Sun.
27
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Pourquoi je n'irai plus travailler vendredi, après mes congés ?

Je suis infirmier dans le service public hospitalier. Quand ce dernier est attaqué, ce ne sont pas seulement ses principes qui en souffrent mais aussi tous les Hommes, en chair et en âme, qui y gravitent. Parmi eux, il y a moi.

Je décide donc aujourd'hui de réagir comme bon me semble. Peut-être que je trouverai un écho, peut-être non. Quoi qu'il en soit, je ne regretterai rien.

Lettre ouverte à qui voudra la lire.

Tous les commentaires

Vous avez tout mon soutien, votre lettre est ouverte, je la lis, je la trouve forte, simple claire. Tenez nous au courant! On finira par être plusieurs à vous soutenir!

Salut, Pierre!

 

Je ne sais trop que dire; j'ai lu, j'ai pensé; d'abord à toi: comment penses-tu t'en sortir sans boulot et sans soutien?

 

Tiens-nous au courant, nous te suivrons pas à pas si tu le souhaites

 

JCD

Je suis sans boulot mais pas sans le soutien de mes proches. Et pour m'en sortir, je verrai mais je fais confiance à mes ressources (au sens large) personnelles.

Merci de votre attention...

Bonjour Pierre,

Une lettre forte ... à lire.

J'espère que vous pourrez vite retomber sur vos pattes, regrets ou pas, et panser cette plaie, qui me paraît bien béante, quand même. Préservez-vous ...

Je vis ça comme un bon gros coup d'antiseptique qui pique sur une plaie bien sale. Maintenant ça peut cicatriser correctement.

Sérieusement, je me relis et trouve que ça sonne juste avec ce que je pense encore.

Cette lettre peut paraître "trop", je le conçois mais je ne suis pas d'accord : "beaucoup", oui ! "trop", non !

"Beaucoup" car ça vient en réaction à beaucoup, à beaucoup trop de violence. Violence dont je ne ressens pas personnellement toute l'ampleur, si ça peut rassurer sur mon état d'âme, mais que je sais être présente car j'en observe les conséquences. J'en vis toutefois une petite partie.

Mais toutes ces agressions faites à la société des Hommes dont je fais partie, je veux m'en défendre maintenant, que ça cesse.

Si on agressait ma famille et mon foyer de la même manière, je m'en défendrais ainsi.

Je fais partie de la famille des Hommes et la Terre est mon foyer.

Je refuse la violence de quelques membres de cette famille...mais je ne veux pas les bannir pour autant.

 

Et je tâche de me préserver, merci.

Je ne trouve pas votre lettre "trop", elle reflète ce que vous pensez, ce que vous sentez ...

Elle secoue, quand même, et comme l'écrit Marielle Billy plus bas, je ne peux me garder d'une certaine admiration ... (je n em'en garde pas, d'ailleurs, vois pas pourquoi, hein ...).

Oui Anne. Mais ce qui est encore mieux que DIRE "non", c'est FAIRE "non". Et Pierre, tout comme de nombreux autres dont moi, FAIT "non". Solidairement donc humainement vôtre, BJP

5191BHVNG2L._SL500_AA300_.jpg

 

Oui, Anne.

 

Mais Austin, dans son (d'ailleurs excellent) bouquin détaille et circonscrit très précisément "quand" on constate que "dire c'est faire".

Donc beaucoup plus précisément que ne le fait la seule - très subjective - traduction française "Quand dire, c'est faire" du titre anglais "How to do things with words".

(ah! les traducteurs de la collection "essais"... Surpris)

Et pour Austin, dire "non" en tant que faire "non" n'y est pas, car ne peut être un "énoncé performatif" au sens où il le définit.

Sourire

 

BJP

Je vous comprends.

un matin, réveil normal, petite sacoche à la main, dans la rue, il fait deux pas dehors, (réels) de son immeuble, une pensée s'est imposée: "non, je n'y vais pas" et il s'en est retourné, chez lui, a téléphoné à son docteur : 3 mois d'arrêts de travail ont suivis. d'arrêt, pas de maladie.

Bon repos.

 

 

Bonjour Pierre,

 

Acceptez-vous que je vous apporte mon soutien?

De toutes les façons dont vous envisagez ce soutien, bien entendu.

 

Bien avec vous,

 

BJP

Votre lettre me laisse dans un sentiment mêlé  d'amiration et de compréhension : tout y sonne juste, et votre sentiment est tout aussi fort à accueillir que votre analyse.

Dites-nous ce que vous devenez, comment vous allez et ce que vous pensez au fil des jours.

Recevez mon soutien très sincère.

 

Je pense beaucoup de choses depuis, ça me surprend. Faudrais que je couche par écrit tout ce qui me traverse l'esprit : c'est drôle parfois (en tout cas m'amuse) tout en étant sérieux.

Merci de votre invitation à en faire part.

 

Tenir un journal, en somme...

Clin d'œil

 

BJP

Cher Pierre,

Votre lettre est un symbole, oui, vraiment. Elle pourrait être écrite par des milliers de personnes en France, puisque nous sommes ici en France, mais ailleurs également. Seulement ces personnes n'ont pas toujours les moyens d'exprimer ce qui les touche au plus profond. 

Gardez-la précieusement cette lettre, publiez-la partout où vous en avez la possibilité !

M'accordez-vous la permission de la publier de mon côté, de la partager avec mes proches et ceux qui le sont moins ?

Pour ma part, je n'ai aucune inquiétude pour vous Pierre. Votre sens des réalités, votre profondeur d'esprit et votre façon de vous exprimer vous ouvrent un champ de possibles, dans un espace où aujourd'hui il est urgent de dire "VRAI". Les gens ont besoin d'entendre, ils sont besoin d'être soutenus par ces mots tels que vous les écrivez.

Vous êtes entré en résistance, c'est un acte de courage, de générosité et d'intelligence. Comme les artistes, vous devez être aidé, avoir des mécènes... demandez et continuez à écrire, partout où vous le souhaitez ! Peut-être que Médiapart vous ouvrirait un espace, qui sait ?

De tout coeur avec vous Pierre. j.

 

Vos retours sur cette lettre me touchent et, même si je suis plutôt serein, ils me rassurent encore un peu plus.

 

@josy : c'est une lettre ouverte donc oui ! vous pouvez la partager, elle est faite pour ça.

Merci encore...

 

"c'est une lettre ouverte donc oui ! vous pouvez la partager, elle est faite pour ça."

 

C'est noté et ce sera fait.

NB: Je vous transmettrai à mesure les coordonnées des destinataires.

Diffuser votre lettre ouverte est une des façons dont vous envisagez qu'on vous soutienne.

Mais ce n'est certainement pas la seule.

Quelles autres?

 

BJP

 

Ce n'est pas pour me faire soutenir mais pour qu'elle fasse peut-être écho.

Alors en fait oui, ça me soutiendrais de savoir que je ne suis pas le seul...

Bonjour Pierre,

Où en êtes-vous, si vous nous lisez toujours ?

 

 

Je découvre votre témoignage à la faveur de la dernière contribution d'Anne. Je salue votre courage à poser ces mots et ce geste. Beaucoup, oui, pourraient exprimer les mêmes choses, à l'hôpital, mais aussi à l'école, et sans doute ailleurs dans le privé, à France Telecom et à la Poste, à la CAF et dans les tribunaux, partout où il n'est plus question que de rendement et de respect des protocoles. Protester n'est pas se plaindre, non, c'est refuser, c'est courageux, cela engage. En face, à ne pas entendre la protestation, à la réduire à un "malaise", une "grogne", bientôt un hoquet, on ne fait qu'attiser la haine, je connais ça. Alors quand les choses sont à ce point verrouillées, il n'y a souvent pas d'autre solution que la rupture. Je vous comprends bien. Je vous entends. Que devenez-vous ?

C'est par ici...

Newsletter
Je m'identifie