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Le Président Sarkozy a changé !
Henri Guaino, dans un entretien publié dans Le Parisien Aujourd'hui en France du 24 juillet, annonce les sanglots dans la plume : "le Président Sarkozy a changé"...
Parfait. Mais changer comporte des risques ! C'est une transition qui nous fait passer d'un système de référence à un autre, parfois avec douleur, souvent avec une sorte d'inquiétude diffuse. Les troubles qui, en général, accompagnent le temps de l'adolescence en témoignent. La modification attribuée au comportement de notre président a-t-elle été pénible ? Vous le saurez bientôt en suivant les péripéties de la campagne présidentielle. En attendant, considérons d'autres changements cruels. Ainsi celui d'Alain Juppé déclarant, en décembre 2010 :
« ... "Il est vrai que j'ai dit que je n'allais pas exercer à la fois des fonctions locales et nationales. Nous sommes fin 2010, le contexte a changé et chacun a le droit d'évoluer", ...
"Je l'ai dit, je l'assume et j'ai changé d'avis... »
quelques mois après avoir juré croix de bois croix de fer, dans son blog, en 2009, qu'il y avait, à ses yeux, incompatibilité entre la fonction de maire de Bordeaux et un poste ministériel...
Ou celui d'Eric Besson, transportant en 2007, la mort dans l'âme, ses petites affaires de la rue de Solferino vers le siège de l'UMP...
Sans parler de Jean-Louis Borloo changeant de vélo en cours de route dans la grande descente de la même compétition présidentielle.
Bon, le mieux c'est sans doute de suivre l'exemple de Julio Iglesias, qui, il y a quelques années, se rassurait en nous confiant, l'œil attendri et la voix en forme de brouette:
« Je n'ai pas changé
Je suis toujours le jeune homme étranger...
Il reste que le changement annoncé de M. Sarkozy vêtu des flamboyants oripeaux du dernier recours contre toutes les souffrances du monde, nous bouleverse. Et on ne peut que considérer avec émotion le moment solennel où il ne dira plus à la misère humaine « casse-toi pauv'con » mais «éloignez-vous de mon parcours, malheureux impécunieux », et où la mâle injonction à « descendre si t'es un homme » deviendra l'aimable invitation à « daigner quitter votre observatoire », etc...
Quant à Guaino, grotesque thuriféraire des changements présidentiels, il semble bien condamné, lui, à ne point changer. Pathétique bouffon, ou bouffon pathétique ? La nuance est à méditer. On aurait plutôt tendance à penser pour notre part qu'il est d'abord pathétique. Mais son côté rigolo n'est pas à négliger. Qu'on en juge par cet extrait de sa déclaration au Parisien :
« ... Comment le pouvoir ne l'aurait-il pas changé ? ... Les crises, les guerres, les prises d'otages, les souffrances humaines pour lesquelles le président apparaît comme le dernier recours, la solitude du pouvoir face à la décision, tout cela est forcément bouleversant... »
Ce n'est pas du bon travail de bouffon, ça ?


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Je viens d'écraser une larme dans mes nouilles. C'est si beau !
" Le renard change de poil mais pas de caractère"