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Coué

Le terme de civilisation, étymologiquement, renvoie à celui de cité, c'est-à-dire à l'urbanité, aux manières de distinction qu'impose le siège de cette administration politique (grec ancien : Polis, cité  ; grec allemand : Policeschnell ! ; bas français, fin Vè République : Polichinelle), de ce pouvoir concentré là CONTRE les campagnes - c'est-à-dire les travailleurs - qui constituaient, dans des temps pas si anciens, l'essentiel de la population devant subir les diktats et l'exploitation affamante, infamante de ce pouvoir politique, associé, symboliquement comme bien réellement, à celui de la ville sur les campagnes. C'est le tiers-monde paysan qui se fait, aujourd'hui, tirer l'oreille par le "développement" de la civilisation.

C'est donc bien, ainsi que l'écrit Alain Gresh, dans son opposition à la sauvagerie que le terme de civilisation prend tout son sens, celui d'une hiérarchie entre un ÉTAT - et sa puissance de feu sur la société - et l'absence d'État ou, plus exactement, l'incapacité d'un État encore faible, ou affaibli à faire face à la déferlante d'un État infiniment plus puissant qui peut ainsi qualifier celui qu'il soumet de "défaillant".

http://blog.mondediplo.net/2012-02-06-Une-mission-sacree-de-civilisation

 

 

L'usage de ce terme par M. le ministre de l'intérieur devant un cénacle de l'extrême-droite - le flattant dans le sens du poil, comme l'on flatte le cador de service que l'on s'apprête à lâcher - témoigne donc bien de cette opposition, c'est-à-dire de cette mise au ban de ce qui doit être "civilisé" puisque insuffisamment soumis aux règles telles que les énonce un État moderne, c'est-à-dire un ordre marchand, bourgeois, citadin.

 

Cette référence au désormais par trop éculé slogan tapageur de l'égalité homme-femme, comme témoin de cette évolution de la civilisation fait rappel du mot de Marx désignant la mesure d'un état du développement d'une société par celle de l'état des rapports homme-femme. Une telle référence dans la bouche de ce M. Guéant - dont on aperçoit toujours, à ses énoncés comme à la qualité de ses interlocuteurs, vers où penchent ses sympathies -, serait plaisante.

Mais ce serait oublier que c'est aussi bien cette opération de séduction qui est l'entreprise première de l'Occident, comme sa marque de fabrique même, lequel Occident se fait comme un honneur de "libèrer les femmes" de la dite oppression masculine en transférant le souteneur à la puissance d'État. Les femmes afghanes auront été ainsi "libérées", nous fait-on savoir, à coups de bombes démocratiques, puisque c'est bien en détruisant les structures traditionnelles patriarcales que s'impose toute la "liberté" du commerce international.

 

Cette destruction de sociétés entières, pré-capitalistes, est la vraie marque de fabrique de l'Occident, dont la domination planétaire, sur les cinq continents, s'est ainsi constituée par l'invasion, la colonisation, la négation de l'autre, sa soumission ou sa destruction génocidaire .... Voici donc la "civilisation" occidentale , c'est-à-dire sa domination.

 

Aussi bien, les petits amuseurs payés sur les deniers publics peuvent bien faire leur cinéma de bonnes âmes offusquées parce que l'on aura OSÉ prononcer le terme tabou de "camp de concentration" - une marque déposée, semble-t-il, et dont les auto-proclamés propriétaires s'estiment aujourd'hui en droit d'en interdire l'usage au nom de ce qu'ils relèveraient d'un "patrimoine" privé (!) quand les camps sont d'abord un terme générique appartenant à l'Histoire. 

Une telle frauduleuse appropriation est d'abord une façon d'interdire le débat démocratique sur ce qui met en cause, en effet, le modèle aujourd'hui verrouillé de la démocratie dite représentative, quand la réalité de cette prétendue civilisation se trouve, en effet, fondée sur la traite négrière. Les camps, qu'elle continue de les pratiquer en son sanctuaire même, dans les prisons de la CIA en Irak ou à Guantanamo, sont en quelque sorte sa dernière vérité. Et M. Obama, en mal de popularité, quand il prétend louer l'inventivité  de la "première démocratie" - comme les US aiment à se nommer -, ne trouve rien de mieux à faire que de tirer au canon ! 

http://tempsreel.nouvelobs.com/les-internets-vous-parlent/20120208.OBS0853/video-barack-obama-s-essaie-au-canon-a-guimauve.html

 

Aussi est-ce bien réellement une SUPERCHERIE ÉLECTORALISTE que de prétendre dissimuler cette domination planétaire des armes et de la prédation sans vergogne de toute ressource sous une confiture gagateuse de prétendues valeurs morales ou sociétales.

Quand on sait ce que disent et font d'ordinaire des prétendus "droits de l'homme" ceux qui aujourd'hui les invoquent comme bouclier d'indignation (1), n'ont, de fait, pour seule préoccupation, que de ramener sur la corde à linge les furieux de tous poils de l'empire colonial que fut la France, dans le sang et la douleur - qu'elle continue d'être, sous forme de confettis -, voilà ce qui devrait bien plutôt indigner, quand une telle hypocrisie n'a d'autre sens que de flatter, d'instrumentaliser, en l'assumant, donc, l'idée raciale, nazillone, de supériorité de la race blanche.

 

 

Un article du Monde (2) nous donne, cependant, un éclairage plus intéressant encore en ce qu'il inscrit cette angoisse de nos élites françaises dans une inquiétude plus large, occidentale, des dites "zélites", c'est-à-dire, pour parler clair, des classes possédantes du capital traditionnellement occidentales.

C'es précisément parce que la mondialisation - qu'elles initièrent à coups de traites et autres politiques de la canonnière - semble en passe de se retourner contre elles, à travers l"émergence d'autres propriétaires du capital, que les voici à tenter de se rassurer à coups de déclarations fracassantes sur la supériorité intrinsèque de la dite "civilisation occidentale", dont on pourait dire aujourd'hui que son triomphe planétaire, sa généralisation, sa banalisation à l'ensemble des peuples de la planète, son hégémonie sans conteste, est aussi bien la fin de son appropriation possible par ceux qui la portèrent au bout des fusils de leurs chiens de guerre sur tous les continents.

 

Nous assistons donc ici, et comme en live, à cette manœuvre tout à fait intéressante de la propagande qui se fait comme une nécessité d'assurer les pauvres qu'ils ont bien toujours des maîtres pour leur donner le susucre, alors que c'est bien de l'angoisse des maîtres qu'il s'agit et qui, de fait, se communique comme en négatif.

 

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NOTES, SOURCES & LIENS

 

1 - NOTE du 10/02/12 - M. Sarközy de Nagy Böcsa semble prétendre parer sa campagne d'un oriflamme de "valeurs". Il n'aura que l'embarras duchoix : il y en a au moins quarante qui, en ce moment, ont la côte.

Le "Sésame ! Ouvre toi !" de la si gentillette sauterie du Fouquet's - et des valeurs qui s'y affichèrent alors sans vergogne - a bien signifié alors quelle direction hautement spirituelle - façon "retraite" du Paloma - serait prise par notre Guide apprenti-président  : se formant sur le tas une stature internationale, payée 20 000 €/mois, avec avantages de la formation (dont le gros n'avion à 20 000 €/h), le voicl s'en prévalant aujourd'hui pour réclamer son dû, à savoir qu'on le reconduise sur la base de cet apprentissage rémunéré aux frais du contribuable. Notre apprenti-président, reconnaissons-lui cette vertu de la constance - en cette matière, au moins -  n'aura jamais manqué de servir et faire valoir les dites valeurs, comme il se doit sur l'autel de la République, mise, pour ce faire, à contribution. Rien de bien nouveau, donc, sous le soleil des paradis aux alouettes. 

 

2 - http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/02/11/les-etats-unis-au-defi-du-declin_1641378_3222.html

Tous les commentaires

12/02/2012, 10:23 | Par M art'IN

Bonne analyse Pim !

12/02/2012, 10:36 | Par WataYaga

Excellent, merci !

12/02/2012, 12:08 | Par pim

Merci à vous deux

 

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