DSK et nous
Avec le bénéfice du recul, et naturellement sans préjuger des suites et des rebondissements, nous pouvons au moins mesurer combien les larmes qui accompagnent la chute d'un homme politique de premier plan sont de même nature que celles qui saluent la mort naturelle des vieux tyrans. Ce sont des larmes de parieurs ayant perdu leur mise. Ils pleurent le temps perdu. La prochaine disparition de Fidel Castro en fournira, si besoin est, une démonstration de plus. Mais là n'est pas l'essentiel, tout le monde sait que la véritable compassion est simplement inséparable de la pudeur.
Comme toujours il y a aussi des gagnants. Car la nature même des faits qui sont reprochés à DSK, aussi bien que celle des nombreux scandales –révélés ou étouffés– qui ponctuent périodiquement la vie du petit peuple d'en haut est, à part une bien compréhensible irritation, source d'un considérable réconfort moral pour un grand nombre de citoyens. «Voyez comment ils vivent, ce qu'ils se permettent, voyez comment ils se serrent les coudes, et quant à celui de New York, il n'a que ce qu'il mérite.» Ces sentiments d'indignation peuvent même constituer un fond de commerce de parti politique. Mais l'avantage le plus immédiat de condamner ces turpitudes, c'est de pouvoir se dispenser d'un examen de conscience et d'atteindre au plus court le confort moral sans lequel le bien-être matériel, tant désiré, ne serait rien.
Pourtant, il ne serait pas totalement inopportun de considérer la réalité humaine de certains de nos dirigeants pour ce qu'elle est, à savoir un miroir. Un miroir qui nous renverrait sans concession une image peu flatteuse de nous même, pour peu que nous cessions de traiter ce type d'événements comme de simples accidents, des aberrations ou des problèmes politiques auxquels la bonté de nos institutions saura, à n'en pas douter, porter remède. Nous serions alors probablement amenés à mieux distinguer l'extraordinaire phénomène de régression morale (pour ne rien dire de la régression esthétique) qui va de pair avec l'infatigable poursuite de la sécurité, du niveau de vie, de la stabilité et de l'intérêt personnel sous toutes ses formes. La puissance merveilleuse de ce moteur tend à faire oublier son mode de fonctionnement qui est toujours aux dépens d'un autre, fût-il un individu, une nation ou une de ces masses économiques du monde globalisé qui est le nôtre.
Certes, nous ne désirons pas tous devenir des rois de la finance, des amateurs de suite à 3000$, des abonnés aux grosses limos, ou plus modestement de rêver aux belles chemises de BHL, mais il faut bien reconnaître que beaucoup d'entre nous s'efforcent de suivre, à petite vapeur bien sûr, le chemin que ceux là ont emprunté avec un succès magistral jusqu'au moment, éventuel, de leur chute. Vouloir faire un jour de DSK un président de la république et le vilipender le lendemain ne peut nous faire oublier toute l'admiration que suscite son parcours. Le véritable réconfort serait alors de penser qu'il existe encore parmi nous quelque individus isolés pour lesquels le mot réussite, du moins celle qu'on nous propose, ne veut absolument rien dire et qu'ils le payent de difficultés matérielles, d'une pénible obscurité, et du discret mépris dans lequel sont tenus les contre-exemples. Il ne s'agit pas là de lancer un moralisateur «tous coupables» mais tout simplement de se rappeler que le plus bas degré de cet individualisme que nous chérissons tant est l'égoïsme, et sa forme la plus élaborée, l'aptitude au sacrifice librement consenti. La clinquante réussite d'aujourd'hui a plus besoin du premier que de la seconde.
Par une de ces imprévisibles et bouleversantes apparitions de Clio*, certains de ces obscurs d'aujourd'hui seront peut-être nos lumières de demain.
* Muse de l'histoire


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Vouloir être président est une forme de démence (d'autant plus dangereuse quand elle n'est pas sénile, la nature nous débarrassant plus vite des vieux présidents incontournables) : la plupart des gens n'ont aucune envie de l'être. Sélectionner parmi les ambitions laquelle est la plus altruiste et la plus légitime supposerait un système électoral beaucoup plus élaboré que la roulette à deux tours, ou le système américain totalement perverti par l'argent. Chaque candidat devrait d'abord subir une épreuve qualificative à la course à la présidence sur la base d'un questionnaire proposé aux électeurs quant aux qualités qu'ils leur reconnaissent ( intelligence, probité, humanité, courage, compétences...). Seuls ceux atteignant un certain score seraient qualifiés pour la suite qui pourrait se décliner en une élection à plusieurs tours, avec élimination du maillon faible à chaque tour. Ça coûterait cher ? Et alors ? Qui veut d'une démocratie "bon-marché", c.à.d. au rabais, comme celle que nous sert la V République depuis De Gaulle et dont on peut apprécier tous les jours les brillants résultats ? Les abstentions ? Elles ne sont permises que parce que cela arrange le pouvoir. Taxons-les, comme ça seuls les riches pourront s'abstenir, ce dont personne ne se plaindra.
cher Crampon, voici de très intéressantes propositions vraiment, qu'elles connaissent la plus grande diffusion possible.
cordialement, BC
Pas d'accord avec vos propos. Pour le moment DSK est innocent jusqu'à preuve du contraire. L'exposer comme un "animal de cirque" est certainement le plus grand manquement à la dignité d'un être humain.Mais vous devriez savoir que la première question qu'on doit se poser c'est celle de "à qui profite le crime".
Personnellement, je me suis abstenu de tout commentaitre sur le fond de cette affaire DSK, je viens juste d'écrire un billet sur l'une des conséquences fâcheuses à mon avis, de cette histoire ici http://blogs.mediapart.fr/blog/cacochyme/300511/pourquoi-jen-veux-strauss-kahn
Il y a bientôt deux mois, j'ai écrit à Martine Aubry en lui donnant les raisons pour lesquelles je ne voterai pas DSK s'il était le vainqueur des primaires (sauf au second tour en cas de duel avec la Le Pen) pour résumer: ce n'était pas un socialiste.
Pour le reste de votre analyse, je suis bien d'accord avec vous. C'est un peu celle de la paille et de la poutre...parfois le ressentiment et la jalousie en plus...
"le plus bas degré de cet individualisme que nous chérissons tant est l'égoïsme, et sa forme la plus élaborée, l'aptitude au sacrifice librement consenti. La clinquante réussite d'aujourd'hui a plus besoin du premier que de la seconde" Que c'est bien dit, et que la fourchette est large permettant d'y loger n'importe quel prétendant ou se prétendant tel...
Et n'importe quelle prétendante...
???? à qui pensez-vous ?
Ne chipotons pas sur la satisfaction que le citoyen lambda - celui qui, comme moi, croit aux vertus en général et aux vertus républicaines en particulier - est en droit d'attendre d'un procès qui (espérons-le) fera la lumière sur la probité morale du dénommé DSK. Probité morale qui doit évidemment être d'autant plus éclatante que l'homme en question prétend au poste de Président... même si les bruits qui courent sur lui tendent à confirmer qu'il n'en est pas à son premier essai de lubricité violente sur le sexe faible...
Par contre, dans le cas d'une culpabilité prouvée ; DSK, par la judéïté qui lui colle malheureusement aux semelles [on n'échappe toujours pas dans notre bon vieux pays à la stigmatisation populaire des "Juifs" - n'eussent-ils jamais fréquenté la synagogue...], serait alors encore plus coupable, car nos antisémites plus ou moins honteux depuis la Shoah trouveraient là un motif rêvé pour redresser la tête : la lubricité de la "race juive", n'était-ce pas un des thèmes de la propagande nazie ; que nombre de Français avaient favorablement accueillie naguère ? Et quand cela s'ajouterait à tous les antisionistes de France, de Navarre et des communautés islamiques immigrées, qui sait où cela nous mènerait !
Je ne fais pas entrer en ligne de compte la personnalité de la plaignante, femme, jeune, immigrée, noire, subalterne au bas de l’échelle sociale. Quel qu’aurait été le plaignant, quels que soient son âge, son sexe, son statut social, homme, enfant, femme, mon analyse est la même : DSK est coupable de cette relation.
L'éjaculation qu'attestent les prélèvements indiquent une relation sexuelle, qui a eu lieu, quelle qu'elle ait été, consentie ou non.
Même dans le cas le plus "favorable" où la relation aurait été sollicitée, où la personne s'y serait prêtée, par vénalité, par intérêt, montre la dégradation d'un personnage public de cette envergure, investi de fonctions internationales, quasi candidat à une présidentielle.
A un tel niveau de responsabilité, il ne s'appartient pas, il en est l'obligé. Il n'a pas d'impunité, il a à rendre compte. Ses droits, y compris celui d'une vie sexuelle selon ses inclinations, ont pour limite son devoir. Occuper de telles fonctions somme d'être comptable de son besoin, de son désir, sauf à assumer d'en être le jouet, ce qui relève de la pathologie.
DSK est irresponsable et, en son cas, l'irresponsabilité est non seulement une faute qui le démérite, mais une imposture : il dégrade le pouvoir dont il est investi, perd le respect de ce qu'il incarne, minimum requis pour de telles fonctions.
Par simple dignité, responsabilité de soi, de l'autre, si tentante qu'ait été l'occasion, il avait à l'éviter, à la refuser. Non par héroïsme, mais par un sens, plus puissant que l'amour-propre, avatar social de la vanité : par amour de soi, évaluation intime, au plus secret bastion de l'intériorité, de ce que l'on est. Cet homme en est dépourvu. Il n'est plus que mépris et déprise de soi. S'autoriser de l'autre, si méprisable, si indigne soit-il par ailleurs, surtout s'il l'est, signe l'infamie.
Mais c'est rappeler bien vainement des valeurs relevant de l'humanité la plus élémentaire qui, à force d'être tournées en dérision par la licence publique, par la permissivité de bon aloi, la décomplexion morale et l'entre-soi de caste, ne peuvent plus être entendues.
Une seule question reste essentielle, celle du consentement, pour le reste on s'en fout, à chacun et à chacune sa morale sur le sujet.
J'ai eu quelques femmes...de ménage dans ma vie...
Une aimait bien me sucer le matin dans la cuisine, pendant que ma première femme dormait encore, ça l'excitait....et pour tout dire, moi aussi.
Une autre ne mettait jamais de culotte quand elle savait que j'étais là, seul dans la maison. Elle aimait se faire prendre debout, appuyée sur la table du salon, je me souviens, c'était une femme fontaine, après, elle essuyait toujours la flaque...
Une autre, musulmane, voulait rester vierge, elle avait un gôut prononcé pour le cunilingus et la sodomie, moi une fellation m'aurait suffi...mais elle aimait les deux.
Une autre, faisait toujours venir sa soeur en fin de matinée...le ménage à trois si l'on peut dire...
Avec d'autres, il ne s'est jamais rien passé, question de filling, ou d'opportunité.
Je n'ai jamais fait de harcèlement, ni de drague lourdingue, mais il y a des choses que l'on sent, des non-dits, entre un homme et une femme seuls dans une maison.
Il y a des distances naturelles ou bien des frôlements significatifs, comme les bises du matin, pour se dire boujour, aux coins des lèvres ou à une bonne distance...plus près des oreilles...enfin quoi, pas besoin de faire un dessin...
C'est sûr, qu'avec Julia, celle qui ne metttait pas de culotte, le message était clair...
Bon, avec ma seconde femme, c'est moi qui fait le ménage...