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Contre-révolution (2)

 

 

Note préalable : cet article est le prolongement du texte précédent, scindé pour en faciliter la lecture et l'intelligence, puisqu'il s'agit d'ainsi mieux illustrer que la contre-révolution peut prendre plusieurs formes.

 

 

"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau" disait en substance le révolutionnaire français Saint-Just dans son Rapport à la Convention du 3 mars 1794.

 

Les "indignés" du mouvement Occupy Wall street, feraient des économies à s'en inspirer - en lieu et place d'une visite de la "révolution egyptienne" par un petit voyage payé sur les dons obscurs dont ils bénéficient aujourd'hui, comme ceux, dit-on, du milliardaire G. Soros, entre autres.

Mais il y aurait encore davantage lieu de s'inquiéter d'autres soutiens, plus obscurs encore. Dans son reportage sur le mouvement Occupy Wall Street , le site Médiapart faisait état de la présence dans ses rangs de "L'emblème du mouvement, un poing fermé noir" (1).
On relèvera que c’est aussi celui de l’organisation Otpor (2), dont Ivan Marovic, son co-fondateur, est le porte-parole de Occupy Wall Street.
Issue de la révolution qui déboulonna Milosevic en Yougoslavie, elle s’est, depuis, propagée jusqu'à faire des émules dans les dites "révolutions de velours" - dont on sait qu'elles furent téléguidées -, puis, plus récemment, au Maghreb, en Libye, puis en Syrie, ....

Pas plus qu'il ne s'agit ici, - comme un certain Zorba du bec me l'incrimine (!) -, de soutenir un quelconque "conservatisme francais qui ne dit pas son nom mais qui est forcément meilleur que les autres puisqu'il est francais... " Zorbeck 11/12/2011, 10:40 !...., il ne saurait y être question d'invalider un mouvement légitime de protestation contre les conditions qui nous sont faîtes.
Simplement, s'il est une façon de se battre - fut-ce devant un clavier - contre ce qui NOUS anéantit, ce ne sera pas, ici, à la façon de cette "gauche" indigne, dont il conviendrait de suspecter les complaisances multiples, ses prétendus soutiens se contentant de faire la claque, de s'esbaudir sans discernement aucun ; quand ses caciques ont toutes les raisons de le faire, supputant les probabilités de la liquidation réelle de tout mouvement par les neo bureaucraties de leurs représentants - dont ils comptent bien être, puisque c’est là leur raison même de boutiquiers -, le peuple dit de gauche, quant à lui, se contente du seul affichage d’un mouvement pour le soutenir sans réserve - sur la seule base de l’émotion qu’il pût en exister ne serait-ce que l’annonce -, sans jamais approfondir ses raisons et ses buts, c'est-à-dire prendre au mot ce qui est annoncé, s'en emparer comme ce qui doit bouleverser SA propre existence, par une critique de ses INSUFFISANCES, de ses illusions persistantes en son sein, de ses faiblesses, lesquelles autorisent, en effet, toutes les manipulations.

En furent l'objet de la part des pouvoirs qu'elles menaçaient toutes les révoltes. Ce serait leur accorder bien peu de crédit et de chances d'aboutir que de leur dénier cette part là. Qu'elles parviennent, ou non, à la surmonter comme le poids du passé mort dans ce qui avance, est aussi leur vérité.

Toute révolte, sans doute, commence par de l'indignation.
En l’occurrence, quand bien même il y a tout lieu de s'indigner, encore faut-il savoir et dire précisément de quoi. Or, le mouvement qui s’en revendique, et notamment parce qu’il est exprimé par des personnages douteux, n’exprime rien d’une critique radicale des conditions sociales modernes.
Ainsi le slogan "Nous sommes les 99%" - outre son pathétique aspect mercantile réfèrant davantage à une publicité pour enzymes qu'à une critique du monde quantifié de l'argent -, a la prétention de construire un mouvement sur une illusion. 99% !... mais de quoi ? d'aliénés ..., qui risquent fort de le rester s'ils continuent de ne rien énoncer d'une critique de leur aliénation. Autant prier pour tout développement possible de la révolte.
Quand RIEN n'est ici signifié de l'organisation de cette société, la construction d'un leurre - liquidons ce 1%, et tout sera réglé, le paradis adviendra, prétend-on -, est précisément ce mensonge, dont participe l'image du mouvement Occupy Wall Street - son slogan confusionniste -, qui constitue la nature même du présent totalitarisme dit "démocratique", quand le seul martelage de l'abstraction d'un chiffre auto-proclamé DOIT suffire de critique de ce monde, de ce que chacun de nous doit subir des rapports de domination.

Que suppose, sinon, ce "rassemblement", soudain généré, façon "marche blanche", sur le seul motif que nous serions les plus nombreux à ne pas "profiter" de ce monde, lequel serait organisé par 1% de malfrats. Le constat, pour n'en être pas exactement faux, n'est en rien significatif, car il ne dit rien, pour le moins, de la complaisance de ces 99% à fabriquer ce monde, à le soutenir en tout, à le cautionner tant qu'ils ont l'illusion qu'ils pourraient, eux aussi, en croquer, alors même qu'il est à peu près clair à chacun de nous que cette prétendue communauté des 99%, dissimule la division bien réelle d'aspirant-exploiteurs qui, chaque seconde que le capital le leur permet, travaillent au maintien du statu quo, des pires vexations, des pires aberrations dès qu'ils en ont les plus petites autorisations, CONTRE LA VIE SE DÉPLOYANT en fonction des possibles existants.
Les "Indignados" de la Puerta del sol, pourtant autrement conséquents en termes d'organisation que ceux de la rue du Mur, ont pu prendre la réelle mesure de ce que cette sympathie généralisée dont ils semblaient bénéficier, signifiait vraiment : une véritable gabegie pour un mouvement qui n'aura jamais, de fait - en dépit de ses prétentions à cet égard - dépassé le prétendu clivage gauche-droite de la faillite parlementaire - le mensonge pour faire taire l'indignation, le dégoût de ce monde qui suinte la mort par tous ses pores ; il l'aura seulement, pour le temps que les élections déballent leur mensonge, noyé dans la confusion.

Il n'est plus guère possible aux pouvoirs en place de dissimuler l'imminence d’une déconfiture sans pareille ; la dictature policière, qui partout se superpose à la dictature marchande DÉJÀ là mais devenue manifestement incapable de contenir ses contradictions, en témoigne. C'est donc pour la PRÉVENIR - en contrôler ainsi tous les termes -, que la domination l'organise partout comme un spectacle donné à consommer aux foules ébahies, chargées, sous le contrôle de leurs rabatteurs de gauche, de faire la claque. Il lui importe donc de faire en sorte que de tels "mouvements", organisés, récupérés, canalisés quant à leurs motivations réelles, prétendent les reformuler, sans jamais qu'elles ne s'expriment réellement, qu'elles soient à même de retrouver jamais le sens de leurs luttes.
À l'indignation que suscite toujours davantage le spectacle, se substitue le seul spectacle de l'indignation.

Cette faiblesse d'esprit - pour ne pas dire indigence, et dont Hegel dirait qu'elle est la mesure de l'étendue de sa perte -, trace une autoroute aux zélites prétendues - commis de banque et autres prêtres de la divinité moderne, l'argent -, manipulant les foules pour le maintien du même, leur désignant des coupables, des têtes à couper, jusqu'à plus soif, jusqu'à la terreur ; après le 1% - qui ne saurait étancher le ressentiment -, viendront tous les autres "coupables".
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Une analyse des rapports de domination, des logiques qu'ils induisent - celle par exemple qui fait du capital non pas une possession dont serait privé le plus grand nombre - laissant supposer sa possession comme LA solution -, mais un rapport social construit sur la valeur - voilà ce qui est encore le socle nécessaire des révolutions en cours et à venir.

 

"Encore un effort ... si nous voulons vivre"

 

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NOTES, SOURCES & LIENS

1 - http://www.mediapart.fr/journal/international/091211/webdoc-occupy-wall-street-en-revolution-perpetuelle?onglet=commentaires

2 - Ivan Marovic, porte-parole de Occupy Wall Street, est le co-fondateur d'Otpor.

La Fondation américaine pour la démocratie (NED), qui finance Otpor, finance aussi en Russie - au diable l'avarice, quand est en jeu la "liberté" de tout contrôler -, l'ONG Golos, en charge d'y "observer" les élections ; “subventionnée par les États-Unis d'Amérique, (elle) ne perd pas son temps à remettre en cause les tricheries électorales de W Bush."

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/12/03/l-ong-golos-chargee-de-surveiller-les-elections-russes-harcelee-par-moscou_1613034_3214.html

En contestant, sans doute légitimement, les résultats de ces élections, certains manifestants trouvèrent bons d’arborer un panache "blanc" (comme la terreur qui sévit lors de la contre-révolution russe), à l’instar de ces révolutions de couleur, téléguidées de Washington !... Depuis Poutine a su "calmer la rue", moyennant une petite résolution à l'ONU contre la Syrie, - ce qui lui a valu, aussi bien, de faire intégrer la Russie à l'OMC ! ...

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27266

 

AJOUT DU 22/12/11 - À propos de la manipulation des manifestations contre le résultat des élections législatives en Russie, on lira l'excellent article de J.M CHAUVIER, paru ce jour sur le site du Monde diplomatique.fr, "Révolution blanche", drapeaux rouges et forces de l'ombre.

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-12-22-Revolution-blanche-drapeaux-rouges#nh2-3

 

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