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Trop de fous pour si peu d'hommes
Ce billet peut heurter quelques sensibilités quant aux mots employés pour décrire les établissements d'accueil pour vieux et fous (surtout si vous y avez des proches). Ils sont le reflet d'un sentiment très personnel qui ne doit bien sûr pas être pris pour la réalité. C'est bête à dire mais ça me semble important.
Je suis infirmier en psychiatrie (dans un service qui est plus un lieu de vie qu'un service hospitalier, qui accueille des patients au long cours) et quand on me demande ce que je fais dans la vie, ma réponse est très souvent suivie de : "Oh ! ça doit être dur !?".
Jusque-là, j'avais pour habitude de répondre : "votre question fait sûrement référence aux patients mais en fait, ce qui est dur, ce sont les conditions dans lesquelles nous font travailler l'administration et les technocrates". Et je complétais par quelques explications pour rassurer mes interlocuteurs : "non ! je ne risque pas ma vie à chaque coin de couloir", "non ! les schizophrènes ne sont pas de dangerereux criminels", etc...
Dorénavant, j'ai envie de revoir ma réponse. Bien sûr, pas la deuxième partie mais le début. Certes les technocrates nous font travailler dans des conditions pas possibles mais c'est vrai aussi que c'est dur de cotoyer autant de souffrance. Et plus le temps avance, plus je trouve que quelque chose ne colle pas dans ce travail, quelque chose qui le rend comme contre-nature, qui met en alerte mon bon sens.
Ma petite-amie commence son internat de médecine générale dans un service de médecine polyvalente qui accueille des personnes âgées en moyenne de 85 ans. Et tous les jours elle se retrouve confrontée à des petits vieux qu'elle adore mais qui lui lancent des appels à l'aide à lui arracher le cœur quand elle leur annonce leur retour vers leur maison de retraite ou leur EPHAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) : la grande majorité ne veut pas y aller, ils s'y ennuient, ils s'y voient mourir.
Et hop ! mon bon sens se met au rouge à nouveau.
Un début de réponse me vient.
D'abord tous ces vieux et ces fous, dans la mesure où ils n'ont pas une pathologie aigüe qui ne justifie pas des soins permanents, qu'est-ce qu'ils font dans ces établissements ?
Mais surtout, ce qui fait tilter mon bon sens : on ne devrait pas être si peu, une poignée de "soignants", à accompagner autant de souffrance (car s'il n'y a rien d'aigü, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de souffrance). Je trouve qu'il y a là quelque chose contre-nature.
L'accompagnement de tous ces vieux et ces fous, ça devrait être une affaire de tous. On ne devrait même pas appeler ça un "accompagnement" d'ailleurs ; ça ne devrait pas avoir de nom si ce n'est "la vie normale". Quand bien même les familles seraient démissionnaires à l'égard de leurs proches, qu'à cela ne tienne, ça devrait être une affaire de voisins, de citoyens, d'hommes responsables et sensibles...
Mais non ! Au lieu de ça on les met dans des ghettos de vieux et des ghettos de fous dans lesquels on demande à une poignée de bonshommes formés à ça de jouer les soignants : "on vous soigne ici, ça ne vous plaît pas ?".
Je joue encore à faire le soignant dans ce théâtre-là. J'en ai assez ! Ce n'est pas à moi de me coltiner tous ces vieux et tous ces fous : je les adore mais quand il y en a trop, ça dépasse mon entendement, tout simplement. Et les risques de dérapage sont là.
Voilà ce que je veux dire : autant de vieux et de fous en bonne santé pour quelques hommes, ça dépasse la raison alors forcément c'est dur. Très très dur. Et cela fait naître en moi des sentiments complètements dissonants : les vieux et les fous sont des trésors d'humanité et pourtant je souffre à m'en occuper. Mais je sais que c'est aussi parce que je vois ces trésors sacrés violemment maltraités par une société qui éclate totalement les liens humains fondamentaux.
S'il vous plaît, si vous lisez ce billet, prenez un peu soin des vieux et des fous de votre immeuble, rue ou quartier. Pas grand chose, juste un bonjour, demander s'il y a besoin d'une course, ne pas négliger le fou du 5ème même s'il vous agace et que vous ne comprenez rien à ce qu'il vous raconte : n'allez pas vous épuiser à le raisonner ou vous faire casser la gueule ; juste, ne l'oubliez pas, parlez au moins de lui, même en mal.
Je vous promets une partie de mon salaire d'infirmier si vous faites ça : votre part du trésor...
Je conclue par cette phrase de P. Bourdieu : "les vieux, ce n'est pas ce qu'on voit, c'est ce qu'on en dit". Il en va de même pour les fous, les jeunes, les nains, les femmes, les étrangers...

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"Quand il y en a un, ça va; c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes..."
Bonjour, camarade! Je soutiens ta dernière exhortation, même si tu peux garder ton salaire.
Je reprends ton terme d'accompagnement, lequel tu sembles contester: gardons le, les signifiants sont si précieux quand on ne les galvaude pas.
Bien sûr, on devrait parler de "vie normale"; moi je dirais aussi simplement co-existence...
Mais la technocratie sanitaire, comme les autres, est si friande des glissements de mots (de vieux mal en point à P.A.D., que d'efforts pour noyer le poisson...) qu'il convient de se méfier des significations sous-jacentes et de l'intention dont elles sont porteuses.
Sur le fond, je pense que les réponses type MR, EHPAD, HP sont celles d'un système social en loques, de réseaux relationnels en berne, où les gouvernants préférent cette dislocation, voire l'entretiennent.
Il est bien plus facile de gérer des "groupes homogènes" (mais non, monsieur Le P., je n'ai pas dit "allogène", ni "indigène"). On peut les mettre dans des cases, dans des cages, dans des casses.
Sincèrement, n'en aie pas marre de ce que tu fais là où tu travailles; le simple fait que tu te poses des questions justifie ta présence auprès des gens "vieux et fous". Quand je serai vieux et fou, ce qui ne saurait tarder, j'aimerai te rencontrer.
JCD
Les "groupes homogènes", je trouve effrayante cette propension à les développer de la part des technocrates et surtout des soignants eux-mêmes : services d'alzheimer, de psychotiques, de dépressifs, d'alcooliques...bonjour l'ambiance !
Je me demande si c'est une habitude technocratique ancestrale qui s'impose dans les esprits de chacun comme solution convenable ou si c'est juste une tendance humaine qui vise l'économie d'efforts (mais quels efforts ?).
"Groupe homogène" : je trouve que ça fait bloc, bien lourd, sans bulle d'air.
@JCD : quoi qu'il en soit, merci pour vos encouragements. Sincèrement.
Mais, JC, pourquoi voulais-tu que je le tutélise, ce garçon, quand même ?!? Il ne me semble pas en avoir besoin, hein ...
L'avais pas vu passer, ça arrive souvent ....
Bon, alors, bonjour Pierre Strub.
Vous ne parlez pas des fous qui deviennent vieux, ni des vieux qui deviennent fous ..... on pourrait les classer dans le même groupe homogène ?
@Anne Gentry
@pierre strub
Montesquieu disait que les maisons de fous étaient destinées à faire croire à ceux qui étaient à l'extérieur qu'ils étaient bien portants. C'est pour dire que le problème n'est pas récent...
Plus le monde a peur, plus les choses et les gens doivent être bien rangés. Une chose dans chaque case, une case dans chaque boite, à chaque boite son tiroir et chaque tiroir doit être fermé avec une clé différente. Les armoires sont remplies de tiroirs, faut surtout pas les confondre...
Ce que vous décrivez n'est rien d'autre qu'une déstructuration du lien social.
Pfiou...Si je me lance j'en ai pour des heures
.
Que chacun fasse au mieux autour de lui et diffuse cette posture. Parce que se donner de objectifs de sauvetage du monde ne peut aboutir qu'à l'amertume.
Mais je partage votre perception d'envahissement par l'isolement social et les représentations ostracistes.
C'est quoi cette histoire de tutelle ? Vous attisez ma curiosité.
Je lis les commentaires et j'ai l'impression que vous vous connaissez tous : quel lien vous unit ?
Les vieux fous et les fous vieux : en général classés dans le même groupe où sont mis à travailler tous les jeunes diplômés, ceux qui ne choisissent pas le service où ils iront.
Comme pour les jeunes profs qui se collent les zones d'éducations les plus sensibles.
C'est un jeu de rôle : quand tu auras gagné des points, tu auras le droit de travailler au-dessus du niveau zéro de la condition humaine.
quel lien vous unit?
Des liens hypertexte, surtout. Et pas mal de discussions et commentaires, au fil des billets. Rien d'autre dans la très grande majorité des cas, mais cela n'exclut pas une certaine forme de complicité.
Cliquez sur le mot "tutélise" écrit par Anne Gentry, et vous comprendrez le "pourquoi" de l'expression qu'elle a utilisée.
Une page vierge s'affiche quand je clique sur "tutélise"...
C'est Drupal qui fatigue ...
Peux plus corriger ce commentaire, je remets le lien ici, en clair : http://blogs.mediapart.fr/blog/silenceontourne/171211/ou-est-passe-le-comite-daccueil
Hello,
Si vous cliquez sur mes liens (ce sont les mots soulignés dans mon commentaire, plus haut), alors vous tomberez sur le billet où JC (mais c'est un peu lourd à porter, alors il a pris le pseudo de silenceontourne) voulait vous mettre sous ma protection tutélaire.
Pas parce que je suis plus vieille que vous (enfin, j'espère, parce que sinon ... à peine plus vieille, en plus, alors ...), mais parce que vous avez dû écrire le mot "vieux" quelque part.
Peuchère ....
Le lien qui nous unit ? Les fils des billets de Médiapart .... on cause, on cause. Bon, on vous fait souvent un peu de hors sujet, aussi, ça dérape, quoi.
Edit : dites donc, samines, c'est pas votre "protégé", si ?
dites donc, samines, c'est pas votre "protégé", si ?
Ah non non non. La tutelle c'est vous. Moi je ne sais plus bien. Il a dit "faconde" je crois. C'est bien la première fois qu'on m'appelle "faconde". Faut que je regarde la fiche de poste.
Nota : Acrévindiou, z'êtes à cheval sur les titres ! Moi qui aime mettre du poivre partout, ça risque de piquer de temps en temps.
Bah, il m'a qualifiée de pavlovienne, l'autre jour, alors vous savez ...
J'aime pas bien être à cheval, vous savez. Ça bouge bizarre ... C'est pareil avec le chameau, d'ailleurs, même sur les titres. Donc, vous pouvez continuer à mettre du poivre
.
Apfou...
J'éviterai quand même les histoires de cheval et de chameau.
Les histoires de chats marseillais ?
... Et quand on me demande ce que je fais dans la vie, ma réponse est très souvent suivie de : "Oh ! Ça doit être dur ?!" ...
Nan ?!? Vous aussi ? Moi, j'étais à l'hospice quand ça a commencé. Si, si ...
Des vieux, vous dis-je ....
(Bon, et gardez-le pour vous, mais il m'arrive en plus à mes moments perdus, notamment en garde, de faire du soin palliatif de vieux, en unité de soins palliatifs. Terrible. Ça, ça vous terrasse un interlocuteur, faut choisir ceux que vous aimez le moins pour leur balancer ça aussi directement, hein ....)
Ca y est, je peux désormais être vieux et fou, les amis ont pris le relais!
Hier, une femme "engagée" est venue, pourquoi, je ne sais pas, me parler de son association d'accueil de jour. Elle craint la ruine du projet en 2012, faute de financement...
Demain, si mes obligations culinaires me le permettent, j'écrirai un petit billet pour vous là-dessus...
Bienvenue au club, Pierre, et, adjudant ou pas, selon les mêmes, je m'autorise à te dire: n'omets pas de répondre à tes "répondeurs".
JCD
PS. ne sois pas fâché du tutoiement: "je dis tu à tous ceux que j'aime, même si je ne les ai lus qu'une fois..." (pcc Prévert), et en général à tous les gens avec qui je travaille.
Quel club ? je sens que ça gravite autour du monde hospitalier par-ici.
Ouaip, même du côté des hospitalisables, c'est dire... Pierre.
Cordialement.
et les jeunes fous ? on en fait quoi ? c'est moins dur ? ou c'est aussi dur ? plus dur ? ( quoique, avec les médocs ... ) (
)
je me renseigne car je rentre bientôt dans la catégorie vieille folle ... yep ! et vous ne serez plus là pour m'accompagner, quel dommage
mes hommages du soir, à vous nouveau venu
(j'aime beaucoup votre yin/yang/oeufs sur le plat)
Il y a effectivement de quoi avoir le moral dans les Crocs certains jours.
Je vois des structures pleines de projets" intelligents" cherchant à s'ouvrir sur l'extérieur, ouvrant leurs portes à des assocs pleines de bonne volonté avec des bénévoles qui en veulent. Situation souhaitable et gérable quand on a les moyens d'assurer.
Mais actuellement, je me demande si ce n'est pas plutôt une des dernières trouvailles de la RGPP pour combler les trous béants dans les effectifs des personnel.Une extension du concept de solidarités familiales bien utilisées, en quelque sorte.
Résultat des courses, on se retrouve avec un personnel en sous-effectif, avec des exigences croissantes en termes de normes, de règlementation, de zéro défaut, de zéro risque et j'en passe. Charges auxquelles il faut ajouter les exigences des bénévoles à qui il faut quand même consacrer un minimum de temps.
Et j'ai parfois l'impression de voir se démener durement une foule de bonnes volontés et de consciences professionnelles indiscutables qui, à bien y regarder, n'arrivent à faire que du quasi zéro humain.
Vos témoignages de l'intérieur sont irremplaçables. Faites savoir tout ça.
Bravo! Très fort, inspecteur "Jonas2" Bourrel: c'est exactement ça, et ils le disent sans vergogne...
Hergé pépé, quel plan...
JC
J'en suis persuadé, que les associations sont exploitées pour combler la démission de l'Etat à bien des égards.
Qu'elles remplissent des missions d'intérêt général, ça peut être leur rôle mais qu'on leur en donne les moyens (financiers, formations...)
Ca peut être dangereux pour ces personnes de bonne volonté : elles risquent de s'épuiser, de vivre des sentiments très dissonants entre ce qu'elles veulent et peuvent faire, de vivre de la frustration très forte.
Il est inadmissible de faire des économies de moyens quand il s'agit de travailler avec et pour l'humain.
les associations sont exploitées pour combler la démission de l'Etat
C'est ce que je pense depuis fort longtemps au sujet des associations humanitaires dans la politique internationale : c'est la bonne conscience du populo dont les gouvernements font des horreurs - je panse ici la blessure faite là, et ça tourne (et ça crée quelques emplois, et pas mal de business !), alors pourquoi s'en priver ?
Mais bien sûr que je ne dis pas que les gens qui donnent aux associations sont des méchants, pas du tout, c'est juste un constat sur une logique bien rodée.
je partage l'avis de Jonas2:
Vos témoignages de l'intérieur sont irremplaçables. Faites savoir tout ça.
Merci.
Sympa.
La foi en l'humanité, c'est toujours sympa.
En plus d'être utile, cela fait un bien...Fou.
Comme le dirait Anne Genstrub : Un Strub, fut-il de Pierre doit savoir struber sans sons strub , et sans struber mots encore. Nom d'une strubinette, accrochez-vous mon garstrubçon, et ne vous laissez plus aller à quelques strubnoiseries qui auraient le don de nous apistrubner, et pis encore de nous émostrubner. Casez ces strubillons dans le fromastrub et foustrubillez vous en, pour pouvoir struber en paix lorsque vous renstrubez en vos pénastrubs auprès de votre strubillette.
Le silentstrub avait raison votre strubcom valait le déstrub, mais ne perdez pas estrub, nous struberons dorénavent à vos décourastrub, quelles que soient vos interrostrubs, vous pouvez compstrub sur nous dorénastrubment.
Cordialement, d'un fouramonstrubeur.
Trop difficile à lire pour comprendre...
Un asile de fous, c'est l'heure de la promenade dans la cours de l'asile, un fou s'approche du grand portail qui donne sur l'extérieur, sur la ville; se tenant aux bareaux, il hèle un passant, qui s'approche, et il lui dit : "Dites donc! Vous êtes nombreux la dedans?"
Les vieux, c'est de l'Or Gris ....
Avez-vous lu le livre qui porte ce nom et traite de la maltraitance, et pour une fois en n'appuyant pas seulement sur nous, les gens au contact ? Pas hyper-agréable à lire, mais bon ...
L'or gris, c'est aussi tout un marché, un site, un créneau porteur ...
Sur le site Hospimédia (il faut être abonné), on peut lire très régulièrement les brèves qui publient les résultats des grands groupes privés d'établissements pour personnes âgées (Korian, etc.) : ils sont largement bénéficiaires, eux, c'est même hallucinant quand on voit les chiffres. Surtout ne pas s'inquiéter pour eux ...
L'or fou, je sens que c'est moins porteur, déjà ....
Merci Anne Gentry. Les livres à lire s'accumulent, mais celui-ci me parait incontournable.
Je vais prendre une année sabbatique, et puis voilà.
Moi aussi .. J'ai fini par faire trois groupes de livres à lire, rangés dans des endroits différents. Ça fait moins peur ....
En ce moment, c'est ça :
Rien à voir ...
Quoique ...
....mais si un peu, quand même, hein ...
Ah ba si, quand même. Ne serait-ce que parce que chaque partie du Tout et un tout en soi qui est lui-même une partie du grand Tout, étant bien entendu que ce Grand Tout est lui-même divisible en partie différentes qui ne sont pas des sous-tout mais des touts qui sont eux-mêmes des parties pleines et entières.
Nota : Je n'ai pas écrit : "Un Poutou, tout pour Un", mais ça m'a un peu démangé.
-
Moi c'est çà :
J'ai beau ne pas être mathématicien de formation, c'est compréhensible et...assez amusant.
Il y a ce site aussi, que j'ai encore peu exploré mais qui présente de jolies choses sur les vieux.
@ Anne Gentry : "L'or fou, je sens que c'est moins porteur, déjà ...."
Et pourtant...ce que j'ai appris de (ou plutôt à partir de) Jean Oury me fait croire tout le contraire.
L'homme et ses folies, douces ou sévères, me passionnent. L'homme et ses failles, ses racines, sa tête dans les nuages, ses coups de tonnerre...sa nature.
Et vous avez bien raison ...
J'utilisais porteur dans le sens de créneau porteur, sur le plan commercial (parce que l'or gris, c'est très très porteur).
Jean Oury, et sa bande, formidable travail !
Saines lectures, Anne et samines;
Pendant que je vous tiens
, une petite anecdote perso. Enfin, indirectement perso...parce que je ne vais pas en faire un billet...suis pas spécialiste, hein!i
Ma maman vient d'entrer en maison de retraite. Suite à une chute ( elle n'arrive pas à comprendre pourquoi il faut qu'elle mette ses bas de contention au lever...elle dit "qu'elle n'a plus de varices" ... bon, mais elle a toute sa tête, c'est le corps qui ne suit pas ) Suite à une chute donc, on lui a fait une radio.
Le médecin ( une femme), est venue lui donner les résultats...pendant que maman était dans ses toilettes, porte fermée... D'après maman, elle s'est penchée vers elle, et lui a braillé des paroles à l'oreille.Qu'elle n'a bien sûr pas comprises
Maman, qui a sa pudeur, a été choquée qu'on la dérange dans cette posture. Et, bien sûr, c'est cette intrusion qu'elle a retenue...Pas le message du médecin.
Mon fils, psy spécialisépour les personnes âgéeset qui travaille en hôpital, me dit que soit le médecin est un vacataire payé à l'acte et donc ...pressé d'en faire le plus possible.
Soit , si c'est un médecin attaché à l'établissement... y a peut-être un problème.
Dans les deux cas , moi qui suis loin d'elle ( ma maman), ça m'interpelle...
Mais bon...on va pas en faire une maladie non plus, hein ?
Bonne journée !
Bonjour netmamou.
Au-delà de toute opinion personnelle (je trouve que le médecin que vous citez a bien peu d'égards) il y a une Charte des droits de la personne âgée qui existe depuis 1997 et dont l'affichage (et le respect) est juste obligatoire.
Vous y lirez notamment que "Son confort moral et physique, sa qualité de vie, doivent être l'objectif constant, quelle que soit la structure d'accueil".
Voilà voilà...
Ou alors un médecin qui baigne dans cette ambiance pressurisée, où il faut travailler vite sinon la "surcharge-normale" de travail s'alourdit encore, où ce genre d'attitude semble banale...mais pas forcément un mauvais médecin.
C'est fou de voir ce que les équipes (et moi le premier) sont disposées à concéder comme comme attentions bienveillantes aux patients. Ca va de compromis en compromis quant au respect de la pudeur et de la dignité.
Mais là encore, cette propension à accepter tant de compromis n'est pas propre à l'hôpital : c'est un problème de société bien plus vaste. On ne fait que répéter dans un lieu particulier ce qui se passe en général : on en revient aux fractales de Samines.
Je trouve très con, par exemple, de comparer l'homme à un roseau qui plie mais ne rompt pas. Rompre n'est pas un défaut. Comme pleurer n'en est pas un quand on ment aux petits garçons en leur disant qu'un homme ne pleure pas. Rompons et repoussons !
En nous laissant plier, ce sont nos vieux et nos fous (mais aussi nos étrangers, nos chômeurs, nos sans-papiers, nos élèves...) qui rompent.
Et quand je vois vieux ou un fou rompre physiquement ou psychiquement sous une pression dont je ne l'ai pas protégé, je rompt un peu dans mon âme à chaque foi.
J'espère ne pas vous froisser par ce que je vais écrire. Si c'est le cas dites le moi.
Et quand je vois vieux ou un fou rompre physiquement ou psychiquement sous une pression dont je ne l'ai pas protégé, je rompt un peu dans mon âme à chaque foi.
A supposer que votre fonction soit une forme d'assistance, elle a deux aspects très distincts. l'accompagnement et la culture du Lien. Dans l'assistance, il y a la présomption d'une hiérarchie dans l'autonomie, qui induit - au moins - soit de la projection soit un rapport de force (entre celui qui peut et celui qui ne peut pas).
Je ne dis pas qu'il y a - nécessairement - prise de pouvoir, je dis par contre qu'il y a - nécessairement - dépendance.
Quelle que soit l'option "choisie", c'est la culture du lien, dans ce qu'il a de déhiérarchisant et de mode de reconnaissance de l'altérité qui permettra aux deux individus de co-exister avec chacun son destin.
Mais vous ne pouvez "porter" le destin de l'Autre. Par contre, accompagner ce destin dans son accomplissement, oui.
Que dire de l'accompagnement à la fin de vie, sinon ?
Vous ne me froissez en aucun cas.
Je suis d'accord avec ce que vous dites, je ne suis pas là pour "porter" le destin de l'autre mais je peux assister sa dépendance en garantissant son autonomie, son libre-choix.
"Et quand je vois vieux ou un fou rompre physiquement ou psychiquement sous une pression dont je ne l'ai pas protégé, je rompt un peu dans mon âme à chaque foi"
Ce que je voulais dire, c'est que je me sens un peu minable de ne pas résister comme il faut aux technocrates responables du démantèlement du service public dont souffrent les patients avec lesquels je travaille. J'ai le sentiment d'un décalage immense entre ma réaction réelle et celle que je devrais avoir face à ce qui se présente comme du crime organisé en toute légalité.
Je ne devrais pas permettre d'atteinte, aussi minime soit-elle, à la dignité humaine (mais aussi à la Terre, à la vie en général...), à ce qu'il y a de plus précieux sur cette planète et pourtant...là encore, ça dissonne en moi.
Ce que je voulais dire, ../.. organisé en toute légalité.
Effectivement j'avais mal interprété votre phrase. Pour autant (et nous pourrions être nombreux à en témoigner) entre un homme et un système, l'issue du combat est toujours la même : c'est le système qui gagne par KO direct.
Reste une possibilité : pervertir (exploiter) le système ou accélérer sa dégénérescence. Mais ça prend du temps.
Curieux Pierre, vous mle faites penser à l'une de mes soeurs qui est assitante maternelle. Elle se prend une méchante claque à chaque fois qu'elle echoue à sortir un gamin de la DDASS qu'on lui a confié de ses difficultés.
Il va sans dire que son staff, puisqu'il faut bien l'appeler ainsi, ou les accompagnants qui tentent de l'épauler, débordés, désemparés face à la multitude des désarrois de plus en plus impressionnants qu'ils auraient devoir de résoudre, ne lui donnent pas toutes les clefs indispensables à sa vigilance. Quand il ne s'agit pas de sa survie, et des conséquences sur le gamin ou gamine à elle confiée. Elle entre parfois (comme cette fois où un môme a voulu la poignarder ou cette autre fois où une petite s'auto-mutilait pour exprimer son besoin d'attention... et son incapacité à exprimer son immense désarroi autrement, et là je sens bien que le mot est faible) dans une de ces dépressions carabinées d'où il devient difficile de l'extraire parce-qu'elle se sent diablement responsable... Qu'elle prend tout ces évènements comme un échec personnel.
Elle pense, comme vous parfois alors qu'elle est moins ou pas assez formée, ce qui est dommageable mais rien n'est parfait, qu'elle n'a pas été assez attentive, n'a pas su déceler des signes avant coureurs évidents, n'est bonne à rien... ou impuissante, Etc, en dépit de son coeur gros comme une île où elle voudrait que ces enfants se construisent poiur pouvoir tracer leur chemin dans ce monde où les tempêtes de l'océan paraitraient de simples carresses face aux agressions qu'ils et elles auront à affronter.
Non, le manque de temps, de moyens face à toute cette détresse est seul responsable, même son staff qui aurait du ou pu l'alerter sur tel ou tel aspect de la personnalité d'un minot, sur telle ou telle de ses réactions dangereuses pour l'enfant ou pour l'entourage aidant, ne l'est pas tout à fait et je crains qu'eux non plus n'y puissent pas grand chose, s'en protégeant comme ils peuvent (avec des diagrammes Anne, ou des sigles, tous plus ineptes les uns que les autres... mais érigés pour tenter seulement de prendre un peu de recul) faute de quoi ce staff lui aussi composé de personnes humaines risquerait de démissionner face à l'ampleur, à l'écrasant de la tâche.
Bref, la crainte de ce staff de plus en plus désemparré lui aussi face à cette misère, puiqu'il faut bien la nommer ainsi, serait dans ces cas précis que "si nous disions tout aux familles d'accueil, elles n'accueilleraient pas ces enfants tellement meurtris que nous estimons qu'il est préférable de le leur cacher pour espérer...", et là je trouve que c'est une grave erreur pour l'enfant et pour la structure d'accueil, qu'avec un peu (beaucoup de chance) il ne surviennent pas d'autres problèmes qui réduiraient à néant tous les minces progrès accomplis. Mais... Il (ce staff) fait aussi face comme il peut.
Pour le coup, comme pour elle lorsqu'elle traverse ce genre de "déconvenues", je vous dirais simplement que nous, les potes ou commensaux, pire presque rien commen-tateurs ou -tatrices, d'Anne Gentry, Silence, Jonas et bien d'autres nous vous écoutons, ce qui n'est pas grand chose et beaucoup à la fois, nous tentons de vous regonfler le moral, en vous signalant au passage que votre implication dans ce type d'activité relève du sacerdoce, que vos capacités sont indéniables, que vous êtes déjà foooormidables de tenter de résoudre avec vos petits bras et vos coeurs musclés puis de vous atteler à ce genre de tâches. Que surtout vous ne pouvez ou si peu, presque rien faire de plus pour lutter contre la détresse que ce que vous osez déjà.
L'affronter, lutter, jeter chaque jour qui passe comme vous le faites toutes vos forces dans cette bataille titanesque, est... Tout simplement génial, le contraire de l'indifférence, que chaque goutte, chaque inspiration que vous mettez en oeuvre est ... La seule solution.
Ouaff ! Je me suis laissé aller, bref vous êtes tous autant que vous en êtes de sacrés drôles de soldats. Avé, d'un qui ne fait pas grand chose sinon tenter de vous soutenir.
Chef JCD, j'ai été bien ? J'ai été bien ? Est-ce que tu crois qu'il ont compris le satané coup de botte au cul (sincère soutient) que j'ai tenté de leur (Rogntu diû) mettre à tout ces soignants en... Interrogations.
Et si on tentait l'électrochoc chef JCD, ah oui l'électrochoc ! Non , docteur Anne ? Jonas !?! Ah bon,... pourtant z'aime bien l'électrochoc moi...
Cordialement.
Mettons les choses au point!
Quand j'étais dans les chasseurs à pied, en 1916, sur le front au Col de la Chipotte, on ne disait pas maréchal des logis chef, mais "marchichef" (marchi qui?).
Sergent maronneur, au rapport! Vous avez établi à l'intention de Monsieur Strub, pékin de son état, un rapport saisissant sur la sociologie de groupe chez mediaclub; je crains que ça doive être assimilé à la divulgation de secrets défense, et avant de mouiller (tremper) mon longuet (ancien nom des gressins) dans le chocolat chaud et le rata, je m'en va étudier votre cas.
Maître Pierre! L'ambiance quand tous ces plumitifs se retrouvent sous un billet, c'est précisément ce que suggère Samines, dit Satronches, dit le Sage explosif: l'art de pervertir la perversion pour ne pas sombrer.
La question de la dépendance, de la prise de pouvoir sur l'autre, évoquée plus haut, me rappelle que l'acte d'aider et de soutenir a forcément un caractère aliénant; c'est dès lors la manière de ne pas en tirer jouissance, et l'imprégnation marquée du respect et de la reconnaissance totale de l'autre-humain qui déterminent le quantum d'aliénation et sa possibilité d'être traitée sans relâche.
Rond pet!
JCD
c'est dès lors la manière de ne pas en tirer jouissance, et l'imprégnation marquée du respect et de la reconnaissance totale de l'autre-humain qui déterminent le quantum d'aliénation et sa possibilité d'être traitée sans relâche.
Acrévindiou mon capitaine, vous avez la plume aiguisée et le mot réjouissant !
Samines, dit Satronches, dit le Sage explosif
Mes proches (et même les moins proches) disent aussi l'emm....en grincant des dents sous l'exaspération. Ce doit être une conséquence de l'effet-dose.
Monsieur le petit ramoneur, vous dites : "Non, le manque de temps, de moyens face à toute cette détresse est seul responsable" et c'est bien contre ça que je regrette de ne pas me battre assez.
Résister la tête haute contre ceux qui mènent une gestion désastreuse, ceux qui préfèrent l'argent à la dignité, ceux qui ont les moyens de ne pas mettre leurs proches dans les hôpitaux qu'ils gèrent. Et l'administration de l'hôpital ce n'est encore rien mais c'est à la tête de l'Etat que ça se joue.
J'aimerais, contre ces fumiers, engager un geste fort et qui durerait tant que nécessaire - m'en foutre des lois de grève, de la perte de salaire... Mais j'avoue que j'ai un peu les pétoches de le faire seul et même d'en parler autour de moi...
Je comprends Pierre, et crains que vous ne soyez atteint d'un mal incurable ou presque : Ce que j'appelle "le Sydrôme du messie".
C'est un truc qui vous prend la "teuté" et qui mène droit où lnous savons. A coup sûr vers le burn out, ou si vous échappez au marthyr vers la sainteté.
Méfiez-vous parcequ'à défaut de finir sur une croix, vous allez droit vers la dépression. Je parle en connaissance de cause, je fus et suis encore atteint de ce syndrôme si courant qui consiste à vouloir tout améliorer et surtout les autres. Je tente de vous faire comprendre par là que ce que vous faites ou tentez est bien à la seule condition de commencer par vous. Pour les autres vous verrez après... Mais pas sûr que ça marche. Regardez... moi par exemple... ça va pas être simple. A défaut vous risquez de tellement faire suer vos collègues, de remettrre tellement de choses en questions, qu'il se pourrait bien que l'on ne vous supporte plus. Et là,vous aurez intérêt à être fichtrement costaud parce que l'on ne vous ménagera pas !
Mme Anne Gentry qui se heurte semble-t-il aux mêmes difficultés qiue vous a choisi l'exellente méthode de la dérision. Rien de tel que l'humour pour amener nos semblables à prendre conscience de nos failles et lorsqu'en plus vous maîtriserez comme elle l'auto-dérision vous échapperez à ce risque sur lequel je tentais de vous alerter plus tôt.
J'ai compris récemment qu'il ne nous est possible, lorsque l'on est comme moi en tout cas (pas psychologue pour deux ronds...), de changer que bien peu des comportements de nos relations, que ce soit dans le domaine familial et dans le domaine social où nous évoluons, et celui du travail en fait partie. Nous n'avons qu'un faible rayon d'influence (pour ma part en tout cas) et celui sur lequel nous sommes le plus efficace est à coup sûr notre propre personne. Au mieux il aura un effet bénéfique sur nos proches et les amènera à essayer de se dépasser, (bien peu s'ils m'observent et ça les rassure à présent). C'est dérisoire et à la fois beaucoup.
Oh, notez bien que je ne cherche pas à vous décourager, vous me semblez avoir de louables intentions mais si louables soient-elles, il est des équilibres terriblement difficiles à rétablir vers disons... plus d'altérité.
Regardez ce Mr Montebourg, l'impétrant pour lequel nous fûmes nombreux à voter récemment. (Pas assez à mon sens) C'en est un exemple frappant, il tenta et tente encore de remuer une telle masse de mauvais usages, qu'il risque fort de se retrouver mis au banc, nos commensaux n'aiment pas, mais alors pas du tout que nous les mettions face à leurs errements et leurs contradictions. Cela me rapelle cette chanson de Brassens qui dit en substance que ("les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux...) celle qu'ils ont choisie parce qu'elle leur convient tout simplement et qu'à trop vouloir les contraindre à en suivre une autre, ils risquent de s'arquebouter sur la longe. Qu'à moins d'être exemplaire soi-même, je ne sais pas pour vous, mais je ne fais pas partie de ces heureux élus qui ne commettent pas d'erreurs, pire je les reconnais... ce dont mes relations se souviennent au moment opportun pour m'envoyer une volée de bois verts lorsque je les titille par trop, nous risquons d'être bien improductifs.
J'essaie donc ces temps ci d'apprendre l'humilité (pas encore la sagesse, pour ne pas brûler les étapes... Dou-ou-ou-cement) et cherche à comprendre plus qu'à blâmer à présent. M'efforçant de tracer mon "petit bonhomme de chemin" de "petit ramoneur" du mieux que possible... fuyant les emmerdes en un mot.
Oh, tout comme vous j'ai l'impression d'être bien lâche de temps en temps, pour ne pas dire très souvent, mais voyez je ne suis pas encore assez calmé, puisqu'en tentant de vous faire profiter de ma modeste expérience, je ne suis pas certain de me faire un nouvel ennemi. Vous ! Envers qui je suis suffisamment bien disposé pour m'essayer à y procéder encore. Surtout je m'efforce de m'appliquer ces grands principes dont je voudrais tant voir les autres nantis. Je quêtais tant les faveurs de mes semblables que s'en était... ridicule.
Pour finir cette docte et pompeuse démonstration, je vous avoue y aller le plus modérément possible, pour ne pas me chopper l'auréole trop tôt. Pis ! Je l'empêche de s'épanouir sous ce bonnet bleu éclatant (schtroumph... sacré toubibe) que m'a offert ma fillotte, ouarfff ! Un peu plus salissant que le noir pour ma fonction, mais je n'ai plus peur d'être taché, voir d'en sembler une (pôv'), à présent.
A bientôt et que la force soit avec vous cher... heu..., vot grade c'est quoi au fait, dans la confrérie des doux soigant-soignés ? Mais, ah zut ! Botus et mouche cousue, Jicédé a recommandé la discrétion... Une société secrète d'illuminés fol-fédérés, ça doit rester secret ! Nom d'un Schtruboumph ! Encore raté, je vais finir par nous faire tous embastiller !
Cordialement.
Je me permet de m'immiscer subrepticement et incidemment dans votre dialogue pour illustrer une partie de votre propos, petit ramoneur.
"Etre humain, c'est aimer les Hommes. Etre sage, c'est les connaitre", disait Confucius.
Je crois qu'au même titre que nous ignorons l'essentiel de ce que nous transmettons à nos enfants, nous ignorons l'essentiel de l'influence réelle que nous avons sur notre entourage. Mais il est vrai qu'elle est toujours dérisoire au regard de nos aspirations.
Il n'est pas impossible que ce soit une bonne chose.
J'ai compris récemment qu'il ne nous est possible, lorsque l'on est comme moi en tout cas ... de changer que bien peu des comportements de nos relations .....
Oui, c'est évident. Une fois qu'on a un peu admis ça, on s'inscrit au yoga, on reprend le sport et les hobbies délaissés, on essaie de travailler moins si on peut, on se couche plus tôt pour pas trop traîner sur Médiapart ... et on essaie de travailler (même petitement) sur soi-même, seule chose à laquelle on puisse à peu près (...) accéder, finalement.
Bon, mais je dis ça comme si c'était facile, hein ...
Par contre, faut continuer à s'énerver un peu :
- Au boulot, résister le mieux possible aux inepties dont on nous abreuve régulièrement, tout en gardant sa place, question de dosage. Pas facile, tu finis assez vite classée psycho-rigide ou autre, mais ça peut être vivable ... Samines l'a écrit quelque part, on peut pervertir le système qui pervertit, ça permet de continuer à y respirer.
- Dans la rue et dans les urnes, s'énerver franchement parce que là, passé les bornes ...
- Entre les deux, ce serait cool qu'il y ait des moyens non hyper-locaux ou confidentiels, même si éventuellement utiles, pour s'exprimer et tenter de faire porter idées et valeurs (ou plutôt l'inverse). Là aussi, faut-il apprendre à accepter qu'on ne pourra changer les structures et instances qui sont supposées nous représenter ? Allô, Montebourg ?
Correctif.
J'ai écrit : ""Etre humain, c'est aimer les Hommes. Etre sage, c'est les connaitre", disait Confucius.
Erreur de ma part.
La citation exacte est : "Etre humain c'est aimer les Hommes, être sage c'est les comprendre". La distinction peut sembler fine mais est tout sauf anodine.
Je ne veux pas faire se changer les autres, je sais bien que c'est irréaliste, mais faire cesser cette hémorragie de moyens humains et financiers. Les causes sont tellement connues aujourd'hui ! Et je ne crois pas être tout seul à vouloir cela...
Mais il est aussi fort probable que pour me préserver, je quitte la fonction publique. Pourtant elle est une valeur à laquelle je tiens mais je ne veux plus y prostituer mon âme. J'utilise souvent "mon âme", ça peut paraître pompeux comme vocabulaire mais c'est bien de ça dont il s'agit : je sens que c'est là au fond que ça dissonne.
Je n'irai pas pour autant travailler dans le privé : hors de question. Le libéral sans doute pour y suivre le conseil d'Anne : travailler moins et prendre du temps pour me consacrer librement à ce qui me tient à coeur (musique, projets associatifs, théâtre, lecture, amis, famille...démocratie et politique).
Et suivre les idées d'André Gorz (sur ces deux vidéos à suivre).
Meuh non, Pierre!
Viens plutôt travailler à la Chesnaie, on recrute!!!
JCD
Merci, Samines, pour le lien vers la Charte des droits de la personne âgée.
Et merci à Pierre Strub pour ses réflexions.
On a beau savoir que le temps est compté, pour le personnel médical , on ne voit, ici comme ailleurs, que son cas particulier. Je pense que cela vient de notre enfance: " maman", remplacée par l'hôpital...doit être toute-puissante pour me perndre en charge et soulager tous mes maux.. On redevient enfant...mais avec des " exigences" de grande personne...
Pierre Strub, question un peu à côté du sujet du bilet, pardon : dans votre lieu de travail, est-ce que s'est organisé quelque chose pour le sauvetage de l'hôpital public ? un collectif ou autre chose ????
La question ne me paraît pas être à côté mais en plein dans la perspective, merci de la poser.
A vrai dire, plutôt que de partir, j'aimerais faire quelque chose de tel : ce serait plus en accord avec ce que je ressens. Un collectif pour témoigner, écrire, informer, diffuser...résister.
Et faire cela aussi bien à l'hôpital que dans mon quartier, avec une perspective politique au sens large : où j'entends par politique tout ce qui touche à la vie collective quotidienne la plus banale.
Votre question : en plein dans la perspective et en plein dans ma tronche.
Et si ça, "on" prétend que ça marche:
http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=2926&cpage=1#comment-1876
Ne nous fera-t-"on" pas ensuite croire que nous avons désormais "Trop d'hommes pour si peu de fous"?
Bonsoir,
BJP
Le lien ne marche pas, il me renvoie sur la page d'accueil de Mediapart
Oui tiens c'est curieux... désolé.
Merci de me l'avoir signalé!
Je viens de réessayer et ça fait pareil à partir du copié/collé de l'adresse depuis la barre d'adresse page affichée... Etrange...
Essayons celui-ci pour voir, qui est en fait l'article original:
http://www.weka.fr/actualite/sante-thematique_7850/d-anciens-malades-dans-les-equipes-soignantes-en-psychiatrie-article_68182/
Ok celui-ci marche.
mais c'est dommage car là il n'y pas le fil du commentaires qu'il y a sur le site du Collectif des 39...
Bonne lecture quand même,
BJP
BJP
Merci !
J'ai le site du Collectif des 39 dans mes marque-pages mais j'y vais trop peu souvent. Un tort...
C'est tout le monde autour qui est fou, si on ne peut pas s'occuper chacun de son vieux ou chacun de son fou, si on est obligés de les parquer dans des mouroirs et des asiles.
Si même les voisins non plus, ne peuvent pas s'en occuper, ni non plus les autres occupants des bancs des places publiques,
si on est tous trop pressés et trop seuls pour s'occuper de qui que ce soit,
oui, c'est tout le monde autour, qui est fou.
Je dirais plutôt que tout le monde est rendu fou.
Pressé par une cadence et un mode de vie imposés par le travail : le travail qui nous pompe notre énergie, qui organise notre emploi du temps, qui nous fait déménager loin de notre famille, qui nous fait nous impliquer jusqu'à la moëlle pour des projets dont nous n'avons rien à faire, qui nous emmerde quand nous l'avons mais que nous craignons de perdre par peur de la précarité...le travail qui ne nous appartient même pas : les fruits de notre travail vont dans la poche d'autres.
Bien qu'il existe aujourd'hui des alternatives pour se réapproprier son travail (je pense aux SCOP et SCIC notamment), tout ça est encore très massif et rend fou car on se retrouve dans des situations de précarité psychique à ne pas vivre comme on l'entend et à devoir s'éloigner de nos proches, de nos racines.
Une autre alternative est aussi le salaire minimum garanti : un salaire payé à tous sans condition d'activité ou inactivité, d'âge, de nationalité...bref ! à tout le monde. Et à chacun de choisir ce qu'il a envie de faire.
Je suis même persuadé qu'on peut vivre sans argent : s'il serait possible de tous vivre avec un salaire égal, la voie vers pas de salaire du tout n'est pas loin.
Et je remets les vidéos d'André Gorz (2 à suivre).