suivant). Les principes de liberté, de neutralité et de responsabilité du plus grand nombre sont des piliers fondateurs d'Internet, et s'attaquer à ces valeurs peut être bénéfique à certains, mais sera nettement pénalisant pour tous les autres,

- explosion de la petite délinquance en ligne : chaque internaute citoyen aura obligation de sécuriser sa connexion Internet, afin qu'aucun pirate parasite ne l'utilise pour ses forfaits. Voici une décision joliment décrétée qui va ravir après des décennies de vaines tentatives les chercheurs en sécurité informatique, en leur révélant la solution ultime made by le ministère de la culture française vaillament épaulé par le fringant lobby de l'industrie musicale. Cette solution, à la fois simple, économique et tellement évidente, relève du pur génie : il suffit de promulguer une loi obligeant le citoyen lambda à se retrousser les manches et à barrer fièrement la route aux vilains pirates. Après plusieurs heures (jours ?) de formation, le citoyen lambda va donc au mieux sagement sécuriser sa connexion wifi en activant ses options WEP, WPA et autres filtrages par adresses MAC. Comme il s'agit d'un citoyen lambda consciencieux, il va tester la solidité de ces dispositifs (les plus à la pointe actuellement pour un particulier ou une petite entreprise), et va par exemple faire une simple recherche "crack wpa" afin de s'informer sur les techniques qu'un potentiel pirate utilisera pour squatter clandestinement sa ligne. Ooopss. Après avoir facilement et librement téléchargé un des innombrables et terriblement efficaces outils de piratage de ligne, il se rendra compte que ses protections résistent au mieux quelques heures (quelques minutes pour le WEP), et qu'il n'a aucun moyen raisonnable de se protéger contre les pirates même médiocres, sauf à mettre en place un système complexe et coûteux. De cette bouffonerie sécuritaire ubuesque se détacheront 3 attitudes : soit l'internaute lambda conscient du problème limitera sévèrement son usage d'Internet par peur justifiée de jouer le bouc-émissaire (et nous retombons sur le grave bridage du développement de l'Internet en France), soit l'internaute lambda inconscient du problème aura toutes les chances de se faire pirater sa ligne par une personne qui ne l'aurait probablement jamais fait s'il n'y avait pas été "contraint" (avec un minimum de persévérance un ado de 14 ans peut le faire sans problème), et enfin l'internaute compétent ou suffisamment riche mettra en place un système de protection efficace. Bref, il est probable que la deuxième catégorie sera la plus courante, et que la "délinquance" en ligne foisonnera tellement les moyens d'y accéder sont simples et les parades difficiles et coûteuses. Mais au moins le gouvernement qui aura mis le feu aux poudres aura de bonnes justifications pour adopter de nouvelles mesures encore plus liberticides, et contrôler toujours plus les faits et gestes de chaque citoyen. Ce n'est vraiment que le début d'une vaste offensive droitière ayant débutée il y a plusieurs mois, visant à brider et contrôler l'usage d'Internet pour en faire un outil au service des lobbys d'industriels divers (divertissement, média, culture...), et visant à limiter au maximum le pouvoir de communication citoyenne libre menaçant leur plan de réélection 2012 et 2017...

- Enfin , il s'agit évidemment d'une entrave au développement de la musique libre (écoutez par exemple les milliers de musiques librement, légalement et gratuitement téléchargeables sur DOGMAZIC), fondamentalement incompatible avec les intérêts des majors pour qui cette loi est taillée sur mesure. L'Internet français de la culture est en passe de devenir la chasse gardée d'industriels mettant en place un système basé sur le flicage et l'orientation forcée vers leurs produits d'inculture de masse avec l'aide bienveillante du gouvernement. Dans ce climat de culture dirigée, basée en partie sur la peur de ne pas payer, et le sous-entendu largement relayé par les principaux médias nationaux que seuls les majors ont les clefs de la culture et que le bon citoyen se doit de les soutenir (si possible en mettant le plus souvent la main au porte-monnaie sans se poser de question), le gouvernement étouffe sciemment le développement de l'industrie du libre, futur concurrent direct des majors. La désinformation est telle que toute musique obtenue hors des circuits traditionnels des majors devient par défaut jugée suspecte, y compris la musique libre. Le parallèle avec l'industrie du logiciel est frappant (logiciels propriétaires / logiciels libres), et l'industrie musicale calque sa stratégie sur celle de sa consoeur : "Sauf à basculer dans un système dictatorial (humm.. c'est tentant), on ne peut pas lutter contre cette lame de fond du libre, mais nous pouvons parfaitement en retarder l'évolution au maximum en maniant désinformation et manipulation massives auprès de nos chers consommateurs vaches à lait, et en exerçant un lobbying intensif auprès du gouvernement (d'autant plus qu'un "ami" haut placé, naturellement bienveillant envers les puissants en place, dirige le tout)".

 

J'ai pris connaissance de cette dérive depuis plusieurs mois, et ma révolte personnelle s'est transformée en révolution culturelle : j'écoute désormais la musique libre à profusion, je ne télécharge plus aucun album commercial, légalement ou illégalement, et je n'achèterai plus aucun produit provenant de cette industrie violant ma liberté d'internaute citoyen.

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Edité le 2009-03-10 : l'étude de la loi création et internet par l'Assemblée Nationale devrait débuter cette semaine, vous pouvez en suivre les développements sur http://www.pcinpact.com et http://hadopi.numerama.com/

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Edité le 2008-07-09 : article analysant la bataille se jouant au parlement européen : http://www.pcinpact.com/actu/news/44650-francois-pellegrini-paquet-telecom-surveilla.htm

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Edité le 2008-06-22 : article intéressant sur le fond du problème pour cette industrie qui ne peut faire qu'une seule chose : retarder l'inévitable => http://rue89.com/explicateur/internet-la-loi-sur-le-piratage-expliquee-aux-nuls-13

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Tous les commentaires

Waow, quelle tirade ! Tout cela est un peu caricatural, mais tristement vrai. Le pire est que les majors du disque ont compris l'obsolescence de leur modèle et sont déjà massivement en train de se ressituer comme "maisons de musique" où l'expérience artistique prévaut, où le téléchargement gratuit sert de teasing pour savoir quel concert on veut aller voir... L'excellent livre "l'âge de peer" ( http://alban.martin.googlepages.com/ ) nous apprend que c'est le futur inévitable de l'industrie culturelle online. A noter que l'œuvre d'art, jusqu'ici industrialisée (un disque reproduit des millions d'exemplaire est-il une oeuvre d'art ? et une carte postale d'un tableau ?) redeviendra une expérience, de l'art en live, on viendra voir une prestation artistique et l'artiste en tirera son pain, tandis qu'il diffusera librement sa musique sur les réseaux p2p pour élargir sa communauté de fans et convaincre. Le modèle actuel de consommation de musique en masse est tout à fait artificiel et n'a été construit que pour le bénéfice des majors (pas des auteurs) qui ont le monopole de la distribution avec des grandes cages à consommateurs. Ses conséquences sont l'appauvrissement de la musique, les contraintes sur les artistes, l'harmonisation des goûts, la mort des artistes différents ou trop "bizarres" pour le public, les préjugés musicaux... C'est tout ça que les réformes actuelles tentent de protéger : les sursauts d'agonie inévitable de l'"industrie" culturelle emporteront un maximum d'argent pour leur nouvelle vie de mécène et s'apprêtent à truster le monde des artistes comme ils l'ont fait jusqu'ici pour la distribution musicale. Moi je dis, ya des boycotts qui se perdent...

Le plus triste c'est qu'entre les internautes en colère et les majors, les artistes pris entre deux feux mériteraient d'exercer leur métier en paix. D'autre part je partage entièrement votre analyse sur l'importance de plus en plus cruciale des concerts et de l'art live en général comme source de rémunération des artistes, et notamment pour ceux diffusant de la musique libre. Le lien artificiel entre l'artiste marketé par les majors et le consommateur se contentant d'acheter un cd au hasard avec les courses de la semaine et de l'écouter presque machinalement chez lui est ce que je qualifie d'inculture, où l'univers artistique est réduit à une infime portion "validée" par des personnes pour qui l'aspect artistique est totalement secondaire. En guise de rébellion citoyenne face à cette inculture dirigée contre laquelle je ne m'étais pas particulièrement révolté jusqu'ici (la ligne jaune a été franchie par ce projet de loi liberticide), je dois dire que dans mon cas l'écoute de la musique libre a été une véritable bouffée d'oxygène artistique du fait par exemple qu'on trouve de tous les niveaux : les morceaux d'artistes connus et reconnus côtoient ceux de débutants, et croyez-moi, après quelques vieux réflexes conditionnés de type "mais c'est nul de trouver des débutants là oú je ne voudrais que des pros sélectionnés", le plaisir de percevoir avec son propre jugement artistique la beauté d'un morceau même imparfait est purement délectable. La prochaine étape pour boucler la boucle consistera à programmer plus de sorties concerts locaux pour affiner encore ma sensibilité musicale que je suis réellement en train de découvrir maintenant... grâce paradoxalement aux majors. Donc merci à eux en fin de compte ;-)

Super billet. Je n'avais effectivement pas pensé aux effets pervers de piratage des lignes. Comme pour les PV accordés par les radars automatiques à des tracteurs dont on a volé la plaque, les interdictions d'accès vont être décrétées à n'importe qui. Il faudra ensuite aller s'expliquer, à qui? comment? pour récupérer son accès... à moins de pirater celui du voisin... Olivier, 38 ans, vivant à Francfort

En fait il est probable que le projet de loi soit discuté cet automne à l'assemblée (il faut toutefois être très vigilant à un éventuel passage en force au mois d'août, la torpeur estivale étant propice au vote des pires lois dans l'indifférence générale). Vous pouvez suivre les développements factuels de ce dossier sur le site www.pcinpact.com (travail sérieux de veille souvent ponctué par des infos exclusives (recherchez sur leur site "Olivennes", "Hadopi", "Création et Internet"...).

J'en partage des choses dites sur ce billet !!! Brillante l'analyse. Que voila un article qui merite la une.... Le plus pertinenet est ce que vous présentez comme les trois options :
soit l'internaute lambda conscient du problème limitera sévèrement son usage d'Internet par peur justifiée de jouer le bouc-émissaire (et nous retombons sur le grave bridage du développement de l'Internet en France),
-soit l'internaute lambda inconscient du problème aura toutes les chances de se faire pirater sa ligne par une personne qui ne l'aurait probablement jamais fait s'il n'y avait pas été "contraint" (avec un minimum de persévérance un ado de 14 ans peut le faire sans problème),
-et enfin l'internaute compétent ou suffisamment riche mettra en place un système de protection efficace.
-et la conclusion toute aussi partagée : Bref, il est probable que la deuxième catégorie sera la plus courante, et que la "délinquance" en ligne foisonnera tellement les moyens d'y accéder sont simples et les parades difficiles et coûteuses.
les bonnes idées de contrôle sont souvent les plus mauvaises..... :)

Bravo, belle demonstration, imparable et trés bien argumentée! (C'était un peu l'image que je voulais transmettre en employant l'expression "pirates des Danaïdes dans mon billet...) Il est étrange que l'on confie à des technocrates incultes en Internet, le soin de légiférer sur les échanges d'information numérique... Et puis, d'accord avec toi, il faut stopper cette alliance contre nature de l'Art et du commerce. A nous d'induire des comportements s'étendant dans la sphère du monde et des œuvres libres. La dictature a beaucoup de mal avec des concepts comme l'altruisme, le bénévolat et la gratuité!

Les débats sur le projet de loi "création et internet" ont commencés à l'Assemblée Nationale de la manière la plus auto-caricaturale qui soit avec les déclaration de la ministre de l'inculture Mme Albanel, qui n'a pas peur de s'étouffer avec ses propres paroles mensongères et erronées. Extraits de ce qu'on ainsi pu entendre les députés présents : * Qu'il y a des « groupuscules libertaires » sur Internet. * Que « l'adresse IP est une sorte de plaque d'immatriculation des ordinateurs ». * Que « 60 % des films sur eDonkey sont en fait des films pornographiques » cachés sous des noms de films "classiques". * Que la riposte graduée est « déjà appliquée aux Etats-Unis » et que « le piratage a baissé de 90 % chez les internautes concernés ». * Que demander le recours systématique à un juge « rend la lutte contre le piratage absolument impossible ». * Que « la coupure de l'accès internet est déjà prévue, dans le cas par exemple de non paiement de l'abonnement au FAI ». * Que « le projet de loi est soutenu par tous les créateurs ». * Que « la licence globale (est une idée) à laquelle personne ne croit plus ». * Que la loi Création et Internet « est la loi de tous les jeunes talents, de l'exception française, de tous les corps de métiers concernés ». . Plus d'infos sur le site www.pcinpact.com, et plus particulièrement sur l'article relevant cette information : Pour Albanel, il n'y a que des groupuscules libertaires sur le Net

*** Usages professionnels alternatifs *** . J'avais évoqué le site www.dogmazic.net essentiellement pour un usage personnel, je tiens également à mentionner les services pro du site Jamendo : - Sonoriser un lieu public, - Sonoriser un événement, - Habillage sonore d'une vidéo, - Habillage sonore d'un site web. . Les alternatives culturelles et économiques existent pour tous, particuliers et professionnels, elles nous permettent de nous affranchir du système actuel archaïque imposé avec violence et frénésie : ayons le réflexe musique libre et circuits alternatifs ! . À voir : l'opération remerciement gradué

Pour ceux qui n'ont pas suivi les développements des dernières semaines très chargées : - rejet surprise en 2ème lecture à l'assemblée nationale : http://www.pcinpact.com/actu/news/50263-hadopi-senat-ratification-vote-assemblee.htm - l'Europe réaffirme une énième fois avec force que l'Internet est un droit fondamental des citoyens : http://www.pcinpact.com/actu/news/50476-amendement-europe-vote-loi-hadopi.htm - passage en force d'un nouveau texte quasi-identique : http://www.pcinpact.com/actu/news/50814-hadopi-deputes-vote-assemblee-nationale.htm - loi Hadopi censurée par le Conseil Constitutionnel dans son essence même : http://www.pcinpact.com/actu/news/51329-internet-droit-fondamental-conseil-constitutionnel.htm - passage en force dogmatique du gouvernement publiant au JO la partie non-censurée d'Hadopi, laissant présager de futures attaques incessantes contre la liberté sur Internet : http://www.pcinpact.com/actu/news/51386-hadopi-creation-internet-journal-officiel.htm . Et comme toujours une châleureuse vivacité des blogs Mediapart : - http://www.mediapart.fr/club/edition/internet-et-si-affinites - http://www.mediapart.fr/club/blog/laurent-chemla/110609/hadopi-assez-revenons-sur-terre-lettre-ouverte-aux-artistes - http://www.mediapart.fr/club/blog/dann/200209/loi-hadopi-ou-big-brother-will-watch-you - http://www.mediapart.fr/club/blog/annav/260209/hadopi-repeignez-le-net-en-noir - http://www.mediapart.fr/club/blog/dann/110409/hadopi-s-and-love - http://www.mediapart.fr/club/edition/internet-et-si-affinites/article/030609/non-la-simplification-du-complexe . Allez, une petite friandise pour finir : http://www.pcinpact.com/actu/news/51402-logiciel-filtrage-chine-bugs-plagiat.htm

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