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Dans la suite de l'article précédent, évoquant une politique spectaculaire convoquant les signes du passé,  on appréciera  la détermination -  toujours sur fond de boutique électorale, bien évidemment, mais cela n'est guère nouveau -  propre au totalitarisme, avec laquelle il est de mise aujourd'hui, dans les pays dits "développés" de réécrire l'histoire pour n'en faire plus qu'une succession d'évènements s'inscrivant dans une lecture sans profondeur, plate, consommable en un mot, c'est-à-dire non plus traduite par ses observateurs plus ou moins attentifs, mais produite ou, plus exactement re-produite, quasi industriellement, ainsi que se doit de l'être tout évènement de cette époque mercantile.

À la manière, ici encore, de l'ère du bureaucratisme soviétique - dont Orwell s'inspira pour décrire les activités du Ministère de la vérité et de la police de la pensée de son 1984 -, il importe donc de légiférer pour imposer, sous peine de délit pénal, une manière de penser, labellisée par une étiquette sous garantie du gouvernement, son usine de fabrication ; il est ainsi désormais interdit de ne pas penser génocide à propos de l'holocauste - lequel fut avant tout un sacrifice sur l'autel du bureaucratisme industriel - et, dernier-né de la pensée officielle autorisée, le massacre turc de, dit-on, 1,5 millions d'Arméniens.

 

On ne s'interrogera pas, bien évidemment, ici - puisque la non-pensée en reste officielle, au prétexte qu'il ne s'agirait pas là de meurtres d'État (1) - s'il convient de nommer génocide la traite négrière sur l'autel du mercantilisme - c'est-à-dire du "développement" des économies occidentales sous l'égide de leurs ÉTATS -, ni sur le massacre de la quasi totalité des populations amérindiennes par les Européens sur le même autel, ni même - et surtout pas, puisqu'il s'agit là d'une politique ouvertement délibérée -, sur le fait que l'actuelle situation d'Israël en Palestine vis-à-vis, notamment, des populations de la bande de Gaza, constituerait une forme de génocide programmé. 

 

 

Mais, au-delà de ces questions n'existant pas puisque informulables, voilà l'essentiel conforme aux besoins pré-formatés d'une société de masse, laquelle doit avoir à sa disposition, démocratiquement, en quelque sorte, les réponses déjà fournies sur le questionnaire pré-rempli.

Un modèle religieux, donc, déjà expérimenté avec tout le bonheur que l'on sait, et qui est aujourd'hui repris et développé par la société bureaucratique de consommation dirigée (H. Lefebvre), qui fournit les réponses avant même que les quetions ne soient formulables, afin de réduire, si ce n'est éradiquer, tout stress inutile et inconvenant à ses ouailles, lesquelles ne doivent avoir comme seule préoccupation que celle de brouter (2).

Le reste, les spécialistes et autres prêtres sont là pour s'en occuper.

 

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NOTES, SOURCES & LIENS 

 

1 - "Depuis l'adoption l’article 6 du Statut de la Cour pénale internationale est définit le crime de génocide. Elle précise qu’il s’agit d’un crime se distinguant par :

.l’intention d’extermination totale ou partielle d’une population ;

.la mise en œuvre systématique de cette volonté.

C’est souvent la contestation de l’un de ces éléments qui fait débat pour la reconnaissance officielle d’un crime en tant que génocide." (SourceWikipédia - article génocide).

On voudra bien s'interroger sur cet emploi de "l'intention" comme fondant la ligne de démarquation entre ce qui relève, ou non, du meurtre génocidaire selon le terminologie juriudique, quand, dans les faits, c'est-à-dire les résultats des méthodes employées contre certaines populations par leurs bourreaux, se révèle bien l'intention de ne considérer celles-ci que comme chose, instrument dont on peut user jusqu'à son remplacement, celui-ci étant, a priori, sans problème particulier si ce n'est son coût. Le meurtre déjà consommé, en idée, préside donc bien à un tel usage.  

 

NOTE du 27/12/11 - http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2011/12/26/traite-negriere-apporte-paludisme-amerique/ 

 

2 - NOTE DU 25/12/11 - On lira avec intérêt cet article du monde.fr - "Beautés irréelles" - qui rappelle, en le domaine qu'il indique, la disparition programmée de l'homme au bénéfice de son avatar, ordonné sur les écrans du spectacle par toute une foultitude de petits techniciens à la solde, mercenaires sans conscience de cette industrie divine qui modélise et robotise à tout crin, fabriquant le modèle de l'homme parfait, irréel à souhait, manipulable en tout puisque non-humain par essence, simple image à laquelle il est devenu vital de se conformer sous peine de disparaître des écrans qui sont la vie comme si nous y étions. Tel est le totalitarisme marchand, telle est la réécriture de l'histoire divinisée de l'homme.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/12/24/beautes-irreelles_1622133_3224.html 

 

(Euh ! Désolé ! maisle lien ne fonctionne pas, en dépit de ma bonne volonté. L'incident, signalé au service technique de Médiapart, sera - peut-être - corrigé. Allez savoir !)

 

 

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