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Nous aurions bien des choses à dire. C'est pourquoi, n'ayant d'autres moyens, dit-on, les met-on dans une enveloppe. Tant ce que nous y mettons, dit-on, nous exprime, que nous n'hésitons guère : nous nous glissons nous-mêmes dans l'enveloppe.

 

Et nous voilà partis ... destination ? Inconnue.

 

C'est là notre parti. 

 

In chā' Allāh ! comme dirait l'autre ...

Bien que certains préfèrent cette prophétie plus antique : "et vogue la galère !...." 

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Je veux évoquer toute situation où l'on se fait avaler par l'emballage, emballage que l'on aura, bien évidemment, contribué à construire.

Cela est d'autant plus évident aujourd'hui, et comme au fondement de ce mode marchand qui ne cesse de nous emballer pour mieux faire passer la dégradation du tout.

Alors, les élections, oui, sont une illustration de ce fait, que de La Boëtie a pu conceptualiser sous la notion de "servitude volontaire".

 

Autrefois, quand il y avait encore des humains sur Terre, il y a bien longtemps, quand même, le souverain, suspicieux de nature - et non sans raison de l'être - se faisait représenter auprès d'autres peuples puissants par des plénipotentiaires, lesquels, ainsi investis de l'image du souverain, savaient qu'ils n'avaient, pour autant, qu'une marge de manœuvre limitée par la stricte mission de représentation. Il fallait des circonstances tout à fait exceptionnelles pour qu'ils acceptassent de se faire retourner ; mais cela arrivait ... à leurs risques et périls.

Que reste-t-il aujourd'hui de cette souveraineté du peuple quand il élit - l'expression est presque édifiante en soi - un mandataire auquel il s'abandonne aa point que ce dernier exerce la souveraineté en lieu et place. Un véritable renversement de souveraineté, inexplicable sans que soit interrogé ce qui l'a précédé.

 

La mise en boîte n'est pas, en soi, le problème. Il semble même qu'elle soit une des dimensions de l'existence, quand elle permet de progresser. Elle n'est, théoriquement, en tant que telle, qu'une formalité, un passage.

Alors des élections, oui ! Pourquoi pas ? Le problème est plutôt dans les modalités de cette mise en boîte, dans ce qui la précède, notamment, sorte de mise en condition, telle celle suivie par des guerriers avant l'affrontement, comme de ce qui découle NÉCESSAIREMENT de cet abandon consenti de soi.

 

Car, ce qui importe c'est plutôt, comment on en sort ... de la boîte, dans laquelle on s'est mis, histoire d'exister ... enfin ! plutôt d'affirmer que l'on existe ... après filtrage, écrétement, pour pouvoir passer dans le chas de l'aiguille.

Ainsi du langage, par exemple. Tout est fait pour organiser le consensus, surtout : s'auto-garantir par la répétition du même, ad nauseam, tel un mantra qui tiendrait lieu de toute critique. Qu'il y ait un écart, si minime soit-il, voici surgir l'inquiétude, la peur de l'étrangeté ... le loup dans la bergerie.

 

Bon ! Il paraît que c'est une manière de se comprendre que de faire bloc ! Il est vrai que ça tient chaud par les temps qui courent. In chā' Allāh !

 

ZEN......PIM ! tout va bien . Le propre de l'être Humain, c'est d'être Humain.

Hue ! Mani pulite !

L'être humain existe, animal dont les caractéristiques sont en effet définissables assez objectivement.

 

Mais qui décide de ce qui est "Umain" ?

Supposez un instant - mais toute ressemblance avec une situation existante serait parfaitement hasardeuse et indépendante de notre volonté, n'est-ce pas ? - que ce soit un Ubu qui puisse en décider, qui décrète demain, qu'"être Humain" consiste à couper la tête de tous ceux qu'il aurait exclu de ses critères ...

Je vous vois aussitôt courir aux galeries farfouillettes vous acheter la panoplie ad hoc ... Le problème, et je compatis, c'est l'encombrement ... un peu comme une première journée de soldes, ou lorsque sort le dernier modèle de la plateforme machin-chose qui permet, à un certain coût - faut bien que tout le monde vive de cette "Humanité" là -, de se téléporter sur la planète trucmuche où - Ô bonheur ineffable - il n'y a aucun "Humain" ...

echange

Pour vous Pim voici "Echange" unissons nos forces contre tous les manipulateurs qui se servent grandement de notre Humanité car ils la connaissent mieux que personne. Il n'y a qu'à voir la nouvelle science dont se servent les marchés, le neuromarketing...

 

"(...) les manipulateurs qui se servent grandement de notre Humanité car ils la connaissent mieux que personne"

 

Les manipulateurs manipulent, c'est le propre même de leur raison d'être, et il nous faut faire en sorte de déjouer leurs manigances (1).

Pour autant, je pense qu'il n'y a pas lieu d'en faire des surhommes : ils ne connaissent de l'humanité que la part qu'ils sont à même de saisir, de leur point de vue, c'est-à-dire de mettre en cartes, en un mot d'identifier.

Autant dire qu'ils n'aperçoivent de notre humanité que celle qu'ils nous contraignent d'endosser, fabriquée de bric et de broc par leurs machines à décerveler.

 

Pour ma part, si vous le permettez, je préfère parier sur leur stupidité atavique, laquelle les a conduits, entre autre, à préférer la manipulation au dialogue et à la coopération.

Leur motivation, celle de la soumission, ou du goût du pouvoir, est un atavisme de l'animalité, ou, plus exactement - car enfin, l'"animalité" est elle-même un mythe, en miroir de celui d"humanité" - d'un passé où prévalait le rapport de forces, comme constante d'un rapport à la "nature" - autre mythe - dont il était convenu qu'il fallait la "maîtriser" ou périr.

On peut constater, chaque jour que le capital fait, tous les bienfaits de cette "maîtrise" là, dont il conviendrait plutôt, aujourd'hui, de se défaire un tant soit peu.

 

Qu'il me soit permis ici de profiter de cet instant de notre conversation pour insister sur le fait qu'il n'y a, de mon point de vue, vraiment pas lieu de mythifier l'Humanité, ou pour le moins de l'idéaliser, ainsi que votre écriture le laisse supposer. Tissée de peur, elle a laissé surgir de son sein le pouvoir, comme un incontournable, auquel elle ne cesse de se soumettre, preuve de sa grande faiblesse, de sa stupide tendance à l'incantation magique et de la nécessité qu'elle se surmonte afin d'accéder enfin à ses rêves d'une humanité accomplie.

 

Le mode de production que nous subissons, en nos temps, est un mode qui nous produit mais que nous produisons aussi.

De ce fait, il n'y a pas lieu, vraiment, de s'en vanter : nous sommes les victimes, mais aussi les bourreaux, méritant ce que nous subissons, complices, jusqu'au bout des ongles, de ce rapport de forces que nous ne cessons de valider, de porter dans nos rapports mêmes à nous-mêmes et à autrui.

 

"Échange", avez-vous nommé votre jolie invitation à la danse.

Mais ne pensez-vous pas que nous n'avons rien à échanger, tels ces "sauvages" auxquels on présentait de la breloque pour leur voler leur or ?Nous n'avons plus même de breloque ... RIEN.

 

Merci encore pour vos jolies peintures.

 

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NOTES

(1) - À propos de manipulation, voir le documentaire passé hier soir 13/11/11sur France 5, intitulé, "Manipulations, une histoire française" et revisionnable sur le net par TVreplay ; voir aussi, sur le même thème l'article du site Rue89

 

Magnifique article Pim . Vous devriez le publier dans un livre . Ne vous arrêter pas d'écrire.

Je suis tout à fait d'accord avec vous. Se passage sur "ces poulets en batterie" est extra, vraiment!

Je compte beaucoup sur " les retournements subits, imprévisibles."que je sens poindre à l'horizon chez les indignés même s'ils sont un peu maigrichons pour l'instant. Vous n'y croyez pas,à moins que vous préféreriez ne pas trop espérer... Il y a eu cependant déjà de belles révolutions gagnées même si celle là devrait être beaucoup plus difficile car l'adversaire est plus sophistiqué .

Notre échange m'a inspiré il est sur mon blog

Merci, thank you very much, danke ( du dernier chic, aujourd'hui)

Si j'étais un chat, je ferais MIAAAAAÔÔÔu ...

Las ! il paraît que je ne suis qu'un numain.

 

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